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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Prends l’oseille et tire-toi

Prends l’oseille et tire-toi

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Jens Haaning - Prends l’argent et tire-toi - ©Kunsten Museum of Modern Art Aaborg

Ce titre d'une comédie de Woody Allen tombe à bon escient sauf que l'histoire est toute autre.

Le musée Kunsten d'art moderne de la ville d'Aalborg au Danemark a commandé à l'artiste danois Jens Haaning une copie d'une de ses œuvres réalisée en 2010 à Copenhague, appelée Un revenu annuel moyen autrichien. Elle était alors composée de 279 billets de banque collés sur deux toiles blanches, représentant un total de 278.500 couronnes danoises, soit près de 37 500 euros. Lasse Andersson, directeur du musée a donc prêté 534.000 couronnes (environ 70.000 €) en billets de banque afin que Jens Haaning reproduise deux de ses anciennes œuvres. Résultat : 70 000 € envolés pour deux tableaux blancs en guise de réception. Ce qui, sans ajouter à la provocation, pose la question du droit à rémunération de l'artiste quand il expose.

Comble de l'ironie, les deux tableaux envoyés par Jens Haaning ont pour nom Prends l'argent et tire-toi. Un pied de nez aux institutions culturelles ? Un fric-frac en guise de pantalonnade ? L'artiste aurait prévenu le musée au moment de la signature du contrat qu'il souhaitait réaliser une nouvelle œuvre d'art et en changer le titre. Après réception des deux tableaux immaculés, le musée stupéfait mais bon prince et plutôt amusé par ce revers satirique a donc décidé de les accrocher en pensant sans doute que l'insolent allait respecter le contrat et rendrait les 70 000 € le 16 janvier 2022, soit à la fin de l'exposition. Que nenni ! Jens Haaning ne l'entend pas de cette oreille. Il est vrai que Lasse Andersson, directeur du musée, "a couvert les dépenses nécessaires jusqu'à 6000 €" et a versé à l'artiste une obole de 1350 € au regard du contrat signé. Oui, mais comment le prendre sachant que celui-ci devrait débourser 3300 € de sa poche pour reproduire les deux œuvres originelles ? L'artiste voit là une occasion de parler de sa propre précarité question salaire et condition de travail, et d'une manière général de tous les artistes se trouvant dans ce genre de situation. Pour Lasse Anderson, "ce n'était pas ce sur quoi nous nous étions mis d'accord dans le contrat, mais nous avons reçu une proposition intéressante permettant de réfléchir sur la manière de valoriser le travail des artistes." Néanmoins, le réel revient toujours au galop lorsqu'il s'agit d'argent, et plus la somme est grande et moins il se fait attendre. Le musée reste ferme là-dessus. "Passé le 16 janvier, nous prendrons les mesures nécessaires pour que Jens Haaning respecte son contrat et rende l'argent. » Le bras de fer est donc enclenché. Suite au prochain numéro.

Être payé pour exposer. C'est la loi

Une loi qui remonte à 1957, celle du droit de représentation publique décrite dans l'article L122-2 du Code de la Propriété Intellectuelle (CPI). Il peut s'agir aussi bien d'une exposition, d'un documentaire télévisé ou d'une projection de film dans une salle de cinéma. Il est question ici d'un droit à être rémunérer faisant l'objet d'un contrat écrit en vertu de l'article L131-2 du CPI. Néanmoins une exception à ce droit, comme la liberté d'informer, est notifiée dans l'article L122-5 du CPI. Petite précision qui a son importance, le droit de représentation publique s'applique, comme tous les autres droits d'auteur patrimoniaux, jusqu'à 70 ans après le décès de l'artiste.

Voilà pour ce qui concerne la loi. Mais entre la théorie et la pratique, le fossé est plus qu'abyssal surtout en début de carrière. En réalité, peu nombreux sont les organisateurs d'expositions à payer leurs artistes, et toutes les raisons sont bonnes pour évoquer leur bon droit, celle de la restriction budgétaire, utilisée à tort ou à raison, étant la plus courante ou mieux que d'exposer en leur sein est une forme de promotion pour l'artiste sachant que parfois celui-ci aura loué les cimaises pour une somme souvent abusive et des retombées la plupart du temps désuètes. De quoi se poser la question - A qui profite la "dime" ? car l'artiste n'est pas en position de force pour exiger une somme même modeste. On la connaît la rengaine - Baves-en des ronds de chapeaux et tu connaîtras la gloire - sauf que la ritournelle est depuis (quelques décennies sans doute) rance et surannée. Faut-il crever la bouche ouverte pour accéder au panthéon de la reconnaissance ? Il est nécessaire de rappeler selon le fondement des lois républicaines que toute peine mérite salaire si l'on s'en tient à l'article L3241-1 du Code du Travail. Personne ne peut vivre du bénévolat ad vitam aeternam. 

