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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Qu’est-ce qu’un personnage de roman ?

Qu’est-ce qu’un personnage de roman ?

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C'est en général un être de fiction... il peut être plus rarement une personne ayant réellement existé : c'est le cas pour un personnage historique dans certains romans historiques.

 

I Le personnage de roman est présenté souvent comme un véritable individu : l'auteur veut produire un effet de réel.

 

1) Comme une personne réelle, un personnage de roman ressent des émotions, éprouve des sentiments, a des idées. Par exemple, Mouret dans Au bonheur des Dames éprouve des sentiments de fierté, a envie de dominer "son peuple de femmes", Des Grieux est passionnément amoureux de Manon Lescaut.

 

2) C'est aussi un être social : le personnage s'inscrit dans une époque, il fait partie d'une communauté dont il partage les valeurs morales, religieuses. Ainsi, l'abbé Prévost fait référence aux valeurs morales de son époque, notamment les valeurs religieuses. La passion amoureuse semble par certains aspects condamnable : elle conduit au mal, aux vices... Des Grieux vole, triche, tue même pour l'amour de Manon.

 

3) Le personnage de roman a un état civil : un nom, un prénom, un âge, une nationalité, il vit dans une société précise, appartient à une famille. Des Grieux est un noble, Manon Lescaut une fille du peuple : les noms des personnages sont révélateurs.

 

4) Le personnage existe physiquement et psychologiquement : les descriptions sont plus ou moins détaillées. On les entend parler... Les discours directs ou indirects révèlent leurs origines, leur personnalité.

Le personnage peut avoir un passé, un avenir.

 

5) Il existe des personnages-types : il arrive qu'un personnage incarne, symbolise ( parfois jusqu'à la caricature ) un défaut ou une qualité. Ainsi le père Grandet, dans le roman de Balzac, est le type de l'avare.

Manon Lescaut représente la femme fatale, Des Grieux l'homme passionné, Georges Du Roy l'ambitieux.

 

6) L'évolution d'un personnage : un personnage est souvent pris dans un processus de transformation, il construit son destin à travers des expériences.

Des Grieux, après avoir rencontré Manon, se transforme radicalement.

 

II Le statut narratif du personnage

 

1° On distingue les héros et les personnages secondaires.

Le héros est le personnage principal, il porte l'action du début à la fin du roman.

Les personnages secondaires participent peu ou moins à l'action mais peuvent intervenir dans le destin des héros.

 

2) Les fonctions des personnages

Ils peuvent être moteurs de l'action, ou faire-valoir (Tiberge, l'ami de Des Grieux reste un personnage un peu terne.)

Ils peuvent représenter une profession : mineur (Lantier dans Germinal), une classe sociale : la bourgeoisie (Madame Bovary), une valeur : l'honnêteté (Eugénie Grandet).

Ils peuvent représenter une époque : Manon Lescaut symbolise bien la société frivole de la Régence.

René de François-René de Chateaubriand représente bien le héros romantique tourmenté en proie à des doutes, au Mal du siècle.

 

3) Le personnage peut susciter l'admiration, la sympathie ou l'antipathie. L'auteur choisit de le présenter à son gré.

Georges Du Roy est un arriviste, un ambitieux qui réussit grâce aux femmes : il est antipathique.

Des Grieux suscite la sympathie, malgré la déchéance qu'il connaît, Manon Lescaut également, malgré ses défauts.

Il faut donc penser à observer les caractérisations des personnages : vocabulaire élogieux ? péjoratif ?

Noms des personnages ? ou absence de noms donc absence d'identité.

Portrait moral ? Portrait physique ? Portrait en action ?

Discours ou absence de discours quand le personnage n'a pas droit à la parole.

 

Conclusion :

Le personnage est essentiel dans le roman traditionnel. Il représente souvent les valeurs d'une époque, une vision du monde.

Il est souvent proche d'un individu réel : l'auteur nous donne une impression de réalité, d'authenticité.

