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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Quand la Vendée était protestante

Quand la Vendée était protestante

Entre la Bretagne et la Charente se dresse le département de la Vendée : une terre de confins où le bocage se fond dans l'océan en d'innombrables marais. Dans l'imaginaire collectif, elle renvoie l'image d'une terre catholique et pétrie de traditions, peuplée de paysans qui prirent les armes contre la République naissante et livrèrent une résistance aussi vaine qu'acharnée aux armées révolutionnaires. C'est oublier que la Vendée fut aussi la terre de l'anticlérical Clémenceau, l'artisan de la victoire de 1918 et pilier de l'idéal républicain. Mais l'esprit rebelle des Vendéens est bien antérieur à Clémenceau et aux guerres révolutionnaires.

Peu de personnes savent par exemple que la Vendée fut à une époque une terre majoritairement huguenote, à tel point qu'une république protestante faillit s'y établir durant la Renaissance – et que les autorités durent y envoyer des missionnaires catholiques pour "réévangéliser" la région.

Ce que nous appelons aujourd'hui la Vendée faisait alors partie du comté du Poitou, comprenant également les Deux-Sèvres, la Vienne, le nord de la Charente et l'ouest de la Haute-Vienne. La partie vendéenne du comté poitevin se divise alors en trois aires géographiques : les zones de marais du nord-ouest et du sud pauvres et peu peuplées, ces territoires sont consacrées à l'élevage équin et aux cultures céréalières – tandis que la frange côtière est évidemment tournée vers la pêche et le commerce maritime ; au nord-est s'étend une grande plaine fertile dédiée à la monoculture et au métayage (les terres sont en majorités possédées par la noblesse et le clergé) ; enfin, le centre et l'est de la Vendée sont occupés par un paysage de bocage vallonné où l'on pratique surtout l'élevage et la culture de céréales pauvres comme le seigle. Les villes telles que Luçon et Pouzauges sont, quant à elles, tournées vers l'activité textile. A cette décomposition sociologique (ville-campagne) et géographique (marais-plaine-bocage), il faut superposer une division administrative : au XVIème siècle, pas moins d'une cinquantaine de seigneurs, de hobereaux et de châtelains se partagent le territoire de la Vendée. Cette description géographique et sociologique de la Vendée des XVI-XVIIIème siècles s'avère nécessaire pour appréhender le développement et le déclin de la foi protestante dans la région.

C'est dans le bocage de l'est que naquit le premier foyer huguenot. Décor vallonné, ruelles fleuries, le village de Mouchamps possède un château seigneurial dans les murs duquel se développa la foi réformée qui allait se répandre dans toute la Vendée.

Tout commence au début du XVIème siècle : Michèle de Saubonne est une jeune aristocrate poitevine ayant une proche parenté avec les seigneurs du Poitou et la famille ducale de Bretagne. Elle entretient des relations particulièrement amicales avec la duchesse Anne, alors reine de France, qui la convie à la cour du roi Louis XII où elle devient sa dame de compagnie. En 1507, elle se marie avec Jean IV de Parthenay, seigneur de Soubise : un noble vendéen qui possède un confortable château dans l'actuel village de Mouchamps. Jean meurt en 1512 ; trois ans plus tard, Michèle est éloignée de Paris par le roi François Ier et doit donc gagner le château de son mari où elle élève ses quatre enfants. Humaniste et cultivée, Michèle entend parler de la nouvelle foi qui voit le jour outre-Rhin, prêchée par un moine allemand qui prône le retour aux sources du christianisme. Rapport direct et intime avec Dieu, célébrations en langue vernaculaire, éloge de la foi et de la vie apostolique, autant de points qui plaisent à la châtelaine.

En 1528, Renée de France, son ancienne pupille, l'invite à la cour de Ferrare dont elle est devenue reine. Michèle de Saubonne y restera pendant huit ans, durant lesquels elle se familiarisera davantage avec l'humanisme et la foi protestante alors en vogue. C'est finalement une rencontre avec Jean Calvin qui l'aurait persuadé d'embrasser définitivement le protestantisme. Revenue dans son domaine vendéen en 1536, la désormais âgée Michèle de Saubonne ne cesse d'y promouvoir avec succès sa nouvelle foi, tant auprès de sa famille que de ses paysans et même de certains membres du clergé. Michèle meurt en 1549, mais ses descendants continuent sa politique : en 1580, l'église catholique de Mouchamps doit fermer ses portes, faute de fidèles – la totalité de la paroisse ayant embrassé le protestantisme.

