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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Pro Vercingétorix !

Pro Vercingétorix !

Notre pays s’appelait autrefois la Gaule. C’était un ensemble de cités prospères mais parfois turbulentes. Chaque cité avait son sénat et chaque ville, son conseil de notables. On y délibérait beaucoup (1).

 

Mais, de l’autre côté du Rhin, de l’autre côté des Alpes, des peuplades s’armaient, avides de conquêtes. En l’an 58 av. J.C., une armée romaine envahissait le pays sous le commandement d’un homme qui voulait changer le monde : Jules César.

Face au futur dictateur - César fut assassiné par la suite, en plein Sénat, par les partisans de la République - un jeune homme se dresse : VERCINGETORIX, un nom qui est fait pour inspirer la terreur (Florus)(2). Son programme politique : « Faire diligence pour rassembler les cités gauloises, et faire ainsi de toute la Gaule un seul conseil où se décideront des accords auxquels tout le monde devra se soumettre (DBG VII, 29) ». Sa motivation : « Si j’ai mené cette guerre (contre l’envahisseur), ce n’est pas pour mes intérêts mais pour la liberté de tous (DBG VII, 89) » (c’est-à-dire pour un idéal de société où tous les hommes, quels qu’ils soient, seront libres). Son père naturel : Celtil, grand chef des Arvernes, druide suprême de la Gaule. Son père spirituel : Dumnorix, chef de la cavalerie éduenne, qui s’écria avant de mourir, assassiné sur ordre de César : « Je suis un homme libre ! J’appartiens à une cité libre ! (DBG V, 7) ».

Que l’on soit Gaulois de souche, immigré de longue ou de fraîche date, tout le monde s’est posé ou se posera un jour des questions sur l’histoire antique du pays dans lequel il a choisi de vivre. Interrogeant la mémoire de la société dont on a accepté l’éducation, il est bien rare que les citoyens et citoyennes de bon sens n’y trouvent pas, à la racine, des valeurs pour notre temps.

Ignorant les technocrates qui planifient dans leurs bureaux obscurs, ces citoyens et citoyennes de bon sens savent bien que ce n’est pas en reniant le passé ni dans de perpétuelles repentances qu’on construit l’avenir et que des grands projets, tels que l’Europe, ne pourront se réaliser que par le rapprochement des patries historiques.

Quelle mauvaise mouche a donc piqué cette vénérable institution qu’est le Collège de France pour que son porte-parole à la chaire des Antiquités nationales proclame à tous vents ce slogan qui ne veut rien dire : « La patrie gauloise est un mythe ! » ? Recueil de nombreuses contre-vérités, de faux sens et de contre-sens, et pourtant Bible pour les archéologues de demain, Le "dossier Vercingétorix" de M. Christian Goudineau, s’efforce de démolir le personnage historique des textes antiques auquel, depuis Camille Jullian, nous avons cru. Vercingétorix fait piètre figure. Il n’a pas de personnalité, il ne joue qu’un tout petit rôle (page 230). La reddition de Vercingétorix devant César ? Une invention des auteurs anciens ; la fin est nulle, plate (page 328). Après avoir déboulonné la statue de Vercingétorix, le « grand patron » en histoire gauloise s’en prend ensuite à la Gaule. Véritable paradoxe, alors que les discours de César se font au nom de Rome, alors que ceux des Gaulois se font au nom de la Gaule, il nie tout sentiment gaulois ; il n’y aurait eu que des patriotismes de cités. Les frontières de la Gaule ? Une invention de César (page 238). Corrigeant superbement les témoignages antiques, il affirme : « Dans l’antiquité, la Gaule, ça n’est rien, ça n’existe pas (page 238) ». La maison de Vercingétorix ? Une maison en matériaux périssables (terre et bois) (page 243). Le physique impressionnant du chef arverne ? Une invention de Dion Cassius et de Florus (page 282). Comment fut-il exécuté ? Nous l’ignorons et, à vrai dire, cela importe-t-il ? (page 328). Faisant l’apologie de l’ouvrage, la revue "L’archéologue" (n°53) résume l’idée que se fait l’auteur du héros arverne : un guerrier coupeur de têtes, un paysan élevant des cochons.

Solidaires et complices du cartel qui soutient M. Goudineau (la revue L’archéologue, les éditions Errance, la librairie Epona, le musée archéologique européen, France culture etc…), les médias n’hésitent pas à en rajouter dans le dénigrement de notre protohistoire, se félicitant de la victoire romaine qui nous aurait amené la civilisation (cf. Le Monde des livres du 20/5/94)……

Triste civilisation, en vérité, qui brûla Bourges, la plus belle ville, ou peu s’en faut, de toute la Gaule, et qui massacra ses 40 000 habitants, hommes, femmes et enfants ! (DBG VII, 15 et 28)…… Triste civilisation que Vercingétorix, heureusement, conjura en s’offrant, de lui-même, en holocauste : « Puisqu’il faut céder à la fortune, je m’offre à vous ; tuez-moi, ou livrez-moi vivant aux Romains. Puissent-ils se satisfaire de mon sacrifice ! » (DBG VII, 89).
 
Français, prenez garde ! Les 45 millions d’euros que vous allez donner au futur Muséoparc d’Alésia serviront à donner à nos enfants un enseignement tiré du "Dossier Vercingétorix" de M. Christian Goudineau, un enseignement partisan "anti-Vercingétorix", un enseignement à la mode de notre époque où tout devrait être déconstruit. Je cite : le parcours se termine par la présentation détaillée - et par conséquent la déconstruction - du mythe des origines gauloises, de l’héroïsation de Vercingétorix...(3)

Il faut réagir. Il faut que nos responsables politiques sortent de leur torpeur. Vercingétorix n’est pas seulement un de nos plus grands personnages historiques, il est un symbole de la Liberté.
 