Mais, dans le Nouveau roman, au vingtième siècle, on rejette le réalisme du 19ème siècle : les personnages perdent de leur consistance, ils sont parfois désignés par de simples initiales. Les objets deviennent plus importants que les personnages. Les objets de consommation courante sont, plus que les protagonistes, les véritables héros du roman...

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Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2020/07/qu-est-ce-qu-un-personnage-de-roman.html

 


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37 réactions à cet article    


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 22 juillet 14:54

    Bon, manque Rastignac ...la pute qui monte à Paris...toujours d’actualité.


    • Giordano Bruno 22 juillet 15:03

      Le narrateur de « Le rouge et le noir » est-il un personnage de ce roman ?


      • rosemar rosemar 22 juillet 17:10

        @Giordano Bruno

        Ce n’est pas un roman à la première personne : non, le narrateur n’est pas un personnage....


      • Giordano Bruno 23 juillet 10:05

        @rosemar
        Pourtant le narrateur s’implique à quelques rares reprises dans le récit, toujours de façon inattendue, gratuite et spectaculaire. Ce procédé m’a beaucoup marqué. J’ai peiné à comprendre les raisons de ce choix par Beyle. Je l’ai finalement perçu comme l’impureté qui donne une couleur à un diamant.


      • rosemar rosemar 23 juillet 11:25

        @Giordano Bruno

        Le narrateur a alors ce que l’on appelle « un regard distancié » : il juge les personnages, se moque d’eux, parfois...
        Mais, il n’entre pas dans l’intrigue, dans l’action...


      • Emin Bernar Emin Bernar 22 juillet 15:11

        il n’y a pas que balzac, zola... pas que le roman réaliste !

        il y a aussi proust, pierre loti !


        • rosemar rosemar 22 juillet 17:13

          @Emin Bernar

          Proust et Loti utilisent aussi un certain réalisme... Le réalisme est, certes, un mouvement littéraire du 19ème siècle, mais on trouve aussi du réalisme dans les romans du 16ème, du 17ème, du 18ème siècles...


        • Laconique Laconique 22 juillet 15:52

          Manon Lescaut ? I read it during my studies. Very dark novel about female nature. Road to perdition ! « The mouth of strange women is a deep pit : He that is abhorred of Jehovah shall fall therein » (Proverbs 23, 28).


          Ivan Karamazov : most fascinating character according to me.


          • rosemar rosemar 22 juillet 17:17

            @Laconique

            Le message est plus ambigu :

            « Ce roman nous décrit une passion exclusive, un amour sans bornes, un amour qui conduit au pire… mais un amour qui transcende aussi les êtres, qui les rend attirants, sympathiques malgré leurs défauts. »

            http://rosemar.over-blog.com/article-manon-lescaut-roman-d-amour-histoire-d-argent-110711199.html


          • rosemar rosemar 22 juillet 17:18

            @Laconique

            Dites-le en français !



          • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 22 juillet 16:38

            Les anglophones disent « character », un terme assez proche des « portraits » croqués par La Bruyère, qui a le mérite de mettre en garde sur le fait qu’il ne s’agit pas de personnes, mais de simplifications quasi caricaturales, symboliques, des archétypes au trait forcé, qui permettent au lecteur de se projeter dans un monde jonché de repères posés par l’auteur, plus facile à comprendre que la société complexe dans laquelle on vit, entourés de personnes parfois incohérentes, contradictoires, mais jamis réductibles à ce qu’est un personnage.

            Le nouveau roman n’a été qu’une mode passagère qui traduisait l’angoisse d’une société déboussolée par la grande boucherie de 14/18. Même si l’écriture a évolué, le personnage a non seulement retrouvé sa place dans le roman, mais aussi dans la BD et dans les films.


            • rosemar rosemar 22 juillet 17:46

              @Séraphin Lampion

              Mais tous les personnages ne sont pas des caricatures... ils sont souvent à l’image de la complexité du réel...


