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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Peur et lâchetés françaises 1939

Peur et lâchetés françaises 1939

En 2004 s’est trouvé édité un manuscrit inachevé datant de 1942. Les deux filles rescapéeIrne_nmirovsky_suite_franaises d’Irène Némirovsky, née à Kiev dans une famille juive exilée par la 

révolution bolchevique, l’ont publié en hommage à leur mère, arrêtée par la police française comme apatride en juillet 1942 et livrée au camp d’Auschwitz où elle meurt un mois plus tard. « Suite française », rédigé entre 1939 et 1942, devait comprendre cinq parties ; les deux premières sont à peu près achevées, sous le signe technique de Tourgueniev (approfondir la psychologie de chaque personnage avant de commencer d’écrire), de Balzac (pour l’acuité de la description sociale) et pour Tolstoï (dans l’enchevêtrement des destins lors du bouleversement de la guerre). Irène Nemirosky avait pour ambition d’écrire son « Guerre et Paix ». Il ne reste que les premiers tableaux, tout frais, qui, plus qu’un roman achevé, donnent aujourd’hui un éclat particulier au témoignage.

Une « suite » est ce qui accompagne pour faire honneur ; elle est aussi une série de pièces instrumentales dans le même ton ; enfin un enchaînement de faits qui se suivent. Ce titre, intello au premier regard, se comprend mieux une fois la lecture des 573 pages achevées. Il s’agit de vérités sociales françaises, observées et rendues avec une objectivité sans ressentiment, qui se développent dans un engrenage de destin. « Tempête en juin » est un docu-fiction, le récit de l’Exode sur les routes de France en cet été 39 torride, sous l’avance imprévue des Allemands. Toute la société se délite, trop vieille, trop frileuse, trop attachée à sa force tranquille fantasmée plutôt que préparée. Pour décrire cet état de fait, Némirovsky crée des personnages emblématiques.

1939_t_torride

Les Péricand sont bourgeois catholiques bien-pensants, issus de riches industriels lyonnais, serviteurs de l’Etat ou de l’Eglise, « ils ne tenaient pas à l’argent mais l’argent tenait à eux. » Un père conservateur de musée, le fils aîné prêtre « scout », seul le second fils Hubert, 18 ans, « joufflu et rose », garde une volonté de se battre grâce à sa jeunesse. Gabriel Corte est le Grand-Ecrivain-Français, Intellectuel à majuscule se voulant guide de l’esprit depuis les Lumières ; il est beau, sensuel, fortuné, à maîtresse et à relations. Ce qui le préoccupe n’est pas son pays mais son moi narcissique : « que sera l’esprit demain ? » Dans les parties non écrites, l’auteur en fait un laudateur du nouveau pouvoir, trouvant « des formules décentes pour parer les vérités désagréables ». La langue de la Vème République ("LQR" de Eric Hazan) a depuis utilisé ce genre de talent avec profit, transformant par exemple les pauvres en « exclus » et les balayeurs en « techniciens de surface ». Les Michaud sont employés de banque, petits-bourgeois dignes, ils surnagent dans l’océan des lâchetés ; leur fils unique Jean-Marie, mobilisé puis blessé, prépare l’espoir de la Résistance future. Charles Langelet, parisien, est ce prototype du vieux garçon maniaque et décadent qui ne rêve que de « beauté » civilisée mais ne fera jamais rien pour la défendre ; « frileux, dédaigneux, il n’aimait au monde que son appartement et les objets ». Aline et Jules, prolétaires, usent de violence pour voler le dîner (fin) de l’écrivain Corte et de son arrogante pétasse car « ils nous verraient crever pire que des chiens ». Eux, les gens du peuple, ressentent non pas l’égoïsme du nanti qui perd ses biens, mais « colère, chagrin, honte » de la Défaite. Pour Irène Némirovsky, « tout ce qui se fait en France dans une certaine classe sociale depuis quelques années n’a qu’un mobile : la peur. Elle a causé la guerre, la défaite et la paix actuelle. » Mais « il y a un abîme entre cette caste qui est celle de nos dirigeants actuels et le reste de la Nation. » (p.523). Possédant moins, le peuple a moins peur et la lâcheté étouffe moins ses bons sentiments. 1943_marchal_ptain_vichy