Catherine de Parthenay (1554-1631), petite-fille de Michèle de Saubonne, est une humaniste et protestante convaincue, comme sa grand-mère, et elle tient à en être la digne héritière. Elle fait venir de nombreux pasteurs de toute la France et les envoie même auprès d'autres seigneurs vendéens qui se montrent séduits par la nouvelle religion : celle-ci se répand d'autant plus facilement après l'Édit de Nantes de 1598. A noter que malgré les guerres de Religion qui secouaient le royaume de France entre les années 1550 et 1590, il n'y eut aucun conflit notable entre catholiques et protestants dans le domaine de la famille Parthenay, ni ailleurs en Vendée.

Si le protestantisme est importé dans l'est vendéen par les seigneurs de Parthenay, c'est un tout autre chemin qui le popularise dans l'ouest de la région. La frange côtière de la Vendée est alors une contrée extrêmement dynamique et tournée vers le commerce maritime : on y vend et achète aux Anglais, aux Flamands, aux Allemands… Ce dynamisme favorise l'échange des idées et les premiers à embrasser la Réforme sont sans surprise les marins : gens simples séduits par la simplicité du protestantisme. Saint-Gilles, Croix-de-Vie et La Chaume sont à compter parmi les grands foyers protestants de l'ouest vendéen dès 1535.

Dans les années 1540, les marins de Saint-Gilles demandent au seigneur de La Motte Ruffée de leur louer la petite île de Riez, alors inhabitée, pour s'y installer et fonder une communauté réformée d'une centaine de familles. Des maisons et un temple y sont bientôt construits pour le discret groupe de fidèles qui y demeure paisiblement jusqu'au XVIIème siècle. Plus au sud, à la Chaume, le même schéma se répète. Introduite par les marins et commerçants, la foi protestante gagne bientôt la population. Les registres de la ville font état de 1300 protestants sur un total de 2000 habitants.

Au cours de la seconde moitié du XVIème siècle, la foi protestante a essaimé dans la totalité de la Vendée. A tel point qu'en 1600, deux tiers des seigneurs vendéens sont protestants. Nous n'avons malheureusement pas de statistiques précises et exhaustives, de nombreux registres ayant été détruits au cours des sinistres dragonnades (plus que durant la Révolution). Mais il est à noter qu'au cours des XVI-XVIIème siècles, de nombreux cimetières protestants ont vu le jour dans toute la Vendée. Les registres paroissiaux qui subsistent témoignent d'un usage croissant de prénoms issus de l'Ancien Testament – preuve que la foi réformée avait gagné le cœur de la population.

La situation se gâte dès la mort d'Henri IV. Le nouveau pouvoir est désireux de reprendre en main le contrôle du royaume et d'étouffer un mouvement considéré comme menaçant l'unité spirituelle de la France. L'attitude de certains protestants radicaux n'arrange en rien les choses : avec le vent de liberté qui souffle sur la Vendée, des pamphlets antimonarchistes commencent à circuler et d'aucuns vont jusqu'à réclamer l'établissement d'une république sur le modèle des Provinces-Unies. Benjamin de Rohan (1583-1642) est le fils de Catherine de Parthenay et le nouveau seigneur de Soubise ; par son père, il est issu de la famille de Rohan, ce qui fait de lui le seigneur le plus puissant de Vendée et l'un des plus influents de France. Il est, en outre, un général hors-pair et un protestant convaincu pétri d'idées nouvelles qui a notamment servi plusieurs années comme diplomate auprès des Provinces-Unies. Partisan d'une monarchie éclairée et abhorrant l'absolutisme français, il n'hésite pas à rallier en 1615 la révolte menée par Henri de Bourbon contre le jeune roi Louis XIII.

S'ensuivent plusieurs années d'escarmouches, de traités de paix, de reprises de guerre. Finalement, en 1622, Benjamin de Rohan lance une offensive audacieuse avec une armée de 7000 homes. Il s'empare d'Olonne, d'Oléron, et fait main basse sur l'île de Ré, menaçant Nantes et La Rochelle. Le roi n'a d'autre choix que de marcher en personne contre lui, fort d'une armée de 8 000 soldats. Rohan est un général audacieux mais ne peut rien face aux troupes royales qui l'encerclent en avril sur l'île de Riez. Cette bataille oubliée est en fait un véritable massacre durant lequel plus de 2500 soldats protestants sont passés par les armes. A cela, il faut ajouter au moins 4000 victimes civiles. Le général de Rohan n'a d'autre choix que de se rendre : il mourra en exil à Londres. C'en est fini de la domination protestante sur la Vendée.

