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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Persépolis » : apologie d’une certaine idéologie ?

« Persépolis » : apologie d’une certaine idéologie ?

Le film « Persépolis » a d’excellentes qualités artistiques, mais se fait également porteur de l’apologie d’une certaine idéologie avec laquelle on peut être en désaccord.

Chère madame Satrapi,

Je suis allée voir votre film pour renouer d’une certaine façon avec une partie de mon passé. Je n’imaginais pas que de si curieuses réflexions au sujet de l’Histoire me viendraient à l’esprit après l’avoir vu. Je pense également au palmarès de Cannes et notamment au film qui a reçu la palme d’or, le film de Cristian Mungiu. Nous appartenons tous les trois à la même génération, mais nous avons été marqués différemment par l’Histoire et pour moi, les deux films représentent un pan de mon existence.

Je n’avais pas lu la BD en préalable, même si j’en avais eu plusieurs fois l’envie et c’est avec une grande curiosité et impatience que je suis allée en voir l’adaptation. J’en fus agréablement surprise et sans être spécialiste en graphisme, j’ai apprécié le savant dosage de noir et blanc et la poésie des images. Le double regard que vous portez sur le monde iranien et occidental, tant de l’intérieur que de l’extérieur ainsi que vos regards croisés avec ceux des autres personnages constituent une véritable originalité. Tout comme d’autres personnes, j’ai été sensible aux effets conjugués de l’humour et de la tension dramatique qui ne font jamais basculer le film dans la noirceur.

Mais toutefois, très rapidement après le début de la séance, je me suis raidie sur mon siège face à l’évocation de la lutte communiste pour l’émancipation du peuple iranien. Une immense gêne et un malaise s’emparèrent de moi à chaque fois que l’on évoquait les combats et le sacrifice des militants communistes surtout qu’à aucun moment ce regard d’admiration que vous portez sur ces luttes n’est relativisé. Le combat des membres de votre famille et de tant d’autres Iraniens qui ont souhaité sincèrement un meilleur avenir pour leur pays est hautement respectable, ce serait injure que de le nier.

Mais pour moi qui ai vécu jusqu’à l’âge de 22 ans dans un pays communiste en Europe de l’Est où trois générations ont souffert des effets pervers d’une idéologie, je mets un bémol à son apologie. Depuis 1991, date de mon arrivée en France, on tente de me persuader que seule la dictature subie à l’Est est coupable des dérives du vrai marxisme, vrai trotskisme, etc. Je ne souhaite à aucun peuple dans ce monde de revivre l’expérience de laboratoire idéologique que nous avons traversée en Europe de l’Est et surtout pas sous le nom de communisme.

Le communisme prône en principe le respect d’une parfaite égalité entre les individus. En principe, mais dans les sociétés communistes, il y en a toujours certains qui sont plus égaux que d’autres, surtout au niveau des profits. Je voudrais juste évoquer un incident drôle qui aurait pu devenir dramatique et qui a un rapport avec l’Iran. En Roumanie, le fait de fréquenter des étudiants étrangers était quasi interdit, les risques pouvaient être importants comme le renvoi de l’université. Je n’en tins jamais compte malgré les avertissements d’une camarade qui avait déjà subi cette mesure, n’ayant pu revenir au sein de l’université qu’après de multiples interventions et pots de vin.

Les jeunes femmes qui prenaient ce risque devenaient en quelque sorte infréquentables et assimilées aux prostituées pour la simple raison que la pénurie était si grande que parfois seuls, les étudiants étrangers du Moyen-Orient, d’Afrique noire, Maghreb ou Grèce étaient en mesure d’alimenter le marché noir et de par cela même, s’offrir les faveurs de jeunes femmes plus ou moins démunies.

C’est bien dans ce contexte où j’étudiai à l’université de Bucarest les langues étrangères que je connus nombre d’étudiants iraniens, bravant les interdits, je leur rendais visite régulièrement jusqu’au jour où la gardienne de la cité universitaire en alerta la police, ce qui me valut deux semaines de traque. Au bout de deux semaines, je cédai et allai voir ce que l’on me voulait. Tout simplement, on me demanda de devenir délateur, sinon, je pouvais faire mes adieux à l’université. Que faire ? L’affaire fut vite réglée, car mes amis iraniens possédaient une arme infaillible, les cartouches de cigarettes. On me laissa tranquille au prix de quelques cartouches. Il fallait comprendre toutefois... ce que l’on voulait.

A l’époque où vous écoutiez Iron Maiden, moi, j’écoutais ACDC sur des 33 tours ou autres trésors du rock.