Renvoi 1. L’Histoire de France enseignée aux enfants de E. Lavisse, en 1884, commence ainsi : il y a deux mille ans, notre pays s’appelait la Gaule...mais il s’égare en donnant l’image d’un pays inculte alors que Strabon dit tout le contraire. Et encore aujourd’hui, on se refuse à reconnaître aux Gaulois l’usage de la chaux et l’existence de villes et de forteresses comme dans tout le reste du monde antique. 
 
Renvoi 2. Le nom de Vercingétorix - VER CIN GETO RIX - rassemble les fonctions principales de la société gauloise : le VERgobret, magistrat suprême placé à la tête de l’administration (magistratus), CIN qui évoque la chevelure flamboyante de l’aurige des monnaies gauloises (cf. Cincinnatus, l’homme aux cheveux bouclés), GETO qu’il faut transcrire en TOGE, l’homme à la toge, c’est-à-dire le sénat, et enfin le RIX, le commandant en chef des armées.
 
Renvoi 3. Autre ignominie : stigmatiser une France occupée qui aurait choisi la collaboration en reconnaissant la supériorité de l’occupant, comme les Gaulois, et en présentant l’image d’un jeune des chantiers de Jeunesse, est une véritable insulte à l’esprit de résistance qui animait cette organisation, véritable insulte à tous ces jeunes qui se sont engagés dans les armées françaises de la libération, parfois en unités constituées, et qui sont morts au combat.
 

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42 réactions à cet article    


  • Emile Mourey Emile Mourey 22 juillet 2009 12:50

    Comment un ministère de la Culture peut-il patronner un tel projet de déconstruction, tel que le prévoit le futur muséoparc d’Alésia ? Et ensuite, Jaurès, de Gaulle ?.Apprendre à des enfants à déconstruire, curieuse pédagogie, moi qui croyais que l’enfant avait besoin de modèles pour se construire.


    • Paul Cosquer 22 juillet 2009 13:05

      N’oublions pas le rôle important des peuples d’Armorique dont les puissants et riches Vénètes (qui donnèrent son nom à la ville de Vannes).

      "Alors que César pensait la Gaule entièrement soumise (mais César dit pacatam, « pacifiée ») et qu’il partait pour l’Illyrie, plusieurs peuples de l’Armorique, à l’initiative des Vénètes, se soulevèrent pour récupérer les otages confiés au jeune Publius Crassus que César avait envoyé." (La Guerre des Gaules de Jules César, Livre III extrait Wikipedia)

      Or, lorsque l’on évoque Vercingétorix, on ne parle que du peuple Arverne.

      Vercingétorix est le héros de la Gaule rassemblée. Enseigner autre chose est glisser sur une pente dangereuse de confusion qui ne ferait que saper nos valeurs. A quelles fins ? Peut-être pour implanter la civilisation romaine et ses légions d’hommes aux ordres, bien alignés, au service des empereurs d’un nouveau genre...


      • Emile Mourey Emile Mourey 22 juillet 2009 14:20

        @ Paul Cosquer

        Je suis bien d’accord avec vous. Mais je crois avoir bien montré que Vercingétorix voulait faire l’unité de La Gaule, de toute la Gaule. Bien souligné également qu’il n’agissait pas dans son propre intérêt « arverne » mais dans l’intérêt de tous. Je trouve que c’est un très bel exemple d’homme politique intègre. Quant aux dissensions qui ont existé avant lui et après lui, avec annexions de force ou je ne sais trop quoi, c’est une autre histoire.


      • RougeNoir 22 juillet 2009 13:23

        Non, notre pays ne s’appelait pas La Gaule. Physiquement, a France s’est constituée par la l’annexion par la force de toutes les régions qui la compose. Cuturellement, elle a été influencée par diverses civilisations qui ont traversé ou non le pays. Démographiquement, nos ancêtres ne sont pas les gaulois mais une multitude de peuples d’horizons différents. La France est un pays métis, et les Français sont également des métis.

        Prétendre que la France était la gaule avant et clamer « Nos ancêtres les Gaulois » est une contre-vérité historique servant des idéologies xénophobes, faisant fi de toute réalité historique.


        • Paul Cosquer 22 juillet 2009 13:57

          La formule « nos ancêtres s’appelaient les Gaulois » est effectivement abusive mais c’est une sorte de licence poétique à une époque où l’Histoire de France était présentée de manière lyrique, à la Michelet et où la nécessité d’une unité se faisait sentir (la nation était encore balbutiante). Alors disons plutôt « les Gaules ».

          Non, toutes les régions n’ont pas été conquises par la force. La Bretagne, par exemple, a été annexée par trois mariages successifs.


        • Emile Mourey Emile Mourey 22 juillet 2009 14:05

          @ RougeNoir

          Merci d’aller dans mon sens. Colons phéniciens suivant le témoignage de Diodore de Sicile (Héraclès). Populations belges venues de Germanie suivant César et je crois, Tacite. Populations venues du Centre-Europe (Boïens). Colons venus de Grèce dans le sud du pays et colons cananéens venus de l’ancien pays de Canaan. Il s’agit de ce que j’appelle des populations militaires, socialement organisées, mobiles, qui s’implantent sur des territoires déjà occupés par des populations autochtones ou indigènes. Les termes de Gaule et de Gaulois sont ceux que l’on trouve sous la plume des auteurs antiques.


