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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Sigmund Freud, qu’avez-vous à dire pour votre défense (...)

Sigmund Freud, qu’avez-vous à dire pour votre défense ?

 

A la mémoire du Docteur Hassen ALI dont l'écoute, l'intelligence du coeur, la compréhension et la sympathie me manqueront cruellement.   

"Notre pratique est une escroquerie, bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué (...) Du point de vue éthique, c'est intenable, notre profession ; c'est bien d'ailleurs pour ça que j'en suis malade, parce que j'ai un surmoi comme tout le monde (... ) Il s'agit de savoir si Freud est oui ou non un événement historique. Je crois qu'il a raté son coup. C'est comme moi dans très peu de temps, tout le monde s'en foutera de la psychanalyse." (Jacques Lacan, extraits d'une conférence prononcée à Bruxelles le 26 février 1977) 

"Je pense que vous étant informé auprès des Belges, il est parvenu à vos oreilles que j'ai parlé de la psychanalyse comme pouvant être une escroquerie (...) La psychanalyse est peut-être une escroquerie, mais pas n'importe laquelle - c'est une escroquerie qui tombe juste sous le rapport à ce qu'est le signifiant, soit quelque chose de bien spécial, qui a des effets de sens." (Jacques Lacan, Ornicar ?, Bulletin périodique du champ freudien, "L'escoquerie psychanalytique", 17, 1979, 1, page 8)

J'ai écouté sur France-Culture le cours de Michel Onfray sur Sigmund Freud à l'université populaire de Caen et lu "Le crépuscule d'une idole, l'affabulation freudienne" (Grasset), qui reprend la plupart des "révélations" du "Livre noir de la psychanalyse" sous la direction de Catherine Meyer avec entre autres des contributions de Mikkel Borch-Jacobsen, Jean Cotraux, Didier Pleux et Jacques Van Rillaer, paru en 2005 aux éditions des Arènes.

J'ai également pris connaissance de l'opuscule d'Elisabeth Roudinesco"Pourquoi tant de haine ?", manifestement écrit dans le souci de "cacher la nudité du père" (du "Père" ?), ainsi que d'une réponse du professeur Jacques Van Rillaer de l'université de Louvain, qui me semble sérieuse et qui confronte les propos réels d'Onfray aux propos prêtés à Onfray par Roudinesco.

Il me semble qu'il n'est pas inutile de lever les tabous sur le totem et de rendre accessible à un large public les découvertes d'Onfray ou celles qu'il reprend à son compte - certaines étaient déjà dans "Le Livre noir de la psychanalyse" -, dès lors qu'elles sont fondées, quitte à jeter sur la vie et l'oeuvre de Freud un éclairage différent de celui de l'hagiographie officielle.

Ce point de vue m'est d'autant plus aisé à adopter que je n'ai jamais été un freudien convaincu, mais un modeste lecteur de quelques ouvrages de Freud - pas tous - ou sur Freud, pas tous non plus, heureusement pour moi !       

lacan.gif Jacques Lacan

J'ai aussi un peu lu Lacan en essayant d'extraire du sens de cette prose mallarméenne, à grands renforts de cachets d'aspirine, jusqu'à m'apercevoir qu'il ne fallait pas se prendre la tête avec les mots, mais éprouver le tranchant d'un style (?) : le stade du miroir, que l'inconscient est structuré comme un langage, (ce qui aurait bien étonné Freud qui pensait que le langage jouait au niveau du préconscient et de la censure et non de l'inconscient) que l'on peut rapprocher la "Traumdeutung" ("L'interprétation des rêves") des travaux de Ferdinand de Saussure sur le signifiant, le signifié et le référent, l'analogie entre la métaphore et le déplacement, d'une part, la métonymie et la condensation, d'autre part, que le psychanalyste est un linguiste, la relation entre le désir et la Loi, la notion de "dénégation" ('Verneinung" en allemand) : "Si le patient vous dit que ce n'est pas sa mère, alors vous pouvez être certain que c'est sa mère." (Jacques Lacan, "Ecrits", le champ freudien, collection dirigée par Jacques Lacan, aux Editions du seuil, Paris)

Je ne suis pas certain d'avoir parfaitement compris l'intrication "borroméenne" du Réel, du Symbolique et de l'Imaginaire dans la structure du sujet et la comparaison de la structure névrotique à une "tore" (figure engendrée par la rotation d'un cercle autour d'un autre cercle) est demeurée au-delà de mes facultés de compréhension.

