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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Quelques nouvelles du front des langues

Quelques nouvelles du front des langues

Notre reporter est allé récolter, au péril de son français, quelques nouvelles fraîches sur le front de la « guerre des langues », conflit linguistique franco-anglais bien parti pour durer plus longtemps que la « Guerre de cent ans » de sinistre mémoire.

Certes, nos élites anglicisées, soutenues par les grands médias, abhorrent cette expression et nient l'existence même d'un impérialisme linguistique, d'une lutte économique ou d'une domination culturelle.

Pourtant, ces conformistes frileux et souvent snobinards, à l'occasion du récent décès de P. Casanova, critique littéraire et chercheuse, ont été, dans leur hommage, obligés de rappeler que son ouvrage à succès portait sur la domination culturelle au travers de la traduction :

« La traduction est d’abord un signe de domination certain : l’anglais aujourd’hui est, et de loin, la première langue traduite et elle traduit très peu. Nous sommes écrasés par les textes venus de la sphère anglophone. Et nous ne trouvons rien à y redire puisqu’ils sont accompagnés de leur aura... » (L'Obs)

Ajoutons qu'il en va de même au cinéma et pour les séries télés : les USA ne doublent jamais les films étrangers, pas plus qu'ils ne les sous-titrent pour leur grand public, ils préfèrent les refaire puis nous les revendre ! Comme si le monde extérieur à leurs yeux n'existait pas, sinon pour y faire son marché !

Voici donc les dernières nouvelles du front :

- Dans une librairie, pourtant traditionnelle et bien achalandée, un rayon portait le nom de « Ados et young adults » ! Les Young Leaders saturent déjà le paysage politique, voilà maintenant qu'on ne peut plus être peinards dans la modeste librairie de quartier...

- « Kids » ne suffisant plus à faire genre, une revue parle maintenant de « petits boys ». Ce qui est absurde à cause de l'ambiguïté du mot qui désigne un domestique en Afrique francophone.

Des revues de cuisine font maintenant leur sauce linguistique avec le « batch cooking » (repris par la télé), à savoir cuisiner pour plusieurs jours (principe  qui ne date somme toute que du néolithique, comme le poisson fumé ou séché, les salaisons en général, dont plus tard le garum des Romains). Mais c'est teeeellement plus moderne in english...

- Même la météo s'y met : lorsque le temps est à l'orage linguistique, elle parle parfois de « medicane », contraction (douloureuse) de « hurricane » et « mediterranean ». En clair une tempête méditerranéenne, ou méditempête si vraiment les gars sont pressés d'aller boire leur café. (Wikipedia)

- Nos élites introduisent à l'occasion de nouveaux anglicismes : dans le récent rapport sur les langues à l'école, il est question de « cluster meetings », simples séminaires de formation continue.

- Last but not least, France 4 diffuse la nouvelle saison de la série de SF Docteur Who en VO sous-titrée, au grand dam des aficionados, des amateurs et des passionnés. Euh... je veux dire des fans. Merci au, comment dire, Public Service, payé par nous autres taxpayers ?

- On peut y ajouter les traditionnels slogans et manifestations d'entreprises ou de villes payant des sommes folles à des publicitaires en mal d'inspiration, pour lesquels il n'y a d'originalité qu'en anglais : le Ouigo de la SNCF, « OPENÎMES » de la métropole de Nîmes, par exemple, mais là on est dans la routine, relevée avec abnégation et constance par les associations de défense de la francophonie qui décernent régulièrement le Prix de la carpette anglaise et ont bien du mal à départager les candidats, tant ceux-ci se bousculent au portillon.

Défense de la langue française,

Avenir de la langue française

Il existe pourtant une langue internationale équitable, simple et facile, latine aux deux-tiers et internationale par sa grammaire, qui conviendrait à merveille comme langue-pont tout en gardant telle ou telle pour les besoins professionnels (l'anglais, vous avez deviné, ou la langue du pays d'accueil) ; elle permettrait de résister à l'anglicisation galopante : c'est l'espéranto. Cette langue construite est victime de préjugés voire de railleries dans les cercles médiatiques et intellos de notre francophonie. Complexe de grande langue sur le déclin ? Quoi qu'il en soit, ce qu'en disait un linguiste il y a soixante ans reste d'une regrettable actualité :

« La nécessité logique d’une langue internationale dans les temps modernes présente un étrange contraste avec l’indifférence et même l’opposition avec laquelle la majorité des hommes regarde son éventualité. Les tentatives effectuées jusqu’à maintenant pour résoudre le problème, parmi lesquelles l’espéranto a vraisemblablement atteint le plus haut degré de succès pratique, n’ont touché qu’une petite partie des peuples.

