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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Qui a peur de Wladimir Yordanoff ?

Qui a peur de Wladimir Yordanoff ?

« Wladimir Yordanoff était avant tout un grand comédien de théâtre. (…) C’est une voix et une silhouette reconnaissable entre tous qui quittent la scène artistique française. » (Roselyne Bachelot, communiqué du 6 octobre 2020).

Le comédien français Wladimir Yordanoff est mort ce mardi 6 octobre 2020 "des suites d’une maladie fulgurante" (selon son agence artistique). Seulement 66 ans (né le 28 mars 1954 à Monaco) dont 46 ans au théâtre, au cinéma et à la télévision. Second rôle au visage connu des cinéphiles français, le regard légèrement sévère, il avait un petit air de tendresse à la Pierre Desproges, mâtiné d’un petit côté Christian Clavier en mix avec Lino Ventura (cela fait un drôle de mélange !). On aurait pu croire, avec son nom, qu’il descendait d’une longue lignée aristocratique bulgare (son père, grand violoniste, premier violon solo à l’orchestre national de l’opéra de Monte-Carlo puis à l’Orchestre de Paris, est mort le 4 septembre 2011 à Chatou, près de Paris).

Formé au théâtre par notamment Antoine Vitez, Wladimir Yordanoff a commencé à jouer sur les planches à l’âge de 20 ans dans une pièce de Shakespeare, et cela jusqu’à la fin de sa vie. Près d’une cinquantaine de pièces, avec des metteurs en scène comme Roger Planchon, Claude Santelli, Patrice Chéreau, etc. Il fut récompensé par le Molière du comédien dans un spectacle de théâtre privé en 2016 pour sa prestation dans "Qui a peur de Virginia Woolf ?", pièce d’Edward Albee mise en scène par Alain Françon à l’Odéon-Théâtre de l’Europe à Paris. Sa dernière pièce fut jouée en 2019 au Théâtre Hébertot à Paris, "En garde-à-vue" de John Wainwright, mise en scène de Charles Tordjman.

Wladimir Yordanoff a tellement aimé le théâtre qu’il a publié sa première pièce le 1er septembre 2000 : "Droit de retour, ou, La Part de l’ange", créée le 15 septembre 2000 au Théâtre Hébertot, une histoire en Allemagne de retour dans la maison familiale après expulsion des parents avant la Réunification ou comment récupérer son bien ?

Sa carrière au cinéma a démarré également assez tôt, lorsqu’il avait 28 ans, après quelques rôles à la télévision. Au début, certes, des petits rôles, mais dans de grandes productions à succès : "Danton" d’Andrzej Wajda (sorti le 12 janvier 1983), "Hiver 54, l’abbé Pierre" de Denis Amar (sorti le 1er novembre 1989), etc. En général on verrait plutôt Wladimir Yordanoff comme un beau-père encore dans la vie active, un peu réticent, mais généreux et voulant le bien de sa fille.

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Sa notoriété auprès du grand public a fait un bond avec la sortie, le 6 novembre 1996, du film "Un air de famille" de Cédric Klapisch. Wladimir Yordanoff y joue l’un des principaux rôles aux côtés de Catherine Frot, Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Jean-Pierre Darroussin et Claire Maurier. Un rôle qu’il connaissait bien puisqu’il a participé à la création de la pièce de théâtre au même titre, écrite par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, le 27 septembre 1994 au Théâtre de la Renaissance à Paris (la pièce, mise en scène par Stéphan Meldegg, a eu un grand succès et fut jouée jusqu’au 31 décembre 1995). Le film a repris la même distribution des rôles.

Il s’agit d’une famille qui se réunit autour de la mère dans un troquet, l’aîné, Jean-Pierre Bacri (le dépressif permanent du cinéma français !), qui attend (en vain) sa femme (qui vient de le quitter), le cadet Wladimir Yordanoff qui réussit tout, vie professionnelle (bon job de cadre informatique) et affective (marié à Catherine Frot), et la petite dernière, Agnès Jaoui officiellement célibataire et qui a une liaison cachée avec le serveur du restaurant. Bref, une chronique sociale et une comédie, le style de film dans lequel Wladimir Yordanoff a eu souvent l’occasion de jouer. Il a aussi joué avec les mêmes acteurs (en plus d’Anne Alvaro, Alain Chabat et Gérard Lanvin) dans "Le Goût des autres" d’Agnès Jaoui (sorti le 1er mars 2000).

