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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Pascal, les « deux infinis » et le salut par la foi

Pascal, les « deux infinis » et le salut par la foi

Les lignes qui suivent ont pour seule ambition d’élucider le sens de la philosophie pascalienne en montrant qu’elle vise avant tout à susciter un acte de foi. Sans l’apologétique dont elle est le prélude, cette philosophie, en effet, serait dénuée de sens. « Car enfin qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout (..) Toutes choses sont sorties du néant et portées jusqu'à l’infini. Qui suivra ces étonnantes démarches ? L'auteur de ces merveilles les comprend. Tout autre ne le peut faire. »

L’interrogation philosophique, sous la forme du « fragment » pascalien, va directement à l’essentiel : qu’est-ce que la condition humaine ? Ecartelé entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, l’homme est incapable de saisir ces deux extrémités. Mais cette incapacité n’exprime pas seulement la limitation intrinsèque de notre champ perceptif. La science contemporaine, au demeurant, l’admet parfaitement : l’expansion indéfinie de l’univers (l’infiniment grand), comme les composants ultimes de la matière au niveau subnucléique (l’infiniment petit), échappent à toute observation humaine.

L’impuissance à joindre les deux pôles de la nature, en réalité, ne traduit pas uniquement l’exiguïté de notre expérience du monde. Si nous échouons à contempler le secret de ces merveilles, c’est pour une raison plus profonde.

Entre le néant et l’infini, l’homme

Cette impuissance, Pascal l’interprète en effet comme la double ignorance du « principe » et de la « fin des choses ». La limitation du savoir reflète un désarroi ontologique, elle est le chiffre d’une condition désespérée. Car « l’homme est incapable de voir le néant d’où il est tiré, et l’infini où il est englouti ». Ignorance foncière de l’avant et de l’après, telle est notre sort ici-bas. On notera l’inflexion du vocabulaire : du registre cosmique des « deux infinis », nous passons sans transition au registre métaphysique de la « fin des choses ». Mieux encore, c’est le « néant » qui supplante l’infiniment petit.

Ce glissement sémantique est lourd de signification. Car le néant n’est pas seulement synonyme de « rien », c’est encore ce qui est sans origine assignable, c’est l’inexistence absolue de laquelle surgit le créé sous l’effet d’un acte librement créateur dont seul Dieu est capable. Le néant est le lieu abstrait, la vacuité absolue où s’exerce la création divine. Créé ex nihilo in nihilo, l’homme est un néant en regard de Dieu, mais Dieu lui-même, absolument hors d’atteinte, est comme un néant en regard de l’homme. C’est pourquoi l’homme, comme tel, est parfaitement inconsistant et par lui-même sans aucune justification.

« Toutes choses sont sorties du néant et portées jusqu’à l’infini. Qui suivra ces étonnantes démarches ? L’auteur de ces merveilles les comprend. Tout autre ne le peut faire ». L’omnipotence divine surgit ici en contrepoint de l’impuissance humaine. Car ces extrémités qui nous sont définitivement inaccessibles, c’est en Dieu seul qu’elles se rejoignent, Lui qui est commencement et fin de toutes choses. Le discours pascalien est foncièrement apologétique : Dieu seul sait tout, même si nous ne savons l’expliquer, et c’est pourquoi il faut croire.

La condition humaine, un « milieu » insaisissable

Le tableau de la condition humaine, on le voit, est celui de sa condition métaphysique : le néant (qui précède la création) et l’infini (auquel le créateur nous destine) sont des catégories qui excèdent totalement le champ de l’expérience. Mais cette condition, qui est celle de l’homme depuis la chute, se laisse décrire en termes existentiels : « Voilà notre état véritable (..) Nous voguons sur un milieu vaste, toujours incertains et flottants, poussés d’un bout vers l’autre ». L’homme ne contemple pas son désarroi, il le vit de tout son être, et Pascal lui-même est cet homme qui clame l’absence d’un « Dieu caché ».

