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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Persepolis : l’une des plus belles surprises de l’année

Persepolis : l’une des plus belles surprises de l’année

Depuis quelques années, le monde du cinéma d’animation français nous offre régulièrement de véritables petits bijoux propres à rendre optimiste sur la santé artistique du secteur. Ainsi après Kirikou ou la sorcière et U, Persepolis, le premier long métrage de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, prouve à ceux qui en douteraient encore qu’un dessin animé peut être une réussite aussi magistrale qu’un film tourné en prises de vues réelles.

Persepolis, le film, est l’adaptation de la tétralogie autobiographique du même nom publiée par Marjane Satrapi entre 2000 et 2003 à l’Association. Véritable succès de librairie à l’époque, il s’en est vendu aujourd’hui 1,5 million d’exemplaires. Si le film reprend fidèlement l’histoire des quatre livres, c’est heureusement avec un rythme différent, propre au cinéma. On retrouve la jeune Marjane à Téhéran en 1978 dont l’ambition est alors de devenir prophète pour rendre tout le monde heureux sur Terre. Vaste programme pour cette toute jeune fille dont on suit les pas sous le régime du Shah et pendant la révolution islamique. Puis, pour la protéger, ses parents l’envoient poursuivre ses études en Autriche où elle découvre l’Occident après l’avoir rêvé, ainsi que l’exil, la solitude, la différence avant un retour en Iran précipité par une dépression nerveuse.

Ce projet n’aurait pu exister sans l’implication du producteur Marc Robert, qui a apporté aux deux réalisateurs les moyens techniques et financiers de faire un film réussi de bout en bout. D’autant que les auteurs ne se sont pas épargnés à la tâche. Le film a été réalisé à l’ancienne (on l’a beaucoup dit en insinuant qu’il était une réaction à la 3D hollywoodienne, ce qui n’est pas tout à fait exact). Seuls les dessins réalisés au crayon et à la gomme étaient propre à rendre justice au projet de Marjane Satrapi et à son style. Ce n’est donc pas moins de quatre-vingt-dix dessinateurs ainsi qu’une équipe de traceurs qui ont travaillé d’arrache-pied pour terminer le film dans les temps. Ce sont eux qui ont su rendre si expressifs les nombreux gros plans sur des visages réduit à quelques traits dans un superbe noir et blanc qui doit autant aux couleurs véritables de Téhéran (les habits sombres qui se détachent sur les murs clairs) qu’à l’expressionnisme allemand qui a influencé l’esthétisme de nombreuses scènes.

Car c’est le cinéma mondial qui a nourri Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud. Naturellement, leurs influences sont des plus diverses. Le traitement à l’écran des lieux et des scènes familiales doit beaucoup au néoréalisme italien, tandis que l’utilisation de la voix off est une idée de mise en scène soufflée par Les Affranchis de Martin Scorcese. C’est en allant puiser dans le cinéma classique que les deux auteurs ont garanti à leur travail son aspect unique.

D’un point de vue technique, la réorganisation du travail constitue à elle seule l’innovation la plus importante du film. Contrairement à ce qui se fait d’habitude, les voix ont d’abord été enregistrées et ce n’est qu’ensuite que les animateurs ont pu caler leurs dessins sur le rythme de la parole des acteurs. Le film acquiert ainsi un dynamisme et un naturel que peu de dessins animés possèdent.

Le résultat est proprement extraordinaire. La grandeur des moyens déployés à la fabrication du film n’a d’égale que l’économie de ceux visibles dans sa mise en scène. Une retenue tant de la technique que des sentiments y règnent d’un bout à l’autre. Et sa pudeur place la narration à mille lieues des excès égocentriques de l’autofiction, bien que Marjane Satrapi y évoque des événement douloureux de sa propre vie.

Il faut aussi dire quelques mots des acteurs dont les voix donnent véritablement chair aux personnages d’encre. Chiara Mastroiani (Marjane), Catherine Deneuve (sa mère) et Danielle Darrieux (délicieuse grand-mère qui jure et fume de l’opium sans jamais oublier de mettre dans son corsage des fleurs de jasmin pour sentir bon en toute occasion) jouent ici quelques-uns de leur meilleurs rôles. Persepolis à remporté le prix du jury cette année à Cannes (ex aequo avec Stellet Licht de Carlos Regadas). C’est amplement mérité.