Tel que le dit un de vos personnages, la lutte doit continuer, oui, nous continuerons à combattre, mais pas au nom du communisme qui fait partie de votre histoire tout comme de la mienne, mais au nom sacré de la liberté d’expression, au nom de la liberté d’écouter Iron Maiden et c’est bien cela que j’enseignerai à mes enfants.


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34 réactions à cet article    


  • NPM 29 juin 2007 11:55

    Je vous rappel tout de même que la révolution Islamiste est AUSSI une révolution socialiste, contre le capitalisme et la modernisation économique. Donc, on ne peut pas dire que la lutte des personnages pour le Marxisme soi déplacé. Ils l’ont voulu, ils l’ont eut.


    • zelectron zelectron 29 juin 2007 12:18

      Marxisme, nazisme, ayatolisme, sectarisme etc... sont tout autant d’exemples de nihilisme de la liberté de penser. Je vous approuve pour la majeur partie de votre analyse mais comme je suis plutôt optimiste je ne retiens que l’attaque féroce (au second degré) du régime actuel de Teheran. Effectivement c’est sur la totalité de la planète que sévissent les remugles du communisme et même une certaine forme de socialisme à visage pseudo-démocratique.


      • donegale 29 juin 2007 13:01

        la révolution Iranienne a été surtout légitimisé par l’occident pour faire barrage aux communismes et leur arrivé vers les eaux chaudes. (et création al quaida en Afghanistan) Même les adolescants ou femmes enceintes distributeurs de tracts ont été exécuté dans la période de la chasse aux communistes.198-84( LES FADAYINS KHALGH ET MOUDJAHEDINES ET .........

        Jamais le Shah aurait pu le faire avec cette efficacité.

        à l’auteur, je m’en fiche pas des douleurs qu’elle a subi dans la période de la guerre froide, mais j’ai vu des jeunes mourir en Iran pour leurs ideaux bien sincère pour l’humanité et la nation. à tort ou à raison, c’est une autre discussion !

        ne jugez pas les choses dans un sens unique !


        • NPM 30 juin 2007 09:24

          « la révolution Iranienne a été surtout légitimisé par l’occident »

           ????

          En perdant le Sha pour un gouv socialiste, je ne vois pas ce que l’occident y a gagné !

          Et puis ca veut dire quoi, légitimisé ?? Ce régime existe, c’est un fait.


        • Gazi BORAT 29 juin 2007 13:08

          @ l’auteur..

          Je ne comprend pas votre démarche..

          J’en saisis une partie : votre vécu sous un régime stalinien dont vous dénoncez les travers et qui constitue un dévoiement du discours idéologique d’origine qui lui, promet une société heureuse et des « lendemains qui chantent ».

          Vous vous situez au niveau du souvenir personnel.

          Marjane Satrapi aussi..

          Lorsqu’elle évoque le sacrifice des membres du Parti Toudeh sous les balles d’une dictature qui bientôt, allait être remplacée par une autre, elle se situe du côté de l’idéal.. et vous de son application..

          Le Parti Toudeh, au contraire du Parti Communiste d’Union Soviétique et de ses satellites d’Europe de l’Est, n’a pas accédé au pouvoir.. il garde donc intact l’espoir pour ceux qui l’évoquent d’une société harmonieuse qui aurait pu remplacer la dictature du Shah.

          Espoir intact d’autant plus que ses membres furent martyrs à deux occasions : sous les coups de la Savak d’abord, qui leur reprochaient d’être communistes puis sous ceux des Bassidjis, qui leurs reprochaient d’être athées..

          Ne pas accepter que l’on montre l’espoir que représenta le communisme pour certains sans systématiquement lui accoler la critique des ecxcès du stalinisme revient à ne pas accepter de montrer un fumeur sans faire voisiner cette image avec la radiographie de ses poumons.

          gAZi bORAt


          • NPM 30 juin 2007 09:28

            « qui constitue un dévoiement du discours idéologique d’origine »

            Arf ! Relisez Marx mon grand, il n’y a eut aucun dévoiment.

            « Lorsqu’elle évoque le sacrifice des membres du Parti Toudeh sous les balles d’une dictature qui bientôt, allait être remplacée par une autre, elle se situe du côté de l’idéal.. »

            De la connerie surtout.

            « Ne pas accepter que l’on montre l’espoir que représenta le communisme pour certains sans systématiquement lui accoler la critique des ecxcès du stalinisme revient à ne pas accepter de montrer un fumeur sans faire voisiner cette image avec la radiographie de ses poumons. »

            Le Léninisme (18 millions de morts) n’est pas différent du pseudo stalinisme, inventé uniquement parce que ce brave garcon, parmit ses 20 millions de victimes aurait tué 200.000 membres du parti (eux me^me des assassins, bien entendu.)