La résistance contre une langue internationale a peu de logique et de psychologie pour soi. L’artificialité supposée d’une langue comme l’espéranto, ou une des langues similaires qui ont été présentées, a été absurdement exagérée, car c’est une sobre vérité qu’il n’y a pratiquement rien de ces langues qui n’ait été pris dans le stock commun de mots et de formes qui ont graduellement évolué en Europe. »

(Edward SAPIR, linguiste américain, Encyclopaedia of Social Sciences, 1950, vol. IX, p. 168)

J'en avais donné les grands principes linguistiques ici-même. Les raisons de cet ostracisme français sont multiples et ont déjà été détaillées. Quoi qu'il en soit, nous préférons perdre contre l'anglais qu'essayer une autre voie. Nous allons même jusqu'à imposer l'anglais de 7 à 77 ans, comme disait la revue Tintin (de fait, pas encore de droit mais ça ne saurait tarder), ou enseigner EN anglais à l'école primaire, suscitant les reportages extatiques de nos infos télévisées !

Stopper la marée montante de l'anglais (qui, contrairement à la vraie, n'a jamais reflué !) n'est nullement une stérilisation de la langue, un conservatisme frileux, un retour au village gaulois ou le fantasme d'une langue ethniquement pure – accusations récurrentes des chantres de l'anglais. Rien ne nous empêche d'adopter des mots de la francophonie, assez vaste, créative et diverse pour faire le bonheur de tous. Perso, j'aime bien l'essencerie, par exemple (terme venu d'Afrique pour station-service). Ou même des mots étrangers, voire anglais, mais la sagesse populaire, comme souvent, a déjà résumé le problème : trop c'est trop ! Pire : nombre de ces anglicismes sont des faux anglicismes, du jargon branché n'ayant qu'un lointain rapport avec l'anglais ou l'angloaméricain, ou tout autre variante dialectale de celui-ci.

Il y a du « Fake » dans les « News » !

PS : dernières nouvelles des dernières nouvelles : un article (et podcast) de France Culture fait le point sur l'université en anglais, article détaillé et honnête.

Cinq ans après la loi Fioraso autorisant les cours en anglais dans l'enseignement supérieur (ce qui est un brin anticonstitutionnel), celui-ci a progressé à grande vitesse, surtout dans les filières commerciales, de gestion et d'ingéniérie – rien d'étonnant puisqu'il s'agit d'attirer des étudiants étrangers payants et de remonter au classement de Shangaï des universités – sans qu'il ait été prouvé qu'une université française de bonne tenue et bien organisée attirerait moins. Sur ces bases douteuses, on aboutit parfois à des situations absurdes :

« Il n'est pas rare dans les universités qu'un professeur enseigne en anglais à une majorité d'étudiants français. » Je ne sais pas si les jeux sont faits, mais rien ne va plus !


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53 réactions à cet article    


  • NEMO Chourave 17 octobre 13:08

    Jupiter a dit :


    « en même temps,il faut se soumettre à l’anglais et imposer le français »

    c’est quand même pas compliqué !

    • Krokodilo Krokodilo 17 octobre 15:49

      @Chourave Effectivement, la soumission est toujours simple, y a qu’à obéir !


    • skirlet 17 octobre 16:33

      @Chourave
      Le premier commandement est plutôt réussie en France. Quant au second... ça rame.


    • zzz'z zzz’z 17 octobre 22:27

      @skirlet
      Vous n’avez pas reçu la facture de la CSG vous ?


    • skirlet 18 octobre 00:05

      @zzz’z
      Moi pas comprendre. Vous y en a expliquer ?


    • zzz'z zzz’z 18 octobre 02:58

      @skirlet

      « en même temps,il faut se soumettre à l’anglais et imposer le français »

      Cela fait pitié d’expliquer un bon commentaire en français sur le français à des français… Ce doit être l’air du temps !

      Un indice : Taxes, taxes, et taxes…

    • zzz'z zzz’z 18 octobre 03:26

      @skirlet
      If you are not understanding, i can explain using english language, with english men and french men…


    • zzz'z zzz’z 18 octobre 03:31

      @zzz’z
      people eut été mieux que men.


    • zzz'z zzz’z 18 octobre 04:39

      @zzz’z
      Comme quoi en français, on arrive à faire des abstractions par habitude, et, l’on ne se souvient absolument plus du sens !


