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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Renaud Camus, « Rannoch Moor - Journal 2003 »

Renaud Camus, « Rannoch Moor - Journal 2003 »

La sortie d’un livre de Renaud Camus constitue pour moi un évènement. Elle devrait l’être aussi pour la critique littéraire mais, hélas, elle semble l’ignorer ; pourtant Renaud Camus est certainement l’un des plus brillants stylistes de notre époque. Mais de nos jours, une oeuvre est dite bonne ou mauvaise au regard de la morale, des valeurs de notre époque. « Je déteste mon époque, j’ai horreur de la classe qui y occupe tous les emplois, je trouve l’état de la société intolérable, et les valeurs qu’elle chérit le plus fort me soulèvent le cœur. Il aurait été bien étonnant que l’époque, la classe unique aux affaires et la société en place aillent me chercher pour me faire fête. » Hélas, les critères de l’esthétique de la langue ne compte plus. De ses écrits, on n’a seulement retenu une phrase, sortie de son contexte, et, de plus, amputée.

Son journal est toujours aussi volumineux, aussi dense (814 pages) ; il n’hésite pas à exposer les moindres détails de sa vie, jusqu’aux pensées les plus intimes, sans s’épargner. Et s’exposer, à notre époque, comme le fait Renaud Camus, c’est prendre un risque. Il aborde même les relations avec ses amis comme Finkielkraut et Pascal Sevran, ses problèmes d’argent, ses contrats avec ses éditeurs.

Cette année, une large place est consacrée à son voyage en Ecosse, d’où le titre Rannoch Moor emprunté à un coin d’une lande écossaise, où il nous fait découvrir ces jardins, villages, châteaux, maisons d’artistes, églises et ses souvenirs de jeunesse. Renaud Camus aime les vastes étendues épargnées par toute architecture susceptible d’enlaidir le paysage.

Pour ceux qui ont l’intention de voyager en Ecosse, ce livre constitue assurément un bon guide, certes très subjectif, néanmoins très libre (l’index des nom de lieux, que ce soient des hôtels, restaurants, châteaux, etc., est fort utile). Quelquefois ses considérations historiques sur ces lieux ressemblent hélas trop à celles d’un guide historique.

Il nous fait part de ses lectures : Tocqueville, mais aussi Hobbes, Sterne et Platon dans le texte original.

Ce qui est le plus intéressant dans ce livre, ce sont toutes les réflexions sur la déliquescence de la société, la dégradation de la langue et les mutations du vocabulaire. On n’ose plus nommer les choses, on ne peut plus dire toute vérité factuelle qui ne convienne pas à l’idéologie dominante. Renaud Camus écrit dans une langue admirable ce qu’on ne peut plus penser.

Renaud Camus, Rannoch Moor - Journal 2003, (Ed. Fayard)


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10 réactions à cet article    


  • Adolphos (---.---.59.170) 12 juin 2006 11:54

    Renaud Camus, c’est pas ce type qui à écris des choses sur les juifs ?


    • Fabrice Trochet Fabrice Trochet 12 juin 2006 19:56

      On peut écrire sur tout. On a dit beaucoup de choses fausses sur lui . Lisez-le. Faites-vous une opinion par vous-même au lieu d’écouter la propagande médiatique


    • Adolphos (---.---.59.170) 12 juin 2006 12:20

      En fait, la langue de la populace et celle de l’élite ne sont jamais les même. Mais la différence avec le passé, c’est que ceux là même qui étaient censé l’enseigner l’ont abandonner, de peur d’enbourgoiser les prolos ou de coloniser les esprits des immigrés, c’est à dire d’altérer leur capacité révolutionnaire. N’oublions pas que le « bourgeois » était encore il y a 2 décennies considérés comme le pire des parasites (j’ai des textes présentant Baudelaire absolument allucinants, ou l’on s’interoge longuement pour essayer de disculper Baudelaire d’être né bourgeois, et de ne s’être même pas révolté contre la bourgeoisie !), un peu plus qu’un Juif sous le troisiéme Reich, mais guére mieux.

