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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Sérotonine ou l’inexorable déclin de Michel Houellebecq

Sérotonine ou l’inexorable déclin de Michel Houellebecq

Lu Sérotonine de Michel Houellebecq, avec intérêt, mais sans grand plaisir, je dois le reconnaître. Lu aussi quelques critiques sur cet ouvrage, dont aucune, je dois le reconnaître également, ne m’a semblé toucher quelque chose de vraiment significatif. Ce sont soit des affirmations péremptoires dépourvues de toute justification (« son plus grand roman depuis… », « l’observateur le plus fin du monde moderne », etc.), soit des épanchements purement subjectifs (« j’ai adoré parce que ça se lit bien, qu’il pense exactement comme moi », etc.). Pour clarifier un peu les choses, je voudrais souligner trois points à propos de ce roman.

 
1. L’effondrement du style. C’est là un fait que personne ne relève. La langue littéraire classique obéit à des règles assez basiques. La phrase est une unité, et la phrase a ce que l’on appelle un nombre. Cela signifie qu’elle se déploie selon un rythme assez strict, avec une phase ascendante, une suspension, une phase descendante, calquées dans l’idéal sur la respiration humaine, et favorisant normalement la déclamation. Exemples : Racine : « Je t’aimais inconstant, qu’aurais-je fait fidèle ? » Baudelaire : « Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille ». Même les phrases de Proust sont très rigoureusement structurées (obsession de l’architecture chez Proust). Or, dans Sérotonine, nous avons ce qu’il faut bien appeler une logorrhée, c’est-à-dire une succession de propositions articulées de façon très lâche, sans points, où la virgule omniprésente perd sa fonction de respiration et devient la modalité unique de structuration du discours. On est loin, très loin, des phrases impeccables d’Extension du domaine de la lutte : « Non seulement je ne souhaitais pas mourir, mais je ne souhaitais surtout pas mourir à Rouen. Mourir à Rouen, au milieu des Rouennais, m’était même tout spécialement odieux. » Cette évolution était à vrai dire perceptible depuis La Possibilité d’une île (2005). Je me souviens à quel point cela m’avait frappé alors, c’était une vraie rupture dans le style jusque-là cliniquement objectif de Houellebecq, et personne ne l’avait relevé. Bien entendu, la littérature a plusieurs visages, plusieurs expressions possibles (« Il y a de nombreuses demeures dans la maison de mon Père »), mais Houellebecq est passé d’un classicisme strict aux prises avec le monde moderne dans la lignée de Baudelaire (ses premiers textes comme Rester vivant sont tout à fait dans la veine cruelle et concise des Petits poèmes en prose), à l’informe monologue intérieur à la Céline ou à la Joyce, et il faut quand même que quelqu’un le dise à un moment donné.
 
2. La paresse foncière de la posture houellebecquienne. Michel Houellebecq est riche. Il ne travaille pas. Il a un peu vécu en Thaïlande, en Irlande, en Espagne. Il se promène, il regarde la télévision. Il mange. Il boit. Le personnage de Sérotonine est dans une situation de pur observateur, dégagé des contraintes et des souffrances communes. Il souffre parce qu’il n’est plus avec Camille (big deal). Et le relâchement du style mentionné ci-dessus n’est peut-être après tout que la conséquence de cet effacement des contraintes sociales que le confort et la sécurité ont entraîné chez l’auteur. Ce qui faisait d’Extension du domaine de la lutte un grand livre, c’était précisément la lutte, la lutte pour survivre, la lutte pour baiser. C’était une peinture effroyable du monde aseptisé des cadres moyens à la fin du vingtième siècle. L’auteur était aux prises avec le monde. Depuis vingt ans, Michel Houellebecq n’a plus besoin de lutter pour se nourrir ou pour baiser. Il se dégage par conséquent de ses derniers romans une impression assez déplaisante de laisser-aller. Contrairement à ce qu’on lit souvent, il n’y a plus vraiment de vison du monde chez Houellebecq, de réflexion globale, de passages théoriques un peu chiants comme dans Les Particules élémentaires. Il y a par contre dans Sérotonine un nombre impressionnant de citations de mets divers (« truffes d’Alba », « médaillons de homard », « Saint-Jacques avec leurs petits légumes ») ou de boissons alcoolisées (Zubrowka, Chablis, Saint-Émilion). Houellebecq finit comme a fini Lamartine d’après Gide, dans la gloutonnerie. Et ça, personne ne le dit.
 