L’homme est donc cet être paradoxal que son infirmité essentielle contraint à demeurer dans un milieu incertain, dans une immobilité de fait qui n’est pas équilibre mais tension permanente. « Nous brûlons de désir de trouver une assiette ferme, et une dernière base constante pour y édifier une tour qui s’élève à l’infini ; mais tout notre fondement craque, et la terre s’ouvre jusqu’aux abîmes ». La métaphore de la tour vouée à s’effondrer sur elle-même traduit l’élan irrépressible qui nous pousse vers le haut, mais surtout l’inéluctabilité de la chute jusqu’au fond du gouffre. « Ce milieu qui nous est échu en partage étant toujours distant des extrêmes, qu’importe qu’un être ait un peu plus d’intelligence des choses ? (..) Et la durée de notre vie n’est-elle pas également infime dans l’éternité, pour durer dix ans davantage ? »

L’état qui est le nôtre est ainsi de mesure nulle devant l’éternité. Rapporté à cet infini, notre séjour terrestre est si dérisoire que sa durée importe peu : quelle que soit la durée de notre vie, notre condition est rigoureusement la même, à une distance infranchissable de ce qui lui donne sens. Par « milieu », Pascal n’entend donc pas un état de médiocrité dont nous devrions nous contenter, mais une situation mouvante, une instabilité foncière. Car « notre raison est toujours déçue par l’inconstance des apparences ». Il n’y a pas d’échappatoire, en cette vie, à notre finitude radicale, voués que nous sommes à une compréhension illusoire du monde.

L’homme est cet être paradoxal qui n’atteint sa véritable nature qu’en exigeant une vérité vraie, une justice juste, l’union des infinis contraires, et qui ne peut trouver que des affirmations et des lois également relatives et insuffisantes. Le monde est insuffisant et fermé à toute réalisation valable. L’homme actuel est un être déchiré, constitué sur tous les plans d’éléments antagonistes, dont chacun est en même temps insuffisant et nécessaire : esprit et corps, mal et bien, justice et force, contenu et forme, raison et passion, esprit de géométrie et esprit de finesse. Choisir un seul de ces éléments mène nécessairement à une erreur d’autant plus dangereuse qu’elle est partielle. L’homme est homme par le fait qu’il ne peut ni choisir un de ces éléments, ni accepter l’antagonisme.

Cela signifie-t-il que le désespoir est la seule forme authentique de la conscience humaine ? Pascal était-il sceptique ou pessimiste ? Non, car si la réunion des extrémités contraires est la seule valeur authentique et absolue, elle n’a rien d’illusoire puisque « les extrémités se touchent et se réunissent à force de s’être éloignées, et se retrouvent », mais, il ne faut jamais l’oublier, « en Dieu et en Dieu seulement ». Le paradoxe de la condition humaine finit par s’effacer devant le christianisme, puisque le christianisme en exprime la vérité totale et définitive.

Apologétique et philosophie

Nous sommes contraints par notre condition de demeurer dans la perception fluctuante, mêlée de vrai et de faux, des dimensions moyennes. L’homme, pour Pascal, est cet être médian qui restera, quoiqu’il fasse, à égale distance des extrêmes opposés. Doit-il s’y résigner ? En un sens, oui, puisqu’il n’y a aucune échappatoire intramondaine. Mais si l’homme n’a aucune perspective dans le temps et l’espace, c’est parce qu’il vit seulement, en vérité, pour l’infini et l’éternité. Cette ultime destinée de l’homme est-elle illusoire à son tour ? Assurément non, puisque nous pouvons et nous devons croire : car pour Pascal, la Révélation est un fait avéré.

Pour rester homme, en effet, l’homme ne saurait se contenter des apparences au milieu desquelles il poursuit son errance intramondaine. Il doit se tourner vers ce point absolu et supramondain où les extrémités se confondent : Dieu. Tout ce qui est limité, imparfait, est dépourvu de valeur. Une des illusions des hommes est de croire qu’il y a du meilleur et du pire, et pas seulement du vrai et du faux, du bon et du mauvais. Il n’y a aucun espoir humain dans le temps et l’espace, car l’homme vit seulement pour l’infini et l’éternité, même s’il l’ignore. « Dans la vue de ces infinis, tous les finis sont égaux ; et je ne vois pas pourquoi asseoir son imagination plutôt sur l’un que sur l’autre. La seule comparaison que nous faisons de nous au fini nous fait peine ».