Dernière mise au point, le film n’est pas un pamphlet ni un tract politique. La plainte dont il a fait l’objet de la part du ministère de la culture iranien est hors de propos. L’accuser de présenter « un tableau irréel des conséquences et des réussites de la révolution islamique » est absurde. C’est ne rien comprendre aux intentions des auteurs ni, bien pire, au film lui-même, qui ne s’intéresse qu’à la manière dont la jeune Marjane perçoit ces événements historiques. En outre, c’est elle, comme l’a rappelé la dessinatrice, qui y commet « la pire saloperie ». On pourra aussi noter avec amusement que l’Autriche aurait très bien pu se plaindre du traitement qu’elle reçoit. L’idée ne l’a certainement pas effleurée. L’administration iranienne serait bien inspirée de suivre l’une des leçons du film : ne pas voir le monde en noir et blanc et s’ouvrir simplement à sa complexité.

Jérôme Lester


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10 réactions à cet article    


  • Antoine Diederick 6 août 2007 11:31

    il parait que le film est super, je ne l’ai pas vu, faudra que je me déplace ...


    • dda dda 6 août 2007 14:27

      Il faut admettre que votre commentaire est absolument passionnant et enrichissant ! Un grand merci de bien avoir voulu partager la profendeur de vos émotions.


    • La Taverne des Poètes 6 août 2007 11:43

      Tiens ! J’ai justement un article en préparation sur le cinéma d’animation français (mais plus sur le court métrage). Je ferai donc un lien vers votre article. Ce sera mercredi sans doute.


      • docdory docdory 6 août 2007 12:04

        @ L’auteur

        Effectivement , ce film est excellent , mais contrairement à Kirikou ou à U que vous citez , il est à mon avis fortement à déconseiller aux enfants de moins de 12 à 14 ans , certaines scènes ne sont compréhensibles que par des adultes , je pense que des enfants passeraient à côté de la moitié du film , ou pourraient être choqués ou destabilisés .


        • jamesdu75 jamesdu75 6 août 2007 13:37

          J’avait adoré les bouquins et j’ai adoré le film. Il depeint sans concession les idéo politique de la famille de Marjane.

          La seul chose qui m’a etonné c’est le nombre d’insulte qui est debit dans chaque scéne. Je doute que la réalité soit la même.


          • Grasyop 6 août 2007 14:44

            Sans aucun doute la meilleure bande dessinée que je connaisse, et le film est très bon également. Je ne peux qu’encourager quiconque à aller voir le film ou à lire la bande dessinée (ou les deux smiley ). Précisons aussi qu’il n’est pas nécessaire d’être un passionné de bande dessinée ou de l’Iran pour apprécier Persépolis. smiley


            • caius 7 août 2007 15:32

              Que pensez-vous de cet article ?

              L’imposture Persépolis mise à nu : Marjane Satrapi super menteuse

              Retour sur Persepolis : synthèse des gros mensonges de la réalisatrice et des éléments de manipulation du film et de la BD avec nouvelle action à la clé. Travail effectué à partir des articles d’Iran Resist sur la question, avec l’aimable autorisation du site. Opération à destination essentiellement de la France, sauf si le film passe près de chez vous hors de France...

              Mensonge biographique numéro 1. Marjane Satrapi répète à qui veut l’entendre qu’elle est une « princesse rouge » : une descendante des Qajar et de parents membres du parti communiste iranien Toudeh. Réalité. Marjane Satrapi n’a jamais cherché à prendre contact avec les deux éminents membres du Toudeh, ni avec aucun autre représentant de ce parti en France, au point que pour ces derniers, « Marjane Satrapi » est une création romanesque envoyée en France pour capter l’attention d’un public de gauche.