      Evidement, on forme ainsi des non bourgeois, c’est à dire des barbares. C’est pour cela que lorsque des crétins de prof de gauche se font tabasser par leur eleve, nous ne pouvons que nous félicité de leur réussite. En même temps, cela prouve que l’eleve à trés bien compris l’utilité zéro de l’enseignant. Heureusement, il parait que dans les banlieues, on va arreter de faire lire comme littérature au eleves des mode d’emploi d’appareils electro-ménagés. Ca m’a l’air un peu Réactionnaire comme idée, voir même Bourgeois.


    • Adolphos (---.---.59.170) 12 juin 2006 12:37

      « En tous les cas, ta langue à toi, »

      Ta langue à toi est assez bonne pour un immigrés.

      Mais tu fait des faute de français : « Et laisse donc Baudelaire que tu ne comprends même pas quand il écrirait : »le ciel est bleu« . »

      Il y a un probléme d’accord.

      Mais bon, c’est déja pas si mal. Et c’est trés bien de lire Baudelaire (même si je le trouve un peu sinistre, mais c’est son caractére, et pas le mien. Au XIXéme, tout doit être sérieux).

      « ton cerveau subventionné et perverti par le troisième des reichs qui n’en finissent pas de pourrir »

      Je ne vois pa trop le rapport. Le III Reich est un facisme, comme le Socialisme, et moi tout ces histoires, ca me soul.


    • zoï (---.---.58.60) 12 juin 2006 13:46

      Avant de vous en prendre à la « populace » et aux professeurs, monsieur Adolphos, vous feriez mieux de relire votre propre copie...Car votre langue n’a rien à envier à celle des barbares.


    • Fabrice Trochet Fabrice Trochet 12 juin 2006 19:49

      Je suis au contraire pour élever le niveau d’enseignement de la langue. Je pense qu’il y a un lien profond entre la violence et le manque de vocabulaire. D’ailleurs j’en ai fait l’expérience jadis. C’est lorsqu’on ne peut plus répondre que l’on utilise la violence.


    • Daniel Milan (---.---.162.93) 12 juin 2006 18:47

      Salut Fabrice, tu te souviens de moi ? C’est un plaisir de te lire et ainsi avoir de tes nouvelles ! J’écris toujours dans « l’homme Libre », et ailleurs !


      • Fabrice Trochet Fabrice Trochet 12 juin 2006 19:52

        Salut,

        Je me souviens de toi, bien sur . Je ne savais pas que la revue l’homme libre existait toujours.


      • Daniel Milan (---.---.162.93) 12 juin 2006 21:18

        Oui, mais Marcel Renoulet, le fondateur de cette publication est très âgé et a des problèmes de santé. Il prépare encore la revue, qui représente plus de 40 ans de sa vie. C’est l’une des rares et dernières revues où la liberté d’expression est réelle ! Certes nous avons des sites sur l’Internet, mais ce n’est pas la même chose ! Je pense que nous devons aider Marcel Renoulet qui est l’un des derniers vrais anarchistes. Cela serait bien, si tu pouvais, également, participer à la rédaction de « l’Homme Libre », par l’envoi de quelques articles. La plupart des collaborateurs de « l’Homme Libre », sont, hélas, décédés et je suis l’un des derniers à écrire régulièrement dans cette revue. J’ai vu que certains de mes écrits sont encore sur ton site et t’en remercie. Bien à toi. Daniel


      • Stalker (---.---.222.255) 5 août 2006 19:29

        Bonjour Fabrice. Sur le lien violence absence de vocabulaire ou vocabulaire dégradé : pleinement d’accord... Certaines belles âmes de gauche (comme toujours) feraient bien, plutôt que de lire les stupidités sociologisantes actuellement à la mode, quelques vieux travaux comme ceux de Klemperer sur la langue du Troisième Reich, également La Fausse parole de Robin sur la propagande communiste. En suite : vous voyez qu’il existe encore, en France, au moins un endroit où l’on parle de Renaud Camus, dont le Journal est, je suis d’accord avec vous, magnifique...

        PS : à l’occasion, vous me direz ce que vous faites sur Agoravox...

        Amitiés.

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