L’apologétique chrétienne est le couronnement du discours pascalien. La Révélation rend la philosophie des autres inutile puisque jamais la philosophie n’a conduit au salut. Mais elle rend possible la philosophie de Pascal, car sans elle toute pensée retombe dans le chaos. C’est pourquoi Pascal n’est pas un philosophe au sens classique du terme qui cherche des solutions, sur le papier, à des problèmes théoriques. Ce qu’il s’efforce d’obtenir, c’est la réponse définitive à une question qui engage tout son être, celle de notre ultime destinée. Sa manière de philosopher en témoigne : la polémique, le paradoxe et l’hyperbole retournent contre les adversaires de la foi les armes d’une raison persuasive mise au service de la vérité.

Car la vérité est une : celle de la Révélation. Quelle est cette vérité ? C’est la vérité chrétienne, vérité de l’homme, vérité sur l’essence même de l’être humain. La raison humaine doit montrer à l’homme que ce n’est point en lui qu’il peut trouver la vérité, mais en la doctrine qui rend raison de notre condition. Or seule la religion chrétienne comprend l’homme total, de son innocence originelle à la corruption de son état présent. En affirmant les paradoxes de l’incarnation, du Dieu caché et du péché originel, la religion chrétienne est la seule qui a connu l’homme et fourni de sa nature une explication conforme à la raison. C’est elle qui enseigne qu’il y a un Dieu créateur et une créature qui s’en éloigne depuis la chute. Mais c’est elle, aussi, qui lui communique le mystère du Rédempteur : en unissant en lui les deux natures, humaine et divine, Jésus-Christ rend possible le salut.

A condition de bien vouloir y croire.

 


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27 réactions à cet article    


  • Jean 3 mai 2014 12:23

    L’ antagonisme est une illusion.

    Le mental est le domaine du créé ; Fils d’ Adam et de sa Psyché Eve c’ est « Caïn » qui tue l’ Amour en nous (ou pudeur d’ Adam), seule Réalité : « Abel ».

    « Ismaël » (ego et... anagramme de Michaël qui terrasse nos démons avec « h » en plus comme Abram devient Abraham) cohabite avec « Isaac » (le coeur) mais la vie n’ est pas facile (trois jours de voyage d’ Abraham, vision des enfers à Fatima le troisième jour, création de l’ arbre devant porter des fruits de la Genèse, ...)

    « Jacob » (coeur) berne « Esaü » (ego) à qui revient la nourriture terrestre, mais les deux restent amis : du mieux !

    Enfin Elie (ou Jean-le Baptiste) fusionne avec Elisée (ou Jésus/Homme).

    Pour Jésus et Jean (Elie) : holocauste sur le mont Golgotha comme Héraclès sur le mont Oeta.

    La Réalité Créatrice en nous prend Conscience d’ Elle-même par le mental ; Jésus est d’ abord Elie (Coeur, appelé -en Lui-même- sur la croix) séparé de Moïse (ego) le légaliste (scène de la Transfiguration sur le mont Tabor).

    Le péché est voulu par Dieu pour cette création : séparation du « Ciel » et de la « Terre » en nous pour devenir (a-temporellement) omega depuis alpha (chacun crée l’ autre : a-temporalité de la Physique).

    Par Caïn l’ ego, l’ Homme semble perdu entre deux infinis, par le Coeur « Abel » bien Vivant il se retrouve Dieu en Lui-même et par Lui-même (les holocaustes sont volontaires et spirituels)

    Je me permets pour qui veut approfondir : http://www.leseditionsdunet.com/sciences-humaines/1564-dieu-et-le-philosophe-patrice-le-curseur-9782312014197.html


    • Jean 3 mai 2014 12:35

      « Caïn » aujourd’ hui parvient même à saisir qu’ il n’ y a ni espace ni temps : ce qui lui est contre-intuitif.

      Jésus c’ est chacun de nous au moins en potentialité, mental dominé par l’ Amour ; et émotions (eau -Mythe de narcisse, fleuve Evenos-, déluge, mer rouge, etc.) transformées en vin (ivresse) ; image physique du sang qui irrigue le cerveau.


    • Jean 3 mai 2014 12:51

      « omega depuis alpha (chacun crée l’ autre : a-temporalité de la Physique) »

      Pour qu’ il n’ y ait pas d’ ambiguïté, dans l’ Homme nouveau les deux sont UN, l’ antagonisme c’ est pour l’ Homme ancien, encore trop « Caïn ».

