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Retour sur Da Vinci Code et l’énigme collatérale du Saint Graal

 L’œuvre littéraire célèbre de Da Vinci Code est assez connue pour avoir été largement médiatisée, entre autres, cinématographiquement par Ron Howard adaptant le roman prodigieux de Dan Brown qui a suscité, lors de sa sortie, comme on le sait, polémiques, récriminations, critiques diverses, etc., cependant d’autres aspects de l’ouvrage dont l’importante intrigue ayant trait au Saint Graal méritent d’être davantage cernés…

Bien évidemment, les points saillants qui ont été assez traités par les critiques du film et du livre, mêlent prestement Histoire, affabulations extravagantes et à-propos personnels de l’écrivain Dan Brown, en une sorte de superbe coquetel de références historico-religieuses et coups d’éclats émotionnels éloquents mais avec, manifestement, des grincements de grain de sable, décelables ça et là, dans les rouages de la captivante trame nouée de la somptueuse machine…rie brodeuse en long et en large du récit controversé exposé.

 Coup d’œil situationnel sur la trame générale de l’œuvre ou du synopsis du film pour Commencer, avant de tenter d’esquisser, un peu plus loin, quelques points discutables de cette production que des observateurs ont qualifiée de fresque historico-philosophico-littéraire d’assez bonne facture de surcroît : Un conservateur du musée du Louvre de Paris est assassiné par un albinos agissant sous les ordres de l'Opus Dei, semble-t-il, mais les soupçons du meurtre pèsent sur un professeur de Harvard Robert Langdon (rôle sobrement campé par Tom Hanks), spécialiste de la symbolique religieuse, s’étant présenté de façon mystérieusement coïncidente sur les lieux. Ce dernier, aidé par une ravissante cryptographe, Sophie Neveu ( rôle tenu par Audrey Touton), parvient à échapper au commissaire Fache ( représenté par Jean Réno) de la police française lancée à ses trousses. Mais pour pouvoir sortir du piège qui lui est tendu, il lui faudra résoudre nombre d'énigmes, notamment le décryptage de certaines toiles du célèbre peintre-savant Léonard de Vinci, vraisemblablement truffées de codes mystérieux, laissent entendre les personnages du récit..

 Au fil du déroulement de l'histoire, on est surpris d’apprendre que derrière le visage mondain du peintre se cache un personnage fort énigmatique, passant pour avoir été gardien en son temps d'un terrible secret. Le professeur et sa compagne, dans leur quête du déchiffrement des codes secrets sont obligés de recourir aux services d'un éminent spécialiste du décryptage symbolique qui se trouve être un passionné fou de la quête du Saint Graal. Ce dernier, en adepte accro de l'ésotérisme animé d'obscurs desseins, contribuera à ses dépens à l'élucidation surprenante des énigmes selon lesquelles, entre autres, que l'Eglise aurait maintenu dans le secret pendant plus de deux mille ans, à l’insu de ses ouailles, ( dixit Dan Brown ), le fait que « Jésus aurait eu une relation avec Marie-Madeleine », et que leur descendance se serait continuée dans la dynastie ,porteuse de ce prolongement héréditaire, de surcroît : les Mérovingiens !? Ce secret aurait été ensuite transmis de générations en générations par la société occulte du Prieuré de Sion dont aurait fait partie l’illustre Léonard de Vinci. L'artiste, en digne adepte des mystères et admirable esthète, aurait disséminé des indices révélateurs dans ses toiles, démontrant de l'existence de ladite société secrète. Et tout au long des multiples rebondissements de l'intrigue, on voit les envoyés de l'Opus Dei s'acharner à tout faire pour exécuter l'éventuel "héritier du Christ" ou le porteur de blasphème qui se trouve sous la protection clairvoyante du professeur et l'appui de la secte millénaire relevant de l'ordre quasi-secret des Templiers qui aura finalement le dernier mot : c’est-à-dire, suivant l’aboutissement des péripéties de ce récit à rebondissements, « asseoir l’idée d’un renouveau christique établissant dans ses droits l’héritière de Jésus », entendre par là défendant le « statut de femme-papesse » , passé le temps du règne de l’ordre Masculin traditionnel , dans ce contexte autre qui se doit , dès lors, de s’ouvrir à l’ère nouvelle des temps régénérateurs modernes plus accueillants ou propices à la considération équitable de l’élément féminin. Celui-là-même, argue Dan Brown qui, jadis, fut l’objet de tant de refoulements, de mépris, d’humiliations , de doute sur sa nature humaine même et si malmené et déconsidéré au point d’avoir été fréquemment livré aux affres du bûcher horrifiant sur simple suspicion paranoïaque accusatrice ou calomniatrice de sorcellerie dans cette effroyable Europe médiévale d’un certain règne obscurantiste de l’inquisition implacable !

 Et tout compte fait, d’après ce qui ressort des réflexions de Dan Brown, ce n’est que justice, finalement, si aujourd’hui, les circonstances du nouveau paradigme de l’histoire permettent à la Femme d’ accéder à cette relève de haute place dignitaire religieuse qui participerait d’une sorte de réforme, ou processus de démocratisation cultuelle, inaugurant ,désormais dans ce contexte nouveau , à l’instar des autres secteurs de la vie active, la voie grande ouverte de la marche ferme de la gente féminine vers le plus haut piédestal ecclésiaste , résolument rénové et dignement conquis…