    • skirlet 18 octobre 09:43

      @zzz’z
      If you are not understanding, i can explain using english language, with english men and french men…

      Mi sufiĉe bone komprenis la komenton de Chourave, sed mi pensas, ke paroli pri impostoj, kiam temas pri lingvoj, estas lacige : oni priparolas impostojn preskaŭ ĉiam...


    • sls0 sls0 17 octobre 13:50

      Beaucoup de parutions scientifiques sont en anglais ça explique les études supérieures en anglais.

      En hollande les études supérieures sont en anglais, en néerlandais c’est encore plus grave que le français pour la communication.
      Je réside en zone hispanique, malgré que l’espagnol et le français sont très proches, l’anglais plus éloigné est plus facile à apprendre.

      Hors de la zone francophone la langue française est très riche, trop riche ce qui la rend difficile.
      Personnellement l’anglais j’y suis venu à cause des parutions scientifiques ou techniques.
      Il m’arrive d’aller faire mes courses en Floride proche. J’y parle espagnol la plupart du temps.
      Qu’on emploit l’anglais si c’est nécessaire pour les échanges soit, pour faire genre, non.
      Très complète la langue française pour exposer ses idées, une chance pour celui qui la maitrise. Trop complète, elle en devient difficile pour celui dont ce n’est pas la langue maternelle.
      Tant que voyager était difficile, le français était appréciée par l’élite étrangère. Quand la possibilité de bouger à augmenté, on a employé la langue des marchands.
      Personnellement je trouve cela ridicule d’angliciser des termes français en France.

      • Alren Alren 17 octobre 15:26
        @sls0

        Ce qui est dramatique et humiliant, c’est que les chercheurs français doivent rédiger leurs articles en anglais pour paraître dans des revus US ou britanniques afin d’être reconnues.

        Un gouvernement digne de ce nom devrait exiger une version française de ces équipes pour leur accorder des crédits et subventionner des revues scientifiques spécialisées dans les différents domaines.
        Puis les mettre à disposition gratuite des francophones du monde compétents dans ces disciplines sur simple demande.

      • Krokodilo Krokodilo 17 octobre 15:57

        @Alren Certains projets allaient dans ce sens,comme HAL (Hyper article en ligne) mais je ne sais pas où ça en est. Cette évolution de l’ES n’est pas simple non plus pour les profs de fac (cf l’article de France-culture) car ils doivent se mettre à l’anglais (plus facile en chimie qu’en gestion/management, ou dans les sciences sociales dotées de beaucoup de vocabulaire, idem en médecine où l’anglais est obligatoire mais pas de cours en anglais). Et s’ils veulent que les étudiants achètent leurs bouquins, ils doivent les écrire en anglais... et payer un relecteur... car bien peu sont assez sûrs de leur niveau. Ils n’ont pas protesté contre cette évolution, ou si peu, qu’ils assument !


      • skirlet 17 octobre 16:47

        @sls0
        Je suis d’accord avec vous sur plusieurs points, mais...

        Je réside en zone hispanique, malgré que l’espagnol et le français sont très proches, l’anglais plus éloigné est plus facile à apprendre.

        Hors de la zone francophone la langue française est très riche, trop riche ce qui la rend difficile.

        Très complète la langue française pour exposer ses idées, une chance pour celui qui la maitrise. Trop complète, elle en devient difficile pour celui dont ce n’est pas la langue maternelle.

        C’est marrant - les Français sont persuadés que leur langue est presque la plus difficile au monde... En plus, souvent ils sont en dissonance cognitive entre « le français est très difficile mais très culturé » et « le français est ringard et dépassé ». Croyez-vous vraiment que dans d’autres langues on arrive à exprimer ses idées moins bien qu’en français ? La seule condition - c’est la bonne maîtrise de la langue, quelle qu’elle soit.

        Non, le français n’est pas vraiment facile, mais l’anglais non plus, et à chaque langue ses propres difficultés. Le russe, par exemple, est difficile ? Je pense que la majorité écrasante répondra « oui ». Et pourtant, nous n’avons que 3 temps verbaux + l’impératif (même le conditionnel est formé par le verbe au passé + une particule non accolée). C’est juste un exemple sur le fait que les difficultés ne se trouvent pas au même « endroit » selon la langue. D’ailleurs, je vois plein d’exemples que l’espagnol est plus facile pour un francophone que l’anglais.


      • skirlet 17 octobre 16:50

        @sls0
        Je copie ici mon commentaire sur les difficultés du français et de l’anglais :

        Anglais vachement facile, français horriblement difficile, ce sont les clichés tenaces. Est-ce vrai ? D’un côté, plus la langue ressemble à la langue maternelle d’un « apprenant », plus elle est perçue comme facile. Mais il y a des critères objectifs à considérer.

