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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Plug anal McCarthy : l’art est-il une norme bourgeoise incontestable (...)

Plug anal McCarthy : l’art est-il une norme bourgeoise incontestable ?

Pour la survie de l’art comme provocateur de questions et d’ouverture d’esprit

Dans une interview de Paris Match, Paul McCarthy explicite clairement ses intentions :

L’artiste : (…) je tenais aussi à sortir dehors, c’est pour cela que j’ai également installé un immense objet gonflable [un arbre géant] place Vendôme. Je voulais marquer Paris d’une image forte.

P.M : Vous voulez montrer l’ironie du monde dans lequel nous vivons  ?

L’artiste : Pas seulement. Ce qui m’intéresse ici précisément, c’est ­d’investir un bâtiment mythique, qui possède une histoire, qui évoque le passé grandiloquent de la France, sa fierté aussi.

Comment peut-on interpréter d’ériger un plug anal au centre d’une place qui « possède une histoire, qui évoque le passé grandiloquent de la France, sa fierté aussi » ? De beaucoup de manières, dont une serait littéralement d’enculer la fierté d’un pays. Point de vue que je trouve personnellement drôle, provocatrice et osée. Mais qu’on ne s’étonne pas si d’autres ne partagent pas ce point de vue, tout pays ayant ses conservateurs et patriotes.

Tout comme la directrice de la FIAC, beaucoup sont déçus du « manque d’ouverture et de réflexion » du grand public. Cependant ce qui déçoit encore plus est le manque d’ouverture de l’artiste et des autres représentants de l’ouverture d’esprit qu’incarne l’art contemporain.

Paul Mc Carthy refuse de réinstaller sa sculpture, en regrettant qu’il y ait eu acte de violence au lieu de discussion. "I am not interested in the possibility of such confrontation and physical violence, or continuing to put those around the object at risk." (artnet News) Pourquoi qualifier de “violence” cette réaction ? A-t-il choisit le mode d’expression de la discussion ? Non, il a choisi une sorte d’acte de violence, qu’est simplement de « faire » (nous aimons l’art comme acte de violence). Un plug anal dans une place historique est symboliquement violente, même si tempéré par la métaphore du sapin de noël, et c’est là entre autre que réside la beauté de cette œuvre. Alors pourquoi qualifier de violence un acte tout aussi valable et qui répond formellement à son acte ? Ne me dites pas que c’est sa célébrité qui fait son art et l’incontestabilité de cette dernière ! Il est étonnant qu’il soit déçu par ce qu’il fait lui-même.

La réplique la plus abrutie ayant été énoncée par la BBC : « Le principe de la liberté de l'art a été attaqué ». Mais pour que la liberté de l’art existe faudrait-il encore respecter la liberté des réactions des spectateurs. La liberté de l’art serait-elle de s’imposer partout en interdisant les réactions ? Et puis soyons extrêmes, pourquoi le dégonflement de l’objet ne serait-ce pas une performance artistique après tout ? Parce qu’il n’y a pas de nom célèbre derrière ? Parce que le point de vue appartient à des conservateurs extrémistes et non à une norme bourgeoise cultivée ?

Les autres street-artistes et les net-artistes sont-ils blessés dans leurs egos lorsqu’une de leurs « œuvres » sont rayées ou critiquées ? Toute la beauté de ces deux courants artistiques dont j’en fais partie réside dans l’interaction sociale et urbaine. Si on choisit le lieu public ou net comme lieu d’expression au lieu d’une galerie privée, c’est bien pour provoquer les passants et leurs réactions.

L’art est-il devenu une norme bourgeoise, évidente et incontestable ? Je pense que nous sommes nombreux à vouloir qu’il reste dérangeant et provocateur de questions. Il semble donc normal d’aller dans le même sens et d’accepter les réactions des spectateurs.

Il serait dommage que l’artiste contemporain soit seulement une « star » au lieu d’un penseur.


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22 réactions à cet article    


  • Hecetuye howahkan howahkan Hotah 24 octobre 2014 10:57

    ++++++++++++++++++++++++++++


    • oncle archibald 24 octobre 2014 11:34

      A mon avis cet objet dard cherche à ouvrir autre chose que l’esprit, mais bon, sans doute l’ais-je mal placé (l’esprit).