« La nouvelle alliance » selon Dan Brown…

C’est là, en somme, une mise en adéquation d’une certaine « nouvelle alliance » avec les exigences de l’ère moderne, en quelque sorte, non dénuée de nombreuses allusions de remise en cause et de démystifications sévères des fantasmagories mythiques adjacentes au culte du Christ, avec cette propension de ces approches autres, divergentes, tendant à mieux cadrer avec les particularités culturelles spécifiques aux nouveaux temps, et fustigeant notamment les fabulations chimériques de naguère, démantelées coup par coup, à bon ou mauvais escient, dans un but de rénovation cultuelle ,non dissimulé, prônant de nouvelles considérations élitistes, il va sans dire ...Ce qui n’est pas sans présenter le risque, comme l’ont estimé certains historiens, de voir ces approches audacieuses tenter tout novice non averti de les considérer ,à tort, comme une sorte de pseudo néo-culte, et à propos duquel ,le moins qu’on puisse dire sur la teneur de sa conception véhiculée, c’est que cette dernière parait largement tirée par les cheveux, et tiendrait non moins des pans d’apologues, croyances erronées et mystères antiques qu’elle se complait à déconstruire pour prétendre, au bout du compte, leur en substituer une subtile mythologie des temps actuels, relevant, on ne peut plus, des plus formidables et fantastiques fabliaux contemporains de l’an I du troisième millénaire, vraisemblablement ! Ceci malgré le caractère noble véhiculé dans nombre d’idées de l’œuvre dont celles relatives à l’idéal de promotion cultuelle féminine au plus haut rang de dignitaire religieuse, à l’instar de l’évolution culturelle émancipatrice enregistrée dans les autres secteurs de la vie sociale communautaire. Mais cela ne pourrait servir de prétexte pour passer sous silence d’importantes altérations de faits historiques, considérations spirituelles-religieuses et autres malversations et mal interprétations prêtant aux fâcheux amalgames et déplorables confusions caractérisant plusieurs passages de l’ouvrage. Et pour cause… 

 Bref considérons le film de Ron Howard avant d’entrer dans les détails d’ordre spirituel et théosophique véhiculés dans l’œuvre littéraire de Dan Brown : si sur le plan stylistique et narratologique le livre est haletant d'un bout à l'autre, le film adaptant l'œuvre littéraire se révèle, par contre, beaucoup moins attrayant. Quoique du point de vue technico- esthétique l'atmosphère globale du cadre narratologique ambiant semble assez en harmonie avec la teneur consistante du thème traité, la musique d'un choix judicieux y apportant sa note « liturgique », de même qu’y concourt agréablement le rôle maîtrisé des personnages-acteurs graves et austères, dans un Paris nocturne et ses dédales dévoilant nombre de ses vestiges historiques des plus fascinants. Ce qui ne pallie que fort peu à certaines insuffisances, nombre de critiques ayant considéré, à juste titre, le film ennuyeux. Et en effet, force est de constater que le rythme du montage scénique, quoique serré d’un bout à l’autre, par ses recours hyper -nerveux et expositions variées sous divers angles de vues, ne réussit cependant guère à contrebalancer ou réduire, un tant soit peu, de l’ampleur envahissante des dialogues, certes souvent éloquents, mais aux lenteurs spéculatives trop pesantes qui tiennent beaucoup plus du discours narratif du verbiage littéraire-théosophique spirituel livresque que de la dimension esthétique du récit imagé-mouvementé, fluide, inhérente à la spécificité du langage cinématographique. Ce qui a, apparemment, grandement nui à l'œuvre, en favorisant, çà et là, des séquences, ou segments scéniques assez hachurés mais dissimulant mal leur charge de propos, franchement ennuyeux, tandis que certains passages du film paraissent d’un rythme assez tendu. Trop même, au point de flirter avec la technique et style d'intrigues stéréotypées , en usage généralement dans le genre polar ... alors que la nature du thème hautement spirituel et philosophique requérait plutôt une approche esthético- technique plus appropriée à ce genre de récit, concordant mieux, à titre d’exemple, avec un type de découpage -montage au rythme beaucoup plus coulant, moins heurté, car ne semblant pas assez fluide, pour comparaître de manière symphonique, à même de faciliter, mieux, l’écoulement attrayant des dialogues. ( Citons à titre d'illustration, sur ce registre de l'adaptation technico-esthétique appropriée l'exemple édifiant du chef-d'œuvre de réalisme fantastique de Stanley Kubrick "2001, L'Odyssée de l'espace", transposant à l'écran le roman philosophico-spirituel d'Arthur Clarke, de façon admirable, par le recours non pas aux moyens d’usage classiques du genre, mais en usant d' une panoplie de procédés stylistiques cinématiques badigeonnés de couleurs et tons musicaux extraordinairement réalistes qui ont su déroger aux règles fantaisistes consacrées du film de science-fiction classique. Et ce, à tel point que l'œuvre n’était pas loin de se confondre avec l'actualité coutumière des sondes satellitaires émettant … en direct de l'espace ! Le tout en parfaite symbiose avec le sujet adapté, dans une constellation de jaillissements polychromes de notes d'émerveillement inouïes, à la hauteur de la dimension cosmique et humanitaire de la thématique invoquée) .

 Cet aspect stylistique du produit filmique , brièvement esquissé, passons à présent , à ce qui suscite l’intérêt principal du sujet adapté du livre de Dan Brown, qui, pour le rappeler, a remporté un immense succès international, accentué par son adaptation cinématographique, qui a tout autant accru la grande polémique suscitée autour de l’œuvre, certains milieux religieux la qualifiant de véritable sacrilège blasphématoire, de falsifications mensongères, etc. ... tandis que pour ses fans et sympathisants, il n'y a rien d'étonnant à ce que l'Eglise aurait été conspiratrice contre ses paroissiens en maintenant le secret dont il est question pendant plus de deux mille ans... Dan Brown aurait été même jusqu'à affirmer avoir "vérifié ses sources, sans toutefois en affirmer la véracité totale". Ce qui a contribué à enflammer la controverse. Cependant pour l'Eglise accusée d'avoir conservé le secret, « Dan Brown sort de leur contexte des textes apocryphes afin de les adapter à sa sauce », en reprenant grâce à de louables techniques narratives le poncif du "complot Vaticanesque", qui n'a jamais manqué d'abreuver l'imagination des auteurs et cinéastes de par le monde. Autrement dit, pour l'Eglise, ce sont là des allégations fantaisistes. Avis corroboré par celui de penseurs et littérateurs, autres que les ecclésiastes, qui considèrent le livre regorgeant d'erreurs historiques, théologiennes, et de références d'endroits inappropriés. A ce jour, la polémique n’a pas pour autant cessé, le film issu du livre l’ayant, donc, relancée et poussé les fans de Dan Brown, à travers le globe, à poursuivre le décryptage supposé de chaque pan des toiles de Léonard de Vinci dans l’espoir d’y découvrir d’autres symboles.