        1. Alphabet.

        Anglais : non phonétique, 20 voyelles, 46 phonèmes, 1120 graphèmes.

        Français : non phonétique, 16 voyelles, 36 phonèmes, 190 graphèmes.

        2. Prononciation.

        Anglais : chaotique, insaisissable ; impossibilité de fixer une norme, les règles existent, mais les exceptions sont trop nombreuses pour pouvoir lire des mots inconnus.

        Français : chaotique, règles existent avec quelques exceptions, il est possible de lire des mots inconnus pour la plupart des cas.

        3. Accent tonique.

        Anglais : indéfinissable, fixé par l’usage ; aucune norme ne peut être établie.

        Français : fixe, sur la dernière syllabe (prononcée).

        4. Verbes irréguliers.

        Anglais : 283.

        Français : 81.

        4. Identification de la fonction grammaticale.

        Anglais : très confuse, le même mot pouvant être un nom, un verbe, un adjectif, un adverbe...

        Français : plus claire ; il existe des mots faisant office à la fois d’un nom et d’un adjectif, mais les verbes et les adverbes sont identifiables.

        5. Syntaxe.

        Anglais : ordre des mots rigide, la moindre inversion change le sens.

        Français : ordre des mots fixe, mais l’inversion est possible, le sens n’est pas altéré (une belle maison - une maison belle).

        C’est vrai que les verbes français, c’est pas de la tarte, mais l’anglais est-il mieux ? Présent simple, présent progressif, preterit simple, preterit progressif, présent perfect simple, présent perfect progressif, past perfect simple, futur simple, past future, conditionnel présent, futur proche, passé exprimant une habitude... Si on se souvient que plusieurs temps français ne sont pour ainsi dire jamais utilisés... disons, ex æquo pour l’anglais et le français de ce point de vue.

        Il es ressort que l’anglais est plus difficile smiley


      • sls0 sls0 17 octobre 22:13

        @Alren
        Le problème du monde scientifique c’est qu’il n’est pas que français.

        Pour les japonais ce devrait être en japonais, si chacun y va de sa langue le monde scientifique s’écroule.
        Le monde scientifique c’est en anglais les échanges. Un thésard l’anglais n’est pas obligatoire mais lui permet plus de débouchés ou de lieux de stage. Je conçois qu’à l’université ce soit bilingue.
        Pour certaines thèses elles gagneraient à être écrite en français où certains mots son mieux définis, ça concerne plus les sciences sociales.

        Un gouvernement peux exiger la langue nationale mais il se tire une balle dans le pied. Je crois qu’il y a que la Corée du nord dans ce cas.
        Un pays fait partie de 192 pays, il peut s’isoler scientifiquement, pas sûr qu’il soit gagnant.

        Que ce soit chez moi en zone hispanique ou en zone francophone je trouve ridicule l’emploi de mots anglais si c’est à usage interne au pays.

        Pour la langue pour les échanges scientifiques ce n’est pas au gouvernement français ou US à décider, c’est aux utilisateurs. C’est l’anglais, c’est tout que je soit content ou non.
        En physique quantique les premiers échanges étaient en allemand, on change pour l’allemand ?

      • sls0 sls0 17 octobre 22:25

        @Skirlet
        L’espagnol est très facile, un a à la place d’un e. Souvent les mots sont plus proches.

        C’est un problème de prononciation surtout, deux enfants de la même mère le latin.
        En y réfléchissant je m’aperçois que les rares fois où je baragouine l’anglais c’est avec des non anglophones. J’ai plus parlé anglais en Russie qu’aux USA ou l’espagnol passe assez bien.
        Assez incompréhensible l’anglais des anglophones.


      • skirlet 18 octobre 00:08

        @sls0
        L’espagnol ne se résume quand même pas aux « a » à la place des « e » smiley Et quid de la prononciation ? Elle est bien, et en plus jolie, pas un truc mal mâché où la longueur d’une seule voyelle change le sens du mot.


      • skirlet 18 octobre 00:13

        @sls0
        Il ne faut pas confondre la langue d’échanges et la langue des publications. Je pense que chaque pays devrait publier les résultats de recherche d’abord dans sa propre langue, quitte à échanger, voire publier ensuite dans une langue « internationale » du moment.


      • sls0 sls0 18 octobre 04:40

        @skirlet
        Je vis dans un pays hispanique, une fois que l’on a pris le coup de la prononciation ça va vite.