Maigre bagage qui ferait sans doute s'esclaffer les lacaniens...

Ah ! j'oubliais : que l'analysé devait mettre la main à la poche et qu'il n'était pas souhaitable de creuser le déficit de la sécurité sociale en remboursant les séances, conception qui heurtait, avec les légendes urbaines autour du coffre-fort de Lacan, mes idées progressistes.

girard_rene-m.jpg   

René Girard

J'ai découvert plus tard des éclairages plus accessibles, qui font pousser des cris d'orfraie (et non d'Onfray !) aux prêtres (et aux prêtresses) du culte :"L'enfant illégitime sources talmudiques de la psychanalyse (Hachette)" et"Manger le livre" (Grasset) de Gérard Haddad, passionnantes études sur les rapports entre la psychanalyse et la culture juive, qui suscitèrent, bien que dédiées à Jacques Lacan, l'ire d'Elisabeth Roudinesco, "La violence et le sacré", "Des choses cachées depuis la fondation du monde "Vérité romanesque et mensonge romantique" de René Girard (avec ses fameux concept de "mimésis" et de "modèle obstacle", qui doivent peut-être à Adler et certainement au Dostoïevski de "L'éternel mari"), René Girard se payant le luxe (dans "Des choses cachées") de réhabiliter la seule et unique oeuvre de Freud que les gardiens du Temple eussent préféré qu'il n'ait pas écrite :"Totem et tabou" et de Marie Balmary "L'Homme aux statues" et "Le sacrifice interdit", où l'auteur démontre, preuves à l'appui, que Freud a tronqué le récit de Sophocle et examine les rapports entre Sigmund Freud et Wilhelm Fliess et leur influence sur la révision par Freud de sa théorie de la séduction.

 oedipe

Oui, Freud a tronqué l'histoire d'Oedipe pour disculper Laïos, le père d'Oedipe, et, à travers Laïos, son propre père.

Oui, c'est à cause de son père que Freud a renoncé à sa première théorie de la séduction. Il ne faut pas oublier que le fondateur de la psychanalyse n'a jamais été analysé. Wilhelm Fliess, dont les conceptions aberrantes et les errements thérapeutiques sont bien connus, était moins que tout autre apte à jouer le rôle d'analyste.

Michel Onfray lit la correspondance entre Freud et Fliess sans comprendre que la relation entre les deux hommes est essentiellement analytique et comporte, comme toute analyse, une dose d'absurdité et d'excès, voire de délire, de "transfert" (de Freud sur Fliess) et de "contre-transfert" (de Fliess sur Freud).

Oui, Freud a eu une liaison avec sa belle-soeur. 

Oui, il fallait passer par la chambre conjugale de Freud pour accéder à celle de Minna, sa belle-soeur. Mais les implications qu'en tire Michel Onfray de relations entre Freud et sa belle-soeur "sous le toit conjugal" ne sont pas vérifiables.

Oui, Freud était un tyran domestique, mais aussi un mari prévenant et un père attentionné.

Oui, Freud souffrit de jalousie pathologique, particulièrement pendant ses fiançailles.

Oui, Freud a psychanalysé sa fille Anna, ce qu'il ne faut, paraît-il, jamais faire.

Oui, c'est probablement à cause de son père qu'elle ne s'est jamais mariée. Lui a-t-il révélé ses tendances homosexuelles ou persuadé qu'elle l'était : bénéfice du doute.

Oui, Freud fumait trente cigares par jour, y compris pendant les séances et ses patients étaient victimes de "tabagisme passif". Indulgence du jury : le prévenu prétend que le tabac "l'aidait à se concentrer" et il n'y avait pas d'avertissement sur les boîtes.

Oui, Freud a inventé la méthode des "associations libres" et parlé "d'attention (également) flottante". Pensait-il vraiment que les inconscients communiquent ? Lui arrivait-il de s'endormir pendant les séances ? Bénéfice du doute, à la demande d'Elisabeth Roudinesco : l'expression aurait été mal traduite. Soit !

Oui, Freud supportait mal la dissidence : "Jurez-moi, mon cher Jung, que vous ne renoncerez jamais à l'étiologie sexuelle des névroses !" Mais il faut dire que Freud voulait faire de Jung son héritier spirituel et le continuateur de son oeuvre ; une longue amitié, marquée par une abondante et passionnante correspondance, le lia à Ludwig Binswanger, le directeur de la clinique Bellevue en Suisse alémanique qui ne partageait ni ses idées, ni sa méthode thérapeutique, ce qui montre que Freud n'était pas - toujours - le personnage intolérant et dogmatique que Michel Onfray se plaît à dépeindre.