              Mensonge biographique numéro 2. L’autre élément de l’identité de Satrapi serait ses aïeux royaux liés à la Dynastie Qajar, dynastie qui ruina littéralement l’Iran et vendit l’ensemble de ses ressources minérales et pétrolières aux Anglais. Réalité. L’examen du site des descendants de la dynastie Qajars montre qu’il n’y a aucun Satrapi (nom de la mère de Marjane) ni aucun Ebrahimi (nom du père) ni parmi les descendants d’Ahmad Shah, ni parmi les descendants de Mohammad Ali Shah, ni parmi les descendants de Nasser Eddin Shah (la première version des propos de Satrapi publiée par Wikepedia), ni nulle part dans cette dynastie (liste de toutes les familles liées aux Qajars).

              Mensonge biographique numéro 3. Comme conséquence de son sang bleu, Satrapi affirme également appartenir à une famille aisée. Réalité. Sa famille est inconnue et sans une réputation de famille riche.

              Mensonge biographique numéro 4. Ebrahim Ebrahimi [qui] est selon sa fille heureux possesseur d’une compagnie de distribution de gaz en Iran. Réalité. Il y n’avait aucun Satrapi ou Ebrahimi dans ses relations du travail, les compagnies alors en fonction étaient : Parsia Gaz (appartenant à un Libanais du nom d’Azrapour), la danoise Iran Gaz, Buthan ‘appartenant à M.Khalili), Pasargad Gaz (M. Dehlavi), Alvand Gaz (M. Dadress), Buta Gaz (Kalhor), Orsa Gaz (MM. Ghobadian & Naraghi) et Pars Gaz (Nik Akhtar). Le père de Satrapi est un personnage flou dont on ne connaît rien.

              Mensonge biographique numéro 5. Elle affirme avoir été au lycée laïque français de Téhéran dans un environnement mixte. Réalité. Ce lycée extraordinaire qui avait presque 100% de réussite au bac, lycée où toutes les matières étaient enseignées en Français a été mixte jusqu’à la révolution, mais dès 1980, il n’était plus ni laïque, ni mixte, ni français. La scolarité de Satrapi en langue française a duré de l’âge de 1977 à 1979 (deux ans). Par ailleurs, son nom ne figure pas sur la site des anciens du lycée Razi (ni à Satrapi, ni à Ebrahimi). Par la suite, selon les récits (BD ou interviews), elle aurait été envoyée en 1982 ou 1983 ou en 1984 à Vienne et elle en serait revenue en 1986 ou 1988. Ce lycée est très coûteux (5000 € par an) et seuls les membres liés au régime sont autorisés à envoyer les membres de leurs familles à l’étranger et à ce prix.

              Mensonge biographique numéro 6. Elle affirme être arrivée en France en 1994 et jusqu’à très récemment elle disait avoir obtenu sa nationalité française entre 1994 et 1997. Réalité. Dans un entretien avec le Figaro Madame, elle avoue que c’est Jack Lang qui lui a obtenu sa naturalisation en 2006. Quand Satrapi a fait le tour des Etats-Unis pour parler de son livre, elle s’y est rendue munie d’un passeport du régime des mollahs. Elle a ainsi sillonné le monde munie d’un visa, d’une autorisation et d’un passeport livré par les mollahs pour répandre sa version de la révolution islamique et sa version très édulcorée de la condition féminine.

              Mensonge biographique numéro 7. Dans son entretien avec le Parisien, elle dit qu’elle ne parle pas de l’Iran car elle ne peut pas y aller et elle ne sait pas ce qui s’y passe. Réalité. Nous lui rappelons au passage que sa maman et son papa vivent là-bas et sont censés lui raconter leurs vies et leurs soucis. En réalité, ses propos sous-entendent que les opposants exilés ne sont pas qualifiés pour parler d’un pays qu’ils ont quitté : Après sa définition de la laïcité, voici sa version de la résistance.

              Persépolis : Manipulation 1. La BD fait croire que les iraniennes peuvent agir en super héros et tenir tête aux pasdaran et aux mollahs. Réalité. C’est totalement faux vu qu’elles deviennent des femmes à 9 ans mais qu’elles doivent obtenir l’autorisation d’un père, d’un mari ou d’un tuteur, pour entreprendre des études, travailler et voyager.