Le minimum de rémunération est de 1000 € pour une exposition monographique.

Une maigre consolation ou toujours ça de pris ? Tout dépend si l'on se place du côté du verre vide ou plein. Telle est la question existentielle du commun des mortels. Ne pas mourir étouffé sous l'emprise des sous-bois internes des compromissions sous prétexte que faire trop de vagues vous revient à boire la tasse ou alors faire valoir ses droits et prendre une ribambelle de coups sans trop courber l'échine jusqu'à temps que le maître s'essouffle. Mille euros de rémunération pour une exposition monographique et 100 € par œuvre pour une exposition collective peuvent paraître dérisoires au regard du travail et du matériel fournis par l'artiste. La loi devient dans ce cas très crispée et "radine" quand il s'agit de desserrer les cordons de la bourse. La recommandation intitulée "une rémunération du droit de représentation publique" publiée le 18 novembre 2019 par le Ministère de la Culture est sans doute un modus vivendi de façon à ne pas trop froisser les égos de chacun. Mais la Covid ayant creusée le gouffre de la précarité au niveau des artistes plasticiens, le débat de la rémunération des expositions est vite sorti des oubliettes. 

Le groupe de réflexion Économie Solidaire de l'Art, créé au début de l'été 2014 par quatre artistes vise à terme (et comme vous pouvez le constater , le chemin est long et souvent plein d'obstacles) :

"Imposer une rémunération obligatoire et proportionnelle dans le cadre de toute prestation artistique sollicitée, quelle que soit la forme de cette dernière  : en amont (création, préparation, étude, répétition, etc.), pendant (montage, publication, vernissage, lecture, dédicace, conférence, workshop, etc.), ou en aval (exposition, reproduction, diffusion). Rémunération proportionnelle au travail effectué et à l’ambition de l’événement et du lieu".

"Créer un fonds de soutien financé et alimenté par un prélèvement (pourcentage) réduit sur toutes les opérations et productions artistiques en France (au même titre que la TSA)".

La SAIF (Société des Auteurs et de l'Image Fixe) recommande pour une exposition à caractère non commerciale de demander 51 € par œuvre et par mois pour moins de 5 œuvres et 44 € par œuvre et par mois pour 5 à 12 œuvres. 

l'ADAGP vous conseille, quant à elle, pour une exposition temporaire à but lucratif (hôtels, banques, comités d'entreprise....) de demander 40 € par œuvre et par mois de 1 à 10 œuvres et 36 € par œuvre et par mois de 11 à 20 œuvres.

En résumé, il existe des garde-fous pour enrayer cette surexploitation de l'artiste plasticien. Un musicien est rémunéré lorsqu'il se produit sur scène, tout comme un danseur, un acrobate, un jongleur, etc. Pourquoi pas un peintre, un sculpteur ou un photographe ? 

Harry Kampianne 


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43 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 30 octobre 2021 11:47

    Bonjour, Harry

    Immoral, certes, mais très drôle.

    Cette histoire est une démonstration de plus des dérives de l’art moderne, tant dans les rapports aux artistes que dans la nature des oeuvres exposées.

    Cela dit, d’accord sur le fond : les artistes  qu’il s’agisse de peintres, de sculpteurs ou de plasticiens devraient être correctement rémunérés lorsque leurs oeuvres sont exposées dans des locaux publics (et bien sûr pas dans des galeries où elles sont destinées à la vente).


    • Harry Kampianne Harry Kampianne 30 octobre 2021 22:31

      @Fergus Hé oui, une dérive qui ne date pas d’hier. Artistes que l’on engraisse quand ils sont bien gras, au sens auréolé sous les projos divins de la scène artistique internationale ou que l’on assèche quand ils croupissent dans l’antichambre de la reconnaissance. ? Paradoxe quand tu nous tiens !


    • voxa 30 octobre 2021 12:16

      Curieusement, souvent , à l’approche d’élections le roi nu en place commande des « oeuvres » pour agrémenter d’obscurs ronds points avec des merdes absolues et définitives qui coutent les yeux, les bras, et la peau du cul des électeurs contribuables ...

      Que voulez il faut bien financer sa campagne d’un façon ou d’une autre...

      ...


      • ZenZoe ZenZoe 30 octobre 2021 13:36

        Je ne vois pas où est le problème côté musée. Suite au buzz ainsi créé, ils n’ont qu’à réintituler les tableaux ’’revenu annuel des plus pauvres’’ et les vendre aux enchères comme oeuvres engagées. Pas sûr qu’ils soient perdants, ce genre de fumisterie artistique est en général un excellent investissement, non taxé en plus !


        • Fergus Fergus 30 octobre 2021 14:30

          Bonjour, ZenZoe

          Bien vu !