Ces personnages, introduits chapitre après chapitre, vont voir leur destin se nouer dans la seconde partie qui décrit l’Occupation dans un village inspiré d’Issy-Lévêque en Saône-et-Loire, où Irène Némirovsky et ses enfants s’étaient réfugiés. L’on y retrouve les classes, de la vicomtesse de Montmort, catholique militante, « chargée par la nature d’éclairer ces bourgeois et ces paysans », aux Angellier, belle-mère âpre au gain et belle-fille délaissée, aux paysans vivant de la terre, Madeleine et Benoît Labarie. Le rustre Benoît, par fierté paysanne, tuera un Allemand et devra se cacher avant d’entrer, par engrenage du destin, dans la Résistance. Point de haine envers les vainqueurs, jeunes, robustes, parfois cultivés et souvent torse nu, mais le désir de s’en servir : les femmes pour « arriver », les hommes pour accumuler provisions, terres, or. « Aux habitants des pays occupés, les Allemands inspiraient de la peur, du respect, de l’aversion et le désir taquin de les rouler, de profiter d’eux, de s’emparer de leur argent ».

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Irène Némirovsky ne s’aime pas. De son enfance solitaire entre un père trop occupé par ses affaires et une mère qui en voulait à l’enfant de la faire vieillir, elle s’est réfugiée dans la lecture. Elle pourfend d’une plume acerbe la vanité qui lui a pris sa mère et l’accumulation sans fin qui lui a dévoré son père et tout le peuple juif auquel elle appartient par le sang et le destin. Elle se croyait intégrée à la France, elle découvre le chacun-pour-soi des périodes de crainte. « Mon Dieu ! Que me fait ce pays ? Puisqu’il me rejette, considérons-le froidement. » (Notes p.521) Elle distingue la masse, mue par des courants profonds, des individus, mus par une morale : « Je fais ici serment de ne jamais plus reporter ma rancune, si justifiée soit-elle, sur une masse d’hommes quels que soient race, religion, convictions, préjugés, erreurs. Je plains ces pauvres enfants. Mais je ne puis pardonner aux individus, ceux qui me repoussent, ceux qui froidement nous laissent tomber, ceux qui sont prêts à vous donner un coup en vache. » (p.522)

Elle reproche aux Français leurs postures théâtrales plutôt que l’efficace préparation d’un objectif fixé par une volonté (ce qui est le cas des Allemands en 39 et le sera des Anglais dès 40). « Il y avait dans le patriotisme et la germanophobie, comme d’ailleurs dans l’antisémitisme et, plus tard, dans la dévotion au maréchal Pétain, quelque chose de théâtral qui la faisait vibrer. » (p.380) Cette attitude subsiste dans l’intelligentsia française : elle est aujourd’hui tournée contre les Américains mais c’est bien la même arrogante et vaine posture de cocotte vieillissante, qui préfère la facilité des poses à la difficile réalité des actes. « 1942. Les Français étaient las de la République comme d’une vieille épouse. » (p.522) Ces temps pourraient bien revenir ?

Irène Némirovsky, Suite française, 2004, Folio 2006


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75 réactions à cet article    


  • Vertmifuge (---.---.101.5) 27 juillet 2006 12:50

    Vous n’en avez pas marre de ressasser les-années-les-plus-sombres de votre histoire ???

    En fin de compte, ça ne profite qu’aux ennemis de la France, c’est-à-dire à l’anti-France, cette guerre civile qui n’en finit pas.

    Ce qui est fauché, est bas, dit-on dans nos campagnes.