La répression s'abat dès lors sur les huguenots de la région : à Fontenay-le-Comte, subsistent les maisons d'époque, témoignant de la quasi-clandestinité dans laquelle les protestants exerçaient désormais leur culte. On peut citer ainsi la "maison Billaud", joyau de l'architecture du XVIIème siècle : truffée de passages secrets et de défenses, preuve que malgré l'Édit de Nantes encore en vigueur, la répression était présente. Ainsi, outrepassant l'édit de tolérance en vigueur, le seigneur de la Baugisière interdit tout culte protestant dans son domaine en 1655, avec la complicité tacite du pouvoir royal. La politique d'étouffement du protestantisme est menée en interne par les seigneurs locaux à coups de règles toujours plus discriminantes. L'Église catholique s'en mêle aussi par l'envoi de missionnaires chargés de réévangéliser le pays.

Le semblant de tolérance prend fin avec la révocation de l'Édit de Nantes en 1685. Une date qui, pourtant, ne change que peu de choses en Vendée où les terribles dragonnades avaient commencé dès 1681 : envoyés par le roi, des soldatesques avinées vivent sur le pays, parfois chez l'habitant, tuant, violant, pillant et opprimant les protestants pour les forcer à se convertir. Pour certains historiens, ces mesures d'interdiction et de dragonnades prises en Vendée ont servi de test au pouvoir royal qui les a ensuite étendues à l'ensemble de la France.

Bizarrement, les nobles ont été les premiers à abjurer leur foi protestante pour embrasser le catholicisme, tandis que la tâche s'est avérée plus rude chez les paysans : ténacité de gueux ou réel engagement spirituel ? On n'aura sans doute jamais la réponse. Mais il est fort à parier que le protestantisme représentait pour ces paysans le dernier lambeau de leur liberté en ce siècle d'absolutisme, ce qui pourrait expliquer leur obstination à garder leur foi d'origine. Malgré tout, le protestantisme décline durablement au cours des décennies suivantes. Lorsqu'un nouvel édit de tolérance est octroyé aux huguenots de France en 1787, ils ne sont plus que quelques centaines en Vendée. La plupart seront massacrés par les contre-révolutionnaires quelques années plus tard.

Dans la Vendée d'aujourd'hui ne subsistent plus que quelques temples protestants comme à Olonne-sur-Mer ou à La-Roche-sur-Yon, comme autant de vestiges d'une gloire passée, ilots de tolérance dans une contrée devenue majoritairement catholique.


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24 réactions à cet article    


  • Jonas 29 septembre 2018 11:46
    Les catholiques luttaient contre le protestantisme, une hérésie absolument destructrice qui allait mettre à feu et à sang la France et l’Europe pendant des années.
    Même Luther, fondateur de la secte, en était conscient :
    « Il est terrifiant de devoir reconnaître que dans le passé tout était calme et tranquille, que la paix régnait partout, alors qu’aujourd’hui surgissent dans tous les Pays des groupes factieux, c’est une abomination qui fait pitié. Je dois confesser que mes doctrines ont produit de nombreux scandales. Oui, je ne peux le nier : souvent cela m’épouvante, spécialement quand ma conscience me rappelle que j’ai détruit la situation en place de l’Église, si calme et si tranquille sous la papauté ».
    Lettre de Martin Luther à Zwingli

    • Christ Roi Christ Roi 29 septembre 2018 21:58
      "quelques temples protestants comme à Olonne-sur-Mer ou à La-Roche-sur-Yon, comme autant de vestiges d’une gloire passée, ilots de tolérance dans une contrée devenue majoritairement catholique."
      .
      Wouhaou. Le coup de pied de l’ane. L’auteur ne se refait pas. smiley

    • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 1er octobre 2018 12:32
      @Jonas

      Écrire que "le protestantisme est une hérésie absolument destructrice" (SIC) est évidemment une opinion très répandue parmi les catholiques, même de nos jours. Mais ce n’est qu’une opinion et non un fait historique. Votre commentaire témoigne d’une méconnaissance crasse du protestantisme !
      Votre affirmation péremptoire n’est évidemment pas la mienne pour moi qui suis protestant.