        • Harry Kampianne Harry Kampianne 30 octobre 2021 22:52

          @ZenZoe « Revenu annuel des plus pauvres » ?! L’idée est tentante sous conditions que le résultat des ventes soit réparti entre les artistes les plus précaires de la galerie. Il n’est pas interdit de rêver. 


        • Aristide Aristide 31 octobre 2021 12:59

          @Harry Kampianne

          les artistes les plus précaire

          Serait-ce donc qu’il faille étendre l’assistanat

          à tous les domaines de la vie ?

          Il y a surement quelques talents dans ces plus précaires mais surement plus des médiocres qui s’ignorent. Est-ce vraiment leur rendre service que de leur fournir les moyens de subsister tout juste dans cette médiocrité ? 

          Tout le monde ne peut être « artiste » et il n’y a pas d’autre moyen de reconnaissance du talent que par ce que vous nommez avec mépris le « marché ». Si vous voulez voir ce qu’a donné une autre vision du talent et de son évaluation, allez faire un tour chez les anciens du bloc de l’est et admirez leurs oeuvres de commande !!!


        • Harry Kampianne Harry Kampianne 31 octobre 2021 15:59

          @Aristide
          Bien sûr que tout le monde ne peut pas être artiste, écrivain, cuisinier, musicien, chanteur, danseur...
          L’artiste quel qui soit doit passer par les techniques du savoir faire et non du faire savoir que « je suis artiste ». Ingres ne disait pas autre chose que « le dessin est la probité de l’art », Là, je ne parle pas de coller au réel du motif,, il s’agit de lui rendre une âme et une force comme disait ce merveilleux peintre Jean Jacques Henner et bien plus tard Matisse.
          Par ailleurs, après relecture de mon article, je vois pas où ai-je affiché mon mépris pour le marché, je ne fais que constater les dérives d’un pouvoir basé sur des tendances et des modes faisant de l’ombre à tous ces artistes qui travaillent vraiment sans être attaché aux coteries (et il y en a plus que vous pensez) et qui méritent d’être soutenus financièrement (hé oui !). L’artiste n’est pas affilié aux intermittents du spectacle.
          Concernant les blocs de l’est dont vous parlez, j’y suis allé plusieurs fois et dernièrement pour visiter des amis artistes à Saint-Pétersbourg. Leur conception de l’apprentissage dans les écoles d’art reste très académique durant les deux voire les trois premières années (ce qui n’est pas un mal) et la sélection est plus rigoureuse qu’en France. Néanmoins allez leur dire à ces jeunes générations (qui pour beaucoup ne sont dénués de talent) que les œuvres des anciens du bloc de l’Est étaient admirables, ce que l’on appelait à l’époque le « réalisme socialisme », ces artistes propagandistes (pour une poignée d’entre contraints et forcés) d’un régime totalitaire affichant à son actif quelques millions de morts ! Hors contexte politique, j’admets que d’un point de vue esthétique, certains paysages et portraits sont très intéressants mais ce ne va plus loin.


        • arthes, Britney for ever arthes, Britney for ever 31 octobre 2021 16:11

          @Harry Kampianne

          Je suis ravie que mon métier, la cuisine, soit considéré comme ce que j’entends qu’il soit, enfin, qu’il devrait être : De l’art...
          Le chant, la danse, l’écriture etc... devraient être aussi de l’art, si on veut bien faire un parallele..Il y a aussi de la merde.

          Cela étant dit, St Pétersbourg est la plus occidentale des villes de la Russie....Doit y avoir une concentration impressionnante d’ONG propagandistes occidentales...Bref, bref....J’ai aussi cédé à : aller à St Petesbourg, en prem’s , mais pour avoir cédé à Moscou par la suite...C’est sans commune mesure, ce n’est pas pour rien que Moscou est considérée comme le coeur de la Russie, bref, pour moi, c’est la où tout commence, et c’est la le départ pour la Russie, certainement pas à St pet.