3. L’amour comme destin unique de l’homme. Là, Houellebecq rejoint une tendance générale de l’époque, il se conforme parfaitement à la morale commune. Nous vivons, de fait, dans une société redevenue unidimensionnelle. Au Moyen-Âge, il n’y avait qu’un seul horizon, qu’un seul but dans la vie : Dieu. Cet inacceptable rétrécissement de vue et d’esprit a fait l’objet des sarcasmes des époques postérieures et de la nôtre. Ensuite, il y a eu à peu près quatre siècles où la liberté semblait s’être instaurée quant à la détermination des fins, où l’homme pouvait choisir de donner un but à peu près inédit, individuel, à son existence, mouvement qui a trouvé son apogée et son chant du cygne dans la philosophie existentialiste. Depuis les années 60 à peu près, la civilisation occidentale est redevenue monodimensionnelle, mais ce n’est plus Dieu qui constitue la fin unique, c’est le couple. On peut ici citer tous les auteurs contemporains, de Nicolas Rey à Frédéric Beigbeder en passant par Guillaume Musso et Marc Lévy, mais, pour rester dans les ouvrages parus cette année, on peut nommer, dans la même lignée métaphysique que Sérotonine (All you need is love) : Sycomore sickamour de Pacôme Thiellement, ou Rompre de Yann Moix. Tandis que les premiers ouvrages de Houellebecq proposaient une vision lucide, objective, désenchantée, poignante parfois, du désastre amoureux programmé de nos vies, Sérotonine tombe dans ce qu’il faut bien nommer la mélasse sentimentale populaire, le sentiment amoureux qui renverse tout, qui constitue, c’est plusieurs fois répété dans le roman, le seul but réel assignable à l’existence. Houellebecq, et c’est ici qu’il faut faire preuve de finesse, Houellebecq ne critique plus le libéralisme, il est passé dans le camp des vainqueurs et il soutient le plus grand allié, l’allié invincible de la société libérale, consumériste et individualiste dans laquelle nous vivons : le couple.
 
Ce qui fait, malgré tout, que les livres de Houellebecq restent intéressants à lire, et qu’ils suscitent toujours ma curiosité comme celle de millions de lecteurs, c’est au fond l’absence totale de scrupules de l’auteur. Il ne se cache derrière aucun paravent moral. Il n’a aucun amour-propre. Il exprime fidèlement les désirs basiques de la société qui l’a modelé, et il possède encore un bagage linguistique assez solide et assez riche pour le faire de manière divertissante. Mais sur le plan strictement littéraire, comme sur les plan sociologique ou philosophique, Sérotonine est l’exact opposé d’un apogée, d’un couronnement de l’œuvre, c’est la marque d’une incontestable et à vrai dire assez triste déchéance.

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34 réactions à cet article    


  • math math 23 janvier 10:26

    Encore une « jalouse » du talent ?


    • Paul Leleu 24 janvier 19:38

      ben non... au contraire !!! Enfin une personne qui ose dire que Houellebecq est une escroquerie littéraire profilée pour les profs, les artistes ratés et les libraires... bref, pour la semi classe moyenne pseudo intellectualisée... 20 ans d’escroquerie enfin révélé... ce qui me fait marrer, c’est que Houellebecq est vraiment présenté depuis 20 ans par tout l’establishment bourgeois libéral comme le parangon de la « dissidence »... mais ça n’a jamais fait tiquer personne...

      La poésie de Houellebecq a toujours été nulle... seul son premier roman « Extansion du domaine de la lutte » revêtait un certain intérêt... et encore ! ... Houellebecq nous décrivait la misère affective d’un cadre moyen, mais nullement l’aventure humaine de son dépassement, qui eut été réellement littéraire...

      Par la suite, la « logorrhée » de l’auteur a eu tout pour plaire aux intellos ratés, qui ont du effectivement trouver un fidèle miroir à leur médiocrité... La comparaison avec l’escroquerie célinienne est très bien vue... même esthétique, même médiocrité, même public...

      L’auteur de l’article souligne très bien que Houellebecq s’est effectivement rallié au modèle dominant du libéralisme qu’il prétend critiquer... C’est exectement cela... mais a-t-il jamais vraiment critiqué ce modèle, même dans « Extansion » ?

      Ce qui aurait fait de Houellebecq un authentique génie (car il a une plume), c’est de parvenir à nous faire vivre ce que vivent des millions de français : un dépassement du nihilisme libéral, dans des relations humaines qui finissent par dépasser le néant des chiffres... Eh oui... le peuple est moins libéral que ne le croit Houellebecq... et des millions de français, dans ce contexte d’enfer, tissent -loin des yeux officiels- des relations humaines qui surmontent ce nihilisme... et cela mériterait un vrai roman...