Avis critiques divergents

Se prononçant sur l’œuvre de Dan Brown, le docteur Oldon Valet, historien et spécialiste en droit et sciences des religions à la Sorbonne et à l’université de Paris III, estime que le « risque principal est de transformer l’histoire en légende. Les événements de l’Evangile ne sont pas des évènements historiques bien que l’existence de Jésus Christ soit avérée. Le danger avec ce genre de traitement est de donner naissance à un contre-Evangile tout aussi invérifiable que le premier et donc de donner naissance à une nouvelle Foi, un fidéisme. Mais ce livre permet de revisiter certains moments de l'histoire, Bible ou encyclopédie en main, ou bien certains lieux, Guide bleu en main, alors il est intéressant. Je pense notamment à l’Eglise Saint-Sulpice dont il est question dans cet ouvrage, souvent très décriée à cause de ce que l’on considère comme le mauvais goût Saint-sulpicien et que beaucoup de gens redécouvrent . Mais attention, il faut toujours garder son esprit critique et se souvenir que le propre du roman n’est pas de remplacer l’investigation mais l’imagination. Il ne faut pas se tromper, et le lire comme un roman » ( cf. l’interview du Magazine de l’Internaute, « Le Da Vinci Code », mai 2006).

 Mais pour d’autres observateurs, l'œuvre de Dan Brown sert de prétexte pour étayer la thèse du soi-disant complot de l'Eglise catholique romaine pour asseoir son pouvoir dogmatique absolu Masculin. Autrement dit, de façon claire, l'objet de la lutte secrète entre les instances dirigeantes de l'Eglise catholique romaine et le Prieuré de Sion concerne, le secret soi-disant de l'enfant qu'a eu Jésus de Nazareth avec Marie Madeleine, ( secret qui aurait été scrupuleusement gardé de génération en génération par la confrérie des Templiers membres du Prieuré), mais dont la divulgation menacerait d'ébranler les fondements même de l'Eglise voire de la civilisation chrétienne occidentale ! Le secret du Graal, pour le romancier, ne consistant pas en la coupe ou le vase classique ,réceptacle du sang du Christ, selon la tradition chrétienne, mais étant représenté par… le corps de la femme Marie Madeleine ,elle-même, porteuse de la descendance du Messie ( !?...).Un héritier, bien gênant, donc pour l’institution ecclésiaste, et représenté dans les temps présents de l'aube du troisième millénaire, en la personne du cryptographe Sophie ( du terme Sophia grec signifiant sagesse ) et qu’une certaine Eglise moderne chercherait coûte que coûte à éliminer pour empêcher, soi-disant, le rétablissement de la succession d'une femme à la tête des fidèles de Jésus !?... Et toujours selon Dan Brown, le célèbre peintre de la Renaissance européenne Léonard De Vinci qui aurait été membre de la confrérie des Templiers, aurait fait symboliquement allusion à ce fait dans sa fameuse toile " La Cène " représentant le Christ et les douze apôtres. Suivant l'interprétation de l'écrivain , Jésus y est représenté sur cette toile, avec à sa droite, non pas Saint Pierre, comme le rapporte la tradition chrétienne, mais sa compagne, Marie Madeleine ( ?), appelée à lui succéder. Le peintre aurait figuré cette liaison étroite, par la composition exprimant en la forme V esquissée tel le schéma d’une pyramide inversée suggérant, par là, la figuration de la liaison intime liant des deux saints personnages,( Jésus – Marie Madeleine) représentés cote à cote. C’est ce que dit Dan Brown de cette scène allusive, selon lui, par cette symbolique de la forme V, référence au sexe ou matrice féminine de la prétendue compagne de Jésus, ou en d’autres termes, renvoyant au réceptacle du Saint Graal  … alors qu'il n'en est rien, en fait ! Cette forme de composition en V se retrouvant, naturellement, entre tous les personnages, assis cote à cote, dans n’importe quelle toile. De même que c'est bien Saint Pierre que Léonard De Vinci avait représenté dans son tableau, et non pas Marie Madeleine ou une quelconque autre compagne de Jésus, selon les historiens attitrés de l'Art et de la vie du peintre-savant, en général.

 D'autre part, et en ce qui concerne l'ordre des Templiers, ces derniers auraient été, en leur époque d'apparition, pourchassés, en 1310-1314, non pas par le pape Clément V qui aurait historiquement vainement tenté de prendre leur défense, mais par le roi Philippe le Bel qui s'est enquis de s'approprier tous leurs biens pour les besoins financiers urgents de son royaume.. Les Templiers n'ayant eu aucun secret particulier à protéger, selon les historiens, sinon leur conception divergente de la religion ( Jésus étant considéré par eux , à l'instar des chrétiens d'Orient et autres protestants, comme Prophète et non confondu avec la Divinité). De même que les templiers auraient entretenu historiquement des relations avec les musulmans Ismaéliens qui les auraient fortement influencés, - ce qui expliquerait cette conception christique limitée au prophétisme de Jésus sans association aucune au Divin Mystère, d’où leur credo divergeant fondamentalement ,sur ce point, vis-à-vis de leurs coreligionnaires chrétiens - mais ce fait, quoique attesté par d’éminents historiens , est passé sous silence par Dan Brown qui a fait état des héritages de l'Egypte antique, du culte de Mitra, de la croix ansée précédant la croix chrétienne, etc., mais s'est tu concernant l’influence mystique musulmane imprégnant, aux temps des croisades, des tenants de l’ordre des Templiers, certains, s'étant même convertis, alors au soufisme ismaélien, selon des chroniqueurs d’annales , ce qui avait accentué l'opprobre jeté sur eux à l’époque. Quant au secret du Graal jalousement gardé par les Templiers, considérons ce que nous apprend l’histoire à propos du Graal, proprement dit, puis ces Templiers, qui sont-ils, et d’où tiennent-ils leur nature énigmatique tellement controversée jusqu’à leur prêter, de nos jours, la perpétuation du lourd secret évoqué qui se confond avec celui du…Graal !