Oui une cure avec Freud durait moins longtemps qu'aujourd'hui ; les séances étaient moins espacées, jusqu'à six par semaine, et duraient 15 minutes de plus, son chow chow donnait le signal de la fin en baillant trois minutes avant, mais pouvait coûter la peau des fesses.

Ceci dit, les honoraires étaient souvent "discutés" entre Freud et ses patients et étaient proportionnels à leurs revenus. Cette question du prix et de la durée de la cure qui est liée à celle de son efficacité thérapeutique est une question récurrente qui prendra avec Lacan une dimension surréaliste, Lacan allant jusqu'à pratiquer des séances-éclairs de cinq minutes pour le prix d'une séance de trois quarts d'heure, justifiant cette pratique par le fait que cinq minutes suffisaient parfois "pour aller au coeur du problème" (!)

En ce qui concerne l'homme aux loups, (Serguéï Constantinovitch Pankejeff), dont parle longuement Michel Onfray, et qui consulta Freud à partir de 1910, voici ce qu'écrit Lydia Flem à son sujet ("La vie quotidienne de Freud de ses patients", Hachette, 1986) : "Né, selon le calendrier grégorien, le 24 décembre 1886 dans la propriété d'hiver de ses parents, au bord du Dniepr, il faisait partie de ces Russes blancs élevés pour être servis et qui n'apprirent à s'habiller seuls que lorsque les circonstances politiques et économiques les y contraignirent... Fils d'un riche propriétaire foncier, il put voyager fastueusement pendant quelques années, toujours accompagné de son médecin personnel et d'un homme de confiance, mais avec la Révolution d'Octobre, il perdit tous ses biens et devint un pauvre émigré apatride dans cette Autriche qu'il avait parcourue comme un prince de sang. Dans ses souvenirs, il note : "Notre situation financière était devenue si sérieuse que nous n'aurions probablement même pas été en mesure de payer notre loyer, si le professeur Freud, qui avait des patients anglais, ne nous avait pas procuré de temps à autres quelques livres anglaises..."

Non, Freud, contrairement à Alfred Adler, très engagé socialement dans les faubourgs populaires de Vienne, ne soignait pas gratuitement.

Si Freud avait pu vivre de la vente de ses livres, il n'aurait pas pris de patients. Bénéfice du doute.

Oui, les cures ne guérissaient pas toujours les malades : "L'homme aux loups" a traîné sa neurasthénie toute sa vie.

Il est certain, par ailleurs qu'une "psychothérapie de soutien" qui aide un patient dépressif à trouver une énergie suffisante et des "stratégies efficaces" pour affronter des situations présentes concrètes, accompagnée de médicaments (anxiolytiques, antidépresseurs) peut se révéler plus "efficace" que la seule thérapie par la parole ; mais les anti-dépresseur qui agissent directement sur les liaisons neuronales en recaptant la sérotonine, n'existaient pas du temps de Freud, pas plus que les anxiolytiques. 

Freud : "Agir sur le symptôme n'empêche pas de chercher la cause.

- Cause toujours !"

Mais il faut dire aussi que Freud lui-même était sceptique au sujet du pouvoir de guérison de la psychanalyse qu'il considérait plutôt comme un instrument de connaissance de soi.

Le prévenu, la tête entre les mains : "analyse infinie, résistance, résurgence des symptômes... J'aurais voulu les y voir, surtout quand le malade ne veut pas guérir et rechigne à faire le travail.

Le prévenu demande la parole (en français avec un léger accent autrichien) : "Je n'ai pas prétendu supprimer la souffrance, mais aider à échanger une souffrance intolérable, subie et incomprise contre une souffrance banale, assumée et comprise."

Non, Freud n'a pas fait l'apologie de l'irrationnel, et des "forces obscures" de la libido et de l'instinct de mort dont il se méfiait comme de la peste et dont il avait prédit les ravages présents et à venir.

Le prévenu : "Les tentations de l'ivresse dionysiaque me sont étrangères. Je suis un héritier de la "Haskala" et des Lumières. La psychanalyse est une volonté de faire émerger le sujet, ce n'est pas une descente à la cave, mais une montée vers la lumière : "Wo Es war, soll Ich werden." ("Là où c'était, je dois advenir")."Partout où/ Chaque fois qu'/ il était inconscient, un élément doit parvenir à la conscience du Moi. "Es ist Kulturarbeit wie die Trockenlegung der Zuydersee." ("C'est un travail de civilisation, comme l'assèchement du Zuydersee.")