        • non666 non666 22 juillet 2009 15:51

          1) Si, NOTRE pays s’appelait la Gaule.
          Meme si les les cités et tribues gauloises guerroyaient entre elles elles envoyaient des AMbassadeurs chez les grecs , les pheniciens et les egyptiens.
          d’ailleurs , en grec moderne la france se dit encore la Gaule.....
          Oseriez vous pretendre que la gaule est une invention grecque ?

          2) Oui comme TOUTEs les civilisations sur terre , notre culture a été influencé par ses voisines.. et alors  ?

          3) MES ancètres sont gaulois, les votres peut etre pas.
          Par contre les certitudes historiques sont que la Gaule etait probablement le pays le plus peuplé du monde connu (cf les references multiples aux « multitudes » gauloises des auteurs latins) .
          La premiere conquete en Gaule s’est faite par des levées venant de .. ;la « Gaule cisalpine » , une ancienne province d’italie d’ont s’etaient saisi les Gaulois....
          La premiere province romaine de gaule, la Provence a fourni seule l’essentielle des levées de legionnaires suivantes
          Bref les vainqueurs romains etaient en fait des gaulois.....romanisés :
          bilan demographique nul !

          La France est encore le pays le plus peuplé d’Europe jusqu’a la revolution.
          Les invasions germaniques ont eu un faible impact demographique limité encore par la revolution française. Car sauf erreur, ce sont les germains qui ont formé la « noblesse » de France« . Or nous leur avons coupé la tete à la révolution.
          Nous finirons les derniers specimens à la prochaine revolkution, avec les nobliaux austro-hongrois qui poluent notre réputation....

          Il n’y a pas d’immigrés a grande echelle a l’epoque.
          Seuls quelques lettrés, les artistes et les militaires vont à l’etranger

          4) La negation d’un peuple gaulois Original sert surtout de pretexte aux negationnistes qui tentent de justifier la colonisation actuelle de notre pays en se basant sur une histoire reecrite tronquée. Si il n’y a pas de gaulois, les Français »authentiques« n’existent pas et donc l’immigration serait legitime et tous devrait pouvoir venir chez nous impunement...

          5) La colonisation africaine actuelle est RECENTE et 95% des familles sont arrivées Apres 1970, »grace" a Giscard d’Estaing....

          6) Les immigrés espagnols, est-europeens (polonais) sont venus pendant et apres la seconde guerre mondiale.
          Les portugais sont venus au moment de la dictature militaire....

          L’immigration est un phenomene RECENT en tant que phenomène de MASSE.
          On ne peut pas comparer les apports de quelques intellectuels europeens, de façon continu, au cours des siecles avec les 200 000 à 500 000 etrangers africains qui debraquent chez nous , chaque années depuis le debut des années 70.....

          Il va vous falloir trouver autrechose, les cocos.
          NOUS nier c’est du negationnisme
          Nous nier , chez nous, au debut d’une crise qui est en train de nous ruiner tous, c’est le meilleurs moyen de faire partie des listes d’expulsables quand cela va peter.....


          Il va falloir arreter vos provocations et votre negationnisme a notre encontre.
          Notre hospitalité avec les les va ni pieds que nous avons, dans notre immense generosité, accepté CHEZ NOUS, ne va pas jusqu’a accepter de les voir nous nier la possession de notre territoire.....


        • Emile Mourey Emile Mourey 22 juillet 2009 16:39

          @ non666 et RougeNoir

          Bien que j’ai voulu faire une réponse polie et non agressive à RougeNoir, il faut bien que je précise qu’aux temps antiques, les colons venus d’ailleurs, pour lesquels je cite mes textes de référence, n’étaient qu’en nombre limité et souvent invités pour renforcer l’équipe autochtone sur les lieux de pouvoir. Diodore de Sicile précise qu’après le mariage d’Héraklès avec la fille du roi, les autochtones avaient repris le pouvoir. Ensuite, il y a une peuplade boïenne d’environ 20 000 hommes que César a établie en pays éduen, puis les prisonniers que Posthumus et Constance Chlore ont ramenés de leurs campagnes. Quant aux Burgondes et aux Francs, c’était quoi ? Uniquement des troupes mercenaires aux effectifs limités, venus avec leurs familles, lesquels, possédant la force des armes, ont donné naissance à une aristocratie qui a disparu à la révolution, les descendants survivants de ces immigrés étant absorbés par la masse.

          Voilà ce que les textes nous disent. La Gaule n’a jamais été vraiment une terre d’immigration. Les hommes politiques nous mentent et vous mentent.


        • Bois-Guisbert 22 juillet 2009 23:34

          Prétendre que la France était la gaule avant et clamer « Nos ancêtres les Gaulois » est une contre-vérité historique servant des idéologies xénophobes, faisant fi de toute réalité historique.

          Ce qui importe, c’est qu’au cours des siècles, ce peuple ait acquis une identité qui permet de distinguer ceux qui en sont dépositaires de tous leurs voisins. Un Français n’est pas un Allemand, pas un Italien, pas un Espagnol et pas un Britannique. Et cela s’observe et se constate par cent détails.

