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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Rentrée littéraire 2022 : des ouvrages vikings et gaulois !

Rentrée littéraire 2022 : des ouvrages vikings et gaulois !

Alors, non, ces ouvrages ne sont pas tous récents. C'est qu'on n'a pas tous les jours l'occasion de voir paraître des ouvrages païens – en dehors des rayons d’Ésotérisme largement élucubrateur, au sein desquels les libraires ont bien du mal à trier le bon grain de l'ivraie (je conseille alors plutôt le rayon Histoire, bien qu'il arrive à d'honnêtes chercheurs d'être vils). Passons.

Dans cet article, il sera question des romans de Dan Derieux ayant sorti récemment une étude, des BDs de ses filles Cindy et Laura Derieux, ainsi que des romans de Grégory Chanfreau dont le dernier vient de paraître.

 

 

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Dan Derieux, le Dernier Viking

Il avait été question déjà de Dan Derieux, ainsi que de feu son frère Mark Derieux, sur AgoraVox à propos de leur premier ouvrage à petit tirage actuellement épuisé, le Libertisme. Or il faut croire sans surprise, que le décès de son frère fut une grande épreuve pour Dan Derieux, puisqu'il s'appliqua à mettre en scène une fratrie débrouillarde dès son premier roman : les Derniers Vikings, aux éditions Gungir, disponible sur le site Vikingar.info. De quoi s'agit-il ?

Il s'agit de l'aventure de deux adolescents, Maverick et Cédric, son petit frère, qui se battent pour l'honneur déchu de leur famille bafouée, les Danvick. De quelle manière ? …
Eh bien, leur père est descendant de l'aristocratie normande, et dispose d'un manoir dans la banlieue parisienne, dans une communauté urbaine dirigée par un maire communiste. Le roman est écrit en 2016, mais étant donné les technologies de communication disponibles, l'action a lieu dans les années 1970-1980 : c'est dire que le communisme en question est de la vieille école, celle qui s'entourait encore de milices disciplinées.
Or cela a de l'importance. Car la famille de nos héros est pauvre : les apparences sont parfois trompeuses, et d'ailleurs le livre débute sur le père, Erik, retapant la toiture lui-même, et ainsi tout le monde a de l'intrépidité dans leur milieu, qui ne sera pas démentie par l'action du roman : suite à des magouilles politiques de promoteurs immobiliers de collusion avec la mairie réprouvant l'aristocratie comme s'il s'agissait de la grande bourgeoisie capitaliste, les Danvick sont boutés de leur manoir, et le père est impliqué dans une affaire de meurtre.
Comment vont réagir les deux ados ? … À la manière des gavroches amateurs de bonnes choses qu'ils sont : en prenant leurs responsabilités, quitte à enfreindre la loi et à secouer du monde, dans l'unique but de protéger les leurs et tirer leur père des mains de la justice.

Le style est nerveux, comme l'action qu'il met en scène, dans un Paris où il est possible de vivoter à la petite semaine en travaillant dur, au noir le matin sur les marchés, et en se trouvant un terrain en friche le temps de se refaire. On a affaire à des personnages gaillards et, il faut le dire, chanceux et de bonne humeur, comme on aime les héros, malgré l'adversité.
C'est qu'ils incarnent sans conteste des valeurs libertistes, or ce sont des valeurs dynamiques et vivantes. À mettre dans les mains de vos jeunes lecteurs, en ces temps obscurs, pour leur remettre du baume au cœur – mais, adulte, je ne cache pas le même effet sur moi. Comme disait André Malraux : « il n'y a pas d'adultes »… et Jacques Brel : « si à quarante ans tu n'es pas resté fidèle à tes quinze/dix-sept ans, tu as raté ta vie ».

Alors, les deux autres romans de la trilogie sont dans la veine. Néanmoins, ils mettent en scène un adulte dans l'Impasse, et un superhéros dans l'Ombre de l'ours – qui mériterait son épisode chez Marvel. Ce ne sont pas des « suites », mais des aventures parallèles dans le même Paris. D'ailleurs, on avait croisé Valentin et Björn – les héros respectifs de ces deux romans – dans les Derniers Vikings, et on croise aussi les Danvick et l'un et l'autre réciproquement, dans leurs pages. Ce sont des alliés.

