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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Que reste-t-il de Guy Debord ?

Que reste-t-il de Guy Debord ?

 Guy Debord (1931-1994), c'était l'aventure d'une pensée radicale... L’aventurier et meneur de « l’insurrection situationniste » se voulait à la fois théoricien et praticien de « la révolution » permanente. Et ce, par la tentation d’une oeuvre s'érigeant en négation même de l’idée d’oeuvre... Pour tenter d’éclairer ce qu’il fut dans son siècle, les éditions de l’échappée publient ses fiches de lecture conservées dans le fonds Guy Debord au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France.

Le 30 novembre 1994, Guy Debord met fin, d’un coup de fusil dans le coeur, à son aventure indécise d’homme libre refusant de se commettre avec la « société du spectacle ». Ainsi s’achevait aussi sa légende personnelle de stratège de l’insurrection permanente, avec ses faits d’armes comme ses défaites et ses fulgurances volontiers rimbaldiennes.

Un fil conducteur se détache pour l’ensemble de son oeuvre, selon ses fiches de lecture réunies par Laurence Le Bras, conservatrice au département des Manuscrits de la BnF. Elles renvoient à « la notion centrale de lutte autour de la possession et de l’usage du temps historique ». Une lutte pour laquelle Debord envisage « toutes les formes de pouvoir constitué et, parallèlement, toutes les formes de projet révolutionnaire dans l’histoire  ».

Ce héraut de la sédition permanente a donné à la notion de « spectacle » sa formulation philosophique et critique proprement « révolutionnaire » annonçant les « événements » insurrectionnels de « Mai-68 ». L’incipit de La Société du spectacle (1967) entre en résonance avec l’ouverture du Capital de Marx : « Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles.  »

Sa notion de spectacle renvoie à la « société spectaculaire », c’est-à-dire à la main mise du « capitalisme » sur la vie : le spectacle aliéne les humains, transforme leur « être » en « avoir » puis dégrade « l’avoir » en « paraître » - il est tout ce n’est pas vécu : «  Dans le spectacle, tout est marchandise et toute vie singulière est niée dès lors que toute manifestation du vivant se voit quantifiée et mesurée ». Spectateurs ingénus, resaisissez-vous...

 

La Fronde ou « le jeu avec le feu »

Celui qui avait rageusement entrenu au plus haut la flamme d’un désir de révolte permanent contre cette « dictature spectaculaire » a longuement analysé la Fronde. Il considérait, dans sa fiche de lecture consacrée au livre de l’historien Karl August Wittfogel (1896-1988), Le Despotisme oriental, que l’âge féodal médiéval était la période « où la société a été plus forte que l’Etat ». En l’occurence, la société féodale contre l’embryon d’Etat monarchique que les rois de France ont graduellement mis en place...

Debord avait analysé dans leur contexte villes-campagnes les soulèvements de la Fronde (1648-1653). Ce mouvement, d’abord parlementaire puis aristocratique, s’opposait au renforcement de l’autorité royale menaçant les privilèges. Ses meneurs avaient déclenché une guerre civile contre Mazarin (1601-1661), pendant la période de régence d’Anne d’Autriche (1601-1666) et de minorité de Louis XIV (1638-1715), alors que le royaume de France était en guerre contre l’Espagne.

Cette montée de l’absolutisme monarchique avait commencé avec Henri IV (1554-1610) et s’était poursuivie sous Richelieu (1585-1642). La mort de ce dernier, suivie de celle de Louis XIII (1601-1643), donne le coup d’envoi des hostilités – et de féroces « mazarinades »...

Guy Debord se base sur les recherches de l’historien soviétique Boris Porchnev (1905-1972) caractérisant la Fronde comme une « révolte bourgeoise manquée, comparable à celle qui se déroulait, en même temps, en Angleterre ». Le stratège estime que « la réalité du pouvoir féodal en France a été brisée par l’Etat monarchique (Louis XI) au Xve siècle  ». Il précise que « la bourgeoisie qui gagnait en pouvoir dans cet Etat, s’en est mieux accommodée, au détriment de son propre Etat, que la noblesse féodale, qui y perdait ». Il voit la bourgeoisie comme « soutien de la monarchie absolue contre la noblesse  ».