    • Cali Cali 27 janvier 10:53

      @Paul Leleu
      Ne dites pas que ce genre de style est une escroquerie, dites plutot que vous n’aimez pas...
      Personnellement j’apprécie ce format « pensée intérieure brute », « ça change » comme on dit, même s’il ne faut pas comparer l’incroyable pertinence dans l’analyse de la noirceur humaine de Céline avec les pornos à peine soft de Houellebecq ou Bukowski et compagnie.

      Quant aux phrases bien construites à la façon du language, je suppose que l’auteur ne peut pas piffrer Proust ?


    • samy Levrai samy Levrai 27 janvier 11:49

      @Cali
      Je n’ai lu que son premier livre et c’etait pour moi un vulgaire livre de cul avec propagande américaine de chocs des civilisations en toile de fond, je n’ai jamais eu envie de re-tenter l’expérience et ne comprend le piédestal sur lequel ce type est perché. 


    • L'enfoiré L’enfoiré 23 janvier 10:57

      @Laconique,

       Je viens de répondre à rosemar qui me demandait ce que j’avais lu de cet écrivain.

       Si vous lisez ensuite ce que j’ajoutais en commentaire à mon dernier billet.

      vous comprendrez mon manque d’enthousiasme à lire un de ces bouquins à succès dans l’air du temps et de la déprime.

      J’ai eu le livre de Sérotonine, dans les mains.

      J’y ai jeté un coup d’oeil et j’ai refermé le bouquin sans aller plus loin.

      Au lieu de pleurer ensemble, ne vaudrait-il pas mieux, essayer de rire ensemble des bonheurs et des malheurs ?

      Allons voir le film « Les invisibles »



      • Paul Leleu 24 janvier 19:44

        @L’enfoiré

        "vous comprendrez mon manque d’enthousiasme à lire un de ces bouquins à succès dans l’air du temps et de la déprime. J’ai eu le livre de Sérotonine, dans les mains. J’y ai jeté un coup d’oeil et j’ai refermé le bouquin sans aller plus loin. Au lieu de pleurer ensemble, ne vaudrait-il pas mieux, essayer de rire ensemble des bonheurs et des malheurs ?"

        Ben, vous avez tout à fait raison... Mais les lecteurs de Houellebecq (ou de Céline) ne cherchent pas le réel... ils cherchent juste à vérifier partout et tout le temps leur équation intellectuelle dépressive et nihiliste...

        ce type de bouquin n’a pas d’autre ambition que de tendre un miroir de certitudes à un certain lectorat qui se croit « lucide »...

        La dépression n’est pas une « lucidité », mais un narcissisme infantile mal dépassé... tout adulte sait très bien que la vie a des limites et des calamités... mais aussi que si la raison est pessimiste, le coeur éprouve des émotions qui surprennent... on tombe parfois amoureux malgré soi... on dit ou fait des choses belles alors qu’on s’était juré de ne plus croire en rien... en fait, on vit alors qu’on voulait mourir... bref, la vie est plus forte que nos certitudes... et voilà tout...

        on ne sort pas de la dépression par l’intellect... mais par le coeur... quand on est surpris de l’entendre battre... le cerveau compte, et la comptabilité nous rend dépressif (à juste titre)... mais le coeur ne compte pas, il se moque de nos comptes, et il reste jeune, malgré ses blessures, jusqu’à la fin de nos jours...


      • L'enfoiré L’enfoiré 25 janvier 11:19

        @Paul Leleu bonjour,

         Vous avez raison mais de cette relation entre le coeur et l’esprit, j’en ai parlé dans ce billet « Maitriser ses émotions » et j’ai parfois du mal à vous suivre...
         Tout passe toujours par le cerveau... Le coeur n’est qu’une pompe...
         Mais tout dépend de sa psychologie et de la manière dont on y répond


      • Paul Leleu 25 janvier 19:56

        @L’enfoiré

        merci...

        « Tout passe toujours par le cerveau... Le coeur n’est qu’une pompe... » ....

        je pense que nous divergeons totalement là-dessus !!!! C’est d’ailleurs toute ma divergence avec la « modernité occidentale », qui prétend que le corps n’est qu’un outil mécanique au service d’un cerveau... cet axiome, jamais démontré, constitue la base du désenchantement occidental... un peu comme un fumeur qui se plaindrait de tousser, ou un alcoolique de tituber... il y a un lien de cause à effet, entre cette vision « machiniste » du corps et la dépression occidentale...