          • Thelma Sanders Thelma Sanders 29 juin 2007 14:50

            En réponse à l’internaute Borat : je vous remercie pour le détail linguistique car je ne connaissais pas le nom de ce parti en persan. J’accepte volontiers le fait que Madame Satrapi ait voulu montrer cet espoir qui était lié aux idéaux du communisme, c’est un devoir de mémoire qu’elle accomplit, nosu nous devons de le respecter. Je me suis rebiffée parce que je vis comme une blessure ouverte le fait que l’on reconnaît peu ou pas du tout les souffrances et les morts que cette idéologie a faits. On peut me rétorquer que le stalinisme en a détourné l’esprit, mais le stalinisme avait déjà pris fin dans les années 1960. Que fait-on de toutes les exactions commises au nom de la construction d’une société meilleure, parfaite pendant les autres 29 ans qui ont suivi ?...on nous répétait inlassablement que la marche vers le communisme, vers la société parfaite serait lente, ce seraitle fruit d’un long combat, au prix de combien de millions de morts encore, au prix de combien de privations au nom d’une économie « tout à l’Etat » vouée à l’échec,car étouffant l’initiative personnelle, l’esprit d’entreprendre ? j’éprouve beaucoup de respect pour certains militants communistes sincères qui défendent des valeurs universelles, mais ils ne sont pas les seuls et ils n’ont jamais été les seuls. Mais aujourd’hui de grâce, respectez nos morts à l’Est, nos torturés, soyez humbles, reconnaissez que le communisme est une utopie, car l’homme est imparfait, tout simplement et on ne peut jamais avoir l’adhésion de tous. J’aimerais que ceux qui combattent pour le communisme, le trotskisme renoncent à ces étiquettes idéologiques, refondent le tout, réflechissent profondément à nos expériences de vie, socio- économiques et tirent les conséquences. J’ai souvent l’impression que les militants d’extrême gauche sont aveugles, oui, vous à l’Est, vous étiez un peu cons, vous avez eu des dictateurs, nosu nous sommes plus intelligents et nous ferons autrement. Très humblement, tant que ce monde vivra, je vous en prie, chacun est libre de vivre comme bon lui semble, la liberté d’expression, la liberté de pensée et la liberté d’entreprendre sont des moteurs positifs de l’évolution d’une société. Il n’y a pas de mal à reconnaître que l’utopie communiste a fait son temps, nous sommes des êtres libres et nous avons assez de cerveau pour repenser ce qui est le mieux dans nos sociétés. je demande toutes mes excuses à ceux qui peuvent être blessés par mes prises de positions.


            • NPM 30 juin 2007 09:30

              Un bon communiste est un communiste mort : aucune différence entre lui et un NAZI.


            • armand armand 29 juin 2007 14:51

              @Gazi

              Vous avez tout-à-fait raison en théorie, mais je pense qu’il est normal de juger un arbre à son fruit, et le mouvement communiste à l’aune de tous les cas (sans exception) où de tels mouvements sont arrivés au pouvoir. A moins de considérer que le communisme ne vaut que comme ferment, comme manière de contrebalancer la toute-puissance capitaliste. Mais tel n’était pas le cas il y a vingt-trente ans. Les gentils althusseriens ont fait les Pol Pot. Les marxistes que je côtoyais à l’université il y a vingt-cinq ans ne faisaient aucun mystère de leur projet totalitaire, une fois parvenu au pouvoir. Et s’ils pouvaient s’affronter entre trotskystes et communistes orthodoxes, ils communiaient tous dans la même célébration de la révolution bolchevique. Malheureusement, comme Kohmeini ou Hitler, les totalitaires en règle générale appliquent leur programme une fois parvenus au pouvoir. C’est pour cela que je n’ai aucune sympathie pour eux quand ils sont dans l’opposition.


              • Gazi BORAT 29 juin 2007 16:04

                @ armand

                Effectivement, vous n’avez pas tort..

                Cependant, j’établirais une différence entre duex catégories :

                - les militants de base du Parti Communiste Français, dont nombre furent résistants, et qui n’étaient pas, dans leur grande majorité, des apparatchiks sans scrupules et dont même NS le Grand récupérateur honore la mémoire en la personne de Guy Môquet.

                Ma grand-mêre en fut.. Son stalinisme se limitait toutefois à sa participation chaque année au « tirage des Rois » qu’organisait son association d’anciens déportés. (Elle le fut - à titre politique - à Ravensbrück )

                - Mais il est une autre catégorie de militants, que je stigmatiserais par contre plus volontiers, et qui est celle que vous évoquez dans vos souvenirs d’étudiants..