En postface, Daniel Vassaux rappelle : « L’Etat absolutiste est déjà un Etat moderne, mais encore inabouti car son développement est gêné par la noblesse. Les féodaux, dont le pouvoir réel est déjà « brisé » au Xve siècle, voient leurs prérogatives, toujours visibles et affirmées en apparence, se dégrader au fur et à mesure de l’absolutisme. Si cet Etat n’est pas encore bourgeois, car seule une révolution bourgeoise accomplie permettrait à la bourgeoisie de s’emparer complètement du pouvoir, il favorise cette classe ascendante qui n’entrave en rien son développement, au contraire, elle l’accompagne.  »

Ainsi, pendant la Fronde, les féodaux ont lutté contre le roi qui allait « monopoliser » non le rôle économique mais la « possession privée de l’histoire ». Debord distingue deux formes de temps, le temps cyclique et le temps irréversible : « Le premier est marqué par le retour périodique du même, il a pour base le cycle naturel agricole et correspond au temps général observé dans la plupart des sociétés anciennes et qu’exprime la pensée mythique. Il n’encourage pas l’action historique dans la mesure où l’homme ne fait que répéter comme un acteur une pièce jouée d’avance qui revient au même point. Le second traduit une conscience déjà historique du changement et de la mort où les événements de la vie ne se répètent pas, ils sont uniques et passagers, ce qui incite l’homme à agir – dès lors qu’il prend conscience que ses actions sont mémorables et participent d’une histoire qui a un sens – et donc à faire l’histoire. Ce temps irréversible et cette conscience historique n’apparaissent que chez les maîtres des sociétés anciennes. Cette appropriation de l’histoire est leur privilège tandis que l’immense majorité de la population (liée à la production agraire) demeure soumise à son temps cyclique et se trouve exclue de l’histoire. »

Ainsi, il n’était pas question, pour un « Etat moderne », de tolérer la moindre « possession particulière ou privée de l’histoire et du temps irréversible ». En l’occurence, celle des féodaux jouissant encore de la « possession et du privilège d’assumer une vie historique propre et, partant, de faire l’histoire  »... Les féodaux, en « jouant avec le feu », ne savaient pas où ça les mènerait...

Pour Debord, la bourgeoisie serait la « seule classe révolutionnaire victorieuse de l’histoire » qui a imposé à la société entière un «  temps historique irréversible ».

Désormais, « l’histoire est sommée de se confondre avec une histoire irréversible générale, celle de la marchandise et de la production de la valeur qui sont au coeur du capitalisme, niant la possibilité de toute vie historique singulière". La bourgeoisie est "une classe qui ne reconnaît aucune fidélité, changeant sans cesse les conditions d’existence en fonction des « nécessités » d’une histoire de la production marchande". C’est aussi la première classe dominante qui ne reconnaît "comme valeur ou principe que le travail, longtemps méprisé des classes dominantes, et auquel tous doivent être soumis". Ce qu'on appelle "l’Etat moderne, absolutiste puis bourgeois, lui a ouvert la voie et l’a accompagnée durant tout ce processus en réduisant dans la mesure du possible les populations « improductives » résiduelles.  »

Certes, la « dictature spectaculaire » suscite des réactions de ceux qui ont conscience de « l’expropriation violente de leur temps » et entendent ne plus « être étrangers à l’histoire »... Debord désigne par là « le prolétariat » se découvrant « n’être en rien le maître de son travail, de sa vie, de son histoire » et se trouvant « seul prétendant à la vie historique »... Mais ce prolétariat en a-t-il jamais eu ou pris... le temps de cette réappropriation ?

Que penserait Debord de notre époque où les petits marquis des élégances du tout-culturel et autres éditocrates en vogue prétendent « déconstruire » leurs semblables comme on détruirait à la masse de vieilles demeures sous prétexte qu’elles auraient « fait leur temps » ?

Le stratège Debord avait été témoin de temps troublés et avait pris sa part de ces troubles pour constater une gigantesque accumulation de « constructions » et de « déconstructions » vouées à leur extrême volatilité. Mais l’Occident, comme sa monnaie, ont-ils jamais été ancrés dans la moindre réalité soutenable ?

