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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Pourquoi arrive-t-on à deviner la fin d’une histoire ?

Pourquoi arrive-t-on à deviner la fin d’une histoire ?

Pourquoi arrive-t-on à deviner la fin d'une histoire ? Est-ce dû à une uniformisation des méthodes d'écriture ou à un manque de créativité des auteurs ? Tâchons d'éclaircir tout cela.

Il y a quelques années, la scénariste Emma Coast révélait sur twitter une série de règles et de conseils issus de son expérience au studio Pixar. Loin d'une recette rigide, cette révélation nous renvoie à une interrogation millénaire : existe-t-il une bonne façon de raconter une histoire ?

Que ce soit avec la Poétique d'Aristote et sa conception de la tragédie ou que ce soit avec la théorie des 3 unités (unité de temps, de lieu et d'action) au XVIIe siècle, les entreprises de codifier le récit abondent. Parmi elles, un tournant majeur eut lieu en 1949. Une nouvelle théorie était née, celle de l'existence d'un modèle universel de récit.

Ce modèle nous interroge sur les qualités d'une histoire. Est-ce que si nous arrivons à deviner la fin d'une histoire, c'est parce que tous les récits se basent sur une structure commune ?

Une structure universelle de récit

Seriez-vous étonnés d'apprendre que les sagas Harry Potter et Star Wars constituent en réalité une même histoire ?

En effet, certains auteurs ont développé l'idée qu'il existait une forme universelle de récit. En tête, Joseph Campell a développé en 1949 dans le Héros Aux Mille Et Un Visages la théorie selon laquelle les mythes possèdent une structure commune : le monomythe.

Selon Campbell, les héros des mythes du monde entier passent par une série d'étapes similaires qui les amènent à se transcender. Cette théorie a été reprise par l'industrie cinématographique et notamment George Lucas qui a reconnu s'être inspiré de cette structure pour Star Wars.

La recherche d'une structure universelle de récit est au coeur de la dramaturgie moderne car elle permet de créer des histoires universelles auxquelles peuvent s'identifier un public mondial. Et il faut dire que les enjeux financiers sont importants ! Plus de 2 milliards de recette totale au box office rien que pour le film Avengers : Infinity War et 2 706 millions d'euros pour les ventes de livres 2016-2017 des éditeurs.

Pour autant, est-ce que cela signifie que la recherche d'une structure généralisable est uniquement dictée par des impératifs financiers ?

C'est l'histoire de la vie

Pour bien vendre une histoire, il faut qu'elle parle au public le plus large possible. C'est pourquoi la dramaturgie moderne s'est construite sous l'influence de la psychologie, de la sociologie et de l'anthropologie. Ainsi, on ne s'étonnera pas de retrouver des références aux archétypes jungiens chez le dramaturge Vogler. De même que la mention de la pyramide de Maslow ou de la Psychanalyse des Contes de Fées chez le scénariste Yves Lavandier. Toutes ces références n'ayant qu'un seul but : brosser le portrait le plus juste de la nature humaine.

Ainsi, au-delà des contingences financières, la recherche d'une structure universelle de récit constitue une tentative de mieux appréhender l'humanité. Si nous arrivons si bien à deviner le déroulement d'une histoire, c'est parce qu'elle parle de nous.

Pour autant, une structure universelle de récit ne veut pas dire nécessairement uniformisation des œuvres. Qui pourrait arguer qu'une œuvre comme Memento soit identique aux Seigneurs des Anneaux ?

Un même moule peut contribuer à réaliser une infinité de recettes. Certaines seront excellentes, créatives, d'autres auront un goût de réchauffé.


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4 réactions à cet article    


  • Il était une FOI, et en général comme dans toutes fables, les débuts on a des ratés, ensuite cela se dilate,des ouvertures se créent,, les lauriers ne sont pas encore coupés. la note est indigeste, il faut du vin car le devin n’est pas divin. Sans le loup, pas d’agneau pascal, et là on cale. L’escale est encore loin parce que s’il y avait une suite, il n’y aurait pas de fin. ET après. Ben après, c’est le début de la suite. Si ce n’est pas Clair, demandez à DIT TERZI d’OTTOBON qui comme son nom ne l’indique avait une sinistre réputation. Giovanni Filippo, fils de Giacomo Terzi, jurisconsulte, petit-fils d’Ottobon Terzi, s’établit dans les Marches après l’assasinat de son oncle (1409) et donne l’origine (en 1445) à la famille des Guerrieri de Fermo qui en 1496, avec Ludovico, passe a Mantoue, au service de la cour du marquis François II7.https://www.youtube.com/watch?v=Y_aOn5pQO_I


    • Albert123 7 juillet 14:51

      « Ainsi, au-delà des contingences financières, la recherche d’une structure universelle de récit constitue une tentative de mieux appréhender l’humanité »


      il n’y a rien au delà des contingences financières, et l’humanisme de supermarché n’a rien à voir avec une tentative de mieux appréhender l’humanité, mais juste une manière d’orienter l’humanité vers des comportements contre nature

      c’est de ingénierie sociale tout au plus, qui façonne le plus grand nombre, cad la part du genre humain la moins autonome et la moins critique à l’égard de ce qu’on lui donne à bouffer.

      l’universalisme est le véritable poison contemporain, celui qui transforme la richesse et la diversité humaine en pauvreté standardisée.





      • McGurk McGurk 7 juillet 20:43

        @Albert123


        Bien sûr.

        La plupart des dessins animés sont prévisibles parce qu’on se base sur les mêmes standards quels que soient les sujets ou les studios. Comme ils doivent plaire aux enfants, il y a un schéma prédéfini de « montée en puissance » jusqu’au happy end.

        On peut largement l’étendre aux films et séries. Les trois Seigneurs des anneaux ont un schéma quasi similaires à part quelques petites variantes, les Star wars n’en parlons pas, les Alien, etc.

      • velosolex velosolex 8 juillet 00:10

        « Ou est la voie du livre et de l’écriture, demanda le disciple au maître. Est ce qu’il y a une école pour cela »

        La vérité se cache derrière le palmier dans la cour, répondit le maître. 
        Le disciple revint avec une bouteille de whisky, cachée derrière l’arbre
        « Est la dedans, demanda t’il. 
         »Beaucoup de grands écrivains sont en effet passés par là...."
        ( Hemingway, Steinbeck, Lowry, Brautigan, Harrisson, Gary, Cendrars, etc....
        Mais le disciple but la bouteille et ne fut que malade, et la tête vide comme jamais. 
        Que pensez de tout cela ?

        Trouvez la chute.

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