                Ceux que l’on regroupa à l’époque sous l’appellation de « gauchistes » et qui se distinguaient souvent par leur sectarisme recèlaient en eux, beaucoups plus que les Communistes de base qu’ils conspuaient alors comme « révisionnistes » les germes du totalitarisme.

                Très-rarement issus de milieux populaires, ils visaient surtout l’accession au pouvoir que leur interdisait l’aristocratie gaulliste vieillissante et la plupart de leurs ténors se sont aujourd’hui bien placés, non sans avoir procédé à moult revirements idéologiques et qui les voient aujourd’hui passés du maoïsme au néo-conservatisme.

                Parmi eux : Kouchner, Bruckner, Kouchner et tant d’autres sont toujours là pour donner des leçons.

                Je tiens à les distinguer du militant communiste de base, héritier, lui, de l’honorable lutte des ouvriers pour de meilleures conditions de vie commencée au XIX° siècle comme je distingue le chrétien ou le musulman de base qui ne sont pas, loin s’en faut, des inquisiteurs ou des terroristes.

                gAZi bORAt


              • Thelma Sanders Thelma Sanders 29 juin 2007 18:10

                @ M. GAZI Merci pour tous ces éclaircissements d’ordre historique, depuis quinze ans j’observe avec attention et une certaine circonspection la vie politique française sans me laisser embarquer dans un quelconque courant. J’essaie de comprendre l’histoire des idées en France et je suis persuadée que cette histoire continuera de bouger sous l’influence permanente des citoyens. Dans votre dernier paragraphe, vous revenez à un principe de base du communisme et du socialisme même, la défense des ouvriers, de leurs droits, de leur dignité. Le syndicalisme doit être fondamentalement renové car il ne me semble pas proche des intérêts de tous les ouvriers. un socialisme qui n’est proche de la base n’en est pas un, un député socialiste qui se revendique de valeurs propres à ce courant politique et ne donne l’exemple de l’humilité dans son train de vie ne représente pas le peuple.

                @ M. Charpentier j’ai connu des Français proches du communisme, ils ont été accueillants, sympas, de braves gens, mais la pluaprt du temps marqués par l’idéologie de leur jeunesse, par le mouvement du 1968, ils y ont cru, ce fut leur adrénaline. Pour ce qui est des intellectuels, aaah, c’est une autre histoire, une anecdote circulait sur Aragon en Hongrie à l’époque du communisme tout comme elle aurait pu circuler dans n’importe quel pays de l’Est.

                « Aragon en visite en Hongrie tomba sur un berger qui lisait Ovide en latin près de son troupeau de moutons, il s’en extasia : Mais je n’imaginais pas que chez vous même les bergers lisent le latin ! » Cela nous fait bien marrer, j’espère que vous avez compris pourquoi. Et ce fut le cas de Sartre et de tant d’autres, tout comme cela l’est aujourd’hui pour un certain nombre de personnalités qui empochent de jolies sommes grâce à l’économie capitaliste et clament leur attachement à gauche.

                je crois que la graine de la révolte germera toujours au sein de ce peuple français et comme le disait Brancusi lorsqu’il se détacha de Rodin : « Rien ne pousse à l’ombre de grands arbres »


              • Gazi BORAT 29 juin 2007 19:53

                @ thelma sanders

                Vous avez raison de citer Aragon qui, si il nous laissa quelques poêmes admirables comme « l’affiche rouge », se fourvoya aussi dans des odes au stalinisme aussi sinistres que ridicules.

                Dans le camp adverse, vous trouverez aussi Louis Ferdinand Celine, dont l’écriture était aussi splendide que ces idées politiques était contestable. Personnage complexe, il était capable d’actes humanistes - comme de soigner gratuitement jusqu’à sa mort les pauvres qui habitaient sa banlieue - que de manifester dans ses romans une certaine et désesperée haine du peuple.

                L’idéal communiste est aussi ambivalent : sa finalité est généreuse mais son application est souvent tragique.

                On l’a souvent comparé à une foi et, je pense le fait n’est pas innocent que Joseph Staline eût été séminariste en sa jeunesse. De même qu le message d’amour du Christ a souvent justifié dans l’Histoire les pires formes d’intolérance, l’idéal communiste ne fut pas à l’abri de dévoiement.

                Cependant, je pense que Lénine est peut-être plus coupable que Karl Marx car, par sa notion « d’avant-garde du prolétariat », il substituait au peuple dont il était censer réaliser le bonheur une élite qui savait mieux que lui ce qui était bon pour lui.

                Un peu comme une église qui s’interpose entre le Dieu et le croyant et qui estime mieux que lui connaître la volonté de son Très-Haut.