        • velosolex velosolex 31 octobre 2021 22:06

          @Harry Kampianne
          On peut apprendre des techniques, bien sûr, mais c’est pas ça qui fera l’artiste. Il y en a qui joue du Mozart en se servant du piano comme une dactylo de sa machine à écrire. L’âme, voilà la grande affaire...Toute les classifications n’ont été fait que pour les galeristes à vendre leur daube, adoubée par la critique. ..L’escroquerie est à l’œuvre dans bien des formes d’arts, mais avec l’avènement de l’art dit contemporain, c’est sûrement dans la peinture et la sculpture, que n’importe quel fils de famille, n’ayant aucun talent, mais du bagout, et de l’entregent, peut avoir se construire une carrière, contrairement à ce qui se faisait hier. Non, avant hier. 
          . Avoir donc un réseau, du bagout, du culot, aimer le scandale et la représentation, et vivre bien sûr dans une des capitales de l’art, voilà le socle de base. Savoir peindre, maitriser la science du lavis, et être doué en dessin, et saisir la beauté d’une représentation d’un coup d’œil. Tout ça c’est de l’histoire ancienne. Même Hooper, à son époque fut pris pour un réactionnaire avant qu’on s’aperçoive de son génie. Ce qu’expose la Fiac n’a rien à voir avec l’art, mais bien plus avec le monde des affaires, la possibilité de créer un mirage avec rien, comme le fait le bit coin. Il s’agit de plaire à monsieur jourdain, ou François Pinault, qui nous dit à tous ; Je vous emmerde, C’est moi qui détermine le bon gout, et fait faire le beau à toute ma cour. Le reste est négligeable. 
          Pour le reste, beaucoup de gens s’en balancent, et vont à leur passion, indifférents à ces miasmes. Il y a énormément de gens ayant du talent, maintenant. Jamais autant d’écoles d’art et de musiques. A ce propos la qualité des jeunes qui sortent des conservatoire de musique est prodigieuse. Là on ne vous permettra de battre la campagne ou refaisant le carré noir sur fond blanc de Mankiewicz, avec des notes au lieu des tubes à l’huile, 
          Le monde est un brin malade, et même sacrement malade. Il y a un malaise dans la civilisation, comme dirait l’autre. La création, l’élévation à partir d’une passion, est une formidable chance, pour se construire, et se préserver, à condition que cela soit authentique dans la démarche, et tourné vers son éveil, et non vers l’intérêt conditionnant le reste. . Je met la dedans tout autant le jardinage et le bricolage, et même la mécanique qui demande la même gymnastique d’esprit qu’un philosophe tentant de résoudre un problème philosophique.
          Un américain a écrit un bouquin la dessus ; « L’éloge du carburateur ». Mais un maçon sait très bien lui aussi que s’il ne possède pas les règles du métier, son mur lui tombera dessus. La soi disant œuvre qui orne votre article est par terre, mais la critique fait semblant du contraire. Comme dans le conte« des habits du roi, » la foule fait semblant de croire que le roi n’est pas nu.
          Seul un enfant dira la vérité, et alors tout s’effondrer ! . Comme aussi les cartes dans l’ Alice de Lewis Caroll. On peut voir des ponts entre les choses à propos de toutes les activités humaines. 


        • velosolex velosolex 31 octobre 2021 22:20

          @velosolex
          J’ai tapé vite et me suis pris les pieds dans le noir et le blanc de Malevitch, Mankiewicz étant un cinéaste par ailleurs très bon. Sur l’art, on pourrait en parler pendant des heures. La littérature ne s’en est pas privé. Lu dernièrement « Hérétiques » de Padura, un roman qui évoque les écoles d’art en Hollande où un maître, tel Rembrandt, était au centre de la toile. ...Et puis « le Judas de Leonard », de Léo Perutz, un auteur très intéressant et un peu oublié qui a développé toute son oeuvre sur le déterminisme. Mathématicien reconnu, et aussi musicien, Perutz est un type atypique. Le judas de leonard raconte la quête de Vinci voulant finir son tableau, « la cène », mais ne parvenant pas à donner un visage à Judas. Il va donc fréquenter les tavernes de Milan, à la recherche de son homme. Quelque chose me dit qu’à l’époque actuelle, il aurait beaucoup moins de mal à le trouver. 


        • Harry Kampianne Harry Kampianne 31 octobre 2021 23:12

          @velosolex
          Rassurez-vous quand la passion s’emballe, le clavier a parfois du mal à suivre. J’en suis moi-même victime.
          S’agissant de « Hérétiques » de Padura, que je viens de m’offrir hier, il fait partie de mes prochaines lectures. Nous aurons peut-être l’occasion d’en parler lors d’un prochain échange.
          Je vous souhaite en tout cas une bonne fin de soirée.


        • velosolex velosolex 31 octobre 2021 23:52

          @Harry Kampianne

          « Les ombres du passé », surtout m’avait emballé. Je reste un lecteur fidèle de Padura. Sans dévoiler l’intrigue, « Hérétiques » est composé de trois parties, qui se tiennent mais qui pourraient être distinctes. Deux se passent à la Havane, et celui du milieu à Amsterdam, du grand siècle de Rembrandt. C’est la partie la plus réussie à mon avis, avec une approche historique sur la façon qu’avaient alors les grands peintres de diriger leur atelier. . 


        • Harry Kampianne Harry Kampianne 1er novembre 2021 00:13

          @velosolex
          Merci
          Je m’apprête à en approcher l’intrigue


        • Areole 30 octobre 2021 13:56

          Bof ! Macron fait ça depuis longtemps ; il nous vend des toiles blanches à prix d’or, lui et ses copains ont de grandes poches. 