              Persépolis : Manipulation 2. Avant, l’Iran était selon Marjane dirigé par « un monstre » et il était nécessaire que la « gauche iranienne » dont elle est issue face alliance avec les mollahs pour chasser le « tyran ». Dans cette première partie de Persépolis, Satrapi dresse un tableau sombre de l’Iran des années 70 où les miséreux sont oubliés et « le roi » croule sous les richesses. Arrive la révolution dans la joie et les cris et Marjane Satrapi attribue deux des plus ignobles crimes des mollahs au Roi [1] et passe totalement sous silence le nombre astronomique des victimes et des exécutions sommaires. Dans la seconde partie, plus aucune mention des pauvres en Iran. Il n’y a que des femmes rigolotes, qui font du ski, qui s’habillent à la mode parisienne ou en imitant les séries américaines, pour sortir, draguer... Elles boient, elles fument, elles engueulent les miliciens, elles font des études, elles font du sport, elles arrivent à convaincre les mollahs par des rhétoriques éclairées, et elles roulent dans leurs petites voitures rapides... Ceci est le miroir tendu au lecteur pour qu’il s’identifie à une héroïne inexistante. Satrapi est un produit marketing conçu pour plaire à une gauche qui ne connaît ni l’Iran, ni son histoire et encore moins le rôle anti-social joué par les communistes qui ont sans cesse fait front commun avec tous les adversaires des réformes sociales. Le livre de Satrapi est formaté pour les occidentaux de gauche et non pour les Iraniens qui y voient des images peu agréables : l’alliance des communistes et des mollahs qui a plongé le pays dans le néant. Persépolis est écrit pour vous et non pour les Iraniens. Il n’a pas de public en Iran car en plus il usurpe un nom lié à la Perse pour le mêler à une identité islamique qui a toujours combattu Persépolis, la Perse, Cyrus le grand, le fondateur de la première charte des droits de l’homme, le libérateur du peuple juif. Cette période qui fait rêver tous les Iraniens est qualifiée par Satrapi d’une nuit de 2500 ans : une expression utilisée uniquement par Khomeiny. Le livre recycle également la haine pour Israël et qualifie Sadate et le Shah de traîtres au Moyen-Orient pour avoir signé un accord de paix historique avec Menahem Begin.

              Persépolis : Manipulation 3. Omissions. la BD Persépolis a également oublié d’évoquer le cas Rushdie et cette Fatwa. Cette BD qui dresse un inventaire des évènements marquants de la révolution islamique a la caractéristique d’avoir oublié des faits qui sont par le plus grands des hasards fort préjudiciables pour la république islamique d’Iran. Ainsi on n’y trouve aucune référence à la lapidation, à l’amputation d’une main, puis d’une jambe et ensuite de l’autre main pour les voleurs multirécidivistes, aucune référence à l’énucléation, aucune référence à ceux que l’on fouette et qui meurent par hémorragie interne. La BD inventaire a également oublié dans son inventaire de dire que les fillettes sont considérées comme des femmes dès l’âge de 9 ans, et qu’elles peuvent avoir leurs premières règles alors qu’elles sont déjà mariées depuis quelques années. Cet inventaire bien incomplet a également oublié de préciser que le viol n’est pas reconnu comme un délit en Iran. La personne violée est considérée comme une coucheuse peu vertueuse et risque la lapidation ou une peine de substitution comme la pendaison... pas étonnant que les filles hésitent à porter plainte.

              Persépolis : Manipulation médiatique 1. L’auteur est identifié à la gauche et ses lecteurs de gauche s’identifient à elle. Elle n’a qu’à leur dire ce qu’elle veut et leur tendre un miroir sur la vie d’une jeune fille très moderne et pleine de doutes, une Bridget Jones sous le voile. Réalité. L’auteur est identifié à la gauche et ses lecteurs de gauche s’identifient à elle. Elle n’a qu’à leur dire ce qu’elle veut et leur tendre un miroir sur la vie d’une jeune fille très moderne et pleine de doutes, une Bridget Jones sous le voile. Elle remet ainsi en cause le principe de la laïcité qui est la matrice de la démocratie car elle libère les peuples de l’opium religieux.