                Comme on le sait, l’enfer en ce monde a toujours été pavé des meilleures intentions.

                gAZi bORAt


              • NPM 30 juin 2007 09:36

                Oui, une parti des communistes était des gens simples, un peu perdu et manipulé. Comme pour les militant hitlérien, sans doute. Ca n’excuse pas l’immensité de leur crime, et leur dévotion au MAL.

                Aprés tout, lorsqu’on à pour but de faire une révolution (donc des millions de morts), qu’on magnifi la lutte des classe, c’est à dire la guerre civile, il ne faut pas venir aprés prétendre qu’on ne savait pas que c’était une idéologie violente !

                Ce qui est étonnent, c’est qu’il n’existe aucun fichier des crimminel communiste français. On devrait pourtant savoir qui à fait quoi dans sa jeunesse, et pour qui. Ca éviterait de découvrir que Jospin travaillait pour Moscou ou Hernu pour le KGB.


              • armand armand 30 juin 2007 10:08

                @Gazi

                Bien reçu - toujours le même discernement et finesse dans vos jugements !


              • Gazi BORAT 30 juin 2007 12:17

                @ NPM

                Je ne souscris pas, comme vous, à la théorie d’Hannah Arendt (à mon sens la meilleure arme américaine de la Guerre Froide) qui renvoie dos-à-dos Nazis et Communistes.

                L’Idéal communiste annonce le partage et la liberté de l’Homme, même si son application dérape ensuite. Le monde décrit par Marx ou chacun « travaillera selon ses moyens et consommera selon ses besoins » ets différent du Reich de Mille Ans ou ont été supprimées les races inférieures et réduites en esclavage les intermédiaires.

                Staline a purgé, c’est vrai, au nom d’une idéologie généreuse.. tout comme l’Eglise a liquidé ses Hérétiques malgré le message d’amour du Christ.

                Hitler, lui, a parfaitement annoncé son programme dans « Mein Kampf ». Il n’y a eu a aucun moment tromperie sur la marchandise.

                Mais il est vrai que vous raisonnez en nationaliste et que, au nom de la Patrie, tout est permis..

                gAZi bORAt


              • Rétif 29 juin 2007 21:28

                @ Gaziborat,

                Désolé, mais c’est Marx qui a écrit :« Le parti communiste est l’avant-garde pensante du Prolétariat, mettant toujours en avant ses intérèts immédiats... ». Ce que Lénine a traduit sans le trahir : « Le prolétariat est incapable d’action autre que syndicale.C’ est à des intellectuels bourgeois qu’il appartient de faire la révolution à sa place ».


                • moebius 30 juin 2007 01:02

                  Entre tout ces « communismes » l’auteur et certain commentaire voit une communauté de pensé et puis hop la communauté de pensée disparait et puis hop ! la communauté de pensée réaparait pour, hop ! disparaitre à nouveau. Nous restons bluffé et notre sens de la totalité s’en trouve comme par un désenchantement tout rabougris et relativisé. « Le communisme », cette communauté bondissante et hop ! et hop !... les Marx brother nous font’ils là toujours et encore leur numero éculé de trampoline qui ont fait toute leur réputation internationale


                  • moebius 30 juin 2007 01:08

                    Bon ! je voulait dire le communisme dans les pays de l’est c’est pas le communisme en Iran qui n’est pas le communisme en France qui n’est... surement pas le libéralisme dans la principauté de Monaco... enfin tout ça au passé donc les rebonds et hop ! et hop !


                  • moebius 30 juin 2007 01:16

                    Peut etre (j’insiste) un double salto arriere maintenant mais en comptant cette fois ci les unijambistes et les manchots des deux pieds victimes des geoles stalinienne d’Asie centrale


                  • moebius 30 juin 2007 01:22

                    Et vous en face vous comptabiliserez pour faire bonne figure les pendus haut et court et tout les paraplegiques de l’impérialisme bouffon des Etats Unis d’Amérique.... j’ai comme un coup de mou moi, bondissez sans moi...


                  • NPM 30 juin 2007 09:41

                    Puis on va pouvoir faire un film sur l’enfance d’un garcon qui a des parent Nazi qui meurt sous les balles des américains. Parce que faut pas renier ses origines, et qu’aprés tout, les nazi se battaient pour un autre monde, un monde plus juste, plus socialiste, et que, si Hitler à commis quelques erreurs, on ne peut pas condamner pour cela tout un mouvement avec des SS sincéres et sympathique avec leur voisin.