          L’arnaque post-moderne n’a aucune limite.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 30 octobre 2021 22:03

            Marrant la nana qui matte du vide comme sa grand mère devait matter le bleu . Comme pour les élections , préfère la pêche ou le puzzle.


            • Harry Kampianne Harry Kampianne 30 octobre 2021 22:53

              @Aita Pea Pea...ou son arrière grand-mère devant le carré blanc sur fond blanc de Malévitch.


            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 30 octobre 2021 23:03

              @Harry Kampianne
              Ben voilà j’avions oublié ce geste artistique qui remet la jeune fille au turban (ou a la perle ) au rang de ...de quoi ? (faut s’interroger ça fait sérieux ).


            • Harry Kampianne Harry Kampianne 30 octobre 2021 23:31

              @Aita Pea Pea Ah Vermeer ! Ce génie (et c’est sincère) qui traversera les siècles ad vitae aeternam. L’histoire de l’art est une merveilleuse bibliothèque dont les époques ornent ses rayonnages. Le 21ème siècle en fait partie qu’on le veuille ou non.


            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 30 octobre 2021 23:53

              @Harry Kampianne
              Je crains qu’il ne le traverse qu’a coups de spéculations. Moche. Bon sinon toujours se rappeler la jeune fille , merveille.


            • Harry Kampianne Harry Kampianne 31 octobre 2021 14:58

              @Aita Pea Pea
              L’art a toujours été sujet à spéculation sous différents formes, certes, suivant les époques, et cela depuis les fastes de la Cour, des princes et des têtes couronnées. A l’ère du Net, de la haute technologie et des réseaux sociaux, la donne n’est plus la même. Les dérives de cette dite spéculation sont grossies à la loupe. Les collectionneurs les plus fortunés (Arnault, Pinault pour ne citer que les deux plus connus) et les quelques grandes galeries ayant un réel pouvoir sur le marché de l’art (elles sont loin d’être aussi nombreuses que ça à l’échelle mondiale) ont remplacé les commanditaires des cours royales d’autrefois, je dirais jusqu’à Louis XVIII voire Napoléon. Je suis conscient des dérives de notre époque et je ne cherche pas à les gommer. Mais que vous le vouliez ou non, nous vivons au 21ème siècle et pour ma part j’en tiens compte car il existe malgré toutes ses dérives des talents ostracisés qui finissent toujours par éclore.


            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 30 octobre 2021 22:55

              Sinon les DRAC elles vous filent pas déjà du pognon pour emmagasiner des oeuvres qui intéressent personne ?


              • Harry Kampianne Harry Kampianne 30 octobre 2021 23:23

                @Aita Pea Pea
                En ce qui me concerne non. Et dans mon entourage proche (je parle d’artistes que je connais) non plus. De plus, le Frac, au sobriquet surévalué de Fric Frac, n’est pas si prompt à délier les cordons de sa bourse. Sauf cas rares, elles passent souvent par le biais des galeries (ou des foires) pour acheter des œuvres d’artistes émergents. Le système des galeries fonctionne sur le rapport confiance 50/50 avec l’artiste. Mon article est surtout basé sur les institutions culturelles (pas toutes heureusement) abusant de leur pouvoir sur le dos de l’artiste, certes en mal de reconnaissance...mais est-ce un mal ?


              • monde indien monde indien 31 octobre 2021 07:18

                L ’ art occidental est soumis au marché . Appelez-le marché de l ’ art si vous voulez , je crois que nous ferons mieux de l ’ appeler marché , tout simplement , ou si vous préférez et encore mieux , le libre-marché .

                Car il n ’ y a pas que l ’ art qui y soit soumis : il y a aussi le marché du travail , le marché de l ’ alimentation , celui du logement , le marché de la santé , le marché de l ’ information et des médias , le marché du temps de repos ... et même le marché de l ’ organisation politique de la communauté humaine : tout est soumis à une seule et même loi inique , celle du libre-marché .

                Le grave problème de l ’ art et de la culture ne se limite pas non-plus aux seuls artistes et acteurs de la culture . Il concerne malheureusement de façon catastrophique celui qu ’ on appelle le « public » . Et donc son accès à l ’ art et la culture ( par exemple les prix exorbitants d ’ accès à des spectacles & manifestations culturelles ) .