        L’occidental prétend en permanance faire un « retour au corps », alors qu’en fait il dénie à son corps une existance autonome... c’est très paradoxal !!! ...je pense au contraire qu’il faut rendre à notre corps son existance autonome, au-delà de l’empire du cerveau...

        - une amie alcoolique était enceinte d’un type violent et débile, et elle était complètement ouf... elle me demande si elle doit avorter... je lui ai répondu ceci : « avec mon cerveau je te dis oui, avec mon coeur je te dis non »... et c’était exactement ce que je ressentais ! Mon cerveau me disait que cet enfant était mal parti dans la vie, et que en plus je ne vois pas l’intérêt de faire des enfants dans un tel monde ! Mais mon coeur bondissait dans ma poitrine, et je ne pouvais pas faire semblant de ne pas le sentir... Elle a pleuré, m’a pris dans ses bras, et m’a remercié...

        - un autre exemple : quand le petit enfant d’un ami nous pose une question sur la mort, sur sa mère infidèle qui est absente... ben, même si on est cynique, on arrondit les angles quand on parle au petit... spontanément... pourquoi ? sinon parce que notre coeur nous fait comprendre quelque chose ? Malgré que la vie nous semble noire, notre coeur nous fait « entrevoir le jour » pour répondre à cet enfant... et j’ai vu des gros durs devenir des tendres l’espace de 5 minutes pour répondre à de telles questions...

        ce genre d’expériences (et plein d’autres), que nous pouvons tous faire, nous montrent que la vie n’est pas que néant... ce serait tellement simple si tout était noir !... mais non, la réalité est un mélange... Voilà pourquoi je n’apprécie pas la littérature à la Céline ou à la Houellebecq... parce-qu’ils occultent la moitié (lumineuse) du réel, pour n’en garder que la moitié noire... ça me semble juste fallacieux...


      • L'enfoiré L’enfoiré 27 janvier 19:26

        @Paul Leleu
        Il y a aussi l’intestin, notre second cerveau
        Et comme je l’ai écrit dans un de mes billets, il y a ceux qui ont un nième cerveau entre les jambes comme Jeff Bezos.
        Le cerveau cérébral, ui, consomme le plus d’énergie.

        « il y a un lien de cause à effet, entre cette vision « machiniste » du corps et la dépression occidentale »
        Bien sûr quand négligeant son corps, on en arrive à des situations extrêmes.
        Un esprit sain dans un corps sain.
        Tout tient ensemble, c’est une évidence.
        Je dis souvent, tant qu’on a la tête et les jambes, on peut s’en sortir...
        Ce qu’il y a entre les deux, on s’en occupe plus facilement.
        Tout comme les objets tous les êtres vivants ont une obsolescence programmée... smiley


      • L'enfoiré L’enfoiré 27 janvier 19:33

        @Paul Leleu

        Juste une petite précision tout de même : mon billet « Maitriser les émotions » répondait aux émotions de la colère qui me caractérisaient dans la catégorie « A » du test en question.
        Ecoutez l’hommage qui a été fait pour Michel Legrand


      • In Bruges In Bruges 23 janvier 19:26

        J’aime assez ce constat neutre, équilibré et « dépassionné » sur Houellebecq.

        Le dernier paragraphe résume tout , ou presque.

        Ouais, la décrépitude des gens et des idées, le brio qui fout le camp, parce que c’est pas fait pour durer toute une vie.

        Houellebecq lui-même, à mon sens, ne s’attendait pas à « durer », mais plutôt à partir bien vite d’un crabe ou autre cadeau de la vie. C’est pour ça qu’il a « lâché la purée » littéraire au début. Mais il dure. Et il se marie, parce qu’il en a enfin trouvé une qui veut bien. Du coup, il casse plus trop des barres, parce qu’il ne sait plus quoi casser. Et il s’emmerde.

        Bon, c’est la vie.

        Le parallèle avec Moix n’est pas idiot.

        Moix ( n’en déplaise à ceux qui n’ont pas lu ses deux premiers romans, en 1996/1998) était un écrivain brillant. Fulgurant.

        Virant parfois à la démonstration, comme un gymnaste qui vous dit « et maintenant , sans les mains. Et maintenant sur un pied. T’as vu ? ».

        Et puis il est devenu connu, et puis ( à partir de « partouz »,) il s’est mis à écrire du banal, du moyen, du lourd, du redondant. Le fond de la piscine est venu avec ses prestations télévisuelles alimentaires ( les 3/4 des moins de 40 ans ne le connaissent que par ses prestations TV, ce qui le rend évidement peu flatteur.)