 L’énigme de ce dernier, de l’avis d’historiens des religions et mythographes, concerne cet arcane des vielles légendes relatif à une coupe d’émeraude miraculeuse, ou ce « chaudron mystérieux, dit « chaudron de l’inspiration divine et de la science », auquel, chez les Gallo-Celtes, se substitua le vase du Graal, inaugurant le mythe. Mais c’est avec le christianisme, ramenant le Graal aux dimensions d’une coupe dans laquelle Joseph d’Arimathie aurait recueilli le sang de Jésus crucifié, que s’anima sa quête éperdue dans l’esprit de ses fervents dont le roi Arthur parti à sa conquête. Et depuis, la légende du Graal se répandit un peu partout en Europe , sa fameuse coupe étant signalée, tantôt en grande Bretagne, tantôt dans les Pyrénées, tantôt très loin ailleurs, au point de finir, de confusion en confusion, par désigner le réceptacle d’un trésor disparu. Cependant, le mythe de la quête du Graal transcende largement le christianisme puisqu’on trouve l’écho de ses versions un peu partout à travers les cultures et civilisations anciennes de l’humanité, comme en témoignent les références mythiques de certaines peuplades le confondant avec une « mystérieuse alchimie surnaturelle », ou la gnose de mystiques chrétiens l’identifiant au « Christ cosmique ». Quoi qu’il en soit, le Graal relève d’un attribut sacré et dont le déchiffrement de la symbolique adjacente, selon les spécialités attitrés dans le domaine, aide à en comprendre la teneur fondamentale en rapport avec le souci du « salut de l’âme » de l’être, essentiellement. 

De la symbolique du Saint Graal et autres accointances spirituelles

Voilà, pour ce qui a trait au Saint Graal, de façon générale. Pour ce qui concerne les Templiers, cet ordre mystérieux - fondé au Moyen Age par des chevaliers des croisades protecteurs des pèlerins en Terre sainte suivant ce qui a été rapporté,- est apparu politiquement au grand jour lorsque le noyau des Templiers établi, par le roi Baudouin II de Jérusalem, dans un palais attenant au site de l’antique temple de Salomon, procéda à la codification de ses règles de compagnonnage ésotériste, inaccessible aux non adeptes. Reconfiguration secrète ayant, vraisemblablement, amené les Templiers, à se rapprocher discrètement des Ismaélites musulmans, d’ou leur accoutumance progressive à une attitude chrétienne, autre, divergeant fondamentalement vis-à-vis de la conception du symbolisme de la Croix divinisant Jésus. Une reconsidération témoin d’une certaine imprégnation mystique musulmane, rapportent les historiens de la période qui les aurait amené les Templiers à une révision principielle fondamentale de leur conception religieuse d’auparavant, soit une approche autre de la dimension spirituelle non rigoriste, qui n’est pas, aussi, sans rappeler, à maints égards, les deux formes de théologie pratiquées dans l’antiquité : celle destinée à la croyance populaire, et l’autre réservée aux rares initiés des centres d’initiation aux « Mystères » en Egypte, Grèce, et chez d’autres peuples de haute culture, ou les prêtres des « Mystères d’Eleusis » (Cf. . Le symbolisme dans la mythologie grecque, Paul Diel, éditions Payot, Paris 1952-PBP), par exemple, enseignaient aux esprits sensibles à la sagesse, les soubassements véritables des mythes, permettant de saisir intuitivement l’énigme de leur sens éthique caché, transmis subtilement à l’aide du symbolisme allusif suggestif. 

 Concernant , les fervents des Templiers, ces derniers s’étant rendu compte ,au contact des ismaélites perpétuant une certaine tradition soufie véhiculant une conception ésotériste religieuse mystique ,s’écartant, donc, de la théologie populaire profane imposant la croyance littéraliste et dogmatique des textes spirituels, en sont venus, conséquemment, à opter pour la reconsidération de l’approche littérale conformiste de leur propres textes religieux. C’est ainsi, qu’ appréhendant leur croyance, de façon moins littéraliste et plus spirituelle qu’auparavant, les Templiers ont été amenés à concevoir, alors, autrement le dogme sacré de la trinité, en établissant le distinguo net entre Le Divin, Dieu Seul et Unique Seigneur Tout Puissant Eternel /et/ son Prophète Jésus relevant de la fragile condition humaine terrestre éphémère , comme tous ses autres frères - Prophètes des grandes religions universelles, et qui ne doit absolument pas, de ce fait, être confondu de façon blasphématoire avec l’Unicité principielle de La Divinité Seigneuriale, comme l’inspirait ce qui avait été retenu sur ce point de la mystique ismaélienne. Ceci alors qu’en tous temps, nombre de chrétiens, de par le monde, bien avant les Templiers, s’étaient écartés de la conception rigoriste de la religion, s’imprégnant en différentes époques de l’histoire, de l’Ethique immanente de la religiosité véritable révélée par le symbolisme sous-jacent des textes bibliques immémoriaux.