                    • docdory docdory 30 juin 2007 10:38

                      @ l’auteur

                      Il faudrait rappeler qu’à une lointaine époque les USA avaient fomenté un coup d’état contre Mossadegh , qui avait eu le seul « tort » de nationaliser le pétrole iranien , ce qui avait déplu aux multinationales du pétrole , et l’avait fait considérer comme « communiste » par les USA ( prétexte , bien sûr , pour garder le fromage du pétrole ) . C’est ainsi que le Shah est arrivé au pouvoir et a imposé sa dictature dans un pays auparavant démocratique !

                      A noter que ce coup d’état anti-démocratique a encore des conséquences actuelles : c’est à cause de cela que Khomeiny un cinglé obscurantiste, radoteur et rétrograde a pris le pouvoir en Iran , c’est pur se débarasser de l’infâme régime Khomeiniste que l’occident a armé jusqu’aux dents Saddam Hussein , c’est pour cela qu’il y a eu la guerre Iran-Irak , la première guerre du golfe et en partie la deuxième ! Sans compter d’autres conséquences indirectes qu’il serait fastidieux d’énumérer ...


                      • Gazi BORAT 30 juin 2007 12:24

                        @ docdory

                        Et n’oublions pas non plus que Khomeyni fut la carte (faussée) du camp atlantique, qui préférait un régime religieux au basculement de l’Iran dans le camp soviétique avec tout son potentiel énergétique.

                        Il fut accueilli par la France à Neauphle le Chateau, par Valéry Giscard d’Estaing mais surtout par son ministre de l’Intérieur Michel Poniatowski membre de la (très proche de la CIA) World Anticommunist League..

                        On sait ce qu’il advint de cette carte..

                        Khomeyni liquida les Communistes, les musulmans gauchistes « Modjaheddin-i-Khalqi » et rompit ensuite avec ses premiers sponsors.

                        gAZi bORAt


                      • ZEN ZEN 30 juin 2007 13:13

                        @ Doc et Gazi B

                        Perninents rappels historiques....


                        • Thelma Sanders Thelma Sanders 30 juin 2007 19:38

                          Je rejoins Zen afin d’exprimer ma satisfaction face aux rappels d’ordre historique. Néanmoins, même si nous comprenons mieux les enjeux, il me semble que nous sommes face à un constat d’échec. Finalement, nous avons pour une majorité d’entre nous, peu de prise sur la marche de l’Histoire. Les masses sont manipulables à souhait et on peut les mener au pire. Où que ce soit dans le monde, les masses ont élu démocratiquement ou cru le faire, des personnalités dont l’influence s’avéra néfaste pour une bonne partie du globe. Saisies par la peur, la terreur, par la foi ou par l’indifférence, les masses ont suivi ou peu réussi à inverser le cours des choses. On dit que l’Histoire ne se répète pas. Serait-ce vrai ? Pourrait-on imaginer qu’une société civile se donnant presque pour devoir l’impartialité arrive à freiner parfois une marche vers la catastrophe ? Y a-t-il d’autres pressions que la société cvile puisse exercer ou d’autres droits que le vote pour influencer un dérapage politique ? J’affirme ma foi dans l’instruction, plus les gens sont instruits, moins ils se laissent manipuler et trouvent les ressources intérieures ainsi que moyens de s’opposer à ce qui peut se révéler dangereux pour leur société ou le monde en général. Mais dans ce contexte, que dire des Américains, des Anglais qui acceptèrent toutefois à envoyer leurs fils mourir en Irak ? Ont- ils eu tort de ne pas s’opposer en masse à cette Guere ? Que ferions nous Français face à une décision d’engager le pays dans une guerre ? Le film de Marjane Satrapi pose peut être malgré lui ce genre de questionnement, il nous interpelle sur nos choix dans les moments de crise historique, l’auteure garde une image idéale d’un parti qui n’a pas fait ses preuves au pouvoir, elle sort d’un enfer, j’en sors pour ma part d’un autre et je tire la sonnette d’alarme, les commentateurs apportent leur propre vécu et réflexion sur le même sujet et arrivent à nous faire prendre conscience de l’ampleur des phénomènes historiques. alors n’y aurait-il pas de la place pour une réflexion autre sur l’avenir et sur ce qui nous reste à faire ? Respecteusement vôtre


                        • Gazi BORAT 2 juillet 2007 07:10

                          @ thelma sanders

                          « Nous avons peu de prise.. »

                          Vous avez malheureusement raison.

                          J’ai été séduit, il y a longtemps, par la théorie de l’Histoire telle qu’enseignée dans les classiques du marxisme.. Hélas... la logique linéarité mécanique qui y est décrite a été invalidée par les faits..