      Peut-être devriez-vous étudier l’histoire de l’Europe et ne pas vous limiter à la France, ce qui vous permettrait de mettre à jour votre logiciel en vous affranchissant des dogmes catholiques. Vous sauriez alors que les apports du protestantisme à la culture européenne, à l’humanisme, à la démocratie, et à l’économie sont énormes.
      Il faut déchiffrer le protestantisme sur l’ensemble de l’Europe, en retirant vos lunettes de catholiques français et surtout ne pas le réduire à son impact sur l’histoire de France.
      Le protestantisme est largement méconnu en France, contrairement aux pays germaniques, scandinaves et anglo-saxons, ainsi qu’en Suisse.

    • Arnes Arnes 1er octobre 2018 19:28

      @Jean d’Hôtaux


      Je rajouterais que quand ce criminel de Louis 14 a révoqué l’édit de Nantes, massacrant les pasteurs et condamnant les fidèles aux galères, il provoqua l’émigration de 400000 protestants qui enrichirent par leur labeur, leur science et leur morale tous les pays d’émigration. En particulier l’Angleterre que je connais bien et où le fait d’avoir un ancêtre huguenot est considéré comme un titre de noblesse.

    • Jonas 1er octobre 2018 23:07
      @Jean d’Hôtaux "Il faut déchiffrer le protestantisme sur l’ensemble de l’Europe, en retirant vos lunettes de catholiques français et surtout ne pas le réduire à son impact sur l’histoire de France."

      Vous avez raison.
      Le protestantisme, c’est la doctrine de Luther, la négation du libre-arbitre, l’homme n’est plus responsable de ses actes, il n’a plus à avoir honte de s’enrichir, d’oppresser les faibles, de prendre le pouvoir, et d’exterminer les gens, plus de craintes de Dieu, car tout est déjà prédestiné.
      Le déclin des puissances catholiques (France, Espagne, Italie, Portugal) au profit des puissances protestantes (Angleterre, Pays-Bas, Flandres, États Allemands) au début du XVIIIème siècle coïncide avec la montée en puissance du capitalisme, du monde de la finance, de l’exploitation, de la destruction à grande échelle de la Nature et l’extermination de masse, tous condamnés dans les Évangiles de la Bible.

    • Durand Durand 2 octobre 2018 14:44

      @Jonas


      Merci pour votre commentaire.

      Nous n’avons pas toujours été daccord mais votre commentaire a piqué ma curiosité et je me permet de citer, pour l’occasion, votre commentaire Avox précédant sur un autre article :

      « Le protestantisme, c’est la doctrine de Luther, la négation du libre-arbitre, l’homme n’est plus responsable de ses actes, il n’a plus à avoir honte de s’enrichir, d’oppresser les faibles, de prendre le pouvoir, et d’exterminer les gens, plus de craintes de Dieu, car tout est déjà prédestiné.
      Le déclin des puissances catholiques (France, Espagne, Italie, Portugal) au profit des puissances protestantes (Angleterre, Pays-Bas, Flandres, États Allemands) au début du XVIIIème siècle coïncide avec la montée en puissance du capitalisme, du monde de la finance, de l’exploitation, de la destruction à grande échelle de la Nature et l’extermination de masse, tous condamnés dans les Évangiles de la Bible. »

      Je préciserais que la condition ignoble des autochtones et l’apartheid en Afrique du Sud ont été largement instaurés par les Protestants qui fuyaient la France après la révocation de l’Edit de Nantes... On retrouve toujours parmi les Boers de nombreux patronymes Français...






    • Durand Durand 2 octobre 2018 15:06

      @Jonas


      De toute évidence, je me suis fait des noeuds en consultant votre site Avox... il s’agit bien de votre commentaire précédant,... mais sur cette page... Désolé !