Dans le film très intimiste "Je vous trouve beau" d’Isabelle Mergault (sorti le 11 janvier 2006), Wladimir Yordanoff joue l’ami de Michel Blanc, un agriculteur qui cherche une femme/employée des champs roumaine (avec Eva Darlan et Valérie Bonneton). Dans "Essaye-moi" de Pierre-François Martin-Laval, également premier rôle (sorti le 15 mars 2006), Wladimir Yordanoff joue le possible futur beau-père bien rangé, le père de Julie Depardieu et le mari d’Isabelle Nanty, face à l’autre père, farfelu, Pierre Richard (aussi avec Marina Foïs et Kad Merad). Dans "Prête-moi ta main" d’Éric Lartigau (sorti le 1er novembre 2006), Wladimir Yordanoff retrouve une grande famille, la mère Bernadette Lafont, le fils Alain Chabat et plein de sœurs dont Charlotte Gainsbourg. Il a le mauvais rôle dans "Enfin veuve" d’Isabelle Mergault (sorti le 16 janvier 2008) puisqu’il joue le mari trompé de Michèle Laroque qui se tue accidentellement, ce qui arrange en principe l’amant Jacques Gamblin (il y a aussi Claire Nadeau, Valérie Mairesse, Eva Darlan, etc.).

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Wladimir Yordanoff a joué dans d’autres films à succès plus récents, en particulier dans "Polisse" de Maïwenn (sorti le 19 octobre 2011), où il est le patron de la brigade de protection des mineurs (aux côtés de Marina Foïs, Karine Viard, Joey Starr, etc.). Dans "Pauline détective" de Marc Fitoussi (sorti le 3 octobre 2012), où il est le directeur de l’hôtel de vacances des deux sœurs Audrey Lamy et Sandrine Kiberlain. Aussi dans "J’accuse" de Roman Polanski (sorti le 13 novembre 2019), où Wladimir Yordanoff joue, aux côtés d’Emmanuelle Seigner et de Jean Dujardin, le rôle du général Auguste Mercier, encore un mauvais rôle puisque cet officier ambitieux, nommé Ministre de la Guerre et futur candidat à l’élection présidetielle, fut le principal accusateur du capitaine Dreyfus en utilisant le fameux faux bordereau.

Enfin, le dernier des trente-cinq films dans lesquels Wladimir Yordanoff a tourné sortira en principe le 3 février 2021, "OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire" de Nicolas Bedos, le troisième film parodique mettant en scène l’espion Jean Dujardin, avec Pierre Niney, le "héros" de "Un homme idéal" de Yann Gozlan (sorti le 18 mars 2015). Il ne pourra hélas pas voir le résultat fini de son tournage, et surtout, il manquera à l’évidence au cinéma français.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 octobre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Wladimir Yordanoff.
Jean-Luc Bideau.
Bourvil.
Michael Lonsdale.
Claude Chabrol.
Charles Denner.
Annie Cordy.
Vanessa Marquez.
Maureen O'Hara.
Ennio Morricone.
Zizi Jeanmaire.
Yves Robert.
Suzanne Flon.
Michel Piccoli.
Jacques François.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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8 réactions à cet article    


  • binary 8 octobre 12:23

    Pourquoi une personne qui fait semblant d être quelqu un, se croit elle supérieure à ceux qui le sont réellement ?


    • troletbuse troletbuse 8 octobre 19:59

      Tiens Rototo qui a peur des morts maintenant smiley


      • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 8 octobre 22:50

        L’auteur a automatique ses articles validés, parfois 3 sur la même page du site. Jeudi 8 octobre à 22 heures 45 quand même 2 réactions ! Les boules qu’il a le vieux P@py, sont article sur la façon que procède les marins pompierd de Marseille pour détecter en avance les clusters covid-19, ben lui au chiottes

        @+P@py

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