          C’est cette identité reconnaissable qui permet à André Siegfried d’écrire, dans le premier paragraphe de « L’Ame des Peuples » :

          « Il y a dans la psychologie des peuples, un fond de permanence qui se retrouve toujours. Nous sommes encore, par combien de traits, semblables aux Gaulois nos ancêtres, et les caractéristiques que Tacite notait chez les Barbares ou les Juifs de son temps, sont encore reconnaissables dans les Allemands, les Israéliens d’aujourd’hui. »

          A partir de là, que ces lointains ancêtres soient nommés Celtes, Gaulois, Francs, Scythes ou Schtroumpfs, c’est une convention qui n’a aucune incidence sur leur historicité. Et cela n’empêche nullement RougeNoir de se définir « rien et de nulle part », ce qui est qu’une posture intellectuelle parmi d’autres et pas plus dérangeantes que bien d’autres.


        • Massaliote 22 juillet 2009 14:24

          Tout d’abord, je vous remercie car vos articles sont toujours passionnants ! Mais je ne crois pas que nos dirigeants soient dupes. Au contraire, tout ceci découle d’un plan pré-établi. L’acculturation des Français est programmée. "Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, (ils auraient pu ajouter : Gaulois) nous est étranger, voire odieux. »Pierre Bergé, Georges-Marc Benamou, Bernard-Henri Lévy / Globe n°1 – Edito (1985). Ce que vous dénoncez participe au travail de destruction des repères de notre civilisation. Faut-il s’étonner que le Collège de France se laisse ainsi instrumentaliser ? Pierre Nora, historien, disait à propos des lois mémorielles,en 2008 : « Deux mille ans de culpabilité chrétienne relayée par les droits de l’homme se sont réinvestis, au nom de la défense des individus, dans la mise en accusation et la disqualification radicale de la France. Et l’école publique s’est engouffrée dans la brèche avec d’autant plus d’ardeur qu’à la faveur du multiculturalisme elle a trouvé dans cette repentance et ce masochisme national une nouvelle mission. » Le 13/07/2009,Mgr Jean-Louis Bruguès, secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, a exprimé son inquiétude devant la diminution, voire la disparition des « matières de mémoire » comme l’histoire, les langues anciennes et la culture générale dans certaines écoles, la vitalité de la mémoire étant « la condition de tout progrès humain ».A ses yeux, « l’individu touché par l’amnésie ne sait plus qui il est ». « Il devient incapable de donner une direction à son existence », ajoute-t-il. « La même chose vaut pour les nations : les peuples sans histoire sont des peuples sans avenir ».« Reconnaissons ici un des premiers défis que la modernité pose à nos civilisations », ajoute le haut prélat français. « S’il est vrai que le passé est moralement vide, s’il ne contient aucun message, aucune leçon recevable par un esprit moderne, aucun ‘programme’ diraient les généticiens, alors nous sommes condamnés à revivre les mêmes expériences et les mêmes erreurs. » (Source, Salon Beige)


          • Emile Mourey Emile Mourey 22 juillet 2009 14:32

            @ Massaliote

            Tout cela est très bien dit.


          • Massaliote 22 juillet 2009 16:45

            Je ne suis pas d’accord.
            1) La mémoire est la condition de tout progrè humain :
            - la mémoire est l’outil d’apprentissage par excellence, sans mémoire pas de progrès. Sans le fruit de l’expérience on ne bâtit rien.
            2) l’individu touché par l’amnésie ne sait plus qui il est :
            - l’homme a besoin de repères et de références pour se construire.
            3) Il devient incapable de donner une direction à son existence :
            - l’homme a besoin de repères et de références pour se diriger
            « La même chose vaut pour les nations : les peuples sans histoire sont des peuples sans avenir  » : - l’expérience du passé éclaire et enrichit, l’Histoire d’un pays fonde sa société et sa civilisation.
            Pour toutes ces raisons, les nouveaux maîtres du monde s’attaquent à notre Histoire c’est à dire aux bases même de notre Nation. Qu’attendre par exemple d’un individu capable de dire ça :
            « Je pense que les Français attendent une France d’après (…), une France où l’expression “Français de souche” aura disparu ». Nicolas Sarkozy / Livre Programme, juillet 2006.


          • Massaliote 22 juillet 2009 16:47

            Pardon, progrès !


          • Emile Mourey Emile Mourey 22 juillet 2009 19:30

            @ Le furtif

            Votre commentaire est intéressant mais si vous le permettez, je vais le réfuter, point par point en commençant par la fin.

            200 000 hommes de l’armée de secours ? Je vous accorde que cela fait beaucoup mais, comme j’ai l’expérience des rapports militaires qui ne mentent jamais, je suis conduit à penser que César pouvait prouver ses dires en montrant au Sénat les plans de mobilisation gaulois des effectifs prévus mais non réalisés. Pour les 80 000 hommes assiégés, notez qu’il met ce chiffre dans la bouche de l’Arverne Critognatos qui avait tout intérêt à se montrer plus fort qu’il n’était.

            passer en Bretagne sans aucun risque sur ses arrières. Oui César était habile , et c’est bien pour cela qu’il a voulu emmener en otage Dumnorix et qu’il l’a fait mettre à mort parce que, comme il le dit, il craignait que le pays éduen soulève toute la Gaule pendant son absence. Et c’est vrai qu’à ce moment là, les Romains étaient considérés encore par les hommes du peuple comme des libérateurs qui avaient rejeté derrière le Rhin les troupes d’Arioviste. Il est vrai que les hommes du peuple ont été longs à comprendre et à suivre la nobilitas, mais après l’appel de Vercingétorix et le ralliement du pays éduen et surtout après le massacre d’Avaricum, plus question pour César de se déplacer en touriste. Il ne se déplace souvent sur le territoire d’une cité qu’accompagné d’otages de la dite cité qu’il s’est fait livrer. Terre brûlée par ailleurs. Il craint qu’on attente à sa vie. Son armée échappe de peu à la famine.