      Quand à la réaction de ceux qui l’ont en quelque sorte débandé, elle n’est comme vous le montrez très bien, qu’un acte de légitime défense !

      • César Castique César Castique 24 octobre 2014 11:57

        « Et puis soyons extrêmes, pourquoi le dégonflement de l’objet ne serait-ce pas une performance artistique après tout ? »


        Ben oui, puisque l’ouverture, en 1989 par un certain Bernard Bazile, d’une des boîtes de Merda d’artista, de l’ineffable Piero Manzoni, pondue en mai 1961, fut elle-même considérée comme une oeuvre d’art.

        A ceux qui sont enclins à se taper le front d’un index déconcerté, je recommande vivement la lecture du « Massacre de la sensibilité », de Georges Mathieu, pionnier génial de l’abstraction lyrique

        • Canine Canine 24 octobre 2014 14:13


          Bon article.

          J’ai été extrêmement étonné dans tout les débats à ce sujet qu’il soit autant question de l’œuvre en question, et si peu de son lieu d’exposition.

          Il y a quelques décennies, Marcel Duchamp réalisait les ready made, comme cette roue montée sur un tabouret :

          http://www.zakros.com/jhu/apmSu03/readymade.gif

          L’idée de base est assez simple et pertinente, n’importe quel objet exposé dans un musée devient de l’art. L’inverse est évidemment faux, d’ailleurs si cette roue sur tabouret se retrouvait sur le trottoir, il serait du devoir des éboueurs de la faire disparaitre au plus vite, et il serait parfaitement vain et grossier de leur reprocher leur manque d’ouverture d’esprit.

          Peu d’œuvres ont aussi bien marquée la limite entre le musée et la voie publique, et on pourra saluer le talent de Duchamp au passage. A l’inverse, on ne pourra que remarquer l’absence de compréhension de cette limite de la part de ce rustre personnage qu’est Paul McCarthy, ainsi que des politiques qui l’ont soutenu. Si un sapin de noel/plug peut avoir un intérêt dans un musée (on y trouve d’ailleurs souvent des choses bien pire), sur une place publique fréquenter par des citoyens au sensibilités diverses, c’est juste grossier.


          • jef88 jef88 24 octobre 2014 14:18

            l’art peut être provocateur, obscène ou n’importe quoi en milieu clos !
            mais sur la place publique il ne doit choquer personne ....
            trop simple ???


            • Canine Canine 24 octobre 2014 14:22

              Disons que l’art n’échappe pas aux règles communes de la citoyenneté. Vous pouvez être provcateur et obscène chez vous, ou dans des espaces qui le permettent, mais si vous l’êtes avec un inconnu dans la rue, ne venez pas pleurer s’il le prend mal.


            • Piotrek Piotrek 24 octobre 2014 14:27

              L’art d’aujourd’hui n’est qu’une niche fiscale.
              L’art d’aujourd’hui n’est qu’un marché spéculatif.
              L’art d’aujourd’hui n’est qu’un moyen de peoplisation du politicien médiocre.

              Ce triptyque de la contradiction ou chaque phrase exclut la suivante est une formidable représentation de la décadence sociale que nous vivons aujourd’hui. Société schizophrénique ou chaque tentative d’explication de l’abime se voit contredite par une autre.

              T-Shirts disponibles prochainement en 5 couleurs et 3 tailles au prix de 950 euros pièce. Série limitée numérotée. Me contacter pour toute précommande.


              • mmbbb 25 octobre 2014 15:37

                A chacun d’avoir encore son libre arbitre et de ne pas se laisser emporter par ces medias ( merdias en l’oocurence puisqu’il s’agit d’un objet de plaisir anal) Il y a une semaine dimanche je suis alle visiter une galerie d’un sculpteur animalier Colcombel Ces sculptures sont magnifiques et cet artiste est dans la lugne d’un Barye quoique que ces sculptures sont de tailles bien inferieures Je voyage en Italie en france je suis toujours a recherche des ces artistes qui font de belles choses Une expostion de peintre a Cogne en italie dans la vallee d’Aoste une emotion pour les sens non l’art n’est pas mort il suffit de regarder de chercher de trouver et de ne pas donner le champ a cet art contemporain qui depuis quelques n’exprime plus que sa vacuite intellecctuelle


              • Piotrek Piotrek 26 octobre 2014 13:21

                Tout a fait d’accord mmbbb.

