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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Pape « Médina » Diop, d’Afrique à Belleville

Pape « Médina » Diop, d’Afrique à Belleville

 

Exposition à la Galerie du moineau écarlate – art brut. 82 rue des Cascades 75020 Paris

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Pape Diop est une figure de la Médina de Dakar. Il a sa légende. En 2000, il aurait été refoulé d’Europe à Dakar, (chez lui, quoi !) après une vie de clochard céleste, guitare au poing. Renvoyé pour cause de folie caractérisée ! Au Sénégal, tout le monde est inclus. On n’est jamais seul en Afrique (c’est presque vrai). Pape Diop vit dans son quartier natal, bâti en 1914 pour reléguer les noirs du centre-ville, suspects d’être responsables d’une épidémie de peste., et il lui appartient tellement qu’il s’y fond et n’a besoin de rien de plus.

Mamadou Boye Diallo (Modboye), autre natif de la Médina, a fondé Yaatal Art (« élargir l’art », en wolof) et a créé le Musée à ciel ouvert de la Médina : il s’agit de valoriser ce quartier populaire, par son histoire, ses anciennes maisons menacées par les promoteurs. Modboye y organise des visites guidées : des peintures murales réalisées par des artistes locaux ou internationaux changent le regard des touristes et des habitants. L’Afrique n’a pas les enseignes commerciales comme l’Europe et les peintures sur les murs font partie de l’art de vivre. Les œuvres sont là, dans les lieux vivants, pas de droits d’entrée, pas de motivation particulière pour les voir, elles sont là dehors, non confinées dans des galeries ou des musées.

C’est dans cette activité du musée à ciel ouvert et ce souci de faire aimer son quartier que Modboye et son épouse Mélodie ont su voir l’immense talent et la singularité de Pape Diop. Depuis, Modboye et Pape Diop sont amis, en dialogue continu.

Pape Diop est une des âmes de la Médina. Il y vit en symbiose, comme un poisson dans l’eau. Il prend ce qui s’échappe de la ville et le transforme et rend ses œuvres pour les disposer aux quatre coins des rues. Ses motifs : des marabouts, des scènes de rue, des fêtes religieuses, des créatures hybrides, mi-homme, mi animal (ce qu’il appelle, d’un nom qu’il a créé, la « promorphologie »)…

La galerie du moineau écarlate a été fondée en 2017 par Éric Gauthier. Elle réunit des créations spontanées, des voix non éduquées, fruits de destins visionnaires et hors-normes... elle offre à Pape Diop sa deuxième exposition parisienne.

Et c’est bien sa place. L’exposition est agréable, claire et aérée, l’accrochage subtil et bien conçu.

Art brut : Pape Diop pratique son art comme Monsieur Jourdain fait de la prose. Il se lève le matin et ne peut rien faire d’autre, c’est sa vie.

Son tracé est précis et puissant (il aurait fait les Beaux-Arts de Dakar, selon sa légende). Son style, ses sujets, ses matériaux… sont reconnaissables entre mille. La passion qui l’engloutit quelque peu est celle d’un artiste habité… Son geste que l’on peut voir dans les films sur le site de la galerie est d’une force calme, impressionnante… On peut le voir dans ces films : https://www.artbrut.me/film/

Allez voir cet artiste hors pair jusqu’au 28 novembre…


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