            A Alésia, c’est presque toute la Gaule qui apporte son soutien à Vercingétorix mais comme je suis un ancien fantassin, je sais très bien que quand on marche à pied, les kilomètres, il faut les parcourir. Avaricum n’aurait pas dû avoir lieu et il n’y avait aucune raison que Vercingétorix ait prévu une concentration de troupes à cet endroit.

            Mais bien sûr que la prouesse de César est stratégique. Il n’a jamais été dans mon intention de dénigrer le personnage comme certains le font pour Vercingétorix, bien au contraire. Et je ne mets pas non plus en doute ses observations. Quand il décrit la société gauloise, il affirme bien que c’est celle de toute la Gaule. Je sais que ma vision n’est pas celle de beaucoup de spécialistes mais que voulez-vous, je m’appuie sur le texte de César et je ne peux pas dire autre chose que ce qu’il dit. J’ai d’ailleurs traité le sujet en détail dans un précédent article.

            Contrairement à ce qu’écrit M. Goudineau, il y a bien une unité de la Gaule qui permet de dire « Notre pays s’appelait autrefois la Gaule ».


          • saint just 34 beaumont34 22 juillet 2009 18:44

            je suis ce débat fort intéressant pour l’instant je me contente de suivre les différents avis ,qui s’expriment ici (espère d’ailleurs que je vais trouver le moyen de suivre ce débat dans le temps je ne connais pas comment faire pour suivre en temps réel .Pas trouver comment faire ? si quelqu’un a une idée ? ) j’aime beaucoup par contre les explications de l’initiateur de cette conversation (Émile MOUREY) qui semble être quelqu’un qui sais de quoi il parle !


            • Nho 22 juillet 2009 19:52

              @ non666

              4) La negation d’un peuple gaulois Original sert surtout de pretexte aux negationnistes qui tentent de justifier la colonisation actuelle de notre pays en se basant sur une histoire reecrite tronquée. Si il n’y a pas de gaulois, les Français »authentiques« n’existent pas et donc l’immigration serait legitime et tous devrait pouvoir venir chez nous impunement...

              5) La colonisation africaine actuelle est RECENTE et 95% des familles sont arrivées Apres 1970, »grace" a Giscard d’Estaing....

              6) Les immigrés espagnols, est-europeens (polonais) sont venus pendant et apres la seconde guerre mondiale.
              Les portugais sont venus au moment de la dictature militaire....

              L’immigration est un phenomene RECENT en tant que phenomène de MASSE.
              On ne peut pas comparer les apports de quelques intellectuels europeens, de façon continu, au cours des siecles avec les 200 000 à 500 000 etrangers africains qui debraquent chez nous , chaque années depuis le debut des années 70.....

              A la lumière des connaissances actuelles officielles sur les Celtes, ou les Gaulois, ceux-ci ne représentent pas le « français originel ». Ces territoires étaient peuplés avant l’époque de ceux qu’on désigne généralement du nom de Celte (les Français ont tendance à préférer « Gaulois ») et de plus personne ne sait comment ces Celtes (Gaulois) se nommaient eux-même, et même si ils se considéraient comme un peuple. La civilisation celtique est reconnue et nommée par les chercheurs à partir des périodes dite de Halltsatt (Autriche) et de La Tène (Suisse). On retrouve des éléments de ces cultures de l’Espagne aux Balkans.

              Les Celtes (Gaulois) étaient des immigrés... enfin, disons plutôt des semi-nomades. Ils n’étaient pas attachés à un territoire et n’avaient pas de sentiment nationaliste tel qu’on le conçoit aujourd’hui. Comme illustration : Les Helvètes, une des plus grande et plus puissante « tribu gauloise » s’étaient arrangés pour obtenir un nouveau territoire, sur la côte Atlantique afin, probablement, d’échapper à la continuelle pression démographique est-ouest (en l’occurrence, les continuels accrochages avec des tribus germaines), ils brûlèrent et détruisirent leurs villes et villages et abandonnèrent leur terres...

              Il y avait un peuple en Europe, avant les Celtes. Un grand peuple (par ses vestiges : des milliers de menhirs, dolmens) duquel nous ne savons presque rien. Et avant ce peuple mystérieux, un autre, lui totalement oublié ? Pourquoi pas...

              Du coup, votre argumentation sur l’immigration me semble plutôt légère...


              • Emile Mourey Emile Mourey 22 juillet 2009 20:51

                @ Nho et à non666

                Je me permets d’intervenir car le sujet est intéressant car vous pourriez avoir tous les deux raison.

                Prenons l’exemple helvète, je cite : Ils persuadèrent les Rauraques, les Tulinges et les Labotices, leurs voisins, de s’unir à leurs projets, de brûler leurs oppidum et leurs bourgs et de se joindre à eux. En outre, ils s’associèrent les Boïens qui étaient passés d’au–delà du Rhin, dans le pays norique.

                Ce passage montre bien qu’il y a eu, avant l’arrivée de César, un mouvement de populations que j’appellerais « populations militaires » venant de l’Est. S’il y a des populations militaires, et donc dominantes, qui se déplacent, cela signifie qu’il y a aussi des populations dominées qui, elles, restent sur place, subissant tous les aléas que cela suppose. Il faut toutefois noter que cette émigration des Helvètes a échoué, sauf pour les 20 000 Boïens ; ainsi que celle qu’Arioviste a failli réussir, notamment en Séquanie. Ensuite, aucun texte ne mentionne une immigration de cette importance et avant, c’est plutôt la Gaule qui émigrait, en Italie du Nord et jusqu’en Galatie.