        Pour les publications, les revues les plus attirantes sont en anglais.
        Pourquoi faire un double boulot, même un chercheur français ira sur Nature et lira en anglais.
        Bien sûr qu’il y a des publications en français mais ça n’a qu’un faible portée. A ce sujet j’ai vu des publications françaises au Brésil, certains que l’on va pas remettre en cause, el francès no comprendo localement. L’homéopathie a réussi a se faire publier. C’est une étudiante en médecine qui me l’avait montré, elle était étonnée de la présence de français et m’avait demandé de traduire. Au premier terme d’homéopathie elle a dit c’est bon arrêtes.

        J’ai un à priori négatif vis à vis du monde anglo-saxon, l’anglais ne me plais pas. J’ai fais pas mal de pays, quand on ne connait pas la langue du pays, c’est l’anglais même si on apprécie pas. La seule exception la Roumanie pour les plus de 40 ans.
        Qu’on fasse la chasse au franglais complètement d’accord mais en France. Si la majorité des pays ont choisi l’anglais on fait avec.
        Les rois d’Angleterre pendant longtemps leur langue a été le français.
        En Flandre la bourgeoisie parlait français.
        A la cour russe le français était compris.
        Le language de la diplomatie était le français.
        Une langue très riche et nuancée pour l’élite.
        Le commerce maritime les dominants c’étaient les anglais, leur langue s’est répandue via le commerce.
        Jusqu’à De Gaulle la France a plus ou moins existé, depuis l’étoile à pâli. La langue a suivi.
        Pour rappel la langue la plus parlée est le chinois, qui dit que dans 30 ans elle ne deviendra pas dominante. 3000 idéogrammes à minima on va s’amuser.




      • skirlet 18 octobre 09:48

        @sls0
        L’espagnol est très facile

        une fois que l’on a pris le coup de la prononciation ça va vite

        Donc, l’espagnol est plus facile que l’anglais smiley CQFD

        Pour rappel la langue la plus parlée est le chinois, qui dit que dans 30 ans elle ne deviendra pas dominante. 3000 idéogrammes à minima on va s’amuser.

        J’ai l’impression que certains s’accrochent à l’anglais par peur du chinois... Perso, je préfère converser avec les Chinois en espéranto, car je ne pense pas qu’un pays dominant imposera une langue étrangère en tant que moyen d’échanges.


      • sls0 sls0 18 octobre 18:48

        @skirlet
        Ben pour discuter avec un chinois je crois que l’anglais passera mieux, il y a entre 400 et 1600 chinois qui parlent espéranto, c’est pas beaucoup. J’ai un ami qui bosse avec la Chine, la langue c’est l’anglais malgré qu’il commence à se débrouiller en chinois.

        Je ne dis pas que c’est bien, c’est comme ça.
        Et je me répète je trouve cela ridicule l’emploi du franglais ou anglais en France. 

      • skirlet 19 octobre 12:53

        @sls0
        Je disais que le pays qui s’assoit sa suprématie impose sa propre langue et non une langue étrangère. Et dans ce cas, j’aurais préféré communiquer avec les Chinois en espéranto... De l’autre côté, si un jour je vais en Chine, je ne pourrais jamais communiquer avec tous les 1600 espérantistes chinois, pour mes besoins personnels ce nombre serait largement suffisant smiley


      • sls0 sls0 20 octobre 06:03

        @skirlet
        Plus facile de trouver un chinois qui parle anglais, il y en a 10 millions, 625 fois plus.

        En anglais c’est 0,7% de la population c’est déjà pas beaucoup.
        En esperanto c’est 0,001%, il faut le trouver le mec.
        Vous risquez de dire 10.000 fois ču vi parolas esperanton avant d’avoir une réponse, do you speak english 100 fois seulement.

        Je me marre, j’aime pas trop l’anglais et j’en suis à le défendre.
        Je défend surtout la règle de trois.

      • skirlet 20 octobre 15:16

        @sls0
        Si on commence à chercher un locuteur comme ça, dans la rue, même 100 fois est trop fastidieux smiley Et puis, d’où sort ce chiffre de 10 millions ? D’après un gars qui est allé bosser en Chine pour y rester ensuite pendant des années, le plus souvent la « connaissance » de l’anglais se résume à la liste des objets qu’une personne vend. Je vous accorde que chercher un espérantiste dans la rue est difficile, mais là, on prend contact avec un club Eo local, et on a assez d’interlocuteurs... Tout n’est pas régi par la simple règle de trois, les relations humaines - encore moins smiley


      • sls0 sls0 20 octobre 20:47

        @skirlet
        Wikipedia la source.