        Mais Moix était brillant. Il avouait sa frustration sexuelle. Il se savait laid. Des personnages poignants dans « les cimetières sont des champs de fleurs » ou « jubilations vers le ciel » sont ces puceaux pathétiques, à défaut d’être magnifiques.

        Ces redoublant de la branlette et des films X.

        Pour ceux qui l’ont connu illustre inconnu vendant ses nouvelles au magazine « Max » ( disparu depuis), on savait que Moix ne s’aimait pas. On savait le poids des frustrations, sublimées par l’écriture.Il cachait rien.

        Il allait même jusqu’à théoriser les frustrations sexuelles et le désir contrarié comme moteur des grands évènements (sa théorie sur la frustration sexuelle des saoudiens du commando Mohamed Atta du 11/9 comme source du mal.)

        Et puis il est devenu connu, il a pu s’acheter ( au propre comme au figuré) quelques très jeunes femmes.Il s’est apaisé.

        Il n’a plus grand chose à dire.

        Les jeunes peinent à croire qu’il fut brillant.

        Mais il le fut, et la dégénérescence du talent , Houellebecq , Djian ou autres,ça existe et on peut rien faire contre.

        Cela ne doit jamais faire oublier qu’ils ont écrit des petits bijoux. Mais qu’ils devraient tisonner ( voire tisaner) devant leur cheminée dans leur baraque du Morvan.


        • mmbbb 23 janvier 19:44

          @In Br «  »Et puis il est devenu connu, il a pu s’acheter ( au propre comme au figuré) quelques très jeunes femmes.Il s’est apaisé." il aurait pu contacter Dodo la Saumure le fournisseur de DSK . Il est vrai que les medias peuvent avoir un effet contraire Onfray occupe tellement les medias que je ne suis pas presse de le lire . Quant a Houllebcq , ne payant pas ses impots en France si un jour je decide de le lire , je n acheterai certainement pas son bouquin 


        • kalamitor kalamitor 23 janvier 19:48

          J’ai du mal à concilier

           votre avec intérêt

          et votre sans plaisir


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 23 janvier 19:52

            Je crois que Houellebecq est ce qu’on fait aujourd’hui de plus pertinent. Et ça exclut la littérature, pour l’art d’écrire. On pense, à tort ou à raison, qu’il y a à dire et qu’il y a urgence.   Est-ce qu’on ne reprochait pas aussi son dépouillement à Camus ? Evidemment,Gide écrivait autrement....

            PJCA


            • L'enfoiré L’enfoiré 24 janvier 18:57

              @Pierre JC Allard

               Il ne faut pas faire l’amalgame des époques.
               Prendre Camus et Gide, ne signifie rien.
               Houellebeck pertinent ?
               « pertinent » : Qui convient exactement à l’objet dont il s’agit, qui dénote du bon sens

               ?
               Est-ce du bon sens de vendre son spleen et sa déprime aux autres ?
               On s’en lasse très vite après la lecture d’un seul livre qui en ferait l’étalage.
               J’ai lu un seul de ses livres, j’en avais soupé...
               Lisez ce texte et vous comprendrez


            • Paul Leleu 24 janvier 20:00

              @Pierre JC Allard

              « Et ça exclut la littérature, pour l’art d’écrire » ...

              gros lieu commun à mon avis... !!!

              les classiques pensaient exactement le contraire de vous... toutes les civilisations traditionnelles pensent le contraire...

              l’art, est précisément l’art « gratuit »...

              et pourquoi ? ...parce que tous les classiques savent que l’espoir n’est pas ici-bas, et qu’il est donc ontologiquement vain de chercher des solutions au problème insoluble de la vie...

              dès lors, c’est dans le divertissement subtil, spirituel, sensuel et ancestral, que les vrais sages cherchent leur joie... à ce titre, l’art « sérieux » des modernes est donc une ineptie... seul l’art pour l’art a un quelconque sens mature...

              quant aux questions économiques et politiques, les classiques ne les enrobaient pas de futiles storytelling romanesques : ils les traitaient « dans le dur » avec des essais... tout simplement...

              la littérature se traite comme la gastronomie ou la danse... avec un « sérieux » d’une nature absoluement différente que le sérieux des essais politiques ou économiques... à chacun son domaine...


            • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 25 janvier 05:00

              @Paul Leleu & l’Enfoiré

              Nous sommes d’accord, mais avec une importante réserve. Houellebecq est, en effet, de moins en moins un « littérateur »... Mais il est autre chose qui aujourd’hui est en bien plus grande demande : un vulgarisateur efficace de concepts auxquels les bien-pensants voudraient qu’on retire droit de cité...