    • Marie (---.---.249.39) 27 juillet 2006 19:57

      Sûr que cela ne plait pas aux négationnistes et aux gauchistes.


    • bob (---.---.41.188) 28 juillet 2006 00:49

      Elle est belle cette tendance a vouloir assimilé negationiste et gauchiste antisemite et gauchiste etc ...

      Vous pensez que tous les gauchistes ont votre étroitesse d’esprit pour vous permettre ce genre de remarque


    • Adolphos (---.---.59.170) 28 juillet 2006 00:58

      « Vous pensez que tous les gauchistes ont votre étroitesse d’esprit pour vous permettre ce genre de remarque »

      Des gens qui soutienne une idéologie féroce qui à tué pour le bien de l’humanité 150 millions de personnes sont forcément des gens ouverts.

      Cela dit, que l’Etat organise ses raouts, quel importance ? Cela ne nous concerne en rien.


    • Marie 28 juillet 2006 12:01

      Tiens tiens, il y a une deuxième Marie sur ce site ou bien alors c’est un petit malin qui prête des propos à la première Marie à des fins d’instrumentalisation.


    • Adolphos (---.---.59.170) 27 juillet 2006 13:03

      Le peuple est bon, l’élite est mauvaise, vieux discours « le peuple est toujours bon » JJR, dont on connait la suite...

      Quant aux intellectuels, qui s’en souci vraiment à part les naifs ? On voit par exemple Derida donner des leçon d’économie à Raffarin, et on ris de la prétention de ce type qui ne fait que rabacher le marxisme le plus vulgaire, tendance Antimondialiste (des gens qui ne pourrait pas exister s’il y avait des vraix lecons d’économie à l’école, d’aprés M Roccard). La conneries stupéfiante de la pluspart des intellectuels ! BHL face à Védrine demandant un « couloir humanitaire » du nord au sud de l’Afganistan ! Ah AH AH ! Védrine l’a cassé ferme. Un intellectuel n’a rien de plus à dire qu’un éboueur sur l’économie ou la politique, car ils sont égaux dans leur ignorance lorsqu’ils sortent de leur domaine -sans même ajouter leur absence total de pratique. D’ailleur en GB, aux USA, ils restent dans leur université, et quand on les voit une fois tout les 5 ans à la télévision, le journalistes leur parle avec la plus grande désinvolture. Pas comme chez nous ou les journalistes sont au garde à vous pour des gens qui cachent le vide le leur idée derriére des mot et expression vide de sens, mais avec majuscules, et qu’ils se gardent bien de définir. Ces gens là sont une nuisance, car le peuple les admire et croit tous ce qu’ils disent (jusqu’au jour où les conséquences concrétes de ces idées débarquent, ce qui fait bien rire Adolphos, mais ca, c’est un autre probléme), et cela finis par avoir des conséquences nefaste sur la politique nationale. Il est vrai que le 29 mai, ce ne fut pas le cas..


      • argg (---.---.0.43) 27 juillet 2006 13:18

        ce livre n’est pas un livre de plus sur la guerre 39/45, ce livre est une synthèse des comportements humains face à une situation donnée....

        adolphos, y a pas d’intello qui te lisent ici !!!

        et tiens je t’envoie une grande patate virtuelle dans ta tronche... juste pour le plaisir, ’tain ça fait du bien !


      • Marie (---.---.91.7) 27 juillet 2006 19:59

        @Adolphos

        Excellent. C’est clair qu’un livre de témoignages portant sur la vie réelle des gens ne peut pas plaire à ces (pseudo-) intellectuels.


      • Vertmifuge (---.---.91.46) 27 juillet 2006 14:41

        « ...ce livre est une synthèse des comportements humains face à une situation donnée... »

        Avec des pauvres qui sont justes, droits, bons et des riches qui sont dégueulasses, faux et mauvais...

