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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Roger Keith Barrett est mort

Roger Keith Barrett est mort

Mieux connu sous le nom de Syd Barrett, le musicien et compositeur britannique, cofondateur et premier chanteur de Pink Floyd, s’est éteint dimanche à l’âge de 60 ans, à Cambridge.
Barrett était le cerveau créatif du génial premier album du Floyd, The Piper at the Gates of Dawn, sorti en 1967. Il en signe tous les titres, sauf un. L’année suivante, sur A Saucerful of Secrets, second album du groupe, Barrett est déjà en partance (il ne signe qu’un seul titre, Jugband Blues, qui clôt le disque). Eh oui, l’excès de LSD nuit gravement à la santé mentale... et, a fortiori, aux relations qu’il entretient avec les autres membres du groupe.

En 1997, Ian Barrett, neveu de Syd, évoquait son tonton en ces termes : « Une conversation avec Roger n’est pas identique à une conversation avec la plupart des gens. Il a effectivement une façon étrange et fragmentée de parler. Les sujets quotidiens prennent quelquefois un tour un peu abstrait, mais il a sa propre logique interne et c’est juste sa façon de s’exprimer. Si les gens s’imaginent qu’il est toujours le fou sauvage qu’il est supposé avoir été dans les années soixante - et je pense que ce n’était que pure invention pour l’essentiel -, pourquoi pas. Mais je pense que ce n’est que le desservir en tant qu’artiste, et que c’est une façon paresseuse et simpliste de présenter les choses. Ce qui me fâche dans les portraits que les médias dressent à son sujet, c’est qu’il est toujours présenté comme un "cinglé", un génie du rock "totalement halluciné’, ce qui évite de se poser des questions au sujet des souffrances qu’il a endurées dans les années qui ont suivi les premiers succès du groupe. Je suis convaincu que les gens ne sont pas prêts à entendre vraiment parler de sa dépression et des pressions auxquelles il a été soumis. »


Après quelques albums solos inégaux, Barrett vécut reclus dans sa chambre chez sa mère, dans la banlieue de Cambridge. Après le décès de celle-ci, il y a une dizaine d’années, il a poursuivi une existence paisible dans la solitude, s’adonnant notamment à la peinture.
La photo ci-dessus provient de La Syd Barrett Page. Elle daterait de 1990.
RIP.


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11 réactions à cet article    


  • David Leloup (---.---.80.156) 12 juillet 2006 10:53

    Demian, oui cette photo est saisissante. Je suis tombé directement dessus via Google Images. Un portrait moins profond mais apparemment plus récent (avril 2001), se trouve ici. Les comètes de la trempe de Barrett laissent effectivement des traces indélébiles dans nos cieux intérieurs... Mais... votre prose me rend presque lyrique, ma parole !


  • David Leloup David Leloup 12 juillet 2006 10:29

    UPDATE : Selon le site Internet du Nouvel Observateur, Barrett aurait passé l’arme à gauche dimanche 9 juillet et la cause de son décès ne serait pas connue. Pour le fan et responsable du site Internet The Syd Barrett Archives, la mort du « diamant fou » remonterait au vendredi 7 juillet et serait due à des complications médicales liées au diabète dont Barrett souffrait depuis des années. Hier vers 17h00, Wikipedia mentionnait le 9 juillet avant que cette date ne soit corrigée.


    • Exprimanoo Jack Enko 12 juillet 2006 11:21

      Un grand s’en va, c’est sûr...

      Au revoir l’artiste


      • Rocla (---.---.150.73) 12 juillet 2006 12:41

        Je pense qu’ on finirait par s’ emmerder ici bas,si on ne mourrait pas. Mais en attendant profitons...zen

        Rocla


        • Marsupilami (---.---.44.136) 12 juillet 2006 13:16

          - Emily tries but misunderstands, ah ooh
          - She often inclined to borrow
          - somebody’s dreams till tomorrow
          - There is no other day
          - Let’s try it another way
          - You’ll lose your mind and play
          - Free games for may
          - See Emily play

          - Soon after dark Emily cries, ah ooh
          - Gazing through trees in sorrow
          - hardly a sound till tomorrow

          - There is no other day
          - Let’s try it another way
          - You’ll lose your mind and play
          - Free games for may
          - See Emily play

          - Put on a gown
          - that touches the ground, ah ooh
          - Float on a river
          - forever and ever, Emily, Emily
          - There is no other day
          - Let’s try it another way
          - You’ll lose your mind and play
          - Free games for may
          - See Emily play


          • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 12 juillet 2006 13:29
            Remember when you were young, you shone like the sun. Shine on you crazy diamond. Now there’s a look in your eyes, like black holes in the sky. Shine on you crazy diamond.