              Rien contre l’art pour l’art. Mais condamner tout l’ESSENTIEL d’une société à n’être traité que « dans le dur », sans droit de s’aider du storytelling sans lequel aujourd’hui on ne peut faire élire un président ni même emmener des bigotes à la messe, c’est choisir de détourner par pur ennui le peuple de toute réflexion importante. 

              Je suis heureux qu’en publiant « Soumission », Houellebecq ait attiré l’attention sur la place de l’Islam en France autrement qu’en écrivant des diatribes. C’est ce que je trouve PERTINENT.

              PJCA


            • L'enfoiré L’enfoiré 25 janvier 12:53

              @Pierre JC Allard,

               N’êtes-vous pas comme moi un bien-pensant avec une éducation universitaire ?
               Retire-t-on le droit de cité, pour autant.
               A mon avis, non.
               Mais il faut rester soi, avec ses compétences dans le jeu de quilles sans faire semblant..
               Connaissez-vous l’ESSENTIEL d’une société ?
               Quelle société d’ailleurs ?
               Des Papous ou des Occidentaux ?
               Cela n’a rien à voir et l’ESSENTIEL peut être complètement différent.
               On ne peut pas parler d’une manière commune.
               Chacun a ses propres réflexions et prérogatives qui n’ont peut-être à voir avec celles de vos voisins.
               Je n’ai pas lu « Soumission », je peux en parler.
               Il aurait pu s’arrêter là. Mais il a choisi de relancer le même disque sur la platine dans un opus qui n’est plus original et qu’i n’apporte en plus, aucune solution pour aller mieux.
               Le bonheur, on l’a en soi comme je l’écrivais dans « Où se cache le bonheur » avec une multitude de manière ^pour y arriver en fin de l’article.


            • L'enfoiré L’enfoiré 25 janvier 12:56

              @Paul Leleu,

               Plus c’est gratuit, plus c’est inutile, plus c’est beau.... smiley
               La danse, mon sujet préféré de Noël...


            • L'enfoiré L’enfoiré 25 janvier 15:25

              @Pierre JC Allard,

               

              Dans l’Obs, de la semaine, Eric-Dupont Moretti  faisait le procès de la bien-pensance en disant que la société est devenue hypermoralisatrice, ce qui engendre la radicalité des esprits, bien que cela ne veut pas dire que la liberté passerait par du n’importe quoi.


            • Djam Djam 23 janvier 23:11

              @ Laconique

              On a la « culture » qu’on mérite. Une société en phase terminale (l’occident, quoi qu’on en dise, l’est vraiment) produit des artefacts à l’aune de sa décrépitude. Ce début de siècle poursuit le désastre du précédent : violence, destruction des symboles qui fondent toute civilisation, inversion des valeurs, déni des lois organiques cosmiques, renversement de la verticalité au profit d’un horizon sans aucune profondeur, délitement de la morale au profit d’une éthique creuse... La culture d’une telle époque ne peut proposer que des « produits ». Aucun génie, aucune fulgurance, aucune puissance ni aucune harmonie. De la laideur, de la dépression, de la vacuité symbolique, en un mot : de la merde.

              La littérature authentique est introuvable dans les librairies et les grands distributeurs trop préoccupés par le coup commercial juteux et les « prix » bidons. En revanche on peut la trouver chez des petites éditeurs, souvent régionaux, qui n’auront jamais leur « papier critique » dans les mags du minuscule monde de la boboïté citadine. Houellebecque est un pur « produit » de ce monde là. Comme souvent avec les créateurs surgissant, le premier ouvrage fait un tabac et souvent il révèle quelque chose qui change du plan plan ordinaire.Après, l’éditeur « chanceux » qui a ramassé le jackpot avec son « poulain », demande au poulain de continuer à gratter et la machine médiatique s’enclenche automatiquement. On appelle ça du « marketing ».

              Les médias se sont jetés sur Houellebecque parce que le pays avait besoin de « son » grand écrivain de l’époque, comme le 19ème eut son Proust et le début du 20ème son Céline. Mais Houellebecque est issu de ce monde où l’on n’a pas vécu grand chose à part des ambitions de nain, ratées. Pas de lutte particulière pour survivre, pas d’événement fort pour être saisi par la vie et la mort, rien. Une époque de paix relative où l’américanisation forcée achève de tuer toute culture singulière. Dans ce monde là, Houellebecque est devenu le représentant de zombies qui survivent encastrés dans leurs écrans, transpercés par leur bruits auriculo-insérés, aliénés par leur carte de paiement « gold » et abrutis par un cinéma propagande qui les formate 24 sur 24h.