La Librairie de Guy Debord, Histoire, éditions de l’échappée, 600 pages, 24 euros


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21 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 janvier 2023 09:22

    La mère de la fille amie de mon compagnon fut sa plus grande amie. On parle de Clairette dans le livre tentant une biographie de l’époque situanniste... J’ai voulu lever le voile afin de comprendre.... C’est peu dire que l’auteur de NAUFRAGEURS n’aimait pas Guy Debord. Ce fut très difficile pour moi. D’autant plus que Clairette m’a demandé de pouvoir lire le livre, le jour où nous nous sommes rencontrés pour aller sur la tombe d’Olivier. Depuis lors, un froid glacial s’est immiscé dans nos relations. Pour mieux comprendre. Françoise Nyssen au gouvernement Macron est la cousine d’ISA. l’amie d’Olivier. Je ne révèle rien. C’est sur internet... Guy Debord était loin d’être un « ange ». C’est lui qui fut à l’origine du jeu : KRIEGSPIEL. Le jeu de guerre, aussi appelé jeu d’histoire, simulation de conflit ou jeu de stratégie est un outil de réflexion stratégique ou un loisir, selon les personnes qui l’utilisent.


    • lephénix lephénix 20 janvier 2023 13:02

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
      un ange, non, surtout pas avec les femmes que ce joueur exploitait, pour le peu que nous puissions en savoir... le « kriegspiel » sur tous les tableaux...


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 janvier 2023 09:26

      « Celui qui avait rageusement entrenu au plus haut la flamme d’un désir de révolte permanent contre cette « dictature spectaculaire » a longuement analysé la Fronde. Il considérait, dans sa fiche de lecture consacrée au livre de l’historien Karl August Wittfogel (1896-1988), Le Despotisme oriental, que l’âge féodal médiéval était la période « où la société a été plus forte que l’Etat ». En l’occurence, la société féodale contre l’embryon d’Etat monarchique que les rois de France ont graduellement mis en place... »


      Raison pour laquelle, Parvulesco le cite dans son livre sur Poutine... Parvulesco proche de De Gaulle était guénoninen...


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 janvier 2023 09:33

        Et Donc pour résumer. Parvulesco dans son livre, imagine Poutine dans son rôle eschatologique (troisième secret de Fatima). Celui qui mettra un point final au monde actuel pour revenir à une société de type féodal, régional et eurasien... A méditer.... L’homme certes n’était pas parfait. Mais il défendait ce que j’apprécie aussi : les artisans à l’opposé du Made in china. Raison pour laquelle Parvulesco inclut le Japon et non la Chine dans son Eurasie... 


        • lephénix lephénix 20 janvier 2023 13:08

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.
          « celui qui mettra le point final » ? qui vivra verra... même pour ceux qui s’obstinent à ne pas voir, c’est l’heure cruciale où tous les monstres se vautrent en plein jour, au vu et au su de tous...à chacun de renouer avec la pleine grâce du jour...


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 janvier 2023 09:35

          Pour le moment, je lis justement : Le Troisième secret de Steve Berry. Qui annonce la fin... je vous laisse poursuivre ou fantasmer......


          • Yann Esteveny 20 janvier 2023 11:00

            Message à l’auteur,

            Article qui nous change de la vulgarité pompière habituelle d’Agoravox !

            Guy Debord voit loin et profondément. La fin de l’ordre féodal chrétien au profit d’une monarchie adossée à un ordre bourgeois libéral marque la fin du Moyen-Age mais surtout la fin d’une humanité qui s’élève au profit d’une société se vautrant dans la bassesse matérielle et se noyant dans son paraître.

            J’imagine que vous connaissez ces deux téléfilms très bien réalisés de Monsieur Henri Helman :

            — Louis XI, le pouvoir fracassé (2011),

             Richelieu, la pourpre et le sang (2014).

            Respectueusement


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 janvier 2023 11:22

              @Yann Esteveny plutôt que féodal, utilisons le terme : MEDIEVAL. C’est moins péjoratif. En plus Guy Debord comme Andre Breton (dont il se moquait en l’appelant : Dédé les mourettes) étaient à fond dans le rosicrucisme..