                Il concerne aussi l ’ accès du public à la pratique de l ’ art et de la culture : au sport , aux arts , à l ’ expression écrite , au jardinage ou à la nature ... etc

                La situation est-elle pour-autant désespérée ? NON ! elle l ’ est si nous ne nous sortons pas de la vision occidentale de libre-marché et d ’ individualisme forcené et morbide . Alors si nous ne savons pas comment faire allons faire un petit tour dans les pays qui n ’ y ont pas encore tout à fait succombé . En général les pays non-occidentaux . N ’ y allons pas dans des circuits touristiques balisés . Allons y rencontrer les peuples qui y vivent , y rencontrer les artistes qui y pratiquent leur art pour le bien-être de tous . Nous y verrons qu ’ il y a une autre façon de vivre que notre crétinerie occidentale de libre-marché ignoble . Laissons tomber notre individualisme obsessionnel .

                A ceux qui me traiteront d ’ utopiste je réponds que je récuse ce terme particulièrement stupide . Non , je ne suis pas utopiste , je refuse seulement le mode occidental uniquement individualiste

                http://mondeindien.centerblog.net/


                • Fergus Fergus 31 octobre 2021 12:11

                  Bonjour, monde indien

                  Il n’y a pas que « l’art occidental (qui soit) soumis au marché ». Même si cela n’engendre pas les mêmes dérives, c’est vrai un peu partout sur la planète, de l’art sami à l’art tribal africain en passant par l’art aborigène.


                • zygzornifle zygzornifle 31 octobre 2021 08:11

                  ça a failli marcher avec le couple Fillon .....

                  mais ça a marché il y a qq années avec Estrosi les 750 000 balles destinés au club de golf de Nice ...


                  • Jean Keim Jean Keim 31 octobre 2021 08:54

                    Pourquoi un artiste doit-il gagner de l’argent ?

                    L’art doit-il être un gagne-pain ?

                    Qui décide qu’un artiste a du talent ?

                    Les artistes n’ont pas toujours signé leurs œuvres et la culture n’a pas toujours eu son ministère.

                    On peut trouver que les gribouillages déstructurés de Picasso sont laids, c’est mon cas ; je me souviens d’un reportage où on voyait Dali jeter du haut d’un escabeau une citrouille dans un baquet rempli de goudron, et ensuite annoncer, avec son accent affecté, qu’il la vendait 5000 $, probablement que des gogos friqués ont achetée.

                    La culture souvent se comporte comme un parasite, combien de talents s’étiolent abîmés par l’enflure de l’ego et l’âpreté du gain.


                    • Fergus Fergus 31 octobre 2021 12:07

                      Bonjour, Jean Keim

                      « L’art doit-il être un gagne-pain ? »


                      Bien sûr que oui. Sans rémunération des artistes, l’art n’existerait quasiment plus.

                      Tous les grands peintres et sculpteurs ont travaillé principalement sur commande des états, des villes ou des riches nobles ou commerçants.

                      Idem pour les compositeurs qui ont principalement créé des oeuvres de commande lorsqu’ils n’étaient pas salariés à l’image de Bach, Haydn ou Mozart. 


                      Le fait est, bien que cela soit rare, que tous les artistes n’ont pas signé leurs oeuvres  par exemple Le Caravage  mais l’on savait que celles-ci sortaient de leurs ateliers.


                      Pour ce qui est des dérives de l’art contemporain, nous sommes d’accord. Mais elles sont avant tout imputables aux marchands d’art et aux médias complices qui font artificiellement monter les cotes, le plus souvent en s’appuyant sur la provocation, voire le scandale. Dommage car à côté des « artistes » créés quasiment de toutes pièces, parfois sur la base d’un concept trivial, nombre d’autres créateurs vivent plus ou moins modestement de leur travail alors qu’ils ont un vrai talent !





                    • Samson Samson 31 octobre 2021 12:09

                      @Jean Keim
                      Questions intéressantes !
                      Et de fait, certains des tableaux et toiles les mieux cotés ont été produits par des artistes qui crevaient la dalle : Vincent Van Gogh en est certainement un des meilleurs exemples.
                      Certains artistes se seraient apparemment débrouillés autrement : d’inexplicables trous d’un ou deux ans dans la carrière très prolifique de Goya trouveraient leur explication dans une production clandestine tout aussi prolifique d’œuvres attribuées à des maîtres déjà reconnus et très cotés à son époque.
                      Toute la question revient maintenant pour le marché de l’art à savoir si la preuve de l’usurpation de l’identité d’un maître espagnol pour une œuvre produite par Goya entraîne décote ou surcote de cette dernière. smiley smiley smiley
                      Il semblerait que Picasso se soit vu à une ou deux reprises confronté à des œuvres portant sa signature mais qui n’étaient pas de sa main : il se serait limité à en recevoir les éloges.

                      L’irrésistible nécessité d’exprimer par son talent une émotion ou un ressenti peut en certaines occurence être des plus inconciliables avec les impératifs de marchandisation de l’œuvre qui en résulte !
                      Voyez le peintre ostendais James Ensor : sa fiche Wikipedia ne le précise pas, mais le succès de ses œuvres avait à ce point tari son imagination que pour pouvoir continuer à en monnayer, il est connu qu’il a antidaté certaines des plus tardives.