              Lorsque Houellebecque n’était pas encore « starisé » par la poignée de pseudo critiques littéraires parisiens, il écrivait de la poésie et de vous à moi, elle est largement plus intéressante que tous ses livres.


              • L'enfoiré L’enfoiré 24 janvier 18:19

                @Djam bonsoir,

                 C’est tout à fait cela.
                 Il n’y a plus d’enthousiasme pour réaliser les choses. Les projets n’emballent plus.
                 Si vous demandez à quelqu’un en occident, comment ira demain, il dira « pire qu’aujourd’hui, sans même réfléchir.
                 En fait, en Occident, l’idée de »toujours plus« a été le leitmotive pendant la fin du 207me siècle.
                 La Chine commençant de beaucoup plus bas dans l’échelle des valeurs qui entourent la volonté de bonheur intrinsèque à une société, voit l’inverse : »demain sera bien meilleur que hier".
                 Pour ce revigorer, je pense qu’il faudrait lire quelques livres traduits d’écrivains chinois. C’est éloquent pour remonter le moral.
                 


              • Alain Dussort Alain Dussort 24 janvier 06:38

                Rester au lit

                taire rature

                finir osée 


                • Arnould Accya Arnould Accya 24 janvier 10:22

                  Très joli, très bien vu, sauf une fin qui déçoit, chagrine même.

                  "Depuis les années 60 à peu près, la civilisation occidentale est redevenue monodimensionnelle, mais ce n’est plus Dieu qui constitue la fin unique, c’est le couple."

                  Non.

                  Après Dieu/la spiritualité, ce qui constitue la fin unique dans la civilisation occidentale et dans ce monde globalement ultra-libéral, c’est l’argent, le pognon, le veau d’or.

                  N’attaquez pas le couple, base essentielle de la famille, ou vous faites le jeu de la caste des marchands qui a pris le pouvoir.

                  Votre discours intéressant s’achève sur une confusion mortifère pour un renouveau spirituel qui ne ferait pas de mal.

                  Dommage.


                  • L'enfoiré L’enfoiré 24 janvier 18:22

                    @Arnould Accya
                     Ce qui mène le monde, c’est l’agent, le pouvoir et le sexe, cher Arnould.
                     L’homme le plus riche du monde, Jeff Bezos va en savoir quelque chose très bientôt, lui qui veut divorcer après 20 ans avec son épouse Mackenzie, va la faire devenir la femme plus riche du monde lorsqu’il faudra placer 60 milliards de dollars dans la balance grâce à la romance de Jeff avec Lauren Sanchez

                     MacKenzie, disait avec humour : « Parfois, avec le recul, certaines épreuves se révèlent très enrichissantes ».  smiley


                  • Paul Leleu 24 janvier 20:16

                    @ l’auteur

                    bravo à l’auteur pour cet article lucide...

                    qui ne vous vaudra pas que des amitiés de la part des ensectés célino-houellebecquiens...

                    mais vous verrez, de nombreux êtres humains « invisibles » vivent dans une vie plus complexe, plus mature, et non dépourvue de joie et de liberté, loins de ces contrées ...

                    la vision « comptable » de la vie, née avec le roman bourgeois sous Balzac, et si bien représenté par Céline et Houellebecq est une vision fondamentalement vaine : la vision comptable de la vie humaine débouche mathématiquement sur une vision nihiliste et dépressive...

                    il faut cesser de voir les choses « par le petit bout de la lorgnette » comme disaient les anciens... et donc accepter qu’il y a autre chose que la comptablité sexuelle des coïts qui forge une vie... sauf à être heureux dans la tristesse comme nos contemporains

                    si vous sortez de ces inepsies, alors il s’ouvre à vous une vie (et même des rencontres !) tout à fait variées et libératoires... avec un certain sens de l’humour (dérision sur l’éros), que les vieux galants français avaient...


                    • L'enfoiré L’enfoiré 25 janvier 13:06

                      @Paul Leleu,

                       Encore une fois, d’accord avec cette vision de la vie.
                       La dérision et surtout l’autodérision permet de barrer tous les coups du sort.
                       Cela devient très rare de nos jours.
                       Dommage que vous n’avez plus un Desproges ou un Leluron à bord.
                       Sur ma plate-forme, pas un seul billet qui ne sorte sans laisser agir les humoristes dans leurs spécialités.
                       Un constat est que quelques de nos humoristes, sont venus chez vous en France pour vous remonter le moral...
                       Amusant de constater aussi que quand j’avais lancé un cas précis à la suite d’un autre billet, il n’a pas été apprécié.