            Coincidence, on voit en ce moment des pubs pour le prochain concert de Roger Waters qui proclament ce dernier « le génie et l’âme de Pink Floyd ». Beurk ! A se demander lequel est le plus mort des deux.


            • David Leloup (---.---.80.156) 12 juillet 2006 13:49

              Effectivement, c’est même inscrit sur l’affiche et ce concert a lieu à l’occasion du... Grand Prix de Formule 1 de Magny-Cours ce 14 juillet, un événement éminemment écologique qui tranche avec la dominante verte et la pureté cristalline de l’illustration de l’affiche...


            • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 12 juillet 2006 14:02

              Le groupe Pink Floyd (nom qui fut choisi par Syd Barret en référence à deux surnoms de jazzmen - et non à une histoire de flamands roses) aurait pu changer de nom car le groupe a eu trois périodes :

              La période Roger Waters - Syd Barett - Richard Wright - Nick Mason (1964-1966), la période ’psychédélique’ avec ’See Emily play’, ’Arnold Lane’, etc...

              La période Roger Waters -David Gilmour - Richard Wright (jusqu’en 1979) - Nick Mason (1966-1982), celle dont le répertoire est le plus connue, avec l’arrivée de chansons plus longues, parfois inspiré par le drame de Syd Barrett (comme l’album qui lui est dédié : ’Wish you were here’). La période pendant laquelle le groupe explose les ventes avec l’album ’Dark side of the moon’ sur lequel se trouve le tube ’Money’. Période aussi où sort ’Pink Floyd the wall’, film culte réalisé par Alan Parker, inspiré des drames personnels du groupe (la folie de Syd Barrett, la perte avant sa naissance du père de Roger Waters pendant la guerre...). Malheureusement, Roger Waters se fera reprocher par les autres membres un certain égocentrisme (Richard Wright sera renvoyé du groupe en 1979, les autres le suivront en 1982).

              La période Gilmour-Wright-Mason (1982-...) avec comme album ’Learning to fly’, ’Division Bell’

              En fait, trois périodes pour trois registres différents. Il y a notamment une différence notable entre la période Barrett, très orienté 60s et pleins de morceaux assez délirants, et les deux autres, plus graves, plus accoustiques. Je suis plus fan des deux dernières, mais Syd Barrett a eu le mérite de rassembler un groupe d’individus talentueux. Mais sa mort ’physique’ me touche moins que sa mort ’artistique’, vu qu’en presque 40 ans, il n’a jamais pu relancer sa carrière...


            • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 12 juillet 2006 14:38

              Bof. Enfin vous me direz, les goûts et les couleurs...

              Il est très injuste de réduire le rôle de Syd Barett à « assembler un groupe d’individus talentueux » étant donné qu’à cette période, l’individu talentueux était lui, les autres suivaient. C’est oublier des chefs d’oeuvre comme « The Piper At The Gates Of Dawn », « Astronomy Domine » et autres chansons de sa main.

              La deuxième période, à mon avis, ressemble plus à une capitalisation sur les acquis de l’explosion créatrice de la première, leur mise sous forme commercialisable avec quelques franches réussites (Meddle, Dark Side Of The Moon) puis une chute progressive vers le néant.

              Quant à « Roger Waters se fera reprocher par les autres membres un certain égocentrisme », c’est présenter les choses un peu à l’envers. On est en droit de s’interroger sur son egocentrisme, cf. l’affiche actuelle. Et c’est lui qui a viré Wright, que je sache. D’ailleurs après un album dont le thème principal est le narcissisme, « The Wall », cette deuxième période se termine sur « The Final Cut », un album solo de Waters en fait, mais sous le nom Pink Floyd. Le message est clair : « Pink Floyd c’est moi et mon ego ».