      Le matérialisme considère la capacité cognitive de l’ Homme (Caïn) et ignore ou balaie la capacité à aimer.


    • Jean 3 mai 2014 14:16

      Pour qui ne serait pas convaincu, relire le Mythe de Noé : après l’ évacuation des eaux (émotions), il est ivre et, contrairement à Adam déchu, se dévêt, ...au grand dam de ses Fils qui n’ ont pas compris son éveil et la disparition de la pudeur... du Coeur.

      re-naissance d’ Abel ou du Christ dans la grotte de l’ intériorité, tel Zeus qui sort de la grotte et terrasse Cronos, les géants, Typhon avant l’ apocalypse et sauve les autres dieux (Hommes). (12 dieux de l’ Olympe avec parité sexuelle après Chaos et Gaïa -vide et vague- et un Eros primordial.

      Idem Osiris/Orion, sa Psyché Isis, le Fils Horus, la renaissance sous forme de constellation (multitude) : naissance de l’ Homme ancien le 3e jour, sa mort le 4e jour, constellations le 5e jour (voir Genèse), sa résurrection le 6e jour : Homme à l’ image de Dieu.

      Je corrige : capacité cognitive = Eve ; ego = Caïn.


    • Jean 3 mai 2014 14:34

      Ma conclusion est la foi en Soi, il s’ agit de Réalité, de factuel, et non de croyance.

      Ni croyance, ni athéisme : hors du champ de l’ existence toute dualité et antagonismes !


    • Bruno Guigue Bruno Guigue 3 mai 2014 15:11

      Je précise que mon article a pour seule ambition de restituer la pensée pascalienne telle que je l’ai comprise. Il ne faut pas prendre chacun de ses énoncés pour l’expression de mon opinion personnelle, mais comme un effort d’élucidation d’une pensée dont la puissance nous invite à la réflexion, même et surtout si nous n’en partageons pas tous les présupposés.


    • Jean 3 mai 2014 21:01

      « Les autres religions sont elles aussi des chemins qui mènent à notre dignité, il faut les respecter. »

      Merci pour vos réponses. Ai-je écrit qu’ il ne fallait pas respecter les autres religions ? au contraire j’ ai fait la comparaison avec l’ Egypte antique , et j’ évacue la croyance comme pour le Bouddhisme ; je peux aussi parler du Shintoïsme, de l’ hindouisme etc. (tout Mythe) qui apportent la même révélation. Seul l’ Islam pose problème.

      Et même Cassim (ego) et Ali Baba (Abel) et les 40 voleurs, comme les 40 ans de l’ exode, ou les 40 jours du déluge etc. ; la grotte (nativité) de l’ intériorité riche des expériences vécues ; Morgiane (Eve -Psyché-) qui sauve Ali Baba, etc.

      On n’ est pas dans le domaine de l’ ego, des intellectuels, de la croyance ou de l’ athéisme, mais dans la concrétude de nos Vies.

      Dieu est vivant et c’ est nous ! Christianus alter Christus disent les érudits.


    • Jean 3 mai 2014 21:11

      « un effort d’élucidation d’une pensée dont la puissance nous invite à la réflexion »

      C’ est bien ma réflexion que je restitue pour qui en veut.

      C’ est la difficulté de l’ utilisation des mots pour exprimer ce qui n’ est pas exprimable. Les philosophes passent leur temps à définir la capacité cognitive, ou bien les neurologues ; qui définira l’ Amour inconditionnel ?

      Pour Pascal ou un autre c’ est impossible ; amener à la réflexion, ou à la croyance comme un pari, n’ est qu’ une amorce intellectuelle, et le monde est plein de théoriciens, de légalistes, de théologiens sans âme (les pires ennemis du Christ ou du Bouddha, ...).


    • Jean 3 mai 2014 21:51

      « On n’ est pas dans le domaine de l’ ego, des intellectuels, de la croyance ou de l’ athéisme, mais dans la concrétude de nos Vies. »

      Pour aller plus loin qu’ une invitation pascalienne à la Foi ou, pour commencer, à la croyance (dont il faut se défaire car produit de Caïn),

      le mental est producteur de pensées (vraies ou fausses), de fantasmes, de rêves etc. ; le Coeur c’ est le tangible à nous-même, le Feu, l’ Etre.

      Tout le monde pense... l’ inverse, que le Mysticisme c’ est du vent.