L'Impasse parle d'une petite entreprise justement dans l'impasse, dont l'entrepreneur – le père de Valentin – fait faillite suite à une escroquerie. Valentin, issu d'une famille modeste et éduqué dans le respect, grandit en institution, au milieu des délinquants, grâce auxquels il apprend à trouver sa voie comme bandit d'honneur, Arsène Lupin du petit Paris.
L'idée est de bien vivre, tout en faisant bien vivre, et en trouvant une porte de sortie honorable après les déboires. C'est encore l'époque où il est possible de braquer une banque sans hart de contrôles de sécurité ni faiblesse de stocks en liquidités, mais Valentin s'applique à n'impliquer personne et ne causer aucun dégât, surtout pas humain. À conseiller encore, en ces temps obscurs. Il a bien de l'honneur.

L'Ombre de l'ours met littéralement en scène le survivant d'une expérience soviétique, auquel on a injecté, petit enfant, « un sérum d'ours » alors que sa famille nordique partait pour la France. Par chance, il est élevé parmi des descendants de l'aristocratie normande à Paris, faisant jouer ses relations pour garder cet enfant perdu auprès d'elle, ce qui lui permet de cacher au monde ses singulières dispositions animal-humain.
Néanmoins, ce n'est pas comme dans les Marvel évoqués tout à l'heure, sur sa mutation que se concentre l'action, rien de narcissique dans la démarche : Björn a tout simplement quitté les écrans radars des services secrets. Par contre, ce loubard solitaire, doux, mais robuste et impitoyable quand on touche aux animaux, met justement ses talents au service de la cause animale – exactement comme un libertiste. Cette cause traversait déjà les deux premiers romans, mais elle est ici éclatante, et l'on comprend bien qu'il fallait ce truc scénaristique d'un être atypique, pour explorer les différentes facettes de la question (avec la même intrépidité que les Danvick ou Valentin).

Vraiment, à conseiller pour se donner l'envie d'entreprendre et de résister, et dans l'ensemble, on devine bien que ce sont les thèmes de la trahison qui sont évoqués dans ces trois romans, mais surtout la nécessité de ne laisser aucune place au doute sur soi dans ces conditions. Quand on est trahi, rabaissé, évacué… il faut aller de l'avant.

Dan Derieux est aussi l'auteur de journaux de bord quant à son langskip (improprement nommé drakkar) et tout récemment d'une étude sur les Anciens Nordiques : le Crépuscule des dieux n'a pas eu lieu.


Cindy et Laura Derieux, les Premières Vikings

Les filles de Dan Derieux ont été éduquées dans des formes de libertisme, mais surtout elles ont eu envie de dessiner des aventures vikings pour les narrer, aux mêmes éditions Gungir que les romans précédents, tout simplement puisqu'il s'agit d'éditions familiales. Décidément, la vie des Derieux est celle qu'ils mettent en scène, or une telle démarche est proprement philosophique au sens premier. Philosophie de vie, philosophie pratique.

Mais plus important, Cindy et Laura Derieux, dans leur bande dessinée Vikingar, la saga donnent à voir la vie de Danes, ressortissants du monde viking – c'est-à-dire des contrées autour de la mer baltique et du Nord. Or, loin des clichés de braillards pilleurs à coups de haches, nous avons affaire à une féodalité viking tout à fait cultivée, en proie aux influences chrétiennes désireuses de dominer les territoires sous la houle de rois. Mais on a d'autant plus affaire à de Premiers Vikings dans la saga, que des événements surnaturels peuvent survenir : c'est digne des anciennes sagas et autres eddas.

Il s'agit des aventures d'un clan ne pratiquant pas la piraterie ni l'invasion, confronté bien sûr à l'Histoire chrétienne, mais aussi aux autres Danes pratiquant la piraterie et l'invasion, eux. On y croise autant une seiðkona (magicienne), qu'un corbeau rigolo « parlant en runes » à travers l'hugr (comme Björn peut le sentir dans les romans de Dan Derieux) ou encore le serpent géant Jörmundgandr (engendré par Loki) : tout ça, loin des clichés survalorisant la magie ou diabolisant les monstres. C'est qu'on est bien dans une mentalité païenne, et non monothéiste (à lire), qui cherche à se responsabiliser en libertiste.