              Persépolis : Manipulation médiatique 2. Dans un extrait qui est en notre possession (nous n’arrivons pas à le comprimer en flash ou en wmv), Satrapi dit que les iraniens ne sont pas des terroristes. Réalité. Le monde ne regarde pas vers l’Iran en y voyant un peuple de terroristes mais un peuple victime de terroristes islamiques au pouvoir. Avec une formulation très particulière, elle crée la confusion entre les islamistes au pouvoir et leurs victimes.

              Persépolis : Manipulation médiatique 3. Elle enchaîne sur l’horreur que lui inspirent les propos qui qualifient l’Iran (c’est-à-dire la république islamique) d’Etat terroriste. Réalité. Le monde considère le régime comme étant une entité terroriste et non les « iraniens » ! C’est une manipulation qui ne profite guère au peuple iranien.

              Persépolis : Manipulation médiatique 4. Elle dit avoir fait un film pour faire comprendre que « ces gens » sont comme vous et moi, ils aiment leurs parents, ils aiment manger des glaces et aller à la piscine. Réalité. Mais elle ne parle pas des « iraniens ». Elle parle de « ces gens » au pouvoir, des mollahs et des Pasdaran ou des miliciens bassidjis, ces terroristes qui aiment leurs parents, mangent des glaces et vont à la piscine. Du fait, ce que dit Satrapi est une formulation délibérée pour dédouaner le régime des mollahs de son étiquette de terroriste islamique. Ces propos de Strapi heurtent les « iraniens », surtout ceux qui vivent encore en Iran et espèrent un élan de solidarité venant de l’Europe. Ses propos trompent les Européens qui oublient le peuple iranien pour se concentrer sur une oeuvre en tout point tendancieuse. La plupart des iraniens sont bien trop pauvres pour se payer des glaces et la piscine.

              Persépolis : Manipulation médiatique 5. Dans une vidéo, Satrapi, entre deux gorgées de coca-cola et deux rires gras, déblaterre sur la laideur de l’identité nationale. Réalité. L’identité nationale des iraniens est un refuge pour résister à l’islamisme du pouvoir. C’est elle qui a permis à l’Iran de préserver sa langue et sa culture dans le monde musulman depuis 14 siècles. Son language du corps est blessant car les iraniens attendent de leurs compatriotes exilés qu’ils parlent à leur place et racontent leur calvaire et non qu’ils oublient de mobiliser les occidentaux pour les soutenir, qu’ils agissent comme si de rien n’était et qu’en plus qu’ils salissent leur seul rempart contre la barbarie, cette identité nationale vieille de plusieurs miliers d’années.

              Persepolis Manipulation médiatique 6. « Fiftiz.fr » demande à Satrapi : Quelle est la situation des femmes en Iran ? Elle répond : Dans l’enseignement supérieur, 60 % des étudiants sont des femmes, y compris dans les filières scientifiques et techniques. Ce chiffre à lui seul annonce un profond changement dans la société iranienne. Je pense que les mentalités évoluent. Réalité. C’est la réponse officielle des responsables du régime quand ils veulent éviter de parler du code civil iranien. Ce code civil est publié sur Internet par différents organismes dont des sites juridiques qui comparent des textes de lois de différents pays du monde. Il est de ce fait inadmissible que les journalistes prétendent ignorer quelle est la condition des femmes en Iran. On ne peut se prétendre journaliste tout en faisant abstraction du fait qu’à 9 ans une fillette iranienne devient une femme pénalement responsable devant la loi, c’est-à-dire qu’en cas de viol, la loi la juge responsable d’avoir sexuellement stimulé son violeur.