                      En vous présentant mes cordiales salutations ! smiley


                    • Samson Samson 31 octobre 2021 12:17

                      @Fergus
                      « Le goût des autres » d’Agnès Jaoui avec Jean-Pierre Bacri me paraît notamment esquisser très finement et subtilement la question !


                    • Jean Keim Jean Keim 31 octobre 2021 13:52

                      @Fergus

                      Nous sommes tellement englués dans nos habitudes de penser que le monde ne nous semble pas pouvoir être autrement que ce qu’il est, ce qu’il exhibe semble aller de soi.

                      Un véritable artiste reçoit gratuitement un don, mais le profit qui est le moteur de notre civilisation avilit tout, la cupidité mène la danse.


                    • Fergus Fergus 31 octobre 2021 14:07

                      Bonjour, Samson

                      Un excellent film qui, vous avez raison, « esquisse très finement et subtilement la question ».


                    • Harry Kampianne Harry Kampianne 31 octobre 2021 15:16

                      @Fergus
                      Choisir d’être d’artiste, artisan, musicien, écrivain, peu importe le métier choisi mérite d’être rémunéré. 
                      Et sur ce point, je rejoins Fergus. Les œuvres de commandes ne datent pas d’hier. Bien sûr, les époques changent. Le Net, les réseaux sociaux et la haute technologie ont changé la donne. Je dirais même que la palme du grand « n’importe quoi » revient à Marcel Duchamp et son urinoir qui lui n’y voyait au début qu’une blague de potache, lui même influencé par les dadaïstes (Tristan Tzara et autres) et les Incohérents (Toulouse Lautrec, Caran d’Ache, Aristide Briant et quelques autres illuminés du Chat perché). Les artistes portés les coteries du marché de l’art, je dis tant mieux pour eux, je ne leur jette pas la pierre. Ce qui m’intéresse, ce sont les artistes qui sortant des codes et des tendances, peinent à vivre de leur art. 


                    • Harry Kampianne Harry Kampianne 31 octobre 2021 15:25

                      @Samson
                      Pour appuyer votre commentaire sur l’usurpation des Faux sur le marché de l’art, je vous recommande le semi-docu d’Orson Welles F for Fake, titre français Vérités et Mensonges (1973) sur l’un des plus grands faussaires du 20ème siècle Elmyr de Hory. Mais peut-être l’avez-vous déjà visionné ?


                    • Samson Samson 31 octobre 2021 21:46

                      @Harry Kampianne
                      Merci de la recommandation !
                      Non, je ne connaissais ni l’histoire d’Elmyr de Hory, ni le docu d’Orson Welles, que je vais m’empresser de chercher !

                      En vous présentant mes respectueuses salutations ! smiley


                    • velosolex velosolex 31 octobre 2021 22:38

                      @Jean Keim
                      Tu ajoute la banalité du vieillissement sur la vanité des parvenus, et t’as souvent le roi des cons. Du moins la production d’un monstre tyrannisant toute sa famille, comme l’était devenu Picasso.
                      Un gars lambda qui déconne, on l’emmène à l’EPADH, surtout s’il est seul. Un peintre reconnu comme un génie d’appellation contrôlée restera un génie, même si sa production se tari, et qu’il n’est plus que l’ombre de son ombre.. Au moins il ne sera jamais seul. Mais peut être au fond encore plus que les autres. 
                      On donnait à Dali des feuilles de papier, et des toiles vierges qu’il signait. Ne restait plus qu’à les remplir de quelques formes, avec l’aide de quelques étudiants.
                      En littérature, il me semble que les artistes, bien que vivant dans les nuées, sont moins sujets à se faire abuser. D’abord l’histoire doit tenir debout, et il n’existe pas d’étais abstraits comme dans la peinture. La littérature n’a jamais rompu avec la représentation. La tentative surréaliste n’a pas donné grand chose en valeur d’édition. Les gens ont besoins d’un histoire, Et pour revenir au carré noir sur fond blanc de Malevitch, il ne peut être traité alors que par le biais d’une partie d’échecs. Les auteurs sombrent, mais restent plus sympathiques dans ce processus que les peintres pour cette raison. Ils gardent le sens du drame, de la comédie, veulent prendre la place de leur personnage, au lieu de ne plus se supporter en peinture comme les peintres. Prenez Romain Gary par exemple exemplaire. Et Tolstoï ;...Quittant grand vieillard, son manoir à pied dans la neige pour rompre avec cette vie bourgeoise où il imagine des couteaux partout autour de lui. Et finissant dans une gare. On le reconnait. On le met au lit. il meurt. Fin du livre


                    • Jean Keim Jean Keim 1er novembre 2021 08:27

                      @velosolex

                      Où se niche le diable ? Car dans tout ce pandémonium c’est de lui dont il s’agit, il occupe tout l’espace, il n’y a plus de place pour un peu de silence qui parfois, comme une grâce, entrouvre la porte...