    • Jonas 2 octobre 2018 23:15
      @Durand
      Y a pas de mal ! smiley

    • Jonas 29 septembre 2018 11:52
      "Michèle de Saubonne est une jeune aristocrate poitevine ayant une proche parenté avec les seigneurs du Poitou et la famille ducale de Bretagne....C’est finalement une rencontre avec Jean Calvin qui l’aurait persuadé d’embrasser définitivement le protestantisme.« 

      Les catholiques vendéens ne voulaient pas du régime totalitaire mis en place par Calvin à Genève vers la moitié du XVIème siècle : interdiction de la liberté d’expression, de la poésie, de l’art créatif, des tableaux, de la musique,mise en place d’une police politique, brûlement des hérétiques :
       »Dieu n’a pas besoin de pompes. Plus de ces engourdissements voluptueux de l’âme, plus de musique ni d’orgue pendant le service divin ! Les cloches d’églises elles-mêmes devront dorénavant se taire à Genève : ce n’est pas avec un airain grossier que le vrai croyant doit être appelé à son devoir.« 
      [...]
       »D’un seul trait de plume, Calvin supprime toutes les fêtes du calendrier, Pâques et Noël, que l’on célébrait déjà dans les catacombes romaines, les jours des Saints, les vieilles coutumes traditionnelles. Le Dieu de Calvin ne veut pas être fêté, ce qu’il veut avant tout, c’est être respecté et craint.« 
      [...]
       »Un frisson le saisit chaque fois qu’il contemple ses semblables ; jamais un fondateur de religion n’a rabaissé pareillement la dignité de l’homme, qui n’est à ses yeux, « qu’une bête indomptable et féroce », et pire encore, « une ordure ». N’écrit-il pas textuellement dans son « Institution chrétienne » :
      « Si l’on juge l’homme d’après ses dons naturels, on ne trouve pas en lui, des pieds à la tête, la moindre trace de bonté. Le peu qu’il y a de louable en lui, il le doit à la grâce de Dieu... Toute notre justice est injustice, notre mérite foutaise, notre réputation honte...et les meilleures choses qui proviennent de nous sont contaminées, viciées, corrompues par les impuretés de la chair ».
      Celui qui du point de vue philosophique, considère l’individu comme un produit si détestable et si mal venu de la Création, n’admettra, bien entendu, jamais, en tant que théologien et qu’homme politique, que Dieu lui ait accordé la moindre sorte de liberté ou d’indépendance. Une créature aussi corrompue doit être impitoyablement mise en tutelle, car si « on l’abandonne à elle même, son âme n’est capable que de faire du mal ».
      [...]
      « Pour ce rabaissement draconien de la personnalité, pour ce dépouillement complet de l’individu au profit de la collectivité, Calvin applique une méthode particulière, la fameuse »discipline« . Dès la première heure, cet organisateur génial enferme son »troupeau« , sa »communauté« , dans un réseau serré d’articles et d’interdictions, les fameuses »ordonnances« , et créé en même temps un office spécial pour en surveiller l’exécution, le »Consistoire« , dont la tâche est définie d’une façon extrêmement équivoque : »surveiller la communauté afin que Dieu soit proprement honoré« . »
      [...]
      « Bien entendu, à partir du jour où ce contrôle universel est introduit à Genève, il n’y a plus en fait de vie privée. Conformément à l’opinion de Calvin selon laquelle tout homme est constamment disposé au mal, chacun est considéré d’avance comme suspect de péché et doit par conséquent accepter qu’on le surveille. Toutes les maisons ont soudain leurs portes ouvertes et tous les murs sont en verre. À n’importe quel moment, la nuit comme le jour, le marteau de votre porte peut retentir et un membre de la police ecclésiastique apparaître pour la »visitation« sans que vous puissiez vous y opposer. »
      Stefan Zweig - « Conscience contre violence » p66-69

      • chantecler chantecler 29 septembre 2018 12:11
        La Vendée a longtemps été très catholique .
        Et très ancien régime .
        Antirépublicaine à fond .
        Un peu comme la Prusse .
        Et le reste encore .

        • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 1er octobre 2018 12:34

          @chantecler


          Sauf que la Prusse était et est restée protestante !

        • jesuisdesordonne jesuisdesordonne 29 septembre 2018 12:20
          Les religions cause et/ou carburant des guerres...


          Conflits d’intérêts et massacres des protestants déjà au XVIième dans l’est.

          • B.S.A. 29 septembre 2018 19:41
            Bonjour,

            Vous êtes moins désagréable quant vous faite votre métier que quant vous nous infligez votre avis sur l’actualité. Je soutien ce travail d’une note décente et d’un commentaire pas trop méchant.

            J’aurais bien une petite critique a formuler sur l’absence d’une ligne de méthode (je ne demande pas les 300 sources éparpillé explicitement, juste une ligne sur la récolte de donnée, les auteurs incontournés...)