            • lephénix lephénix 20 janvier 2023 13:00

              @Yann Esteveny
              Merci pour votre visite et retour ainsi que pour vos références... Non, je ne connaissais pas ces deux téléfilms...
              oui, le Moyen-Age que l’« on » fait passer pour une « longue nuit » était en fait une brève floraison où l’humain pouvait épanouir ses talents et vivre ses « droits naturels » avant l’avènement de la bassesse bourgeoise (cf Braudel bien sûr et aussi les historiens « récentistes »)...


            • eau-mission eau-mission 20 janvier 2023 12:22

              Celui qui se croit supérieur au paysan qui baisse le dos vers le sol ne se prive pas de manger la récolte. En quoi l’asservissement (au sens cybernétique) du paysan aux saisons le condamnerait-il au temps cyclique ? Pour un paysan des plaines, peut-être, mais dans un piémont, qui ne ressent la présence des forces telluriques ?

              Bref, je sens un peu de condescendance envers le « faiseux » dans l’analyse du jeu de rôle. En parallèle avec la Fronde, Debord a-t-il regardé en détail l’époque templière et sa mise à mort ? Je vois les Templiers plus organisateurs qu’exploiteurs.


              • lephénix lephénix 20 janvier 2023 13:14

                @eau-mission
                il n’a pas eu le temps d’approfondir l’épopée templière mais n’a pas négligé cette piste pour une réflexion réarmée...


              • S. Lampion paparazzo 20 janvier 2023 16:41

                Le positionnement de Debord n’était pas confortable.

                Il s’est vite rendu compte en 68 que ses analyses et stratégies se trouvaient diluées dans une contestation banalisée, conformiste en fait, et risquaient de s’y perdre.

                D’où la dissolution de l’«  Internationale » qu’il avait crée et qui n’a jamais compté qu’une quinzaine de membres) et le repli. Son « exil » en Italie a été l’occasion de dénoncer le du « compromis historique  » prôné par les communistes italiens et de mettre au jour la manipulation et l’infiltration des Brigades rouges par le pouvoir d’Etat.

                La lucidité se conjugue mal avec la popularité. A force de se faire des ennemis on finit par se rendre compte qu’on n’a plus d’amis.

                Que reste-t-il de Debord ? Des idées dont on a oublié l’auteur, et en particuleir celle de « marchandisation du monde », et de la« fausse conscience » qu’elle a pu propager, idées toujours vivantes chez les pluys lucides malgré tous les effets de mode destinés à rendre sa pensée inoffensive et irrécupérable. Mais qui peut espérer qu’une pensée subversive accouche d’un monde meilleur ?


                • lephénix lephénix 20 janvier 2023 19:52

                  @paparazzo
                  effectivement, il ne s’est jamais renié, disant qu’il « vaut mieux changer d’amis que changer d’idées »... sa « radicalité » veillait à toujours réarmer la subversion... pour quel résultat ? après lui, la question s’est posée de savoir si « la critique du spectacle fait aussi partie du spectacle »... si on veut changer de spectacle, il ne faut pas oublier que "’l’aventurier est celui fait arriver les aventures, plus que celui à qui les aventures arrivent’....


                • Guy Troisbord 23 janvier 2023 13:30

                  Merci pour votre article et le conseil de lecture in fine.

                  Que reste-t-il de Guy Debord en ce qui me concerne ? Une formidable compréhension des ressorts de notre société ainsi qu’une description plus actuelle que jamais de celle-ci. Un peu de vitriol qu’on peut jeter à la face des dominants, en attendant que des temps meilleurs adviennent pour le peuple.Qu’on en juge par cette seule citation extraite des commentaires sur la société du spectacle :

                  La société modernisée jusqu’au stade du spectaculaire intégré se caractérise par l’effet combiné de cinq traits principaux, qui sont : le renouvellement technologique incessant ; la fusion économico-étatique ; le secret généralisé ; le faux sans réplique ; un présent perpétuel.


                  • lephénix lephénix 23 janvier 2023 15:49

                    @Guy Troisbord
                    merci pour votre retour.
                    « en attendant que des temps meilleurs adviennent »... autant invoquer la providence... « la chance » c’est quand la préparation rencontre l’occasion... la chance des peuples, elle commence quand ils sortent du déni rageur de réalité et cherchent à savoir vraiment... après tout, rien n’est caché et rien n’est jamais perdu......