                    • Paul Leleu 25 janvier 20:06

                      @L’enfoiré

                      oui... c’est certain...

                      même si pour ma part je préfère l’humour léger des classiques à l’humour des humoristes professionnels... question de préférence...

                      mais en tous cas, je me méfie de la littérature pompeuse de la modernité, qui a banni le véritable humour... l’humour c’est pas juste de faire des grosses blagues... c’est plutôt une attitude très « pince sans rire », discrète, qui parsème de références invisibles et légères un propos sérieux...

                      ça permet de bien rendre compte de la vie humaine : des tragédies tempérées par la rémanance de l’ivresse vivante...

                      le problème des modernes, et des romanciers en particulier, c’est cette absence structurelle et fondamentale d’humour dans leur langue... les vieux poètes savaient faire ça très bien, en glissant un peu de légèreté (galanterie, nature champêtre, etc.) dans leurs évocations... ça donnait ce style qui ne se prend pas tout à fait au sérieux, ce léger « pas de côté », qui permet de ne pas tout prendre au tragique...

                      comment vivre dans un société où le seul regard qui compte est celui du notaire ou du banquier ???? ce serait impossible !!! Evidement qu’il faut des notaires et des banquiers pour compter ce qui doit l’être... mais il faut aussi des poètes et des rêveurs pour donner son flux et sa liberté à l’âme et à l’enthousiasme...

                      je reproche aux modernes de dire : « la joie n’existe plus », alors que ce sont juste eux-mêmes qui se sont mis dans l’impossibilité structurelle de l’éprouver...


                    • Demosthène 25 janvier 07:29

                      J’avais trouvé extrêmement prometteur « extension du domaine de la lutte » et adoré « particules élémentaires » puis sortit « plateforme » avec encore quelques inflexions de génie mais pourtant déjà de longs passages s’adonnant à la facilité... En 2001 l’auteur commençait à être très connu... Depuis, pour tous ses autres ouvrages, Houellebecq perdit sa spontanéité autrefois si disruptive et fabriqua du Houellebecq, un peu comme Louis Vuitton répétant son logo depuis tant d’années sur les sacs à main vendus à prix d’or pour les bobos moutons de panurge du monde entier. D’écrivain il est devenu marketer faisant fructifier son entreprise et utilisant systématiquement les mêmes recettes... Pourquoi se gênerait il finalement ? Ayant gagné de façon inespérée le loto de la notoriété universelle pourquoi se remettre en question, souffrir et transpirer alors qu’un public captif et fretillant, émoustillé par les teasings du plan média qui comme dans un applestore achète le dernier Houellbeck ayant l’impression d’être à l’avant garde... Les ingrédients de sa marque : le même ton désenchanté, style juste ce qu’il faut desarticulé, un sujet plus ou moins d’actualité, des critiques qui cherchent la prédiction autorealisatrice.... De plus l’auteur sait avoir la parole rare donc chère... Le conformisme confondant des médias fait qu’à chaque fois on obtient un gros succès de librairie... Quant à moi je fais partie de celles et ceux qui ont décidé de plus acheter le dernier Houellebecq depuis des années, l’écrivain d’antan ayant fait le choix opportun de produire plutôt qu’écrire ...


                      • L'enfoiré L’enfoiré 25 janvier 13:08

                        @Demosthène

                        "extrêmement prometteur « extension du domaine de la lutte »

                        "
                        et complètement faux.
                        Houellebeck est passé complètement à côté de la plaque.
                        Il n’a pas compris l’intérêt et les concepts de cette profession.


                      • Demosthène 25 janvier 19:39

                        @L’enfoiré

                        Si je comprends bien vous ne lui faites pas grâce de bons romans à ses débuts... Pourriez vous creuser vos propos ?


                      • Juan Asensio Juan Asensio 26 janvier 17:17

                        Vous n’avez pas lu toutes les critiques. Celle-ci par exemple.


                        • nocob 27 janvier 17:11

                          Bonjjour,

                          Et toi l’Auteur, tu amortie cette chute, tu compense la vitesse de décroissance des ventes ? Tu mise sur le long-time Haut le Bec on en vendra 10 20 100 par an, pendant 50 ans, même s’il n’est plus très en vogue ?

                          J’exige la liste, des modérateur complice ! Contenu a caractère commercial, contraire au CGU !

                          Veuillez trouver ci joint un des livres de cet auteur (texte intégral) ce lien ne fonctionnera que quelques jours. Evidemment, que le <3 s’applique a tous, commerciaux ou non, en vogue ou non !

                          ++

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Laconique

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