                Un autre mouvement d’immigration se devine par le couloir Rhône/Saône, mais on ne peut pas parler de populations, à mon sens, mais plutôt de colons en mal d’aventure qui sont beaucoup plus appelés en renfort par des cité autochtones que s’imposant par le fer.

                Que la Narbonnaise ait connu une colonisation romaine non négligeable, c’est certain mais dire que Lyon a été fondée par les Romains, c’est une grave erreur des archéologues. Plancus n’a fondé qu’une colonie.

                Pour le reste, Burgondes et Francs, qu’on se reporte à mon commentaire précédent. Prétendre que les Burgondes ont peuplé toute la Savoie est une pure escroquerie intellectuelle. C’est en Segobodia que les Eduens les ont installés sur la frontière nord de leur territoire.


              • italiasempre 22 juillet 2009 20:49

                Triste civilisation, en vérité, qui brûla Bourges, la plus belle ville, ou peu s’en faut, de toute la Gaule, et qui massacra ses 40 000 habitants, hommes, femmes et enfants ! (DBG VII, 15 et 28)…


                Quelle déception, mr Mourey !
                Vous qui connaissez si bien le Anciens, comment pouvez-vous écrire celà ? 


                • Emile Mourey Emile Mourey 22 juillet 2009 21:28

                  @ italiasempre

                  Mon passage est en effet fautif car je mets en accusation une civilisation alors que ce massacre a été commis par la soldatesque. Il n’empêche que César n’a pu l’empêcher et que le message civilisateur s’en trouve sérieusement écorné, outre le fait que Rome estimait normal de profiter du butin que les campagnes de ses armées lui apportait. Ceci pour répondre aux spécialistes qui, eux aussi, mettent en avant la civilisation romaine pour aller jusqu’à dire « heureusement, il (Vercingétorix) perdit ». Disons qu’il y a une exagération des deux côtés et qu’après le massacre d’Avaricum, les Gaulois d’Alésia ont préféré leur civilisation à la civilisation romaine.

                  Ensuite, comme on ne peut pas imaginer ce qui n’a pas eu lieu, c’est bien volontiers que je reconnais la grande oeuvre civilisatrice de Rome et le bienfait qu’a apporté aux populations sa pax romana.


                • Duralex Duralex 22 juillet 2009 21:05

                  Rappelons tout de même à ceux qui pensent qu’il existe une France éternelle, remontant à des temps immémoriaux et dont Vercingetorix serait le premier chef, que l’histoire ne s’est pas faite comme ça.

                  Tenez, aujourd’hui, 22 juillet 2009, nous commémorons (ou nous devrions si nous sommes occitans) le 800 ème anniversaire du sac de Béziers qui a eu lieu trés exactement le 22 juillet 1209.

                  20.000 personnes massacrées, une ville pillée puis détruite, par les barbares venus du nord au prétexte que les habitants ne voulaient pas livrer les hérétiques et qu’en outre, 40 ans plus tôt, les bourgeois de la ville avaient assassiné le seigneur local.

                  Etaient-ils français, ou gaulois, les habitants de Béziers qui furent traités de cette façon ?


                  • Bois-Guisbert 22 juillet 2009 23:10

                    Etaient-ils français, ou gaulois, les habitants de Béziers qui furent traités de cette façon ?

                    Fondamentalement, ils étaient au mauvais endroit et au mauvais moment, mais on sait aussi que Dieu a reconnu les siens.

                    Il faut aussi avoir l’honnêteté d’admettre qu’aujourd’hui, massacre ou pas massacre, ils seraient tous morts quand même.


                  • Nobody knows me Nobody knows me 23 juillet 2009 11:55

                    Il faut aussi avoir l’honnêteté d’admettre qu’aujourd’hui, massacre ou pas massacre, ils seraient tous morts quand même.

                    Comme c’est subtilement cynique !!
                    Faîtes-moi penser à la ressortir celle-là lors d’un éventuel génocide prochain.

                    Si mon oncle était une femme, ce serait ma tante...


                  • Emile Mourey Emile Mourey 22 juillet 2009 21:50

                    @ Duralex

                    Votre commentaire est intéressant. Je connais assez bien les textes antiques qui traitent de la Gaule. Le pays occitan en faisait partie au même titre que d’autres cités qui deviendront nos provinces. La carte de Peutinger nous montre que ce pays y avait toute sa place, sa richesse et probablement aussi son folklore.

                    L’événement dont vous parlez pose question, ainsi que d’autres comme celui de la guerre de Vendée. Mais ça, c’est de l’histoire de France.


                    • Duralex Duralex 22 juillet 2009 23:43

                      L’actuel Languedoc c’était la Narbonnaise pour les Romains me semble-t-il. Il faisait partie de ce qu’ils nommaient la Gaule.

                      Et il fait bien partie de la République aujourd’hui et depuis des centaines d’années, depuis l’époque de la croisade des Albigeois en fait.

                      Mais la question était : faisait-il partie de la France en 1209 quand les Biterrois furent massacrés comme de vulgaires mahométans ?

                      Tout ceci pour dire que l’histoire n’est pas linéaire et que c’est une vue de l’esprit que d’assimiler la Gaule de Vercingetorix à la France d’aujourd’hui comme si elle l’avait contenue en germe.