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 22 juillet 20:30

              @rosemar

              Peter Falk avait un peu plus de consistance, d’épaisseur et d’humanité que Colombo... heureusement
              et Jean-Pierre Marielle ne détroussait pas les bretonnes de Pont-Aven en criant : « nom de dieu de putain de merde ».


            • JC_Lavau JC_Lavau 22 juillet 20:42

              @Séraphin Lampion. Ne troussait pas.


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 22 juillet 22:06

              @JC_Lavau

              oups !


            • Fergus Fergus 22 juillet 19:48

              Bonjour, rosemar

              Sans vouloir être désagréable, cet article enfonce des portes ouvertes.

              Mais peut-être est-il destiné à des gamins de premier cycle, auquel cas, sa publication est justifiée, mais pas sur ce site fréquenté par des adultes actifs et des retraités.

              En l’occurrence des lecteurs qui ont lu des dizaines  voire des centaines  de romans, et n’ont par conséquent pas grand chose à apprendre sur leur construction et sur leurs personnages !!! 


              • rosemar rosemar 22 juillet 19:50

                @Fergus

                Ben voyons ! Vous êtes aussi spécialiste en romans ! En fait, vous êtes spécialiste en TOUT !!


              • rosemar rosemar 22 juillet 19:52

                @Fergus

                mais, tout de même, pas spécialiste en phonétique...


              • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 22 juillet 20:26

                @Fergus

                ça doit être marrant quand vous êtes désagréable volontairement.
                vous pourriez donner un petit exemple ?


              • Abou Antoun Abou Antoun 22 juillet 22:02

                @Fergus
                Bonsoir Fergus,
                Je travaille sur un roman qui se passe au potager et dont le héros est une laitue.
                L’intrigue est passionnante. Le rôle du méchant est tenu par un poireau. Les coccinelles sont mises à contribution.


              • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 22 juillet 22:09

                @Abou Antoun

                les aventures potagères du Concombre masqué et son ami Chourave ne manquent pas de sel, vous savez.


              • Cyrus Parpaillot 23 juillet 00:21

                @rosemar

                @Fergus

                mais, tout de même, pas spécialiste en phonétique...

                >dit par quelqu’un qui est incapable d’ écrire ou d’ apprendre la phonétique c’ est très savoureux . Merci de ce fou rire .


              • rosemar rosemar 23 juillet 08:27

                @Parpaillot

                Mais je connais l’alphabet phonétique international... je l’ai même pratiqué au cours de mes études...


              • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 23 juillet 12:32

                @rosemar

                ah la vache !
                ça, ça arrache !


              •  @Fergy

                Rosemar fréquentée par des adultes actifs à la retraite... smiley

                Les hommes ou femmes littérateurs , faut toujours qu’ils construisent un personnage de roman avec leur propre existence .

                Mais souvent ils ne comprennent pas qu’ils font tartir beaucoup de monde et que ceux qui les lisent aimeraient tout simplement raconter la leur . smiley


                • ETTORE ETTORE 22 juillet 21:47

                  Qu’est donc un personnage de roman ?

                  C’est un personnage qui sort du roman et qui vous tient compagnie toute la nuit en vous permettant d’interagir avec lui, à travers les voiles des rêves.

                  Un beau roman d’amour..... Rosemar, et le matin vous paraîtra d’une luminosité magique.


                  • rosemar rosemar 23 juillet 08:37

                    @ETTORE

                    Un beau roman d’amour, oui, mais pas un roman à l’eau de rose...


                  • Cyrus Parpaillot 23 juillet 00:25

                    Au fait le roman est t’ il romanesque , romantique ou simplement romancé ?

                    trinitaire peut être smiley

                    Allez pour vous changer de yeats keats , milton et byron c’ est afreux anglophone .

                    voici de quoi vous divertir , https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Roman_de_Renart/Texte_entier


                    • rosemar rosemar 23 juillet 08:32

                      @Parpaillot

                      Les origines du roman : savez-vous que le roman était écrit en vers, en octosyllabes ?