        J’ai pas mal de collègues qui sont allé en Chine pour bosser.
        Eux employaient le français ou l’anglais. Ce baser sur le dire des personnes qui y sont allé il y a mieux.
        Les études de l’anglais en Chine en se basant sur ceux qui suivent des cours d’anglais, ça me va très bien.
         Si on va en Chine pour parler esperanto prendre rendeź-vous avec un club Eo est compréhensible.

        Je suppose que la plupart des gens qui vont en Chine n’y vont pas pour parler espéranto.
        Si on maitrise un peu l’anglais et que l’on va a un endroit précis, on peut compter sur un anglophone au km2. En personne parlant l’espéranto, c’est une tout les 625km2, ça commence à poser des problèmes de logistique malgré la prise de contact aussi sympathique qu’elle soit.

      • skirlet 20 octobre 21:40

        @sls
        Ce baser sur le dire des personnes qui y sont allé il y a mieux.

        Oui, par exemple, se baser sur les dires des gens qui n’y sont jamais allés.

        Les études de l’anglais en Chine en se basant sur ceux qui suivent des cours d’anglais, ça me va très bien.

        Donc, en France, où pratiquement 100% de la population ont eu à apprendre l’anglais à un moment ou à un autre, est un pays totalement anglophone.

        Si on maitrise un peu l’anglais et que l’on va a un endroit précis, on peut compter sur un anglophone au km2.

        Le petit Toto est tout content :
        - Maman attend un bébé ! Bientôt, on aura un petit Chinois dans la famille !
        Le père fronce les sourcils :
        - Mais qu’est-ce que tu racontes, Toto ? Pourquoi ce bébé serait-il chinois ?
        Toto :
        - Mais c’est simple ! Vous allez avoir le cinquième enfant, et j’ai lu dans un journal : un enfant sur cinq qui vient au monde sur la Terre est un Chinois !


      • sls0 sls0 21 octobre 14:14

        @skirlet
        En Hollande les études universitaires sont en anglais.

        En Chine qui a un bon niveau universitaire maintenant on peut y faite ses études, le chinois n’est pas obligatoire les cours sont dispensé en anglais et chinois.*
        Non ce n’est pas toujours comme en France. Le français a un regard ethnocentré sur le reste du monde.

        Coté arguments vous commencez à coincer.
        Un anglophone au km2 et un esperantophone aux 625km2, une histoire de toto ça fait léger comme réponse.

        Aller sur place, Emmanuel Todd a prédit la chute de l’URSS sans y aller sur place. Consulter les stats lui a été suffisant.
        Pour une étude sociologique il y a aussi les stats mais un déplacement apporte beaucoup.
        Pour savoir le nombre de personnes maitrisant l’anglais, les stats suffisent et ça ne manque pas de sources différentes.

        *En écrivant cela, je me demande si le chiffres de 10 millions d’anglophones en Chine n’est pas sous estimé ou date un peu. De la façon que ça dépote en sorties d’ingénieurs et universitaires, le chiffre doit augmenter sérieusement.

      • skirlet 21 octobre 20:43

        @sls0

        Non ce n’est pas toujours comme en France. Le français a un regard ethnocentré sur le reste du monde.

        La loi Fioraso, vous connaissez ? Et même s’il n’y en avait pas, je ne vois pas en quoi dispenser l’enseignement universitaire dans sa propre langue (une langue de grande diffusion, soit dit en passant) serait de l’ethnocentrisme.

        Coté arguments vous commencez à coincer.
        Du tout. Vous enfoncez les portes ouvertes en essayant de me prouver que l’anglais est appris en Chine davantage que l’espéranto, comme si je ne le savais pas. Mais je répète une fois de plus :
        - un pays qui s’assoit sa suprématie impose sa propre langue et non une langue étrangère ;
        - si je vais en Chine, je préfère passer par les clubs espérantistes, car je serai mieux accueillie et je verrai la vie des Chinois autrement qu’avec l’anglais.

        Et je ne vois pas ce que vient faire ici Emmanuel Todd, tout prédicteur soit-il. Sur la vie dans le pays même il ne connaissait pas le millième de ce que je connais, y compris les manques et les bizarreries du système.

        Pour savoir le nombre de personnes maitrisant l’anglais, les stats suffisent et ça ne manque pas de sources différentes.

        Le niveau de cette maîtrise est-il indiqué ? Et que disent ces « stats » au sujet de la France ? smiley

        Et que signifie le verbe « dépoter » ? Le sens que je connais ne semble pas convenir...