Le trait et la couleur sont maîtrisés, la narration est malicieuse : les autrices ont de l'ingéniosité et font appel à la vôtre aussi, au passage, dans ces BDs entraînantes à lire de 7 à 77 ans (encore qu'elles feront grande impression sur les enfants, du fait qu'elles séduisent toujours aussi bien les adultes, et que les enfants gagneront à les relire une fois adultes, pour en apprécier toute la saveur : autant vous dire que les adolescents en seront édifiés). On est sur du fin art, dans le genre, véhicule des mêmes valeurs que les romans de Dan Derieux, mais sans la nuance de trahison profonde qui meurtrissait leurs héros.

Dans les BDs de Cindy et Laura Derieux, l'âme est profondément calme et douce, et l'amitié plutôt que l'adversité prédomine, même dans les relations familiales et lors des péripéties. Mais de même, ce que veulent les héros, c'est une survie et une bonne vie. Quand Thorgal rencontre Lanfeust de Troie, avec le même intérêt, on obtient Vikingar, la saga !

Au reste, Cindy Derieux est aussi l'autrice de romans de fantasy, se passant dans une ambiance XVIIIème siècle peuplée de pirates, de galions et d'océans : le cycle des Éclats de foudre, avec le Roi roc.

Suivez l'évolution des projets des Derieux sous Facebook, ils organisent régulièrement des séances de dédicace !


Grégory Chanfreau, le Fier Gaulois

Nous quittons le monde viking pour nous plonger des siècles plus tôt dans le monde celte, durant l'Antiquité… monde celte, qui a bien pu infuser le monde dane et qui l'infusa en retour, puisque le monde dane récupéra l'empire romain dans ses termes féodaux, avant l'ère viking. Et pourtant, Grégory Chanfreau avait écrit un roman à l'ère viking, racontant comment un jeune Dane farouche devenait jarl, pour retrouver sa dulcinée et punir celui qui se l'était accaparée : l'Envol d'Hugin, bientôt disponible aux éditions Vascitanoï après sa première édition. On quitte aussi l'ambiance familiale des Derieux, pour une ambiance toute aussi amicale mais associative, puisque c'est la nature de la Vascitanoï en question !

De quoi s'agit-il ?… Il s'agit d'une association païenne de Gascogne, mettant en valeur le patrimoine local car, en effet, la Gascogne a surtout le bonheur d'être connue pour ses confins basques, mais aussi d'Artagnan et tous les cadets de Gascogne, depuis l'époque baroque des mousquetaires et Alexandre Dumas qui les valorisa littérairement quelques siècles après.

Or il se trouve que, bien avant la fin du Moyen-Âge de la Renaissance et de l'âge classique, bien avant le christianisme mais dans le millénaire qui le précéda, le territoire qui deviendrait la Gascogne était influencé par l'Ibérie et les Celtes alentours (Gaulois au Nord comme Celtibères au Sud). Les dialectes basques ne sont rien d'autre que des descendants des variétés de l'aquitanien, qui lui-même provient des variétés de l'ibère… avec cette nuance d'avoir été repoussé par le monde romain au temps des guerres puniques, jusqu'à la source atlantique de l'Èbre et sous la Garonne au-dessus des Pyrénées, dans les territoires celtes (ainsi sont harmonisées la thèse historiologique d'un premier celtisme local, et celle dite « de la vasconisation tardive »).
La gascon, la langue gasconne, c'est un occitan résultant des contacts du latin avec l'aquitanien, et dont la subsistance est devenue basque à partir du duché de Vasconie et du royaume de Navarre, des Wisigoths et des Francs. Tout un pan de l'Histoire locale, que la bêtise nationaliste basque s'évertue à étouffer, au nom de ses constructions « hagiographiques » des derniers siècles jusqu'à nos jours ! Car, à les entendre, « Adam et Ève parlaient basque » (!) : sacrés loulous ! Mais on n'a même pas d'attestation néolithique de leur délire, et ils osent parfois prétendre que ce serait plus tôt encore, paléolithique ! Ces fous.