                Mon commentaire était volontiers niais. On peut spéculer pendant des heures sur comment l’artiste peut dissimuler le laid dans le beau et le beau dans le laid, comment il esquive l’évidence ou comment il nous la jette au visage.

                C’est pas l’art que je dénigre, c’est le système de valeur de l’art. Si vous êtes vraiment doué :
                - Le premier arbitrage à faire c’est amateur/professionnel (car si vous avez à vous engager dans un gros travail, vous ne pourrez plus conserver un travail alimentaire à coté)
                - Le second c’est le galeriste, qui n’hésitera pas à moduler votre travail en fonction de sa clientèle.
                - Le troisième c’est la clientèle. Une fois votre message, votre matière et vos couleurs ont trouvés preneurs, vous êtes prisonnier.

                C’est seulement si vous avez passé ces étapes avec succès et atteint la notoriété que vous serez de nouveau libre.

                Bansky c’est celui qui a réussi l’exploit de révéler le système, de ne pas succomber à la starification tout en passant un message subversif sous forme poétique.

                Les débiles lobotomisés par le système achètent les immeubles pour récupérer ce qu’il a peint sur les murs, ils affirment le message encore plus ! ça c’est du grand art.


              • Trelawney Trelawney 24 octobre 2014 16:26

                Si on choisit le lieu public ou net comme lieu d’expression au lieu d’une galerie privée, c’est bien pour provoquer les passants et leurs réactions.

                J’ai bien proposé, pour la Saint Valentin, d’habiller la tour Eiffel d’une capote et mettre des bas et un porte jarretelles à l’arc de triomphe, mais on m’a pas écouté. Je ne dois pas être un artiste reconnue


                • Nevenoe Nevenoe 24 octobre 2014 20:09

                  C’est à la fois moche et de très mauvais goût.

                  Et puis pourquoi chercher à provoquer des réactions en choquant, et ce avec la complicité de la ville de Paris ?
                  Pourquoi, pour une fois, ne pas chercher à provoquer l’émerveillement ?
                  Je sais, ce serait une démarche positive,trop vulgaire pour les bobos ...


                  • bakerstreet bakerstreet 24 octobre 2014 22:54

                    Le pseudo artiste a choisi la provocation.

                     Il a été pris au mot. 
                    Rien à dire d’autre. 

                    A partir du moment où certains confisquent l’espace public, pour construire fric et notoriété, il ne faut s’étonner que d’autres se sentent en état de légitime défense.

                    Sinon, que dire ?

                    On ne peut pas s’attaquer à l’art contemporain sans se tirer soi même une balle dans la tête !

                    Balancer ces trucs ineptes par la fenêtre, ils sont comme les chats, ils retombent sans cesse sur leurs pattes. 

                    -La démarche suffit déjà à vous transformer en inculte, en inquisiteur, en bas du front, en beauf : 

                    Plus vous vous énerverez à convaincre les autres de l’escroquerie, plus ’on vous regardera d’un sourire entendu. 

                    -Inutile de sortir que cela n’a rien à voir avec l’impressionniste qui fut un temps ignoré et moqué (éternel marronnier) . Que cela est un sophisme, qu’on ne peut construire une généralité sur une exception conjoncturelle, ces gens ne renonceront jamais à cet exemple qu’il juge éclairant. 

                    - A la limite vous allumerez une lueur d’intérêt quand vous vous attaquerez au discours autour de l’oeuvre, les ficelles à qui l’on accroche : Retirez c’est vrai le cadre sémantique, les mots, le champagne, l’hôtesse roulé comme un Boticelli classique, et il ne reste rien, sinon que des flûtes de champagne vide, et François Pinault avec son carnet de chèques. 

                    - Le mieux, finalement c’est de vanter le geste du profanateur, en faire une suite logique de cette oeuvre d’art, qui a trouvé un grand prêtre, en faisant de l’agit prop autour.

                     En ce sens, c’est vrai, en la détruisant, il nous montre, qu’avant, elle était bien vivante. 

                    Ce dont, c’est vrai, on doutait.