        On a déjà vu ça quelque part. Et si le bouquin est étouffé ce ne sera pas en raison de sa folle originalité, mais simplement parce qu’il s’avérera que c’est un bidonnage de plus, dans un domaine qui a déjà inspiré un certain nombre d’escrocs en tous genres, genre littéraire compris...

        Tous les connaisseurs se pourlèchent les babines en citant le nom de Benjamin Wilkomirski, auteur du meilleur témoignage, Fragments, sur le génocide, selon le New York Times.


        • Marie (---.---.91.7) 27 juillet 2006 20:00

          « il s’avérera que c’est un bidonnage de plus »

          Avez-vous de éléments pour affirmer cela ?


        • Observatoire (---.---.250.254) 27 juillet 2006 20:20

          « il s’avérera que c’est un bidonnage de plus »

          « Avez-vous de éléments pour affirmer cela ? »

          Ben non, la preuve, ce sera l’étouffement du bouquin, si des fois il est étouffé...

          Vous m’avez mal lu, je crois...


        • Marie 28 juillet 2006 12:03

          Il y a bien une deuxième Marie sur ce site. Je vais devoir me trouver un speudo.


        • CAMBRONNE (---.---.177.216) 27 juillet 2006 15:41

          ARGOUL

          Pourquoi ce rappel aujourd’hui ? et ce titre : 1939 Peur et lachetés françaises .

          Vous soulignez peut être un peu trop le trait , ce qui peut énerver et bloquer le raisonnement que vous avez voulu susciter .

          J’ai l’honneur d’avoir lu une suite française lors de sa sortie en 2004 . J’ai d’abord trouvé ce livre remarquablement écrit et regretté que l’auteur ait eu une vie si courte .

          J’ai été frappé par la manière détachée dont elle voit les choses , on ne sent ni haine ni mépris chez elle que ce soit à propos de français qui ne sont pas trés dignes , d’autres le sont, que des Allemands . Elle, la Juive qui sait qu’elle va probablement mourrir parcequ’elle est juive nous décrit l’amour naissant entre cette française et ce jeune officier allemand sans déformation haineuse qui serait compréhensible pourtant .

          Ce que j’en ai retiré , ce n’est pas la vision d’une France lâche dans sa majorité , mais d’un pays brusquement vieilli et fatigué .

          Je viens de lire : L’Etrange défaite de Marc Bloch , lui aussi Juif , officier d’Etat major , ancien combattant des deux guerres , résistant et fusillé par les allemands en 1944 . Il en ressort la même chose . un pays de vieux qui s’est affronté à un pays jeune et dynamique qui défendait une mauvaise cause mais qui le faisait avec ardeur alors que nous étions , civils et militaires , bourgeois et ouvriers , fatigués , attachés à nos avantages acquis .

          Ce livre , je le recommande , pas pour se complaire dans l’aigreur , mais pour en tirer profit .

          Ces deux livres sont complémentaires et si j’ai réagi à votre article c’est pour parler du second .

          Un peuple fait un tout et pour une fois dans ces deux livres on montre qu’ aucune catégorie sociale n’est exempte de reproche ou au contraire de valeur .

          Cordialement .


          • Jean (---.---.183.12) 27 juillet 2006 15:49

            Je ne suis pas allé bien loin avant de deviner l’orientation de l’article à moins que ce ne soit la méconnaissance du sujet.

            Je connais pas trop mal le sujet pour l’étudier, non pas dans des livres, mais dans les archives qui, depuis un décret de 2002 , sont maintenant accessibles.

            Je me suis arrête à cette phrase :
            « arrêtée par la police française comme apatride en juillet 1942 et livrée au camp d’Auschwitz où elle meurt un mois plus tard. »

            1°) « arrêtée par la police française » : La police n’arrêtait pas sans ordre. Or qui avait donné l’ordre ? Mystère.