 A ce propos et s’inscrivant dans ce contexte, considérons les enseignements du clairvoyant Paul Diel, aux immenses travaux éclairant bien des générations d’esprits, et à la teneur édifiante louée notamment par un certain Albert Einstein, écoutons le nous faire part de quelques points instructifs essentiels : « La théologie populaire et profane ( profanation de la vérité sous-jacente) impose de croire verbalement en l’affirmation des Textes selon lesquels Dieu en personne, prenant forme humaine, est descendu des Cieux sous la forme de son Fils unique pour apporter aux mortels le message du salut. Comment ne pas admettre que ce sont uniquement des symboles (…) Une chose est certaine ou devrait l’être : l’interprétation théologique est fondée sur la mécompréhension du très ancien symbole « Fils de Dieu ». Tout homme est symboliquement « fils de Dieu ». Mais aucun homme et aucun dieu ne peut être à la fois entièrement dieu et entièrement homme. Même réellement existant, un Dieu tout-puissant ne pourrait faire pareil miracle. Car il s’agit d’une définition irréversible : un homme qui serait Dieu ne serait pas un homme comme tous les autres hommes. Qu’on l’admette ou non, l’affirmation des Textes est un symbole. Elle participe à la vérité et à la beauté de tous les symboles. Toutefois, LES ERREURS LES PLUS DECISIVES DE LA THEOLOGIE POPULAIRE ne sont pas dues à l’interprétation littérale, mais à la nécessité de la défendre par l’invention de dogmes qui n’ont plus rien à voir avec les Textes ».( Cf. Le symbolisme dans la Bible, Paul Diel, éditions Payot, Paris 1975-PBP) 

 Voilà, d'après moult références historiques que le lecteur pourra aisément consulter via le Net ou dans maints ouvrages, ce qui caractérisait, entre autres, les mystères des Templiers qui s’étaient mis à reconsidérer autrement la religion chrétienne, contestant la confusion blasphématoire du Messie humain Jésus avec La Divinité , une et indivisible, conception orthodoxe audacieusement révisée qui aurait servi, principalement, à alimenter les prétextes, entre autres, d’un Philippe le Bel dans sa machination calomnieuse des Templiers, visant, derrière ça, à s'accaparer, surtout, leurs finances considérables (découlant de leurs gains énormes récoltés des revenus des droits de protection des voies de transit des pèlerins chrétiens ), et régler du coup les graves problèmes de trésorerie qui menaçaient son règne.

 Et le secret du saint Graal jalousement gardé par les Templiers, dans tout ceci ? Comme on le voit et le confirmerait tout regard rétrospectif sur l’histoire religieuse universelle, ce prétendu secret perpétué depuis des siècles par les Templiers, en l’occurrence le secret hiératique relatif à l'enfant Sarah présumée apparentée à la « descendance de Jésus et Marie Madeleine » qui auraient eu une filiation Mérovingienne, occultée avec bienveillance jusqu'à nos jours ( ???), ceci est, de l'avis de la quasi majorité des analystes critiques et historiens, le fruit de l'imagination ingénieuse de l’imposant écrivain qui mêle, habilement, faits historiques sélectifs, sortis de leurs contextes, et suppositions, spéculations fantaisistes faussement argumentées, etc.

 Autrement dit, l'ouvrage fort impressionnant de Dan Brown, quoiqu' il prétende reposer sur des faits historiques n'est en fin de compte qu'une belle et palpitante œuvre romanesque. Et à ce titre elle revêt une certaine valeur littéraire intensément exhalée par le complexe enchevêtrement de références, mixant faits d’histoire religieuse et éléments fictionnels de créativité artistique interagissant en symbiose, telles les couleurs bariolées d’une grandiose fresque d’art tenant à la fois du réalisme et du baroque. 

Entre allégations et faits historiques…

 Par ailleurs, l’œuvre dans ce qu’elle évoque comme soi-disant " complot vaticanesque" ou conspiration de l'Eglise , aurait probablement beaucoup gagné en crédibilité si elle avait situé ce point sur une autre dimension occultée , autre que celle ayant trait à la remise en cause fréquente du célibat de Jésus : les faits d’histoire font, en effet état que ce qui est souvent caché , et revêtant une grande importance spirituelle pour des affidés de la chaîne ancestrale de Jésus, c’est ce qui se rapporte, surtout, à la question du message originel et authentique du Christ ayant trait au rejet de toute « intercession » entre le croyant et Le Divin… Message des origines qui aurait été falsifié par les institutions ecclésiastiques officielles aux fins d’asseoir leur pouvoir théocratique dogmatique institutionnel sur les consciences chrétiennes en ce bas monde … alors qu’à l’origine , est-il rapporté, l’enseignement du Christ se passait volontairement de toutes formes d’intercession et de médiation déformantes : « Soulève un morceau de bois et je suis devant toi ! », « Soulève une pierre et je suis devant toi ! » aurait dit le Christ, pas besoin de recours ou d’intercession de l’ordre institutionnel ecclésiaste médiateur ! Ce qui n’est pas sans aller dans le sens des idées d’un certain révolutionnarisme populiste qui s’est toujours distingué par son opposition farouche à l’Eglise, se rangeant du coté de Jésus, ( et sa figure idéalisée d’anarchiste sublimé) en reprochant notamment à l’institution religieuse d’avoir trahi le message pur des origines. Selon eux, l’Eglise s’était alliée avec le pouvoir temporel des Princes et du monde des affaires d’ici-bas, et aurait enterré le Christianisme originel qui se passait des chapelles dogmatiques contraignantes. La raison pour laquelle, tout retour du refoulé, toute initiative allant dans le sens de la réactivation, ou la résurgence du message initial compromettant, est farouchement combattue par l’Eglise, considèrent-ils..