                  • Guy Troisbord 24 janvier 2023 08:59

                    @lephénix
                    Bonjour, vous avez raison quant à la providence, mais je dois avouer que je suis un peu dépité par le manque de réaction de nos concitoyens en face de la violence sociale qui s’abat sur nous, surtout depuis 2017 et l’ « élection » du représentant, chimiquement pur (comme on dit), du Spectacle.


                  • lephénix lephénix 24 janvier 2023 12:36

                    @Guy Troisbord
                    cette violence s’exerce quel que soit l’occupant du palais en scène...depuis le bonhomme thiers... et suscite des réactions en conséquence... certes, depuis il y a techno-zombification dans la posture de soumission tête dans l’écran qui fait toucher du doigt son néant...depuis l’apparition de « l’aïephone », gadget de dépossession et de destruction massives, l’espèce présumée pensante semble consentir à sa « dématérialisation » en chair à tablettes et en données et à son effacement...


                  • kabouli 25 janvier 2023 18:32

                     Debord qui au-delà de quelques goujateries sexuelles s’est aussi accroupi devant Gallimard auquel il avait promis « qu’il n’aurait plus aucun de ses livres »..On connait la suite.

                    Si les théories situationnistes tombent dans l’oubli, un remarquable critique de Debord et au-delà de celui-ci de Marx , Jean-Pierre Voyer mérite d’être connu non pas tant pour sa critique de Debord mais pour celle de Marx ; une des plus profonde connue et qui rend hommage au Maure.

                    Rappelons que le concept de « spectacle »qui connut une importante popularité après la mort de Debord n’est pas de Debord, mais de Günther Anders, origine Debord cachera soigneusement l’origine.


                    • lephénix lephénix 29 janvier 2023 10:34

                      @kabouli
                      merci pour ces précisions... le premier mécène de Debord fut sa femme Michèle Bernstein elle en témoigne dans son livre « la nuit ». Il correspondrait à cette description lapidaire de Paul Morand dans une de ses nouvelles : « Pour lui, la femme était un aliment complet »... Le corollaire de « Ne travaillez jamais » c’est toujours « Alors, qui paie ? »
                      Anders est la grande référence où l’on puise toujours sans la « sourcer »... et le règne de la marchandise s’exacerbe en salon de l’armement...


                    • kabouli 30 janvier 2023 18:57

                      Si la réfutations des thèses de Debord vous intéressent vous pouvez consulter le site de Jean-Pierre VOYER où vous y lirez la critique la plus aboutie du Spectacle et des incohérences de sa définition debordienne ; qui refuse de le réduire au médiatique et qui pourtant n’y parvient pas.

                      L’auteur, comme des milliers de jeunes des années 68, s’est longtemps complu dans ce concept avant de voir qu’il reposait sur du néant et sur cette fameuse « economie » dont l’inexistence est patente, malgré les efforts de Marx pour donner du sens à une idéologie fabriquée par des idéologues libéraux. L’économie n’existe pas, sauf dans les journaux. A la place, on y trouve l’action des commerçants qui n’a rien à voir avec un déterminisme qui économiserait aux hommes la recherche de leur propre construction sociale. En fait, Monsieur Voyer qui fut longtemps le secrétaire de Lebovici réfute la théorie de Marx, de fond en comble ,comme d’innombrable marxistes l’avaient rêves dans trouver les moyens de le faire.


                      • lephénix lephénix 1er février 2023 09:37

                        @kabouli
                        merci pour cette référence une mine d’or...
                        entre inconscient collectif et intertextualité en croissance continue (contrairement aux « ressources terrestres »...), quiconque prétend « faire oeuvre » originale pratique, croirait-on, l’amnésie sélective... choses vues tant de fois... Anders demeure l’inspirateur et la Source qui a survécu dans la mémoire collective à son « adaptateur » indélicat, contrairement à d’autres, passés par pertes et profits dans la fosse commune ou d’aisance du système d’exploitation...
                        « l’économie n’existe pas », c’est une évidence, l’univers n’a que faire des élucubrations qui prétendent au statut de « science » dans des institutions ad hoc et « d’information » dans la presstitution stipendiée à cet effet, rien de neuf non plus après transformation de « l’humain » (?) et du vivant en erstaz cybernétique, machiné, usiné déréalisé.....

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