            2°)« livrée au camp d’Auschwitz » . La Police française n’a jamais livré à un camps étranger. Elle emmenait les gens sur Drancy ou Royalieu et là, c’était les dirigeants , c’est à dire l’occupant, qui prenaient les décisions.

            La tournure, le choix des mots de ces 2 phrases, signent la qualité de votre article.

            Combien aimerais-je voir le comportement des redresseurs de tords sous les conditions d’une occupation comme celle de 1942 !

            Jean


            • Irina (---.---.97.253) 27 juillet 2006 19:46

              Ca c’est l’intello qui cherche des poux et qui lève la patte pour faire son petit jet.

              Ou avez-vous lu que la Police française l’avait arrété sans ordre ?

              Ou avez-vous lue que c’était la Police française qui l’avait livrée à Auschwitz ?

              Comme si c’était là l’essentiel de l’article.


            • (---.---.216.8) 28 juillet 2006 06:35

              « Ca c’est l’intello qui cherche des poux et qui lève la patte pour faire son petit jet. »

              Voilà ! Quand on ne sait quoi dire on prend la dérision quelque peu insultante. C’est signe d’une grande jeunesse ou d’un manque évident de maturité.

              Avant d’accepter ou de refuser une information il faut d’abord essayer de connaître la personne qui vous la donne. Aussi n’entamerai-je pas de discussion avec vous.

              A dans quelques années ...

              Jean


            • Internaute Internaute 27 juillet 2006 16:17

              C’est fou comme de manière récurrente on rescape in-extremis un témoignage oublié. On l’a échappé belle ! l’Humanité a failli perdre cet important témoignage. D’ailleur s’agit-il d’un vrai ou d’un faux comme le Journal d’Anne Frank ? En tout cas son avènement permet une fois de plus de ramener sur le devant de la scène la culpabilisation des masses et la louange des braves petits juifs qui n’ont jamais fait de mal à personne.

              A ranger dans les prospectus de la propagande officielle.


              • Jojo2 (---.---.69.35) 27 juillet 2006 18:05

                Le journal d’Anne Frank n’est pas un faux, Mr Faurisson...


              • Stephane Klein (---.---.101.8) 27 juillet 2006 16:41

                Il est toujours bon de forcer la memoire sur des pages peu glorieuses de notre histoire. Il est vrai que certains paralleles subsistent : impuissance a se remettre en cause, crispation sur des gloires passees, etc...


                • Observatoire (---.---.91.46) 27 juillet 2006 17:58

                  « Il est toujours bon de forcer la memoire sur des pages peu glorieuses de notre histoire. »

                  Ah bon, et on peut savoir pourquoi ?


                • Jojo2 (---.---.4.30) 27 juillet 2006 18:23

                  Parce que ce sont celles que l’on cherche à oublier. Ou à falsifier...


                • Observatoire (---.---.91.46) 27 juillet 2006 18:54

                  Oublier, c’est mieux que ressasser.

                  Ils s’en sont oubliées des exactions depuis l’aube de l’histoire humaine et on ne nous rabâche que celles qui servent à entretenir les haines entre vrais Français.

                  On attend toujours le président de la République qui osera dire, comme Ciampi en Italie, que les volontaires du Front de l’Est n’étaient pas de moins patriotes que ceux de l’Armée d’Afrique.

                  Et dans ce rôle-là, je verrais beaucoup mieux Ségolène Royal fille et petite-fille d’officiers français, que l’immigré Sarkozy, mi-hongrois mi-juif lévantin, puisque l’histoire de France n’est pas son histoire.


                • Jojo2 (---.---.10.183) 27 juillet 2006 21:53

                  Ca se discute. L’oubli aide à ce qu’on refasse les mêmes conneries.


                • Observatoire (---.---.143.240) 27 juillet 2006 22:33

                  Quelles conneries ?

                  C’est tellement facile de qualifier conneries, ce qu’on juge avec cinquante piges de recul.