      C’ est le message. Inversion totale. Pas facile à transmettre ; Pascal ou Jésus ou Bouddha ont fait ce qu’ ils ont pu. Satan est tout puissant, de la puissance de Dieu, il lui reste à devenir Michaël, qui terrasse les démons (pensées qui tourmentent).

      « le Royaume des Cieux, voici qu’ il est au dedans de vous » (Jésus)
      « Vous êtes votre propre refuge » (Bouddha)


    • Xenozoid Xenozoid 3 mai 2014 14:57

      c’est vrais que les mythes sont lá, en abondances, comme les mensonges () d’ailleurs () ,croire ce que tu veux est prépondérant , pour donner un sens a l’illusion.n’est pas ?cela s’appelle pouvoir, et utilise les doutes pour cela,sauf pour lui, et les victimes d’en faire des mythes,,,,


      • Furax Furax 3 mai 2014 16:27

        « Tous les corps, les firmaments, les étoiles, la terre et ses royaumes, ne valent pas le moindre des esprits ; car il connait tout cela et soi ; et les corps, rien.
        Tous les corps ensemble, et tous les esprits ensemble, et toutes leurs productions, ne valent pas le moindre mouvement de charité Cela est d’un ordre infiniment plus élevé. »
        Pensées.
        (Les preuves de Jésus Christ)


        •  C BARRATIER C BARRATIER 3 mai 2014 16:55

          J’ai été séduit dans mon jeune âge par les pensées de PASCAL, comme j’étais séduit par le jansénisme, sa rigueur désintéressée, son réalisme. On ne conquiert pas un paradis après la mort, on peut essayer d’en faire  vivre un sans l’imposer à qui que ce soit . Cet article  est fidèle à l’auteur, dont j’admirais aussi la fluidité du style et la chaleur humaine.

          Bien sûr je n’étais pas d’accord avec lui, qui voulait que l’homme fut au centre de l’univers, qu’il n’y ait qu’une vérité. Mais pour son époque de dictature catholique, son époque totalitaire, il jouait un rôle d’éveilleur d’esprit…Je le lis toujours avec plaisir.

          Les avancées de la science ont modifié l’idée qu’on se faisait alors de l’infiniment grand et  de l’infiniment petit, PASCAL reste aujourd’hui un initiateur pour débutant, un utile repère, avec du souffle et des rudiments intéressants de raisonnement.

          Je dois à son initiation qui m’a permis de chercher ma propre et provisoire vérité de pouvoir énoncer mes vues sur le sens de la vie (qui était son sujet), aujourd’hui on a avancé dans la connaissance en sachant que les vérités sont multiples, ce savoir étant le meilleur antidote du totalitarisme.

          Voir en table des news :

          « Sens de la vie, sens de l’univers »

           http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=59


          • Furax Furax 3 mai 2014 18:39

            « un initiateur pour débutant, un utile repère, avec du souffle et des rudiments intéressants de raisonnement. »

            Con-descendant
             smiley


          • Jean 3 mai 2014 21:25

            « l’homme fut au centre de l’univers, »

            Ca se résoud assez bien par le fait qu’ il n’ y a pas d’ espace absolu, donc une sorte de point hologramme (on est partout au centre, donc aussi chacun de nous, même si nous étions sur l’ étoile Sirius).

            Des milliards de milliards etc. de tonnes de matière, quel rapport qualitatif avec la Conscience ? nous sommes Points de Conscience, un « Point de certitude ».

            Infiniment grand ? infiniment petit ? ça n’ a même plus de sens, sauf pour les méninges (Satan -la raison toute puissante- qui tourne et tourne en rond, le serpent qui se mord la queue ; celui-là même qui abuse de Déjanire en traversant le fleuve Evenos -vie et émotions- avant l’ holocauste d’ Héraclès -Adam-)

            Et tout ça c’ est en nous-même.

            Et c’ est la Science moderne qui nous invite au contre-intuitif ; qu’ aurait écrit Pascal de nos jours ?


          • Jean 3 mai 2014 23:11

            L’ ego voit l’ inflation du cosmos : illusion, tout à fait valable pour lui. Mais illusion car un espace sans existence absolue ne se dilate pas (dans quoi ?). C’ est son « voyage » vers son futur (le « passé » s’ éloigne). Espace = temps ! « leurres valables » pour notre ego.