              Persépolis : Manipulation médiatique 7. Cannes. Le régime des mollahs a protesté contre la sélection du long-métrage animé de « l’exilée iranienne Marjane Satrapi », Persépolis, au Festival de Cannes, car ce film porterait un regard critique sur la révolution islamique. Réalité. Pour comprendre ce Buzz, il faut revenir en arrière : Les BD de Persépolis sont en vente depuis l’an 2000 et pas une seule fois les mollahs n’ont protesté contre elles et même leurs sites d’info comme iranian.com ou Rooz Online, ces deux sites proches de Rafsandjani ont chanté les louanges de cette œuvre si particulière pendant des années. Pour donner de la crédibilité à ses faux opposants et opposantes intérieurs, le régime des mollahs fait semblant de les persécuter en respectant un timing précis. En Iran, ceci se traduit par des arrestations de complaisance à des dates commémoratives et ici, chez nous, ceci prend la forme d’une protestation contre la sélection officielle à Cannes. Mais la partie la plus drôle est que cette sélection était connue depuis des semaines, mais le régime des mollahs a choisi l’avant-veille de la projection de Persépolis de Marjane Satrapi pour protester afin de lancer une polémique et faire de la publicité pour cette œuvre très particulière qui est une ode à la Révolution islamique et dont son auteur est une militante médiatique pour la liberté du port du voile.

              Déclarations délirantes de Marjane Satrapi 1. « Je suis une vraie amoureuse de la liberté et une vraie démocrate ouverte à toutes les indignations, à toutes les protestations, à toute critique, et je pense qu’on ne peut construire que dans les critiques et la protestation : Il faut un dialogue ouvert » Dialogue ouvert avec des tortionnaires, des lapideurs, des nazis en babouche ?

              Déclarations délirantes de Marjane Satrapi 2. « Le vrai ennemi de la démocratie, ce n’est ni un régime, ni une personne, ni un gouvernement, le vrai ennemi de la démocratie, c’est la culture patriarcale » On est exactement dans la perspective d’une autre demoiselle passablement perturbée : Houria Bouteldja.

              Objectifs de Persepolis. Cette BD et ce film ne sont pas destinés aux iraniens mais à ceux qui ne connaissent rien de l’Iran. Ils les trompent, en leur dressant l’image d’un régime qui évolue doucement dans le bon sens. Son objectif est de tuer les urgences et que les lecteurs jeunes et généralement de gauche de BD deviennent méfiants vis-à-vis des récits horribles que les exilés leur racontent sur l’Iran.

              En sortant de Persépolis, vous ne serez pas tétanisés au point de vouloir demander à Bernard Kouchner de ne pas accepter de rencontrer un représentant du régime des mollahs.

              Pourtant vous le devriez car là-bas on a dépénalisé le viol et la pédophilie. Là-bas on lapide, là-bas on pend les prisonniers dans la rue et on les laisse devant les yeux des enfants. Là-bas on vend ses organes pour survivre. Là-bas on vend ses enfants à des pédophiles. Là-bas on se défonce pour oublier toutes ces horreurs.

              Rappel. Le mensonge et la dissimulation sont une donnée culturelle incontournable de l’islam chiite plus encore que de l’islam sunnite du fait de la longue histoire de persécution du premier par le second. Ils sont clairement indiqués par la charia et rentrent dans le cadre du djihad. Lire cette conférence pour mieux comprendre ce que l’on entend par takkya ou takia.

              Article de synthèse basé sur les documents fournis par les articles de l’excellent Iran Resist, à consulter pour plus de détails.

              http://grouik-grouik.blogspot.com/2007/07/limposture-perspolis-mise-nu-marjane.html


              • Jérôme Lester 7 août 2007 17:55

                Que dire ? On est là dans le salmigondis habituel qui court sur internet. Aucune référence précise et directement consultable n’est donnée. C’est plus un réglement de compte amer et gratuit qu’autre chose. Et une totale incompréhension de ce qu’est le travail d’un artiste. Ces écrits prennent encore une fois le film pour ce qu’il n’est pas (voir la fin de mon article). C’est assez triste.


              • jamesdu75 jamesdu75 10 août 2007 01:18

                Caius.

                Pourriez vous au moins avancer ce que vous dites avec des preuves tangibles. Et pas un pseudo tract.


              • manusan 21 septembre 2007 04:12

                un truc marrant c’est de se taper 300 et Persepolis dans la même soirée.

                je sais elle est facile.

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