                • Annie (---.---.6.137) 27 juillet 2006 23:08

                  @Jojo2

                  Ceux qui voudrait qu’on oublie ce sont ceux qui voudraient pouvoir recommencer. L’oubli nous empêcherait de reconnaître à temps ce qu’ils préparent.


                • Jojo2 (---.---.84.212) 27 juillet 2006 23:31

                  C’est ça. Aider les nazis à déporter les Juifs c’était pas une connerie...


                • Jojo2 (---.---.84.212) 27 juillet 2006 23:32

                  Il existe de cahiers de manips où les protocoles sont décrits de façon détaillée... Ca sert à quoi à votre avis ?


                • Adolphos (---.---.59.170) 28 juillet 2006 00:15

                  « Ceux qui voudrait qu’on oublie ce sont ceux qui voudraient pouvoir recommencer. »

                  Nan, il ne faut pas oublier : il faut s’endurcire.

                  On devrait passer dans toute les classes un dizaine de fois par ans « Nuit&Brouillard », comme ca nos jeunes ne seraient plus des tapette mais des vrai homme, des Mâles, pas ces machin dévirilisés qui pleurent pour rien et ne nous parle que politiquement correct. N’oublions jamais : car ce qu’on a fait une fois, alors on peut le refaire, et l’Histoire doit nous apprendre le Possible.


                • Daniel Milan (---.---.168.197) 28 juillet 2006 12:14

                  Mais non, Sarko est un Française de Souche !...


                • José W (---.---.25.142) 27 juillet 2006 16:57

                  Et un article de plus sur cette thématique !

                  A quand un livre sur les millions de catholiques morts pendant la guerre (mes 2 grands-parents maternels fauchés dans leurs jeunes années par exemple) ?

                  Ah, c’est vrai, cela n’intéresse absolument pas les éditeurs ni les journalistes.

                  Dommage, car il y a certainement des milliers d’histoires vraiment intéressantes, enfin cela dépend ce que l’on entend par « intéressantes »...


                  • (---.---.202.101) 27 juillet 2006 18:19

                    On ne va pas faire de l’émulation des morts !? ça sonne comme du Brassens ! Et mes morts à moi ? venez voir mes morts, ils ont plus souffert que les votres ! Non, Môssieux les miens ont plus souffert, et pis il sont plus nombreux ! ouaip non non ! les miens sont mieux, ct’un scandale de ne pas les faire passer devant ! (et fermer la porte derrière).


                  • José W (---.---.25.142) 27 juillet 2006 18:29

                    Oh, quelle gentille commisération...

                    Il n’est pas question d’émulation mortuaire, mais simplement de se demander, si un jour, les autres morts, les morts réellement anonymes, les morts inconnus, oubliés, refoulés, jetés dans l’ombre, les morts de Monsieur tout le monde, auront un hommage littéraire.

                    Je pense que pas mal de livres ont du être écrits à ce sujet, pas mal ont du être propopsés mais très peu ont du être publiés et encore moins relayés...

                    Ce n’est pas d’une émulation qu’il s’agit, mais d’un simple droit à l’existence mémorielle.


                  • Thomas (---.---.153.54) 28 juillet 2006 00:07

                    +1000 je pense que t as raison


                  • Zamenhof (---.---.202.101) 27 juillet 2006 18:14

                    Excellent ! voilà une des choses à quoi peut servir Agoravox : à découvrir des oeuvres de valeur inconnues, (et tragiques...).


                    • Thomas (---.---.153.54) 27 juillet 2006 18:21

                      Casse toi en Israel si c’est mieux sale con


                      • Jojo2 (---.---.4.30) 27 juillet 2006 18:24

                        FAR RIGHT TROLL ALERT !


                      • Marie-Françoise 28 juillet 2006 12:07

                        Il y deux types d’internautes sur ce site, ceux qui dialoguent sereinement et les autres qui, comme Thomas, profèrent des insultes parce qu’ils n’arrivent pas à argumenter. Le débat s’en trouve amoindri.


