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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Sherlock Holmes : le charme de l’intelligence

Sherlock Holmes : le charme de l’intelligence

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Mais d’où vient ce plaisir étrange que tous lecteurs de polar éprouvent à la lecture du crime presque parfait.

Ne prenez pas la mouche et avouez que le bad boy en fait fantasmer plus d’une d’entre vous. Crime sanguinolent ou arnaque de grand vol, le frisson à la lecture d’un bon policier annonce toujours une fin jouissive. Les yeux courent sur le papier. Mots après mots, ligne après ligne, la tension monte alors que les pages se tournent. De suppositions susurrées en onomatopées satisfaites, le « Putain, je le savais » à l’annonce du dénouement sonne comme un râle de satisfaction. À quand la prochaine enquête, celle qui vous laissera au petit matin, les yeux pochés par une nuit blanche et un sourire béat sur les lèvres.
Vous connaissez les séries comme Elementary ou les films avec Robert Downey Jr. (Iron man) ?
Laissez tomber ces pâles copies de Sherlock Holmes.

Découvrez pourquoi la passion du crime va vous faire craquer pour le prince des détectives.

Un dieu grec dans un costume de dandy

Même le docteur Watson le confesse : Sherlock Holmes est muy caliente ! Ok, il ne le dit pas vraiment dans ces termes mais il le décrit comme un bel homme. Irrévérencieux, sexy, athlétique, énigmatique, il a presque tout du bad boy à part qu’il joue dans la cour des gentils. Mais au-delà d’un physique à vous donner des envies de célibat, c’est par son intelligence que Sherlock vous tiendra en haleine. Maître du détail, il posera sur vous un regard qui pénétrera votre âme pour en faire une lecture qui vous laissera sans défense. Admiratif, le docteur Watson est le narrateur des aventures de cet enquêteur à l’intelligence hors norme. Toujours épater par les pirouettes cérébrales de son ami, il finit toujours par lui trouver des excuses presque acceptables pour son comportement odieux et son ego démesuré.

Un détective au Qi trop sexy

Sherlock Holmes n’a rien du gentil héros. Il n’a de considération que pour l’intelligence brute et la logique. Son ego démesuré, son égocentrisme, son manque d’empathie, son arrogance et son total mépris de la loi frôlent la psychopathie. Et on adore ça ! 
Son examen méthodique des faits sans aucune considération pour ses semblables nous interpelle, nous dérange. Il est à la fois fascinant et détestable. Fascinant pour sa capacité à analyser chaque détail et à en faire une lecture exacte et détestable pour son incapacité à éprouver pour autrui la moindre considération. 
Toujours percutant, souvent tranchant, il se joue de ses interlocuteurs . Vous le trouverez pédant, égocentrique, manipulateur, ingrat, insensible mais son regard mi-ange mi-démon, son sourire amusé au moment de donner la solution de l’énigme ne vous laissera pas de marbre. 

Les dessous féminins de la logique

La logique ne laisse aucune place aux sentiments. En tout cas, c’est ce que voudrait nous faire croire Sherlock Holmes. Peu troublé par la beauté ou l’intelligence d’une femme, il se laissera duper par celle qu’il appelle LA femme : Irène Adler. Elle l’envoûtera par son intellect, piquera sa curiosité pour enfin lui porter le coup de grâce et le mettre en échec. Elle est son double féminin, une rivale à sa hauteur, d’une intelligence redoutable, d’une logique sans faille et d’une cruauté envoûtante. LA femme, comme il la nomme, est l’un des rares personnages que le détective estime à sa hauteur. Elle ne fait pas partie des pions, elle est l’un des joueurs. À la fois égale à lui-même et tellement inaccessible, elle est ce qui ressemble le plus à l’amour pour un nécessiteux du sentiment comme Sherlock Holmes.

Le crime passionnel : pourquoi Arthur Conan Doyle a assassiné Sherlock Holmes

Par sa plume précise comme un scalpel, Arthur Conan Doyle, épluche l'âme de ses personnages pour mettre à jour ce qui il y a de plus humain et de plus sombre en eux. L’auteur, dont l'épitaphe est vraie comme l’acier, droit comme une lame, tranche dans le moralisme de son siècle.Le désamour qu’il porte à Sherlock Holmes le poursuivra toute sa vie. Las du succès de ce qu’il considère comme un récit de seconde zone, Arthur Conan Doyle décide d’éliminer définitivement ce personnage qui relègue ses autres écrits historiques au second plan.
Et voilà que Sherlock Holmes boit la tasse au fond d’un fleuve. Fin de l’histoire ? Pas vraiment. C’est sans compter sur les fans inconditionnels. L’auteur se voit contraint de ressusciter le détective. Il s’ensuivra le roman intitulé Le chien des Baskerville, l’un des meilleurs de la série mettant en scène Sherlock Holmes.

Loin d’être surannés, les romans d’Arthur Conan Doyle mettent en scène des situations de la vie quotidienne qui deux siècles plus tard résonnent toujours. Constatez comme les langues se délient avec satisfaction à la moindre vibration d’une réputation entachée. Luxure, envie, jalousie, cupidité, colère, les mobiles d’hier sont les mobiles d’aujourd’hui.

