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Paris je t’aime, chroniques d’un Paris un peu décadent

Le film Paris je t’aime, au cinéma en ce moment, préfigure peut-être le Paris de demain, endormi sur ses acquis et en marge de notre temps.

Paris je t’aime, chroniques d’un Paris un peu décadent

Paris je t’aime, œuvre collective de plusieurs réalisateurs internationaux, est une suite de courts-métrages, chaque court-métrage correspondant à un quartier de la capitale française.
Le projet de départ était de réaliser un film par arrondissement, mais des désistements l’empêchèrent.
On ne s’attachera pas ici à critiquer ou à évaluer ces court-métrages (bien qu’ils soient un peu inégaux), mais plutôt à en dégager l’unicité, le fil conducteur.
D’abord, on peut dire que la plupart de ces court-métrages jouent sur l’ambiguïté entre le cliché et l’ originalité, tous ou presque oscillent entre ces deux pôles. On s’attend parfois au pire (le premier film débute par le portrait du Parisien moyen) puis la tendance s’inverse et on est rarement déçu, en fin de compte. Toutefois un autre cliché demeure, celui qui est lié aux lieux : des acteurs célèbres (Depardieu, Binoche) jouent dans les films tournés dans les VIe et VIIIe arrondissements, des populations issues de l’imigration à Place des fêtes ou encore des coiffeuses chinoises un peu atypiques aux Olympiades (XIIIe arr.)...
À travers ces films, une image de Paris se dégage, une image qui n’est pas si loin de la réalité (en excluant bien sûr les vampires du XVIIe arr.), mais qui n’y colle pas tout à fait. Cette image est celle d’un Paris un peu décadent, qu’on sent comme décollé de la réalité, absent. Paris je t’aime laisse entrevoir un Paris qui n’est pas tout à fait vivant (voire presque mort), un Paris agonisant, envahi par son passé, son architecture manquant de renouveau. Ainsi, il est loisible de se poser la question du réalisme d’un tel portrait, de sa conformité, car qui habite Paris a pu constater parfois ce décalage avec le reste du monde.
Oui, c’est une sorte de décalage.
Paris peut se révéler morne et un peu fantomatique à qui le visite la nuit, tard, ou parfois même la journée. Évidemment, en grande capitale, Paris sait aussi bouger et stimuler celui qui le parcourt, galvaniser. Mais on pourrait dire que Paris je t’aime préfigure ce que semble devenir Paris, une ville qui vit sur ses acquis et se renouvelle peu, qui se vide même (et l’immobilier n’y est pas pour rien). Est-ce étonnant, pour une ville qui, par ce qu’elle exige financièrement à celui qui veut y habiter, se vide des populations actives et s’embourgeoise, certains quartiers ne devenant peuplés que de pieds-à-terre de milliardaires ?
Bref, même si Paris je t’aime est un film trop inégal voire, pour certains court-métrages, inintéressant, il laisse à penser et ouvre des pistes de réflexion sur les limites d’une politique de la ville un peu “gadget”, se concentrant plus sur la construction de plages artificielles que sur de réels projets d’avenir, sur une politique démographique et sur un renouveau de l’urbanisme (et nous ne parlons pas de pistes cyclables mais de réels changements, de réflexions sur le type de logements à construire, sur la rénovation de quartiers vieillissants, etc.).

Paris je t’aime
, au cinéma actuellement, avec des courts-métrages d’Olivier Assayas, de Gus Van Sant, de Walter Salles, des frères Cohen, de Nick Nolte, etc.


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