                      • re:Bourguignons sous Charles le Temeraire (---.---.44.250) 27 juillet 2006 19:24

                        Apropos d’Issy-Lévêque en Saône-et-Loire :

                        “Nach der Friedenskonferenz wird die Welt erfahren, daß das alte Burgund wiederhergestellt worden ist, - das Land, das einst eine Heimstatt für Wissenschaft und Kunst war und nichts als ein Anhängsel des modernen Frankreich geworden ist, bekannt lediglich als eine Wein herstellende Provinz. Die alte Kultur wird im neuen Burgund, das die französische Schweiz, die Picardie mit Amiens, den Bezirk der Champagne mit Reims und Troyes, die Franche Comté mit Dijon, Chalons und Nevers, Hainut und Luxemburg umfassen wird, wieder belebt werden. Burgund wird sowohl einen Zugang zum Mittelmeer, wie eine Verbindung zum Britischen Kanal haben...Die offizielle Sprache von Burgund wird Deutsch sein. Aber am Anfang wird es erlaubt sein, weiterhin Französisch zu sprechen. Der Staat Burgund wird von einem Kanzler regiert werden, der einem hohem Beamten des Deutschen Reiches, der den Titel Reichsverweser führen wird, verantwortlich sein wird. Es wird angenommen, daß, wer immer das ist, der Reichsführer SS diese Stelle erhalten und daß Léon Degrelle, der Führer der belgischen Rexisten, der erste Kanzler Burgunds sein wird. Burgund wird seine eigene Armee, seine eigene Regierung, seinen eigenen Gesetze, Münzrechte und Post haben. Der Staat wird natürlich ein nationalsozialistischer sein. Die Beamten werden aus der Bevölkerung genommen werden, aber der Kanzler wird Hilfskräfte und Fachleute aus der deutschen SS heranziehen. Burgund wird ein vorbildlicher Staat sein, bewundert und von der ganzen Welt nachgeahmt”[allocution Heinrich Himmler 5eme mars 1943].

                        re :« (..)l’Occupation dans un village inspiré d’Issy-Lévêque en Saône-et-Loire(..) »[ « Peur et lâchetés françaises 1939 » par Argoul, jeudi 27 juillet 2006, agoravox.fr jeudi 27 juillet 2006].


                        • Lara (---.---.249.39) 27 juillet 2006 19:55

                          Je ne vois pas ce que le rappel de cette utopie SS - la création d’un état indépendant SS en Bourgogne, pour ceux ne comprenant pas l’allemand - vient faire ici !?!?

                          Utopie car elle n’avait rien d’officiel, cela faisait partie des rèves fumeux de certains chefs SS de haut rang et notamment le belge Léon Degrelle et n’a pas eu le moindre commencement d’éxécution.


                        • armand armand 28 juillet 2006 01:31

                          Consternant le niveau ! Le livre d’Irène Némirowska n’est pas seulement une étude remarquable des comportements humains, écrit à l’ombre de la mort, c’est également un bon roman,son auteure étant une excellente romancière de la période de l’entre-2-guerres. Oui, il y a eu beaucoup de laches pendant la guerre, oui, il était facile d’être lache car la répression était terrible et la délation partout : Ernst Jünger raconte dans son journal comment un officier allemand, qui avait tenu des propos désobligeants sur Hitler dans un restau à un de ses camarades a été dénoncé par un Français et fusillé. C’est justement ce qui donne beaucoup plus de prix aux actes de rébellion et de bravoure.

                          Quant au posteur qui suggère que les volontaires du front de l’est étaient aussi héroïques que les soldats de l’Armée d’Afrique, on croit rêver : même un ancien SS comme De la Mazière n’a jamais revendiqué une telle reconnaissance. Plus l’époque s’éloigne et plus la bête devient fréquentable.

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