            Accordéon.

            •  C BARRATIER C BARRATIER 29 septembre 2018 20:01

              L’Histoire ne nous a donc rien appris
              Je garde une admiration sincère pour les Camisards invaincus
              L’intolérance a about apres la Révolution à une vraie guerre civile contre les chouans....
              ça ne finira jamais ? Voir en table aphabétique des news :

              Paradoxes politico religieux

              http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=301

              • baldis30 30 septembre 2018 12:57

                @C BARRATIER
                bonjour,

                « Je garde une admiration sincère pour les Camisards invaincus »’

                 et pour les victimes de la Michelade que faites-vous ?


              • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 1er octobre 2018 12:45

                 @C BARRATIER

                « Je garde une admiration sincère pour les Camisards invaincus.. »
                Exactement ! La « Guerre des Camisards » 1702-1712.
                Les Camisards, conduits par Jean Cavalier, résistèrent aux troupes de Louis XIV avec des moyens dérisoires. Persécutés du simple fait de leur religion, ils étaient envoyés aux galères.
                 Il faut absolument visiter le Musée du Désert à MIallet, proche d’Anduze (Gard) ...

              • baldis30 1er octobre 2018 23:05

                @Jean d’Hôtaux

                 et vous savez ce que fut LA MICHELADE ?

                On crève localement de ce pouvoir larvé qui prend ses ordres à Genève ou à Rome, à Wartburg ou bientôt à Ryad , et cela par des consulats occultes dénommés consistoires ou évêchés ...

                Parlez donc de la MICHELADE et vous comprendrez bien mieux ce qui tue une partie de la France, sinon la France entière


              • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 1er octobre 2018 12:46
                @ L’Auteur :

                Merci pour votre billet !

                • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 2 octobre 2018 02:04

                  @Jean d’Hôtaux

                  Je vous en prie. Merci à vous pour vos commentaires très instructifs.

                  Cordialement

                  Nicolas K.

                • Durand Durand 1er octobre 2018 22:22


                  Si les Juifs avaient voulu détruire le Christianisme et avec lui, la France, ils auraient inventé la Réforme...



                  • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 2 octobre 2018 02:34

                    @Durand

                    Je suis navré mais vous dites des contre-vérités... Les principaux réformateurs étaient Luther et Calvin. Aucun d’entre eux n’était juif. Martin Luther était issu d’une famille modeste de Thuringe (alors dans le Saint-Empire) tandis que Calvin était de Picardie... Bref, aucun rapport entre protestantisme et judaïsme. Et puis, je ne vois pas quel intérêt le judaïsme aurait à « détruire le christianisme », comme vous dites. Le judaïsme n’a aucune prétention impérialiste : c’est une religion nationale qui vise avant tout à fédérer un peuple autour de l’observances des règles d’un Dieu. Le christianisme a tenté de détruire le judaïsme (pogroms, conversions forcées, autodafés) mais l’inverse ne s’est jamais produit. La raison est que contrairement au judaïsme, le catholicisme a une vocation impérialiste et exclusive.

                    Outre le caractère douteux de votre affirmation (qui reprend la vieille théorie du complot juif pour anéantir la Chrétienté) cela ne correspond à aucune réalité. Si vous connaissez au moins un peu les Protestants, vous devez savoir que les vices que vous leur prêtez sont totalement imaginaires. Disons que le protestantisme, c’est comme le catholicisme, l’islam, la gauche, la droite, les écolos, le monde artistique ou le sport : on peut y croiser de sacrés c*ns et des gens adorables. Pour ma part, j’ai grandi dans une famille mi-orthodoxe mi-protestante, je peux donc donner un aperçu fidèle de cette religion que je connais assez bien sans être évidemment un spécialiste. Je peux en tout cas vous garantir qu’ils ne pratiquent pas le satanisme ni le sacrifice de chats noirs. En tant qu’ami inconditionnel des chats, j’aurais évidemment dénoncé de telles pratiques si elles avaient cours smiley J’ajoute juste une chose : je ne suis pas protestant, cet article est simplement historique et factuel, dénué de tout parti pris.

                    Je vous remercie néanmoins d’avoir lu mon article. J’aurais cependant préféré qu’il serve à dissiper la propagande dont vous faites malheureusement l’objet. Si vous avez des questions, je suis disposé à y répondre et à vous aiguiller vers des pistes de lecture susceptibles de vous donner un avis objectif. 