                    • rosemar rosemar 23 juillet 08:34

                      @Parpaillot

                      Mais « le Roman de Renart n’est en vérité pas vraiment un roman au sens moderne du terme. Il s’agit plutôt d’un recueil de textes écrits en langue romane aux XIIe et XIIIe siècles, par des auteurs presque tous anonymes. Ce long texte se compose de récits disparates, appelés « branches », issus d’une longue tradition de récits animaliers en latin qui remonte, entres autres influences, à Ésope et ses fables. »



                    • rosemar rosemar 23 juillet 08:40

                      @Parpaillot

                      Le premier romancier de la littérature française : Chrétien de Troyes... à lire : Yvain ou le chevalier au lion...




                    • Cyrus Parpaillot 23 juillet 18:52

                      @rosemar

                      Les origines du roman : savez-vous que le roman était écrit en vers, en octosyllabes ?

                      >oui j’ ecoutait un peut en court de francais , la metrique en 8 , associé a des quatrain ou des tercet est pet etre la plus facile a reusire pour un cancre comme moi , elle coule de source . L’ alexandrin est ien plus compliqué a « optimisé » 

                      d’un recueil de textes écrits en langue romane aux XIIe et XIIIe siècles, par des auteurs presque tous anonymes .

                      >voila la c’ est la rosemar que j’ apprecie , c’ est ce genre de chose qu’ il faudrait metre dans vos texte , ainsi qu’ un peut de phonetque puisque vous l’ avez appris tout comme moi .

                      pour finir en musique 


                    • Cyrus Parpaillot 23 juillet 18:54

                      @Parpaillot

                      La complainte des Templiers
                      C’était au mois de mai que je fus adoubé
                      En la commanderie de Montigny l’Allier
                      En ce clair jour ma joie ne se put comparer
                      Qu’à celle des amants qui ont le cœur comblé

                      Quand je reçus de l’ordre la cape immaculée
                      Marquée de la croix rouge, à l’épaule brodée
                      Le grand maître, céans, a daigné me parler
                      « Sois fidèle et ardent car tu es Templier ! »

                      Depuis sur terre et mer nous avons guerroyé
                      Partout dans le désert sous le ciel mordoré
                      Des sarrasins maudits je me suis fait connaître
                      Comme un vrai chevalier seul mérite de l’être

                      Combien de missions menées jusqu’à leur terme
                      Combien d’engagements qui l’ennemi consternent
                      Par le fer de la lance au baucéant sacré,
                      De Syrie en Provence, j’ai servi Chrétienté !

                      Or aujourd’hui enfin me voici allongé
                      Dans de la paille fraîche où j’entends psalmodier
                      Là-haut, dans la chapelle, c’est l’office des morts
                      Courage, Dieu t’appelle, tu arrives au port.

                      Ô lointaine Champagne pays de mes aïeux
                      Ton ciel ennuagé m’a bien manqué un peu
                      Sous le firmament bleu et le ciel étoilé
                      Qu’on voit toute l’année au Crack des chevaliers

                      Sur mon honneur, Seigneur, j’ai Votre foi jurée,
                      Je Vous rends mon cœur pur et mon épée sans tâche
                      J’ai combattu pour Vous sans repos ni relâche,
                      Je Vous rends mon épée avec son baudrier

                      Sire Dieu protégez ce pays qui est Vôtre
                      Vous y marchiez jadis suivi de Vos apôtres
                      J’ai parcouru ses routes et suivi ses sentiers
                      J’ai chevauché sans doute où Vous posiez le pied.

                      La route qui s’achève mène au paradis
                      Saints et Saintes de Dieu, aidez-moi en ce jour
                      St Georges et St Maurice qu’il ne soit jamais dit
                      Que vous m’avez laissé privé du Dieu d’amour

                      Sire Dieu de Merci, Sire Dieu de bonté
                      Dans mon cœur pour un autre il n’y eut jamais place
                      Grâce ô agneau de Dieu qui toute faute efface
                      Grâce Dame Marie à qui l’Ordre est voué

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