      • Alren Alren 17 octobre 15:20
        Bonjour Krokodilo,

        J’ai appris l’espéranto et c’est en effet une langue incroyablement facile.

        Malheureusement, les espérantistes sont des gens frileux qui ne veulent pas se battre pour cette solution linguistique et se contentent de l’utiliser pour des relations amicales entre étrangers.
        Il est certain que pouvoir échanger avec une personne ordinaire, russe ou japonaise par exemple, est très agréable et montre combien l’humanité a de points communs à travers les variétés de culture.
        Mais l’espéranto devrait jouer un rôle infiniment plus grand.

        Zamenhoff, le créateur de la langue, était Polonais, juif polonais. Son immense travail a été publié en 1887. Il n’a pas voulu en faire une langue purement latine et a introduit des bizarreries pour nous comme un « j » prononcé « ye » à la fin des compléments d’objets et un « n » pour les compléments d’objets directs ce qui fait qu’il faut parfois prononcer « yne » (version approchée).

        Bref, je pense qu’avec l’aide de l’informatique qui n’existait pas en son temps en ajoutant certains mots d’origine anglaise que le monde entier utilise aujourd’hui, avec une grammaire « occidentale », on pourrait construire une langue véhiculaire dont la machine pourrait comprendre les concepts et qui pourrait servir de « langue-pont » entre deux langues naturelles sans passer par l’imprécis anglais comme cela se fait actuellement.

        Il faudrait pour cela réunir une équipe internationale et créer des logiciels d’aide à la formation du lexique, lequel devrait comprendre une grande quantité de mots nouveaux pour des choses qui n’existaient pas il y a 120 ans.



        • Krokodilo Krokodilo 17 octobre 16:28

          @Alren Bonjour, je ne crois pas que les freins soient dans une frilosité supposée, car beaucoup sont très militants. Simplement, les grands médias sont réfractaires, capables de consacrer deux pages à Tolkien et ses ébauches de langues mais jamais une ligne sur l’espéranto qui, lui,a démontré sa capacité à la traduction fidèle (et retour à la langue d’origine, ce que ne peuvent faire les créations de Tolkien). De même pour les décideurs : l’Educ nat. n’accepte toujours pas l’Eo au bac en simple option, en prétextant qu’il y a déjà de nombreuses langues, alors même qu’ils en ont rajouté au fil des ans ! En France, les freins sont idéologiques, à mon avis jalousie inconsciente de grande langue (= répandue hors diaspora) ex-diplomatique. Même le rejet au motif de langue « artificielle » (en fait construite) est irrationnel puisque de nombreuses langues ont fait l’objet de profonds remaniements, ou de création d’une écriture pour des langues uniquement orales. On préfère rester 2e derrière l’anglais que promouvoir ou essayer autre chose. Le problème du mur de Babel (ou celui de la comm. dans l’UE) est avant tout politique.

          Pour le vocabulaire, le cerveau humain reste supérieur à des logiciels, car l’IA n’existe pas encore, nul ne sait si elle existera un jour, ce ne sont que des algorithmes renforcés par une mémoire prodigieuse, qui arrivent à battre les meilleurs aux échecs et au go, mais pas à créer une langue.

          Créer une nouvelle langue, pourquoi pas ? Mais cela a déjà été essayé il y a plusieurs décennies par un groupe de linguistes et autres : ils n’ont accouché que d’un simili-espéranto, copiant ses grands principes ou ont abandonné. Le génie de zamenhof est très sous-estimé. Ce n’est pas une perfection, plutôt le meilleur compromis actuel – et pourquoi « une grammaire occidentale »alors que celle de l’Eo est assez internationale ?

          Ce que vous appelez des bizarreries permet -comme vous le faites remarquer – de ne pas être uniquement latin, de reproduire des sons existants dans diverses « grandes langues », tout en respectant la régularité phonétique (1 son=1 lettre). Quant à la combinaison « ajn ou oj » on peut trouver ce son en espagnol ou en allemand, je crois.


        • skirlet 17 octobre 17:02

          @Alren
          Je n’ai pas compris : vous proposez de créer une langue internationale ou « interoccidentale » ? Si c’est la seconde, pourquoi faire ? Il y a eu déjà des tentatives, comme, par exemple, interlingua (IALA). Le but était de créer une langue compréhensible pour un Occidental. La création a duré une trentaine d’années sans grand succès, et quand la mécène a cessé de financer le projet, il a pris fin. Je ne vais pas mentionner d’autres exemples, trop nombreux : afin qu’une langue soit internationale, il ne suffit pas de l’appeler telle. Et les « bizarreries » de l’espéranto ne sont point bizarres - ils aident à « s’ouvrir aux autres cultures », selon l’expression courante des chantres de l’anglais smiley


        • Alren Alren 17 octobre 18:50
          @Krokodilo

          Je ne dis pas que l’ordinateur doit fabriquer l’espéranto amélioré. Je dis que c’est une aide formidable pour l’établissement d’un lexique, ne serait-ce que par la présentation automatique par ordre alphabétique afin d’éviter les homophones où pour créer des associations sur un thème donné.