              Dans la troisième période, les quelques albums de Pink Floyd et ceux de Waters rivaliseront de médiocrité. Au moins Gilmour a le mérite de parler avec une humilité certaine du groupe, et de Barett. Pendant que Waters, fidèle aux habitudes que ses collègues lui reprochaient, s’auto-proclame « génie ». Ce qu’il n’a jamais été, il est un suiveur, qui a eu un certain talent et une certaine inspiration à un moment il y a plus de 30 ans. Le génie c’était Barett.


            • Marsupilami (---.---.164.57) 12 juillet 2006 19:22

              Ouaf !

              @ Ludovic

              M’enfin Ludovic, dès que t’as plus de Zizou tu zappes sur le Syd-zou !

              J’ai réécouté The madcap laughs hier (ce que je n’avais pas fait depuis une dizaine d’années) et j’ai trouvé que c’était vachement bien. Le truc qui va pas c’est la mise en cause de l’acide dans la déterioration mentale de Barrett. Si tous ceux qui ont carburé à l’acide à cette époque-là avaient fini comme lui, il y aurait un sacré tas de schizophrènes (au sens purement psychiatrique) chez les soixante-huitards. De mon côté, à la réécoute ça a été. Même pas une remontée d’acide en le réécoutant. Avec le temps va, tout s’en va...

              Houba houba !


            • David Leloup (---.---.75.121) 12 juillet 2006 20:36

              Certaines personnes sont génétiquement plus vulnérables que d’autres aux substances psychotropes (alcool, marijuana, acide, etc.), à court ou à long terme. C’est bien documenté pour l’alcool me semble-t-il. Peut-être était-ce le cas de Barrett.

              Un extrait de Madcap - The half-life of Syd Barrett, Pink Floyd’s lost Genius de Tim Willis, nous éclaire sur les moeurs toxicomanes de Syd, qui n’y allait pas avec le dos de la cuiller, si je puis m’exprimer ainsi :

              (...) Il y a un sinistre son de vérité dans les dires de Sue Kingsford [une copine de classe de Barrett]. Elle dit que Barrett allait régulièrement la voir en 1967 [...] à Beaufort Street pour se procurer de la drogue chez un gros dealer d’acide appellé « Capitaine Bob ».

              Ca a l’air plus probable que les rumeurs qui disent que les colocataires de Barrett mettaient du LSD dans son thé. [Le petit copain de Kingsford,] Jock dit que : « Se piquer était un véritable crime. On ne le faisait tout simplement pas. Il y avait tout un rituel pour la prise d’acide, décor paisible et bonne musique. » [...]

              [Le copain de Cambridge et futur membre du Floyd] David Gilmour estime que : « Syd n’avait pas besoin d’encouragements. S’il y avait des drogues, il en prennait à la pelletée. » Gilmour est assez d’accord Waters sur le fait que « Syd était nourrit d’acide. » Sue Kingsford dit en rigolant : ’Tout le monde nourrissait les autres avec de l’acide... C’était une époque incensée. Malgré son attachement envers Jock, elle passa une nuit avec Barrett. « Nous trippions, » explique-t-elle.

              Mais qu’entendait-elle par tripper ? [Un autre copain de Barrett lui aussi de Cambridge , Andrew] Rawlinson [...] : « L’acide de cette époque était 5 fois plus fort que celui d’aujourd’hui. Pour un trip standard, on prennait 250 microgrammes. Mais certains croyaient beaucoup en la prise de 50mcg par jour. [Il y avait même un bouquin hippie là dessus] Avec ça on pouvait aller travailler, on paraissait à peut près normal, mais on ne faisait pas vraiment partie des initiés. »

              Peut-être que Barrett avait choisit cette voie là. Mais s’il avait effectivement pris une dose de 250 mcg au Technicolor Dream, c’était chose plutôt rare. Il n’avait tout simplement pas le temps pour prendre des trucs plus fort que le haschisch, qu’il fumait cependant en quantités industrielles... Il prennait aussi du Mandrax, un tranquilisant hypnotique qui, si on parvenait à en surmonter la première vague de fatigue, produisait un effet de type Opium quand on le couplait avec de l’alcool. Le Mandrax a pu plaire à Barrett en raison de sa forte popularité à la fin des années 60 et peut-être que cela lui permettait d’empécher momentanément son esprit de partir dans tous les sens [le Mandrax ayant un effet tranquilisant]. [...]

              Extrait complet : http://thinkfloyd.free.fr/

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