                    Cordialement

                    Nicolas K.

                  • Jonas 2 octobre 2018 08:11
                    @Nicolas Kirkitadze "Bref, aucun rapport entre protestantisme et judaïsme. Et puis, je ne vois pas quel intérêt le judaïsme aurait à « détruire le christianisme », comme vous dites. Le judaïsme n’a aucune prétention impérialiste« 

                    Le judaïsme non, le messianisme juif, oui.
                    Le messianisme juif est un courant politico-religieux visant la destruction de l’Europe chrétienne et des identités nationales avec comme arme l’Islam pour fonder un monde sans frontières de nomades, métissé, gouverné par des élites juives, avec pour capitale mondiale Jérusalem. il explique par exemple qu’il faut  »réduire le caquet au coq gaulois« , »être Juif, c’est être une escorte silencieuse et secrète pour les autres peuples et les autres nations« ,

                    Dans son livre »l’idéologie française« , véritable déclaration de haine contre la France et les Français, BHL s’attaque à l’Europe des nations (sauf Israël, bien sûr) et contre la France :
                     »Tant et tant de textes enfin, d’innombrables articles et discours de Vaillant-Couturier, mais d’autres aussi, j’y reviendrai, retrouvent les accents du chauvinisme le plus éculé, parfois même de la xénophobie la plus ignoble, pour chanter la gloire de Jeanne-la-paysanne, glorifier l’honneur et le parfum de nos terroirs, fustiger l« anti-France » aussi et le cosmopolitisme dissolvant des intellectuels bourgeois. Ce qu’on a oublié autrement dit, c’est que c’est le pays tout entier, de la droite à la gauche, de la gauche à l’extrême-gauche, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, qui, cinq ans avant Pétain, communiait dans le même cri rauque et déjà meurtrier :« La France aux Français ! »
                    BHL - « l’idéologie française » p32
                    Mais bien sûr, pour BHL, on a le droit par contre de crier « Israël aux israéliens ! »

                    BHL :
                    https://www.youtube.com/watch?v=ra7Ybs31zaE
                    http://islametoccident.fr/?p=2438

                    Vous, qui dites que cela ne correspond à aucune réalité, quelques autres messianistes juifs.


                    Jacques Attali, un doctrinaire du messianisme juif :

                  • Durand Durand 2 octobre 2018 14:22

                    @Nicolas Kirkitadze


                     Vous me faites dire tellement de choses que je ne pense pas, que je vais faire court...

                     La construction de la France c’est faite par l’adhésion de nombreux peuples et d’autant de cultures, très différents les uns des autres, autour d’une idée commune qui est la mise en commun des moyens nécessaires à leur sécurité. Par conséquent, que ce soit pour nos rois ou pour nos républiques, le communautarisme est et a toujours été l’ennemi mortel de l’Etat français.
                     Les Juifs et les Protestants se sont donc fait virer de tous temps parce qu’ils représentent une force économique et une force morale qui entrent respectivement en concurrence avec l’Etat et en contradiction avec la morale chrétienne catholique qui sous-tend son édification, exactement comme le faisaient les plus puissants seigneurs féodaux.

                     Si vous ne prenez en compte, ni l’histoire de la construction de la Nation française, ni les différences morales entre le judaïsme et le protestantisme d’une part et le catholicisme d’autre part, vous ne pouvez pas écrire d’article objectif sur cette question.



                  • cevennevive cevennevive 2 octobre 2018 08:01

                    Bonjour à M. Barratier, Jean d’Hôtaux et Nicolas,


                    Merci pour cet article, et pour les commentaires. Mes ancêtres vous remercient également, j’en suis persuadée.

                    Dans ma vieille maison, dans les montagnes alentours, subsistent encore des caches, des grottes, de petites « bibles chignon » (que les huguenotes cachaient dans leurs chignons pour aller au Désert).

                    Et puis, ceux qui le désirent peuvent écouter le bel hymne aux Cévennes et aux Huguenots ; « LA CEVENOLE », que l’on chante sous les châtaigniers lors de l’assemblée du Désert.

                    Je ne suis guère portée sur la religion, mais le protestantisme est et fut un modèle et un art de vivre droit et honnête pour tous ceux qui l’ont embrassé.

                    Bien à vous.

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