                          La volonté d’accélerer celle-ci pour arriver au monde de solidarité qui représente dans ce système l’étape ultime, me fait penser aux hommes qui après avoir par leurs activités détruit un écosystème, tentent de le restaurer en intooduisant telele ou telle espèce animale ou végétale, modifie des cours d’eau et se retrouvent, à terme, face à une catastrophe écologique encore plus importante.

                          Marx ici, aurait parler des conflits entre superstructures (institutions, idéologies officielles) et infrastructure (l’économie en mouvement).

                          La Révolution (la prise de pouvoir par les PC de l’orbite soviétique), conçue comme accélérateur de l’Histoire s’est peut-être produite trop tôt et par des hommes dont la psychologie était encore imprégnée des valeurs du régime qu’ils venaient d’abattre, même s’ils s’en défendaient..

                          Il aurait donc fallu un homme nouveau pour ces sociétés « nouvelles ».

                          Or l’homme ne se décide pas par des résolutions prises dans des comités centraux..

                          Ce que vous défendez, et que raconte aussi Marjane Satrapi dans ses bandes dessinées, c’est le caractère rebelle (avec ou sans violence) de l’individu face à l’idéologie qui prétend le contraindre jusqu’en les choses les plus banales de son quotidien.

                          Vos deux réfléxions (celle de Marjane Satrapi et la vôtre), loin d’être opposées, sont étonnamment proches..

                          gAZi bORAt


                        • caramia 30 juin 2007 14:34

                          il faut peut-être arrêter de confondre la perversion de l’idéologie communiste par les staliniens des pays de l’est et l’humanisme et l’altruisme des militants communistes de nombreux pays, qui ont payé de leur vie des combats pour la liberté.

                          quant à comparer les communistes et les hitlériens, c’est du grand n’importe quoi : le nazisme est une idéologie de la haine, de la ségrégation, de la guerre, de la domination. le communisme est tout l’inverse. ceci n’excuse évidemment pas les crimes effectués par les dirigeants communistes des pays de l’est ou de la chine. mais il ne faut pas tout mélanger si on veut que l’histoire ait un sens


                          • Bobby Bobby 30 juin 2007 23:33

                            Bonsoir à tous,

                            Bien des choses vraies ont été dites... et me font penser aux paroles d’une chansson de G. Brassens : « Mourrons pour des idées, d’accord ! mais de mort lente... » et me dis que de partout, la dogmatique a une certaine tendance à s’opposer à la réflexion... à l’instar du film « farenheit 451 »

                            Combatre, c’est le devoir de chacun à mon sens, non pour avoir raison, mais pour une liberté de pensée qui n’a pas grand chose à avoir avec celle d’entreprise... ni la restriction de plus en plus sévère des droits individuels ou encore avec le mythe de la bonne guerre : http://video.google.fr/videoplay?docid=-3214326731439639029

                            Bien cordialement.


                            • Grasyop 6 juillet 2007 23:29

                              Connaissant la bande dessinée, je trouvais déjà douteuse votre attaque contre ce film. J’ai maintenant vu le film lui-même, ce qui me permet de confirmer qu’il ne fait absolument pas l’apologie du communisme ni d’aucune autre forme de système politique. Le film fait tout pour éviter le manichéisme en ce domaine. S’il fait l’apologie d’une idéologie, c’est celle de l’humanisme, qui n’est pas un système politique mais un ensemble de valeurs humaines. Des valeurs universelles comme la solidarité ou l’intégrité, avec lesquelles il ne me semble pas qu’on puisse raisonnablement être en désaccord.


                              • Thelma Sanders Thelma Sanders 7 juillet 2007 17:50

                                C’est votre opinion, Monsieur, le terme d’apologie peut vous sembler provocateur, je vous l’accorde. Sur le fond, le film ne m’a pas appris quelque chose de nouveau sur le régime iranien, mais tout comme je l’ai déjà dit, j’ai été sensible aux images métaphoriques et à l’humanisme de l’oeuvre. Sur le plan pratique, seuls les Iraniens vivant en Iran seront en mesure de changer leur quotidien. Avant 1989, à l’Est, des réfugiés politiques se manifestaient sur les radios clandestines, cela nous forgeait une conscience politique, mais ne changeait rien au quotidien merdeux. Si Gorbatchev n’avait pas bougé, on serait au niveau de la Corée du nord et je peux vous assurer que cela ne vous aura pas empêché de dormir et de manger tranquillement. Tout comme aujourd’hui, soyons d’accord, nous jetterons au moins un coup d’oeil aux JO qui auront lieu en Chine et on va même se réjouir des performances françaises et nous dormirons tout aussi bien même si on va fusiller quelques opposants politiques une fois que tout le monde aura plié bagage.