 Alors que l’Eglise dément catégoriquement ces autres allégations, d’autres penseurs, quoique reconnaissant les faits avérés de la thèse prônée de la teneur du message originel du Christ, prennent néanmoins parti pour l’Eglise officielle, parce que jugeant son héritage primitif (précédant réformes et institutionnalismes ultérieurs) en inadéquation avec le cours évolutif de l’histoire. Notamment aux lendemains de l’évolution de la société occidentale, à la faveur des multiples progrès et émancipations enregistrés et qui ont contribué à reformer les sphères institutionnelles, culturelles - spirituelles - mentales, environnementales de la société et des individus, d’une manière générale. Ce qui a entraîné inévitablement une adaptation plus appropriée de la religion avec les réalités tangibles du monde, terre à terre, d’ici bas, mission réformatrice de « descente des brumes » du message idéaliste des origines que nombre de réformateurs pragmatiques de l’Eglise se sont chargés historiquement d’assumer. Ce qui rappelle les avis décriés d’un Joseph de Maistre, ou Daniélou par exemple, qui considéraient que la mentalité des origines et le catholicisme sont fondamentalement antinomiques. L’Eglise était soutenue justement parce que sont rejetés les fondements idéologiques du Christianisme originel qui tendaient à l’anarchie mystico-politique , ou une doxa théocratique régissant la vie d’ici-bas, d’un autre âge.

 Autrement dit, le bon chrétien, selon eux, ce n’est pas ce chrétien originel, ce croyant insurgé, fasciné par l’au-delà et abdiquant sa condition terrestre, mais c’est surtout ce croyant spirituel évolué , relativisant les choses , et réconcilié avec le pouvoir temporel de l’ordre sensible des choses, non négligeable : c'est-à-dire un croyant passant résolument de sa position obsolète d’affidé communautariste, au statut nouveau, consacré, de citoyen-croyant réformiste, participant ainsi, des garde-fous plantés autour de l’abîme initial des adeptes de la théocratie Evangéliste de soumission absolue, faisant fi de l’ordre de l’Eglise réformiste inclus dans le cadre institutionnel étatique de séparation officielle des pouvoirs. Car n’admettant d’autre ordre que celui d’avant réformisme, c’est-à-dire, celui du culte divin se réclamant de la pratique archaïque des sectes d’illuminés ( pour rappel ce sont les nobles idéaux républicains de la Révolution française de 1789 qui ont contribué grandement à l'institution universelle de ce statut consacré d’aujourd’hui de citoyen du monde, passant du statut d'ex sujet des pouvoirs monarchiques ,ou adepte inconditionnel des collectivités tribales religieuses ou ethniques ancestrales, au statut révolutionnaire de citoyen républicain ,libre dans ses conceptions et choix de cultes confessionnels, etc., s'appuyant sur les fondements d'une constitution démocratiquement éligible, allant en harmonie avec les nouvelles exigences de la nouvelle ère moderne, des réformes institutionnelles, des sciences ,techniques et cultures universelles qui s’ouvrait : ainsi, entre autres, la laïcité conséquente, la séparation des pouvoirs, le « rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu », dès ces temps cruciaux, ce qui a permis au champ social de respirer, ainsi, et d’entreprendre librement les grandes initiatives multidimensionnelles et éminemment révolutionnaires sur le plan socioculturel-mental, étant donné, l’affranchissement historique, depuis, du conditionnement envahissant dans tous les actes de la vie, de la conception religieuse du monde, exclusive d’auparavant. Pour Daniélou, traitant des ébranlements de l’Eglise, « Si nous séparons l’Evangile de l’Eglise, celui-ci devient fou ». C’est-à-dire qu’il revient à son point de départ originel théocratique, effaçant d’un revers de main des siècles de réformes ecclésiastes et d’adaptations aux nouvelles conjonctures historiques, spirituelles, culturelles et matérielles temporelles.

 Cependant, au cours de l’évolution de l’Occident chrétien et particulièrement lors de l’avènement de la Renaissance européenne multidimensionnelle, si le mouvement culturel en général a été une occasion de liberté et de renouveau, pour l’Eglise il semble qu’il n’en fut pas une vraie libération, à proprement dire : elle s’est libérée de l’influence des sectes d’illuminés et du joug du cléricalisme médiéval, etc., mais en engendrant pas moins d’autres formes d’asservissements, ce qui a suscité, notamment, la réaction du Luthéranisme, Calvinisme et Protestantisme contre le dictat rigoriste de l’Eglise. Ce qui n’était pas sans entraîner des schismes, entre autres, favorisant les multiples tendances intégristes et dogmatiques littérales ou autres spirituelles et mystiques, qui ont davantage favorisé la prolifération des sectes et sociétés secrètes, entre autres, entretenant les affabulations, récits mythiques et légendaires, confusément mêlés aux faits historiques, épopées, etc., qui alimentent tant l’imaginaire des fervents de cultes religieux, d’ésotérismes passionnels, etc.. . Tout comme aujourd’hui cette complexité des faits historiques enchevêtrés de récits mythiques, etc., nourrissent fébrilement les esprits des grands créateurs artistiques en général, comme le génial Dan Brown, par exemple.. Auteurs qui trop souvent , malheureusement, prennent leurs désirs pour la réalité, ou noient toute teneur d’ordre spirituel dans l’idéologisme déformant, agissant, à certains égards, comme ces autres affabulateurs qui interprètent fréquemment la façade narrative symbolique et allégorique des récits bibliques et autres mythiques, selon une approche littérale-dogmatique, contribuant, ainsi, à mythifier l’histoire , en confondant allégories, métaphores, paraboles, symbolismes divers, etc., avec des réalités concrètes, ( prenant par exemple l’allégorie de l’arbre de la connaissance pour un fait réel), passant ainsi à coté de la force vitale spirituelle de tels legs signifiants ( cf. voir les œuvres édifiantes sur l’interprétation et déchiffrement de la symbolique des mythes et religions antiques, en général, des Paul Diel, Carl Young , etc..).