                      Pour en rester au seul Languedoc, que serait-il advenu si le Comte de Toulouse et le Roi d’Aragon avaient gagné la bataille de Muret ?


                    • Bois-Guisbert 23 juillet 2009 00:29

                      Tout ceci pour dire que l’histoire n’est pas linéaire et que c’est une vue de l’esprit que d’assimiler la Gaule de Vercingetorix à la France d’aujourd’hui comme si elle l’avait contenue en germe.

                      La France de Vercingétorix est le creuset initial autour duquel se sont agglomérés d’autres peuples, d’autres territoires au fil du temps, dont la parenté culturelle, psychologique et mentale était évidente.

                      La preuve tient à ceci qu’ils se sont, par la suite, fondus dans le même moule, à la différence, par exemple, de ce qu’on observe en Andalousie où, après sept siècles de cohabitation, les Espagnols se distinguent toujours des Arabes, et les Arabes se dinstinguent toujours des Juifs.


                    • Emile Mourey Emile Mourey 23 juillet 2009 03:46

                      @ Duralex

                      Vous dites : Tout ceci pour dire que l’histoire n’est pas linéaire et que c’est une vue de l’esprit que d’assimiler la Gaule de Vercingetorix à la France d’aujourd’hui comme si elle l’avait contenue en germe.

                      Je suis tout à fait de l’avis de Boisguibert et je trouve très triste que l’occupation romaine vous ai fait oublier vos racines gauloises. Regardez la Gaule toute proche que les Romains ont réduite à l’état de province. Ils lui ont imposé d’autres lois, d’autres institutions et ils l’ont enfoncée dans une servitude dont on ne verra jamais la fin (discours de l’Arverne Critognatos à Alésia). En fait, vous êtes peut-être une des régions de la Gaule qui a conservé le plus longtemps ses coutumes et sa liberté de pensée « gauloises » jusqu’au sac de Béziers par les Francs.


                    • Duralex Duralex 23 juillet 2009 22:32

                      Je me suis mal fait comprendre.

                      Je ne méconnais pas la présence des gaulois sur le territoire de l’actuelle République à l’époque de Jules César, ce que vous appelez nos « racines » gauloises, ni l’influence que ces Gaulois peuvent encore avoir sur nos moeurs

                      Je ne critique pas votre article d’autant que mon ignorance en ce domaine ne me le permettrait pas.

                      En revanche je conteste l’idée, exprimée dans le chapeau, selon laquelle : « la France existait déjà sous César et elle s’appelait la Gaule ».

                      La France d’aujourd’hui doit bien bien plus aux quelques familles de mercenaires Francs qu’à tout ces Gaulois. Sans eux elle n’existerait tout simplement pas, tout comme elle n’existerait pas sans ces Romains qui nous ont quand même donné notre langue, qu’elle soit d’oc ou d’oil.

                      Quant à la croisade des Albigeois elle est exemplaire. Quasiment la moitié de la France est devenue française contre sa volonté.


                    • Emile Mourey Emile Mourey 24 juillet 2009 10:46

                      @ Duralex

                      Tout dépend, en fait, du sens qu’on donne aux mots.

                      D’après wikipedia : Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d’étendue restreinte (de l’ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus souvent sous forme de comté ou d’évêché, le pagus subsiste au Moyen Âge[

                      Le sens le plus courant est aujourd’hui celui d’État ou État souverain. Toutefois, pays est moins précis et plus neutre qu’État et permet de désigner des espaces géographiques au statut très divers.


                    • loulou 22 juillet 2009 22:53

                      A nho.Oui les celtes se sont imposés par une technologie superieure et sans doute par la force a des populations indigène infiniment moins nombreuses que le peuplement actuel du pays.Ensuite il y a eu les grandes invasion germaniques.Au pire en tout deux a trois cent milles hommes. Après hormis les guerres quasiment plus rien, jusqu’au demarrage de l’industrialisation vers 1840.Allemands, belges, Italiens,Espagnole,Armeniens,Portuguais en fonction des visisitudes historiques et economiques.Viens en même temps et maintenant le tiers monde, surtout l’Afrique.Ds gens d’une culture differente et souvent retardataire.Ils viennent pacifiquement(Si on peut dire)et en très grand nombre.On essaye par tout les moyens de nous dire que c’est merveilleux et que ça a toujours été le cas.C’est faux dans les deux affirmations.nous vivons dans un pays moderne et démocratique, mais on ne nous demande pas notre avis.Voilà le problême


                      • franck2009 23 juillet 2009 00:31

                        Arminius le germain a stoppé l’empire romain.

                        Vercingétorix comme Arminius fût officier romain.

                        *


                        • Emile Mourey Emile Mourey 23 juillet 2009 03:31

                          @ franck2009

                          Arminius le Germain, oui
                          Vercingétorix, officier romain : non ! M. Christian Goudineau le prétend mais c’est faux. Si cela avait été, César, qui est toujours très précis sur les détails, l’aurait dit. Quand, dans la scène de la reddition, César reproche à Vercingétorix d’avoir trahi « l’amicitia »selon Dion Cassius, il est absurde d’imaginer une amitié personnelle. C’est l’expression classique pour désigner la rupture d’une alliance entre peuples. N’oublions pas que les Arvernes avaient été vaincus en 121 av.J.C. par les Romains d’où un traité, évidemment favorable aux vainqueurs.