                    • bakerstreet bakerstreet 24 octobre 2014 22:59

                      Remarquons déjà l’escroquerie, autour de la notion « d’art contemporain »

                      C’est comme une OPA lancé sur la modernité. 

                      En vous affirmant ainsi, vous réléguez les autres dans une autre culture « passéiste », « classique »....

                      Une tartuferie encore plus extraordinaire que celle des foires au vins médaillés, et de ce type qui a tenté de créer une marque de couteau, en déposant un brevet sur le mot « Laguiole ».



                    • TREKKOTAZ TREKKOTAZ 25 octobre 2014 00:36

                      Mettre un gode en plein milieu d’ une place historique n’ a rien à voir avec de l’ art, soyons sérieux 2 minutes, ok ? Ce n’ est que de la grosse merdasse,du satanisme « inversion des valeurs », et surtout une infamie, une insulte envers la France toute entière, Il s’ est bien fait marrave la gueule,« l’ éternel retour du concret ».


                      • hans 25 octobre 2014 19:03

                        « soyons sérieux 2 minutes, ok ? » sur que si un gorille me dit cela je vais faire gaffe...


                      • TREKKOTAZ TREKKOTAZ 25 octobre 2014 00:44

                        Mais c’ est la Mairie de Paris qui doit être inculpée,c ’est avec l’ argent public, qui permet ce genre de choses excessivement ténébreuses. Je maintiens que c’ e’st de l’ ordre du satanisme,une horreur inconcevable jusqu’ à ce jour, quiconque ne peut le nier. Welcome to hell !!


                        • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 25 octobre 2014 07:37

                          « La liberté de l’art serait-elle de s’imposer partout en interdisant les réactions ? »


                          Question très pertinente. Mais surtout, attention à na pas tomber dans le piège de croire que Mac Machin serait ici l’auteur de quoi que ce soit. Il n’est pas le concepteur de la forme, car il n’a même pas dessiné ce plug, puisque c’est juste un agrandissement d’un plug de marque Doc Johnson (vendu sur Internet).

                          Le véritable designer du plug Doc Johnson devrait porter plainte pour ce plagiat grossier. 

                          • psynom 25 octobre 2014 11:48

                            Dans tous nos média, il est devenu courant de glisser quelques allusions sexuelles. Personne ne s’en offusque plus. Alors que l’on m’explique ce qu’il y a d’original ou de provocateur de montrer un plug annal, vu par les enfants comme un sapin de Noël, en place publique, comme la télé pourrait le faire aux heures de grandes écoutes ?

                            L’art Naque est de nous vouloir nous faire prendre l’art officiel, celui promu par le pouvoir, pour de l’art subversif, celui qui est interdit par le pouvoir.

                            Qui dit art, dit au moins début d’expression, de réflexion, de message… L’homme de la rue, le contribuable, n’y voix qu’un seul message : « voilà où on nous la met notre contribution ! » La seule valeur de l’œuvre est celle la cote de l’auteur, celle que lui donnera la notoriété. La cote de l’Art Naque capitaliste, se compte en dollars.

                            Enfin, si je n’ai pas compris où était, le sens, le provocateur, l’imagination, la créativité, l’originalité... de cette œuvre, que l’on m’explique. Peut-être du méta-art, uniquement lié à la démarche, à l’extraordinaire performance de montrer un objet usuel, en énorme ?


                            • joséjo 25 octobre 2014 12:34

                              je ne sais pas pourquoi plusieurs utilisent le terme de « légitime défense ». Il n’est pas non plus juste de parler de « défense ». Dégonfler l’oeuvre est une attaque à l’artiste et aux responsables de la FIAC. C’est peut-être une performance mais pas de la DEFENSE. Ne soyons pas de mauvaise foi.
                              Ensuite, TREKKOTAZ, nous nous passerons volontiers de ce discours que j’entends depuis des années chez les non-intéressés par l’art contemporain. Ne vous permettez pas de juger si vous n’y connaissez rien (et je peux affirmer à votre discours copié-collé que vous n’y connaissez rien). Et si l’art ne vous intéresse pas, tant mieux pour vous, il n’y a aucune raison de se sentir passéiste,
                              « En vous affirmant ainsi, vous réléguez les autres dans une autre culture « passéiste », « classique ».... »
                              mais non, simplement des personnes qui sont moins interessées par le sujet que par exemple moi par la biologie ! Pensez-vous qu’à toutes les époques les oeuvres (dérangeantes ou non) ont suscité l’admiration de tous ? Sachant que la moitié de la population ne s’y intéressait même pas ? Vous n’êtes pas obligé d’avoir un avis sur tout, je ne comprends pas cette prétention.