 La fièvre du crime à l’anglaise

Laissez-vous emporter dans les rues de Londres de la fin du XIXe siècle. Écoutez les claquements de sabots sur les pavés. Sentez le froid qui s’insinue par le col de votre manteau. Entendez-vous ce cri d’effroi qui s’étend comme une nappe de brouillard matinal sur la campagne anglaise ?

Vous y êtes ? Très bien.

Il ne vous reste plus qu’à suivre les pas de Sherlock Holmes. Laissez-vous charmer par sa capacité à imbriquer les éléments les uns avec les autres. Laissez vous séduire par son esprit de déduction. Tournez les pages et ressentez ce frisson qui court le long de votre épine dorsale, mélange d’appréhension et d’impatience. Une fois que vous y aurez goûter, il vous sera difficile de ne pas en redemander. Les aventures de Sherlock Holmes c’est le pied !


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6 réactions à cet article    


  • S.B. S.B. 18 décembre 2018 18:55

    Bonjour,

    Je préfère le Auguste Dupin de « Double assassinat dans la rue Morgue » à Holmes, car plus américain que britannique et mieux raconté (Edar Poe et Baudelaire vs Doyle). J’aime sa position : ce qui semble impossible aux flics les arrêtent dans leur enquête mais le fait rebondir lui et envisager que c’est un autre possible qui a obligatoirement eu lieu, même si ce dernier a tellement l’apparence d’un autre impossible qu’il n’est même pas imaginé par les enquêteurs. Ce qui bloque les uns fait avancer l’autre.

    C’est un petit jeu pour les amateurs de polars à énigme (livres ou séries) de trouver le coupable avant tout le monde (les flics) : faire des hypothèses, se fier à son intuition. Dans la série « Twin Peaks », qui a tué Laura Palmer ? On peut le comprendre dès les premiers épisodes.


    • Trelawney Trelawney 19 décembre 2018 13:23

      @S.B.
      Auguste Dupin
      Qui a inspiré qui ? Pour moi pas de doute, Dupin est le père spirituel de Sherlock !


    • Wildbill 18 décembre 2018 23:21

      Je suis fan des séries TV policères anglaises.

      En dehors des séries policières allemandes ce sont les meilleurs somnifères que j’ai testé.


      • velosolex velosolex 19 décembre 2018 01:42

        Le maitre, l’inspirateur de Conan Doyle, c’est wilkie Collins, qui en 1868 réalise « le » chef d’œuvre, « PIERRE DE LUNE », https://bit.ly/2LpBx4p le premier polar avec enquêteur, ce sergent Cuff, qui par ses méthodes ressemble beaucoup à Holmes. 

               L’histoire du roman est inspirée d’une histoire vraie, arrivée en Angleterre en ces années là, « l’affaire de road hill house »,que kATE SUMMERSCALE https://bit.ly/2EEijHX a raconté dans une superbe étude quasi anthropologique de la vie dans la bourgeoisie victorienne. Cette affaire fit scandale, car pour la première fois, elle montre « les dessous sales » d’une famille bourgeoise. Ce qui n’était pas correct en soi, en rompant avec les règles du « sweet home », endroit secret, et préservé.

          Collins était l’ami de Dickens, un grand écrivain victorien longtemps oublié, et a ressurgi dans les années 90. 

          Sinon, il y a aussi l’affaire Penelope, écrit par un certain Fillon, mais qui devait restée dans un tiroir. Sherlock Holmes et l’étrange affaire du cabinet noir

        Fillon et Pénélope, au château de Sablé, dix ans après : En pensant à « Bouvard et Pécuchet »


        • In Bruges In Bruges 19 décembre 2018 10:09

          Étrange de voir comme la plupart des gens haïssent la police (voire « bouffent du flic ») et adorent le polar ou le « roman policier ».

          On n’en est pas à une contradiction près dans ce bas-monde, mon pauvre monsieur....


          • velosolex velosolex 19 décembre 2018 13:29
            • @In Bruges

            Je ne pense pas que ce soit vrai. S’entend, pour les choses courantes. Maintenant, quelques expériences personnelles peuvent gâcher le ressenti, et tout autant l’inverse, l’arranger . De plus nous sommes à une époque où les représentants de l’état sont vilipendés, mais seulement notons le dans certains territoires qu’on ne nommera pas. Mais pompiers, flics infirmiers rencontrent la même bétise de bas du front voulant délimiter leur territoire

            La fascination des grands flics correspond à quelque chose de positif, celui du redresseur de torts. Les meilleurs sont têtus, voir bornés, ne comptent pas leurs heures, font de leur travail une sorte de mission sacrée. Toujours ils trimballent une part d’ombre en eux que ce soit Boesh, l’inspecteur de Connely à Willander, celui de Mankell. Evidemment le crime étant révélateur du climat social c’est une donnée quasi anthropologique, qui fascine tout autant. 

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