                        • Homme Champignon 23 juillet 2009 11:34

                          La troisième république « laïque » à lontemps oposé les instituteurs enseignant « nos ancêtres les gaulois » et les ecclésiastiques « La France catholique a été créee par Clovis ». C’etait dans le but de passer d’un sentiment collectif religieux a un sentiment patriote (au sens de 1789 où le danger venait certes de l’étranger mais sous la forme des monarchies coalisées).
                          Comme d’habitude la droite Française reprends les idées de la gauche après les avoir combattu 50-100 ans.
                          Maintenant l’extrême droite utilise « nos ancêtres les gaulois » afin de stigmatiser les nouveaux arrivants fuyant la misère.
                          Peut être que l’absence d’idées nouvelles de notre gauche actuelle évitera que la droite s’en empare pour les pervertis et faire des horreurs en leur nom !


                          • Emile Mourey Emile Mourey 23 juillet 2009 11:55

                            @ Homme Champignon

                            Je suis bien conscient que l’Histoire, c’est la politique d’hier. Mais la question de savoir comment le personnage de Vercingétorix a été récupéré par les uns ou par les autres pour justifier tel choix ou tel choix politique ne m’intéresse absolument pas, ni les livres à succès ou sans succès, la plupart nuls, qui ont été écrits sur le chef arverne. Vercingétorix mérite mieux que ces vaines polémiques.


                          • armand armand 23 juillet 2009 12:27

                            De toute façon, tout passéisme est lui aussi une futurition, comme l’écrit Jankélévitch dans l’« Irréversible et la nostalgie ».


                          • armand armand 23 juillet 2009 12:25

                            Intéressante cette manie de certains qui consiste à opposer l’une des composantes historiques de la France à l’autre. Il faudrait donc être ’pour’ les Gaulois contre les Romains. C’est d’ailleurs un des péchés mignons des celtomanes, tendance Markale, qui considère que tout ce qui vient depuis, Romains, Francs, Normands, sont d’affreux impérialistes. Ou quand Armand Hoog, par exemple, compare l’« universalisme romain » au Troisième Reich.
                            Les Britanniques sont moins sectaires - on aime autant ls Celtes que les Romains que les Romano-Bretons, que les Saxons, que les Normands. Certes, il y a cent ans, quand les Allemands encensaient Siegfried et l’Aryen Blond, et se disaient Niebelungentreue (oubliant au passage que ces Niebelungen ont passé leur temps à se trahir les uns les autres) et que la France n’avaient d’yeux que pour ses ’Ancêtres les gaulois’, les Anglais prenaient volontiers parti pour le Saxon ’underdog’ contre Guillaume le Conquérant. Et au XXe siècle, Arthur en est venu a sumboliser la résistance de l’île contre tous les envahisseurs. A la différence des Français, en revanche, pas de complexes pour vanter l’Empire romain et son oeuvre civilisatrice.
                            Même les USA s’y sont mis : les Sudistes se voyaient en descendants desCeltes fougueux et considéraient les Nordistes comme des Saxons lourdauds.

                            Mais l’essentiel, de nos jours, n’est-ce pas de faire en sorte que ces grands événements qui ont créé la France soient encore enseignés. Peu importe qu’on ait donné à Vercingetorix les traits de Napoléon III, qu’on ait imaginé que les aristocrates étaient des Francs et le peuple des Gaulois. Que l’on mette en cause systématiquement les mythes fondateurs des peuples (oubliant au passage que l’homme en a besoin). La culture mémorielle et identitaire est à l’heure actuelle en danger de mort. Tout au plus reconnaissons que la culture de masse populaire, par le biais de la Fantasy (Tolkien) les jeux de rôles, certains films, assure une certaine transmission.


                            • Emile Mourey Emile Mourey 23 juillet 2009 12:42

                              @ Armand

                              Bien d’accord


                            • ZEN ZEN 24 juillet 2009 19:11

                              @ Armand
                              « Que l’on mette en cause systématiquement les mythes fondateurs des peuples (oubliant au passage que l’homme en a besoin) »..
                              Je perçoit l’allusion...
                              Les mythes sont là pour le meilleur et pour le pire, disait Valéry
                              Qu’on songe à Michelet et à son histoire héroïsée, à Lavisse, recommandant aux instits dans une circulaire d’enseigner l’histoire « même enrobée de légende »...préparant ainsi les vaillants petits soldats de 14, prêts à la revanche
                              ..à une certaine mythologie sioniste exploitée par des rabbins conditionnant les esprits à l’expansion sans pitié pour un peuple sans terre...


                            • ASINUS 23 juillet 2009 22:05

                              bonsoir
                              bien sur que cela fait partie du socle fondateur de notre nation, bien sur que la gaule et les gaulois préexistaient et que nous en descendons, et puis a Alesia comme dans une de nos spécificités « les guerres civiles » des gaulois tombent dans les deux camps
                              la v aulade et la iv ferratta sont gauloises non ? les legionnaires de la v sont meme surement les premiers galloromains « citoyenneté vers 55 » bon apres pour avoir la paix
                              les empereurs romains enverront les différentes gallica sur les limes syriens et autres,
                              déja l asie et l afrique
                              sinon que dire, comme toujours vos articles qui melent si fortement
                               si justement si contradictoirement
                              de manieres si instructives le passé et le présent, ne sont pas à leur juste place mr Mourey ,lors meme que brillent de 200 reponses des articles relevants « du sexe des anges » .

                              asinus :ne varietur





                              • Emile Mourey Emile Mourey 24 juillet 2009 10:49

                                @ Asinus

                                Merci. C’est sûr que je ne crois pas au sexe des anges ni aux anges.


                              • ASINUS 23 juillet 2009 22:06

                                erreur la VI pas la IV

                                hi han

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