                              Pour tout ceux qui portent le débat sur « est ce de l’art », (ce que je n’ai insinué à aucun moment car pour moi il n’est pas de doute que c’en est et que je trouve assez bonne l’idée de McCarthy, je suis désolée mais ç’en est, que cela vous plaise ou non, quel que soit votre avis. Pour ceux qui aiment l’art contemporain, donner carte blanche à McCarthy sur la place Vendôme c’était comme si vous donniez carte blanche à Coluche (rip) pour une performance place publique. La comparaison n’est pas formelle, je veux simplement montrer avec un nom beaucoup plus connu et aimé que c’était comme un « honneur » pour beaucoup, et que quoi qu’il fasse ç’aurait fait sourire, même si oui ce n’est qu’un plug géant gonflable, même si ce n’est pas l’oeuvre du siècle, parce qu’il n’a pas besoin d’en faire des tonnes, c’est la touche McCarthy. Ce ’laisser-aller" de la notoriété, aussi critiquable qu’il soit, est évidemment 10x pire chez d’autres, les stars de cinéma, les chanteurs (je prévois déjà le débat qui va surgir autour chez ceux qui ont seuelemnt besoin d’attaquer sans souci de réflexion) et n’est pas le principal débat il me semble.

                              Donc maintenant la seule chose énoncée est le manque d’ouverture d’esprit de l’artiste et des autres personnes offusquées, qui reflète le manque d’ouverture de ceux qui affirment, du haut de leur piédestal, que certaines choses sont de l’art et que d’autres non, que LA FRANCE est souillée et non pas simplement EUX...etc. Mon dieu, ce doit être tellement plus simple de vivre pour ces gens là


                              • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 26 octobre 2014 22:04

                                La question finale est « qu’est-ce que l’Art ? »

                                Cet objet est-il de l’Art car son créateur et des décideurs institutionnels l’ont affirmé ?

                                Si le geste de Duchamp de déplacer un objet du quotidien dans le musée et de dire que c’est une œuvre d’Art, ce qui fait œuvre d’Art, c’est le geste, pas l’objet en soi.

                                Et ceci parce que Duchamp a créé cet acte unique et surprenant. La répétition du même geste est-il de l’Art, ou une imitation sans intérêt ? Un acte capitaliste par excellence, donnant une valeur quasi-infinie à un objet qui n’en a pas. C’est plutôt une supercherie (à la Madoff) qu’une œuvre d’Art !

                                Lorsque l’Art ne sert que de base spéculative à une oligarchie financière, il se détourne de sa fonction, qui est de nous faire sortir de notre vide intérieur pour nous appeler vers l’infini et l’inconnu. Quelque soit le compte en banque du regardeur !

                                La dérive actuelle est une sorte de double supercherie : celle de l’artiste qui ne crée rien de nouveau, rien de beau, rien d’infini, mais une provocation porno-scatologique qui n’est qu’une imitation de la même provocation précédente, et celle du collectionneur, dont le but est à la fois de spéculer, mais aussi de trouver par sa collection une aura pseudo-intellectuelle qui est de l’ordre de l’héritage culturel. Puisqu’il achète une œuvre d’Art que personne ne comprend (car il n’y a rien à comprendre, là réside la supercherie fondamentale), c’est que le collectionneur est au niveau de compréhension supérieur de l’artiste. C’est un être supérieur, comme l’artiste dont les œuvres sont si chères.

                                Cela justifie auprès des médias complaisants la poursuite de cette quête frénétique des fonds financiers justifiant toute la politique de destruction sociale massive actuelle.

                                L’artiste-suspercherie est alors le complice objectif du capitaliste le plus cynique, de la destruction sociétale de masse à laquelle nous assistons.

                                Il est drôle de voir que la supercherie est en fait inconsciemment dénoncée, puisque leurs œuvres sont de plus en plus (notamment pour l’auteur du plug banal), des « superchieries »

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joséjo


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