          • Jean Keim Jean Keim 3 mai 2014 20:00

            Le meilleur service que l’on peut rendre à tout à chacun, aux précurseurs en général et à Jésus en particulier est de ni parler à leur place, ni d’interpréter leurs paroles.

            Il n’y a aucune doctrine dans l’enseignement de Jésus, mais effectivement il y a pléthore en ce domaines dans les dogmes des églises, dans les discours des exégètes et dans les écrits des théologiens. Il y a très peu de chose dans les évangiles, rien de structuré, rien de développé pour bâtir un système et paradoxalement, là probablement est le message. Mais ce n’est pas assez pour étancher notre soif de savoir alors les plus érudits s’arrangent pour étoffer l’apparente pauvreté du contenu et développer tout un ensemble de thèses qui dénature comme une malédiction la simplicité originelle des faits et gestes et propos de L’Homme Jésus.

            • Jean 3 mai 2014 21:35

              Mes com. plus hauts montrent cela, « Abel » l’ Amour qui supplante tout raisonnement de « Caïn ». Il ne reste qu’ à aimer en silence et de manière le plus souvent invisible.

              Les Mythes ou histoires ont cependant été écrits pour être décodés.

              Amusez-vous : 40 lettres chez les Fils d’ Abraham et de Qetara (mot qui signifie encens) et c’ est loin d’ être tout. Trop long pour tout écrire.


            • Jean 3 mai 2014 22:12

              « Ismaël » se nomme aussi Israël... .


            • Jean 3 mai 2014 23:05

              C’ est Michaël confus, le symbolisme est très puissant, notre monde physique signifiant.


            • Jean 4 mai 2014 00:18

              « Je précise que mon article a pour seule ambition de restituer la pensée pascalienne telle que je l’ai comprise. »

              La pensée pascalienne est une invitation à l’ émerveillement, l’ Interrogation sur le Mystère de « Ce Qui est », et de l’ argument logique pour les libertins.

              Au final elle ne peut être qu’ une invitation à la naissance de Christ en nous. Mais qu’ en dire de ce « final » ? RIEN.

              Abel, Isaac ou Elie ne sont pas le mental mais le Coeur, ils ne parlent pas, l’ intellectualisme est hors jeu. Tout comme Saint Thomas qui cesse d’ écrire.

              Votre article est excellent et bienvenu mais ce sujet est risqué :

              ou des intellos vous répondent, ou un autre vous invite au Silence.

              Lao-Tseu ou un Bouddhiste vous répondraient par des « pavés » de commentaires vides. Comme ça ne marche pas (humblement) j’ y mets des mots, avec plaisir.

              Jésus était charpentier.

              Bonne nuit à Tous.

              vous êtes normalien ? je vous invite à vous intéresser à la codification de la Genèse et surtout à une réflexion qui vous amènera bien plus loin que l’ étude des pensées de Pascal destinées aux athées, croyants, libertins. Anthony De Mello écrit que la Vérité c’ est comme une couleur pour un aveugle-né : comment pourrait-il en parler ? et quand il la voit il ne peut la décrire, il l’ expérimente.


              • Jean Keim Jean Keim 4 mai 2014 09:59

                Jean, comment appelle-t-on un écrivain de mythes ? Un mystificateur peut-être. 

                Les mythes et leurs symboles jouent le même rôle que les programmes de la tété, ils occupent l’esprit et détournent de l’essentiel. 
                Pour ce que l’on peut en savoir, Jésus était pragmatique et quand il parlait en référence à la religion juive, c’était pour accrocher son auditoire mais il était libre, il était son enseignement. C’est pour cela qu’en réponse à un questionnement des apôtres sur sa nature véritable, il répondit « Je suis le chemin, la vérité et la vie », devant de tels propos on peut rester interdit et en chercher le sens caché, écrire des montagnes de livres, vouloir les rattacher à une tradition gnostique ou autre et bâtir une religion mais on peut aussi simplement s’ouvrir au sens littéral de la réponse.

                • Jean 4 mai 2014 10:30

                  "Les mythes et leurs symboles jouent le même rôle que les programmes de la tété, ils occupent l’esprit et détournent de l’essentiel.« 

                  Vous êtes paradoxal car vous dites ensuite que Jésus faisait référence à la religion pour accrocher son auditoire, vous voyez que ça sert.
                  ( »je ne suis pas venu abolir ...")