 Dans Da Vinci Code, il est question d’indices truffant les toiles du célèbre peintre –savant de la Renaissance Européenne, à la portée, laisse entendre l’auteur, de tout bon quêteur passionné du Graal qui saurait se montrer attentionné et perspicace dans l’œuvre de déchiffrement patient des merveilles esthétiques et artistiques du maître, celles notamment relatives aux exhalaisons spirituelles de ses représentations de saints. Mais, telle qu’elle avait été conçue, cette « quête » exhalée et par le film, et par le roman, s’est présentée sous les aspects, non pas d’une passionnante et surprenante recherche spirituelle mais d’une déplorable banale « investigation policière » . Ce qui n’est pas sans dégrader ou diminuer , à certains égards, de la portée du caractère hautement spirituel et culturel ,pourtant ,de l’œuvre, en concourant, de ce fait, par ce procédé stylistique narrataire inconvenant , à la banalisation dommageable de l’importance révérencieuse vouée à la dimension éthique de la quintessence hiératique du Saint Graal. En effet, la symbolique de ce dernier, qui se doit d’être saisie comme indiqué ci-dessus, non dans son interprétation littérale mais métaphorique, renvoie, d’une manière générale, à cet idéal, quêté en tous temps, (dans la culture chrétienne et en certains points concordants des grands mythes universels, en général, allusifs à l’idéal d’harmonie de l’être, ou cette notion d’accord avec soi et de quiétude libératrice d’angoisses existentielles recherchée, répercutée notamment par l’autre allégorie célèbre de l’or de la pierre philosophale, etc. ), et qui représente un atout capital à garder sciemment en vue, en toutes circonstances, contre toutes tentations de promesses leurrantes de « la folle du logis », ou perversions éthiques, psychiques, intellectuelles, des déformations mentales et psychosociales « démoniaques », comme symboliquement dit dans le langage mythique, car éloignant du « salut de l’âme » : c’est-à-dire ,en langage conceptuel moderne traduisant les formulations liturgiques imagées ancestrales , ce souci de veiller, inlassablement, au sain équilibre spirituel, moral-mental-social, de la santé de l’équilibre de l’être, à mettre constamment hors d’atteinte des risques de déformations et perversions obscurantistes de l’esprit. Ce qui se traduit, en s’inspirant de ce qu’enseigne l’anthropologie de la symbolique culturelle et cultuelle universelle, par l’appel ravissant de l’Esprit : l’hymne enchanteur du divin amour , dissipateur salutaire des pénombres obscurcissant les vitraux brumeux de l’âme en peine, quand elle est traquée par les brouillards opaques, et dans ses pourtours hostiles des dehors, et intérieurement par l’agitation des « démons » (pulsions) de ses tréfonds en éruption, menaçant de dissolution le moi non vigilant : aussi, l’être humain, constamment en proie aux âpres tourments de l’inhumain, enchaînant à chaque démission de la conscience, derrière les parois de sa poitrine, tel l’oiseau dans sa prison-cage, son souffle régénérateur, risque, s’il n’y prend consciemment garde, de voir les méandres des pressions occultes et piège tendu des sombres et gluants marais des profondeurs, engloutir totalement l’emblème souverain de son moi personnel, précipité par ce Mal démoniaque de l’obscurcissement et rétrécissement de l’esprit, lorsque la conscience cède aux tentations paranoïdes. . . 

Interprétation littérale mystifiante et interprétation symboliste édifiante

 C’est-à-dire devenant obnubilée par le jeu mystifiant de l’inflation vaniteuse et vain orgueil louche des grandeurs , animant le tourbillon infernal des ascensions-chutes cycliques, tantôt vers le haut des cimes du moi, tantôt vers le bas des échelles croulantes ; état caractéristique de l’« envoûté » par l’aveuglement parano-schizoïde, envahissant le sujet ayant cédé à la tentation de la cueillette du fruit défendu , par souci d’accès à la promesse de surpuissance, fourbe, malicieusement chuchotée par le « démon » de la perversion éthique et mentale, entraînant déroute individuelle et sociale de l’être Mal ravageur de l’humain, sous tous cieux et toutes époques, connu depuis la nuit des temps, et contre lequel combat, sans répit, l’espoir résurrectionnel et de floraison en chaque aube, du Salut de l’harmonie ou équilibre mental quêté par tout être oppressé et empêché . Celui-là même qui ne désespère pas de voir, un jour, briller, de nouveau, par mille et un soleils resplendissants dans son ciel nocturne, pulvérisant tous ses tourments, l’espoir retrouvé de son « Graal » intime : son harmonie enfin ressuscitée de son équilibre rejailli, visible jusque dans l’éclat étincelant dans ses yeux, exprimant dans la joie, la fierté de la reconquête de son moi total, et les célébrations de cet accord de paix avec soi, et la réconciliation avec la vie, d’une manière générale, synonyme de liberté éclose, telle la rose ce matin, étalant ses fragiles pétales au soleil et relevant en toute confiance, le défi de l’existence et du combat tenace pour la vie, le Bien pour soi, les siens et les autres, et pour tout ce qui mérite d’être aimé, honoré, élevé et protégé contre la bêtise des tentations machiavéliques. 

 Ainsi la symbolique du Graal véritable, au-delà de toutes spéculations fabulatrices des extrapolations dogmatiques littéralistes, des uns et des autres, et qui a trait tout simplement au combat incessant dans le bon chemin de la vie, selon l’éminent Paul Diel , traduisant la symbolique des textes bibliques ( dans notamment son monumental « Symbolique de la Bible », préfacé par Albert Einstein), appréciant le fait de veiller constamment à la préservation du bon équilibre individuel - et en prolongement social,- par notamment l’évitement des tentations obscurcissant et égarant la conscience et l’évolution dans le sens de la vie sensée, loin des cimes brûlantes des hauteurs vertigineuses et loin des abysses glaciales des profondeurs engloutissantes, c’est-à-dire en équilibre dans la condition mesurée et naturelle de l’Homme et non pas du Surhomme ou du Sous-homme comme semble l’enseigner la sagesse spirituelle de la symbolique du Graal et des grands mythes des peuples de l’Humanité.. La lettre tue l’esprit, comme on dit de l’interprétation littérale mais l’interprétation selon l’esprit vivifie : c’est-à-dire que la symbolique des Textes, tout comme l’allégorie de l’icône pouvant passer outre le piège de l’interprétation littérale, étroite, est à même d’accéder au sens véritable, caché, des trésors des Textes spirituels et mythes universels de l’Humanité. . 