          Zamenhof n’avait pas une telle facilité. je pense d’autre part que ce travail gigantesque doit être effectué par une équipe de linguistes internationaux.

           En effet le « j » se prononce « y » en allemand et en espagnol à la fin des mots (sinon il se dit bizarrement « r »). mais j’ai lu que les finale « oj » et « ajn » viennent du polonais, la langue maternelle de Zamenhof, avec le yiddish et le russe.

        • Krokodilo Krokodilo 17 octobre 20:47

          @Alren A ma connaissance, il n’y a aucune équipe de ce genre sur un tel projet, on en reste toujours à la lutte d’influence entre les langues et leurs puissances respectives, comme depuis l’antiquité- l’anglais étant actuellement le plus fort, dans le monde et dans l’UE. Et si une telle équipe existait, elle me ferait plutôt penser à un navire qui aurait une dizaine de capitaines... Sur le fond, il me semble que la grammaire, la structure de la langue, représente la vraie difficulté, bien plus que le vocabulaire.


        • Alren Alren 18 octobre 12:56

          @Krokodilo

          « A ma connaissance, il n’y a aucune équipe de ce genre sur un tel projet »

          En effet, il faut une volonté politique et un financement pour cela.
          Mais cela viendra peut-être un jour ...
          Car le financement ne serait rien pour un État, même seul.

          Je crois que des linguistes de bonne foi pourront se mettre d’accord sur les racines les plus fréquentes, car évidemment les formes nominales, verbales, les adjectifs et les adverbes seront uniques.

          Le plus souvent il faudra choisir en la racine latine ou la racine « saxonne ».
          Par exemple sea, see, ou mar, mer ; neige ou schnee, snow ; yes, ja ou si ?

        • Alren Alren 18 octobre 12:58
          @Alren
          Pour le oui, on pourrait préférer ok (prononcé « oc ») car le oké US est mondial.

        • skirlet 18 octobre 14:19

          @Alren
          Voir IALA. Par contre, si on me propose d’apprendre une langue construite où le « oui » fait référence à « ok », ce sera sans moi.


        • pepin2pomme 18 octobre 09:16
          Je touve que Zamenhof a raté l’occasion de créer une langue où le masculin et le féminin seraient au même niveau. Traduire « femme » par « virino » écorche l’oreille, et l’introduction du suffixe « ge » qui inclue les deux genres est aussi horrible que l’écriture inclusive en Français.
          Dommage, car mis à part cette objection, l’espéranto a tout pour séduire.

          • Krokodilo Krokodilo 18 octobre 09:35

            @pepin2pomme « a raté l’occasion de créer une langue où le masculin et le féminin seraient au même niveau. » Cette critique est connue mais c’est plus facile à dire qu’à concevoir, car le point de départ de l’Eo est en fait une conception agglutinante de racines isolées qui peuvent se combiner librement. ici , le radical « vir » signifie la virilité, l’homme est donc virilité+finale « o » des noms communs, la femme « in+o ». le cheval associé à ce même « vir » devient un étalon : vircevalo (il manque le ^ sur c).


          • skirlet 18 octobre 10:32

            @pepin2pomme
            « Virino » n’écorche les oreilles qu’aux ceux qui ont fait une surdose du politiquement correct. Et « wo-man », ça n’écorche pas les oreilles ? Mais rassurez-vous, l’espéranto est tellement souple que même dans ce cas, les adeptes de l’égalité homme-femme (quelque peu mal comprise, à mon avis) ont de quoi se consoler : le mot « ino » est fréquemment utilisé pour désigner une femme. Quand au préfixe « ge- », il été pris dans la langue allemande (Geschwister - frères et soeurs) et généralisé pour désigner l’ensemble des gens des deux sexes. « Gepatroj », par exemple, est plus précis que « parents », car en français ce mot peut désigner aussi bien les géniteurs que les autres membres de famille. En plus, il permet des jeux de mots intraduisibles de façon concise dans d’autres langues smiley Mais ce n’est pas un équivalent de l’écriture inclusive, et il ne faut pas en abuser.

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