                    • Samson Samson 1er novembre 2021 12:42

                      @velosolex
                      Personnellement, j’ai toujours préféré la peinture figurative qui à le mérite, quel que soit le niveau de son inspiration, d’offrir un assez bon aperçu de la maîtrise technique développée par son auteur.

                      Vrai que sur le marché de la peinture abstraite, on trouve tout et n’importe quoi.
                      J’ai un jour eu l’occasion de visiter, dans une des galeries les plus cotées de Belgique, l’exposition d’un prof d’art pratiquant ce que je qualifierais d’« abstrait académique ». Les prix particulièrement décoiffant semblaient essentiellement déterminés tant par la surface des toiles que la vanité et l’inanité d’un baratin particulièrement soigné destiné à éblouir un public trié sur le volet pour sa capacité financière. Quand au thème, c’était à l’examen à peu près toujours le même : en fait seules les couleurs et l’orientation des toiles variaient.

                      Par contre, j’ai eu l’occasion de suivre d’assez près durant une trentaine d’années l’évolution d’un autre peintre oscillant entre abstrait et surréel et ayant su au fil du temps s’acquérir une certaine notoriété chez les amateurs. Je dois reconnaître que tant en matière de travail que d’innovations, de créativité (pigments, matières diverses, textures, effets, ...) et d’une authentique maîtrise technique, il assurait, probablement parce qu’avant de s’orienter par inclination vers une expression abstraite, il savait peindre et dessiner. Quoique peu sensible aux codes régissant la peinture abstraite, j’ai souvenir de certaines toiles qui avaient su m’impressionner et me toucher.

                      "D’abord l’histoire doit tenir debout, et il n’existe pas d’étais abstraits comme dans la peinture. La littérature n’a jamais rompu avec la représentation."

                      Vrai que l’histoire doit tenir debout, mais quand je lis certains auteurs encensés par la critique et parfois authentiquement créatifs et originaux quant au scénario, je reste parfois effaré de l’indigence stylistique caractérisant leur propos. Par charité, je ne citerai pas de noms ! smiley

                      Bien à vous ! smiley


                    • Samson Samson 1er novembre 2021 13:08

                      @velosolex
                      PS : Et le même problème se pose pour les traductions.
                      Hors bibliothèque verte (Le club des cinq, Langelot, ...), le premier bouquin que j’ai eu l’immense plaisir d’acheter avec mon argent de poche était une extraordinaire version des Contes d’Andersen publiée dans une vieille édition Gründ.
                      Eu égard à l’état particulièrement avancé et délabré de l’exemplaire, j’en avais bien plus tard racheté une autre, pour découvrir à mon immense dépit une traduction adoptant un langage et un style totalement infantilisant (ce qui, même d’un point de vue strictement pédagogique, relève d’une insondable stupidité, et encore plus si possible pour un auteur aussi sombre et désespérant qu’Andersen).


                    • DantonQ DantonQ 31 octobre 2021 14:02

                      « Prends l’oseille et tires-toi ! » n’est-ce pas ce que font tous les gouverne-ment qui se succèdent à la tête de la province France ??? Nous ne sommes plus en démocratie depuis longtemps si tant est que nous l’ayons été un jour. Parce que la démocratie, c’est de servir les intérêts du peuple. Mais eux, ils se servent au lieu de servir !

                      Donc ils connaissent bien le « Prends l’oseille et tires-toi ! » smiley


                      • Eric F Eric F 1er novembre 2021 11:10

                        La mystification et la provocation sont devenus des critères majeurs de célébrité artistique (entourer un monument avec du papier d’emballage, ou deux traits sur une toile vierge par exemple), l’évènement indiqué dans l’article répond bien à ces critères.
                        Il y a en parallèle l’explosion du nombre de milliardaires prêts à acheter « ce dont on va parler » sans regard de la valeur réelle (qualitative ou financière), ainsi lors d’une vente aux enchères, des épaves rouillées de voitures de collection se sont vendues plus cher que la cote de voitures équivalentes en excellent état.

                        La question générale de la rémunération de l’artiste exposant est d’une autre nature, mais dans certains cas il s’agit d’œuvres « à vendre » ou d’exposition promotionnelle pour acquérir une notoriété, il parait difficile d’établir des barèmes.



                          • Samson Samson 2 novembre 2021 11:50

                            @zygzornifle
                            C’est sûrement en essayant d’aider les plus démunis : pas pour rien qu’il a déclaré que les pauvres coûtent un pognon de dingue. smiley

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