Enfin c'est dans le contexte proto-basque, aquitanien, gaulois celtibère, des derniers clans romanisés par César – dont le clan des Convènes dans l'actuel pays de Comminges qui en tire son nom, – que Grégory Chanfreau a imaginé l'aventure d'Abellion, un jeune chef allant faire la guerre des Gaules !…

Ce roman, c'est le Silence des carnyx, une guerre des Gaules, et n'hésitez pas à demander un exemplaire dédicacé directement à l'auteur via Facebook ! Roman que j'ai eu l'honneur de préfacer, travailler et éditer, à titre purement associatif.
Je vous prépare d'ailleurs des lettres philosophiques, docufictionnelles, inscrites dans la même période et rédigées par un druide prêt à prendre la plume – ceci étant, les Celtes écrivaient, contrairement aux idées reçues, il faut lire aussi l'ouvrage d'apprentissage du celte par Gérard Poitrenaud ! Affaire à suivre sur la page de la Vascitanoï.

Pour en revenir à Grégory Chanfreau, non seulement il avait écrit l'Envol d'Hugin, mais il aspecte l'écriture des Neiges pourpres, un roman médiéval mettant justement en scène la Gascogne alors qu'elle était en proie aux vikings. Il faut lire Joël Supéry quant à cette période.

L'univers de Grégory Chanfreau est tout de merveilleux, tissé d'enfance mûre, prêt à vous enchanter et à réenchanter cette part d'enfance si nécessaire quand on est adulte. On trouve encore chez Grégory un grain de bravoure et de sagesse, propre aux contes certes, mais aussi aux initiations. Du bonheur à portée de la main ! Et, s'il avait un message à vous passer c'est bien celui-là, surtout en cette période : « on ne va quand même pas se laisser emmerder par les chiens qui aboient pendant que notre caravane passe ! »

Bonnes lectures !
 

 

 

 

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10 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Schrek 7 janvier 11:13

    L’engouement pour le folklore et la mythologie celtiques est lié à l’ossianisme, une mode suscitée par l’apparition de deux poèmes épiques, Fingal (1762) et Temora (1763), soi-disant composés par Ossian (c’est-à-dire Oisin, le légendaire guerrier et barde gaélique du IIIe siècle, fils de Finn ou Fingal) et « traduit » par James Macpherson, un enseignant écossais.

    A l’époque, la découverte supposée d’une ancienne épopée nordique a eu un grand impact imaginatif en Europe après la traduction de «  Ossian » en allemand (1768-179) et en français (1777) : Goethe, Herder et Napoléon Bonaparte étaient parmi les principaux passionnés d’Ossianisme. Même après 1805, quand les historiens ont découvert que les épopées étaient des contrefaçons concoctées autour d’un véritable folklore gaélique, la vision de Macpherson du monde brumeux et mélancolique celtique a survécu dans l’imagination romantique.

    Ces publications en sont une illustration.


    • Jérémy Cigognier Ariovis Venamis 7 janvier 11:31

      Non. En 1717, John Toland, un franc-maçon, engageait déjà le néodruidisme, sur la base des découvertes et du regain d’intérêt archéologique, depuis la Renaissance qui mettait au goût du jour les Gréco-Romains. Fatalement, on tourna le regard vers la Nord et leurs prédécesseurs. Après, l’ossianisme (le romantisme) a fatalement joué, mais c’était surtout dans les états d’âme. Rien de résurgent en soi. Vous évoquez d’ailleurs uniquement des romantiques, et l’époque romantique, dont certains sont devenus néoclassiques d’ailleurs (Goethe, Napoléon). Il y a, de même, un néoclassicisme celto-viking, plutôt rare il faut le dire, dont je fais partie.

      Vous croyez résoudre la question de ces publications par votre explication, mais les Derieux sont effectivement descendants de l’aristocratie normande, véhiculant une mémoire nordisante, rien à voir avec ce que vous dîtes. Quant à Grégory Chanfreau, sa motivation initiale et de jeunesse, c’est avant tout Astérix, bien qu’il ne soit pas ignorant du néodruidisme. Donc il y a d’un côté votre théorie, et de l’autre leurs pratiques — sans parler de la mienne, et d’un tas d’autres païens contemporains.

      Toutefois, je n’ignore pas que le romantisme dont vous parlez, a permis l’expansion moderne du phénomène. Les amis de nos amis sont nos amis.


