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Sex in the city

Sex in the City,

C’est le titre d’un chapitre du best seller de Dan Cruisckshank, édité l’an passé : « The secret history of the Georgian London », salué unanimement par la presse britannique comme ouvrage de qualité.

Il s’agit essentiellement de l’analyse de ce qui se passait au XVIIIe siècle chez nos voisins anglais au dessous de leur ceinture.On se retrouve très loin de la boutade post-victorienne : « no sex please, we are British ! », car Londres à l’époque s’avérait être un immense bordel !

A tel point que le chiffre d’affaires global de la prostitution londonienne atteignait les 2/3 de celui du port de Londres, pourtant le premier en Europe, et qu’aussi une Londonienne sur cinq vivait directement ou indirectement de cette prostitution.

On retrouve trace de ces excès dans quelques romans coquins de l’époque : « Moll Flanders » de Defoë, « Fanny Hill » de Cleland mais surtout dans une série 6 toiles de William Hogarth : « The Harlot Progress » qu’on pourrait traduire par « Le Destin d’une Prostituée », Le célèbre peintre caricature, à travers l’ascension et la chute de son sujet, jeune fille belle et naïve de la campagne tombant aux mains d’une distinguée « bawd » (tenancière) d’un bordel de la capitale, Cruicsckhank s’attarde sur l’analyse fine des six toiles, grouillantes de détails incompréhensibles aux néophytes, et toute la société y passe : homme de lois, nobles médecins, ecclésiastiques, débordants de muflerie et d’hypocrisie seul un riche marchand juif échappe à la critique : il est le seul à montrer quelque respect à la pauvre fille... l’auteur veut ainsi attirer l’attention du lecteur sur une particularité : l’importance de la clientèle juive assurait l’essentiel du chiffre d’affaires du meilleur jour : le dimanche ; ces clients, après Sabath, pouvaient laisser libre court à leurs pulsions tout en se montrant, discrets et bon payeurs,contrairement à la majorité des anglois de souche,souvent imbibés d’un mauvais gin.

Les ébats tarifés s’abritaient dans des « bagnios », hammams et autres « bawdy-houses » qui fleurissaient d’Est en Ouest dans les quartiers des plus pauvres aux plus huppés, des tavernes de l’East-End aux « coffee-houses » de St James et ce dans la plus grande indiscrétion contrairement à ce qui se passait dans les autres capitales:on est loin de la légèreté enrubannée et vaporeuse d’un Boucher d’un Fragonard ou d’un Watteau, plus près de l « origine du monde » mais sans la beauté et la sensibilité de l’artiste...

Malgré l’arrêt de mort censé frapper les coupables de « bugglery »( du français « bougrerie ») les homosexuels avait aussi leur lieu d’élection : à l’ombre de la cathédrale St Paul, coté Nord, c’est à dire porte secondaire... un peu de discrétion, my God !

Pour les hétéros de tout poil, Covent Garden représentait le must : les halles d’aujourd’hui n’étaient pas encore bâties, les maisons de tolérance côtoyaient les échoppes spécialisées dans la « redingote » anglaise, tissée en lin et fermée par une cordelette, l’ancêtre de la capote « Good Year » utilisée uniquement à fin prophylactique...la contraception n’était pas encore d’actualité : tant pis pour les pauvres bébés nés de ces étreintes furtives, leur mères les déposeraient au « Foundling Hospital »un dérisoire signe de reconnaissance épinglé à leur layette au cas où plus tard... ils auront, en faît et pour la plupart le même destin que leur mère pour les filles et l’enrôlement militaire forcé pour les garçons...

Bientôt le mouvement romantique et l’ère Victorienne mettront fin à ces excès : les plastiques féminines se voileront de mousse transparente et de l’alibi du théâtre antique, comme le fit lady Hamilton pour ce coquin de Nelson, cela pour la société bien pensante...pour les autres il restera les quartiers sordides de l’East End , pour la plus grande joie d’un certain Jack l’Eventreur... On aura ainsi déplacé le problème en aggravant le sort des filles de joie... l’histoire a ainsi toujours tendance à se répéter...n’est-il pas ?

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4 réactions à cet article    


  • COVADONGA722 COVADONGA722 11 novembre 2010 13:42

    quel plaisir de vous retrouver.
    rapide concis mais ouvrant des portes et des pistes , quittant les chemins de traverse
    Allemand le « trottoir » british vous reussis.


    • ARMINIUS ARMINIUS 11 novembre 2010 16:25

      Ce compliment me va droit au coeur, merci je vais essayer d’être moins cossard.


    • kitamissa kitamissa 11 novembre 2010 13:42

      ah ben,depuis que le monde est monde c’est le cul et la bouffe les principaux moteurs de nôtre raison de vivre quoique l’on en dise ..


      ne soyons pas hypocrites !

      • ARMINIUS ARMINIUS 11 novembre 2010 16:35

        Oui mais on trouve le meilleur est le pire dans chacun de ces moteurs, je ne suis pas sur que les étalages de bidoche exposés aux fenêtres des lupanars de Marylebone aient pu avoir un effet érectile sur les « mats de mai » des matelots en bordée. Pareil à Paname au temps des Halles Baltard, Irma la Douce c’était au cinéma...

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