                                J’ai grandi de l’autre côté du mur de Berlin et aujourd’hui,après avoir vu le film « Persepolis », j’ai une seule question à poser à Madame Satrapi, le communisme vous semble une solution politique viable en Iran, en France ou en Europe ? L’analepse historique concernant le passé engagé de sa famille, même placée dans le contexte de l’époque, revêt une petite nuance idyllique. Si vous aviez lu avec attention les commentaires, vous auriez lu que nous devons respecter l’engagement de ces personnes qui étaient de bonne foi, tout comme celui d’autres inconnus, dévoués à leur pays. Je me permets de retoucher ce côté idyllique, il est de mon devoir par respect à mon tour pour ceux qui sont morts à cause du communisme et non pas tant à cause de la dictature comme on tente de me le suggérer. Car le communisme, une fois au pouvoir, ne devient qu’une dictature puisqu’il anéantit la propriété privée à tous les niveaux si on se tient aux textes, bien sûr. Et rien ne dit que si le parti communiste iranien arrivait au Pouvoir, il ne serait pas tombé sous l’influence du grand voisin, l’URSS. Il y a de grandes chances d’ailleurs et touxs ceux qui étaient de bonne volonté et sincères auraient été laminés vite fait et bien fait. Un bon week end !


                              • Fridorik 8 juillet 2007 18:09

                                @Thelma Sanders.

                                Ceci n’engage que moi, mais vous frisez l’extrémisme en insistant ainsi sur l’étiquette « Communiste » des personnages de ce film. Quelle couleur politique ou idéologique, Madame Satrapi, aurait elle dû utiliser pour ne pas vous choquer et ainsi tomber dans un manichéisme boiteux ? Je vous propose de revoir le film et de noter que par le personnage de la grand mère de la petite, les idéologies et autres icônes de la révolution sont, à mon sens, tournées en dérision sur un ton ironique à souhait, communistes y compris. A mes yeux, ce film est apolitique, plutôt humaniste et dénonce l’oppression des peuples.

                                Quant à votre question à MM. Satrapi, je suis désolé, mais elle est hors sujet. Utiliser ce film pour crier votre haine d’un régime politique qui a fait souffrir des millions de personnes me semble un peu déplacé et injuste. Les procès d’intention ne mènent à rien, les communistes aussi aiment leurs enfants (Sting). Je n’ai pas souvenir d’un système politico-économique qui n’ait pas dérivé à un moment donné de son histoire.

                                Merci quand même pour cet article et les rappels historiques de chacun.


                                • Thelma Sanders Thelma Sanders 8 juillet 2007 21:16

                                  Cher Monsieur, j’ai senti moi même que je frisais l’intolérance et je ne tiens pas à camper sur des positions stériles. Mme Satrapi ne pouvait utiliser une autre étiquette politique pour désigner le combat de certains membres de sa famille, il se trouve que tout cela réveille en moi d’assez mauvais souvenirs et je réagis en fonction de mon vécu. Pour ce qui est de l’amour que les communistes portent à leurs enfants....., hum, vous vous souvenez des orphelinats roumains et des conditions indignes dans lesquelles on gardait des enfants ? On n’était même pas au courant de l’existence de ces « camps de concentration ». Je n’ai pas de haine, j’ai juste ressenti des peurs comme la peur de la police, la peur de traverser une frontière, la peur de ne pas être arrêté même si on n’a rien fait ! Vous comprenez cette peur subtile qu’un régime politique instille dans vos veines ? La peur pour rien alors que tu n’as rien fait de mauvais...mais à leurs yeux, tu es un coupable potentiel. Et puis , vous savez quoi ? J’ai un léger sentiment que l’on y va tout droit et ici même dans ce vieux pays de Voltaire....on devrait exhumer ses oeuvres et en faire des lectures publiques. Respectueusement vôtre


                                • Grasyop 13 juillet 2007 01:22

                                  Si vous avez encore des réticences, je pense que l’entrevue suivante devrait vous convaincre définitivement que Marjane Satrapi ne fait pas l’apologie du communisme : smiley

                                  http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=75724

                                  (paragraphes 4 et 5)


                                  • Thelma Sanders Thelma Sanders 14 juillet 2007 18:00

                                    ouI Je l’ai lu, même en entier, soit, Madame Satrapi a plutôt l’air d’être « sex and sun », les idéologies l’ont désabusée, d’accord , d’accord, maintenant me demander d’être convaincue de manière « définitive », ah la la, le mot définitif dans ma bouche, tourne indéfiniment et insidieusement. En tout cas, j’ai encore une fois pris la mesure de mon impulsivité....Merci en tout cas

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