    • Jérémy Cigognier Ariovis Venamis 7 janvier 11:54

      J’aimerais bien d’ailleurs, que vous me citiez quelque chose en ce monde, qui n’a été influencé par rien, et qui ne peut pas servir d’illustration à quelque chose d’autre. Par exemple, vous, vous êtes la parfaite illustration du criticisme contemporain. Mais l’erreur du criticisme, c’est de croire pouvoir s’exempter de sa propre démarche, comme si l’on ne pouvait pas critiquer la critique (or il y a néanmoins une critique de la critique, à découvrir, dont je fais partie). Ainsi croyez-vous pouvoir venir comme un petit flocon de neige merveilleux et unique, en déconstruteur, entre historiographie et derridisme. Vraiment, c’est hypermoderne, et certes tragique : il faut faire avec votre dilemme fatal, pour revivre.


    • Séraphin Lampion Schrek 7 janvier 11:58

      @Ariovis Venamis

      En tous cas, c’est cette mode qui a donné naissance à toutes les fables qui mélangent culture celte et mégalithes qui n’ont rien à voir, sinon que certaines tribus celtes se sont installées dans des territoires où des populations antérieurs avaient laissé ces vestiges déjà millénaires quand elles sont arrivées.

      Goscinny et Uderzo ont validé cette bouillie pour les chats qui mélange tout et n’importe quoi en projetant sur ces aïeux mythologiques les travers de nos contemporains. Or, l’humour et le second degré ne sont pas accessibles à tout un chacun, et la représentation folklorique des « Gaulois » par nos compatriotes se trouve entachée de oripeaux absurdes hérités de la vague inaugurée par Napoléon III avec Vercingétorix, moustachu au casque ailé servant d’effigie aux paquets de gauloises comme les images Saint Bernadette représentent le Bien pour les enfants de Marie.


    • Jérémy Cigognier Ariovis Venamis 7 janvier 13:28

      On est bien d’accord, et bien d’accord que les auteurs dont je parle sont loin de toutes les errances dont vous parlez, moi compris. On n’est plus, et ce depuis quelques années, chez les brutes. Une révolution a lieu dans les milieux néopaïens, et je connais ainsi des païens contemporains qui refusent de se dire « néo » mais bien « contemporains », parce qu’ils font tout leur possible pour convoquer l’Histoire réelle, c’est-à-dire archéo/historienne, afin de faire revivre une tradition que les romantiques, les nationalistes et les néos ont porté vers moult dérives. C’est aussi bien pour cela, que je commençais mon article en détournant des rayons d’ésotérisme, au profit des rayons d’Histoire, bien que parmi les historiens ont trouve aussi des vilenies. Normal : je ne sais pas s’il faut de tout pour faire un monde, mais je vois bien que le monde est fait de tout...


    • Silence, on pique ! Silence, on pique ! 7 janvier 15:19

      @Schrek

      la représentation folklorique des « Gaulois » par nos compatriotes se trouve entachée de oripeaux absurdes hérités de la vague inaugurée par Napoléon III avec Vercingétorix, moustachu au casque ailé

      Pour se détacher un peu de cette image d’Epinal, il existe un ouvrage précieux de Renée Grimaud, « La civilisation gauloise », leur origine, leur pénétration dans le monde antique, la mythologie, etc. L’historienne insiste sur leur côté très religieux. La Gaule, un pays de cocagne, rural.


    • Séraphin Lampion Schrek 7 janvier 17:40

      @Silence, on pique 

      En ce qui me concerne, je ne saurais trop recommander « Sur les sentiers ignorés du monde celte » de Graham Robb, un Anglais qui n’a pas intégré les récits patriotico-nationalistes que vous évoquez à juste titre.


    • Jérémy Cigognier Ariovis Venamis 7 janvier 18:32

      Merci, merci. La problématique est la même avec les vikings, dont le nom désigne en fait les explorateurs, navigateurs, pirates et/ou commerçants, ressortant du monde dane (autour de la mer baltique et du Nord) composé de plusieurs clans. Les vikings ne sont pas un peuple, ni une civilisation, mais une fonction civilisationnelle répartie entre plusieurs peuples.


    • Silence, on pique ! Silence, on pique ! 7 janvier 14:52

      Tant mieux, ça nous changera des pétasseries de Houellebecq.

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