                  De toute façon vous ne lisez pas mes com. puisque je fais référence aux Bouddhistes qui répondraient de pavés vides et de Thomas qui a cessé d’ écrire.

                  Bon dimanche.


                • Jean 4 mai 2014 10:35

                  « devant de tels propos on peut rester interdit et en chercher le sens caché, écrire des montagnes de livres

                  en effet, j’ écris :
                   »...ou d’ Abel Qui est Silence"

                  merci Jean de lire mes com. si vous voulez y répondre.


                • Jean 4 mai 2014 10:40

                  « On n’ est pas dans le domaine de l’ ego, des intellectuels, de la croyance ou de l’ athéisme, mais dans la concrétude de nos Vies. »

                  Concernant la liberté et le pragmatisme j’ ai écrit ça aussi.

                  Lisez-vous mes commentaires Jean, respectueusement je ne comprends rien à vos remarques.


                • Jean 4 mai 2014 11:41

                  Avant une randonnée sous le soleil...

                  Les propos du Christ ou de la Bible (pas les miens) sont faussement intellectuels ; l’ auteur nous invite à une réflexion sur les propos de Pascal, celui-ci renvoie au Christ, mais que nous disent-ils ?

                  Vous écrivez sans argument que les Mythes nous éloignent de l’ essentiel, qu’ est-ce que l’ essentiel ? vous n’ en dites rien.

                  Si Jésus transforme l’ eau en vin, c’ est qu’ il transforme les émotions en ivresse : c’ est faussement intello ; au contraire c’ est la concrétude de votre vie : êtes-vous heureux ? ne broyez-vous pas du noir parfois ? êtes-vous désemparé face à votre propre Mystère ? êtes-vous dépressif ? etc. on ne peut plus concret. Ca ne parle pas de vos « humeurs » comme le ferait un laborantin mais presque ! (humour)

                  Parler des propos de Pascal doit mener à l’ essentiel au contraire, c’ est le but réel de la Religion : votre bonheur sans raison. Les propos doivent être finalement abandonnés car faits pour orienter le mental vers Soi. Vénérer le Christ historique (travail de l’ ego, de Caïn) est une erreur car le Christ c’ est vous, Abel qui naît en vous (nouvelle naissance dit le Christ ou Maïeutique dit Socrate, ou éveil dit Bouddha etc.)

                  « vous êtes des Dieux » (Jésus)
                  « vous êtes tous des Bouddha » (Bouddha)

                  Les Mythes orientent le mental, vous êtes seul avec vous-même pour vous débrouiller ensuite, et la raison, l’ intellectualisme est hors jeu, la Joie gratuite ne s’ exprime pas.

                  « Qu’ il entende celui qui a des oreilles pour entendre » car incorrigiblement l’ Homme revient à la puissance de sa vaine et dangereuse raison.

                  C’ est ce que faisait Pascal : utiliser la raison, la logique, susciter l’ émerveillement, et les Mystiques qui peinent à orienter les disciples vers « MOI », notre Dieu, identité réelle dont l’ ego émerge, d’ abord désemparé.

                  Du concret je vous dis !


                • Jean 4 mai 2014 12:26

                  Marie est votre Psyché nouvelle : Christ (MOI) naît en vous, l’ ego (moi) est émergence.

                  « Jean (tous les Hommes), voici Ta Mère » (Jésus).

                  Et tout cela est en nous.

                  La Psyché est miroir où moi contemple MOI, au final MOI se contemple : Jubilation (auto-prise de Conscience). La Psyché, le miroir est à polir dans la trame (difficile) de la vie. A immaculer : immaculée Conception, par soi-même.

                  Et tout cela est en nous.

                  A chacun de jouer. Demandez (c’ est la prière) !

                  (le personnage de Psyché existe aussi chez les grecs, ...qui veut voir Eros..., ou Isis chez les Egyptiens etc. mais tout est concret en vous)


                • Jean 5 mai 2014 20:14

                  Tout se passe en nous.

                  La Psyché/Mère-esprit
                  « j’ avais la sensation qu’ elle était en moi »
                  http://www.youtube.com/watch?v=4k4ndIcu2dA

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