Quant aux toiles de Léonard de Vinci, prétendument truffées de codes symboliques, la plupart des spécialistes affirment que ces tableaux n’ont aucun sens mystérieux en dehors de ce qu’ils représentent. La toile la plus célèbre du peintre, en l’occurrence La Mona Lisa dite La Joconde ( 1503-1505), concernerait une certaine Lisa di Gherardini, la femme de Francesco Giocondo, un négociant enrichi dans le commerce de la soie qui aurait commandité le tableau, comme tend à le prouver une abondante documentation historique. Et si l’œuvre de La Joconde, (pièce- maîtresse du Louvre de Paris, le plus célèbre musée du monde), qualifiée de « canular ésotérique » par Dan Brown, ne cesse de susciter tant d’interprétations, c’est surtout parce que c’est une œuvre capitale dans l’histoire de l’art : elle est le premier portrait « moderne ». Alors qu’auparavant les peintres occidentaux s’attelaient à représenter les figures légendaires des Saints ou celles des anges et démons ou allégories mythiques, pour la première fois le « portrait » singularisé de l’humble humain mondain fait son irruption dans le champ configurationnel plastique jusqu’ici consacré exclusivement aux représentations bibliques célestes, figures fantastiques ou autres titanesques des jardins d’édens , des gémonies d’enfers, ou les représentations des paroisses des saintetés , ou autres des cours de royautés et des puissants, etc. …pour la première fois, donc, le fragile et humble visage du portrait de l’être humain du banal quotidien de la vie faisait son entrée discrète dans la scène de l’Histoire, dument cadré et enduit de teintes…longtemps avant l’avènement de l’autre irruption historique de la photographie daguerréotype qui consacrera universellement, avec grand bruit cette fois, le portrait de l’humble humain de la vie publique quotidienne ! Léonard est passé par là, et avec lui, c’est tout l’œil et la projection des lignes de fuite de l’espace graphique ( par rapport à la dimension intensive, restreinte, de l’ouïe exclusive dans la culture orale moyenâgeuse de l’Orient) qui se trouve être à la base de la grande aventure du formidable progrès évolutif de la civilisation occidentale. Mais ceci est une autre histoire.

                     Med Ghriss

         (Citoyen du monde, auteur-journaliste indépendant)

 


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6 réactions à cet article    


  • adeline 3 septembre 2015 16:10

    Pas très d’accord avec vous, ce livre est prenant au tout début, mais rapidement la somme d’actions est telle que rapidement c’est trop invraisemblable, et la fin est vraiment en queue de poisson, ce livre a dû bénéficier de l’effet Harry potter.


    • MKT 3 septembre 2015 17:34

      Monsieur,
      Pour tout dire, j’ai lu votre article pour me divertir (c’est à dire m’éloigner de mes tâches laborieuses).
      Je ne formulerai aucune remarque cependant je m’interroge.
      Voici ma question : êtes vous un avatar de Bernard Dugué ?


      • soi même 3 septembre 2015 21:14

        D’après vous quand ont mélange le vrai et du faux, cela donne quoi ?


        • Alex Alex 3 septembre 2015 23:51

          J’ai lu ce roman avec beaucoup d’intérêt et d’amusement, dans le même état d’esprit que lorsque je regarde un bon tour de magie. Dan Brown, après s’être livré à un important travail de recherche, a réussi un excellent cocktail fait d’un mélange de faits réels, d’autres beaucoup moins, et d’hypothèses à ne pas prendre au sérieux. 

          Le reste de ce long article sur le symbolisme religieux m’a beaucoup moins intéressé. Tenter de justifier d’antiques fables en leur trouvant des qualités invisibles au profane me semble une manœuvre douteuse pour les réhabiliter. 
          Le Christ prêchant la pauvreté était une véritable aubaine pour des dirigeants (religieux ou non) désireux de s’enrichir sur le dos d’un bas-peuple auquel était promis le paradis s’il acceptait de se laisser dépouiller.


          • keiser keiser 4 septembre 2015 15:15

            @ L’auteur .

            L’article est un peu long alors je fais des pauses smiley

            Ensuite et je l’ai déjà dit ici , Dan Brown est un petit malin qui n’a absolument rien inventé .
            Il s’est simplement contenté de reprendre l’excellent travail de Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh. Ceux ci ont écrit l’ Enigme Sacrée que Dan Brown à repris en n’en faisant un roman .Il est aussi à noter que les trois journalistes anglais de l’Enigme Sacrée s’étaient inspirés de L’Or de Rennes de Gérard de Séde .
            Bon voila , ça c’est fait .
            Dan Brown est juste un petit malin à 3 millions de dollars .
            De toutes façons et tous les vingt ans , on nous ressort le Graal de sa boite . 

            Mais je conseille plutôt de lire l’Enigme Sacrée fruit d’un vrai travail de journalistes anglais de la BBC et non d’un petit rigolo américain ( a 3 millions , bien sur ) .


            • keiser keiser 4 septembre 2015 16:52


              Oups ! ...
              J’ai oublié de mentionner le très bon roman de Umberto Eco : « Le Pendule de Foucault »
              Celui ci , s’intéresse plus à la démystification en ironisant sur les chercheurs du Graal .
              Ce qui ne l’empêche de fouiller sérieusement .
              Le sérieux de Umberto Eco n’est plus à démontrer . smiley 

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