Oui, Freud était superstitieux et croyait à la transmission de pensée. Le prévenu : "Nobody's perfect !"

Non Freud n'était pas un "progressiste" et un "émancipateur", il réprouvait la masturbation et l'homosexualité, il avait une conception rigide - sans jeu de mots, quoi que... - du rôle de la femme qu'il considérait comme intellectuellement inférieure à l'homme. 

Freud : "j'ai effectivement considéré que l'homosexualité était une "perversion" ; mon jugement concernant l'homosexualité n'est pas un jugement moral, il est lié à ma théorie des "stades" : l'homosexualité est , selon moi, une fixation à un stade archaïque de la sexualitié et cette fixation est de nature narcissique, mais j'ai toujours été sensible à l'intelligence, à la sensibilité et au sens moral et j'ai eu affaire à des hommes - ou à des femmes - d'une grande valeur humaine, ayant des tendances homosexuelles, qui ont forcé mon estime.

En tout état de cause le psychanalyste doit renoncer à porter un jugement moral sur les symptômes de ses patients. Il ne saurait pour autant renoncer à tout système de valeur et il ne lui est pas interdit de préférer sur le plan humain tel patient à tel autre. Ceci dit, il se peut que je me sois complètement trompé sur l'homosexualité, mais c'est une supercherie de me présenter comme un précurseur de la "libération sexuelle".

- En ce qui concerne la masturbation, j'ai dit qu'elle était un moyen régressif et "trop facile" d'obtenir la satisfaction, mais il m'est arrivé de conseiller à certains de mes patients atteints par exemple de névrose obsessionnelle un "usage modéré".

 - Herr Onfray a raison de dire que je n'étais pas un révolutionnaire ; j'étais effrayé par la Révolution Russe, par ce Lénine, ce Trotski et surtout ce Staline, cette brute paranoïaque et interloqué par Wilhelm Reich qui voulait opérer la synthèse entre la psychanalyse et le marxisme, et moins effrayé qu'amusé par ce Monsieur André Breton, incapable de voir la bureaucratie derrière la Révolution ; "Manque de maturité, aveuglement politique, "Schwarmerei !"

"Pour ce qui est des femmes - "La Femme" -, j'ai dit "en règle générale", mais il y a des exceptions : Anna et Lou, par exemple, mais je n'ai pas toujours parlé d'infériorité biologique (l'absence de pénis), j'ai aussi envisagé que cette "infériorité" puisse être liée au rôle social de la femme.

- La grande question est de savoir : que veut la femme ? Je n'ai jamais réussi à répondre à cette question."

Freud considérait l'utilisation du préservatif masculin comme un "pis aller" - "il empêche de ressentir des sensations fines" (sic) - et mettait de grands espoirs dans l'invention d'un moyen contraceptif capable de bloquer l'ovulation, la "pilule" anti-contraceptive ayant permis de découpler le rapport sexuel de la procréation.

Oui, Freud a écrit une dédicace (ironique) à Mussolini, mais à la demande d'un patient italien sur un exemplaire de "Pourquoi la guerre ?". Mais Il faut savoir que Mussolini était opposé à l'annexion de l'Autriche, ce qui constituait un point de désaccord avec Hitler ; Freud, comme Dollfuss comptait naïvement, mais sincèrement sur Mussolini pour protéger l'Autriche. Rappelons également que le chancelier Dollfuss était tout, sauf un démocrate, mais qu'il finit assassiné par les nazis.

Oui Freud a écrit : "Je recommande à tous la Gestapo" sur un document où on lui demandait de certifier qu'il avait été bien traité avant son départ vers l'Angleterre. Il faut ne rien comprendre à l'humour juif pour y voir une apologie du nazisme...

Oui, Freud a envisagé de se compromettre avec les nazis "pour la survie de la psychanalyse", même s'il n'est pas allé aussi loin que Jung qui mettra cependant - rien n'est simple ! - à, partir de 1942, son excellente connaissance de l'adversaire à la disposition des services secrets américains.

Oui, Freud aurait préféré être un artiste comme Arthur Schnitzler, plutôt qu'un théoricien.

Oui, si l'on admet le critère de "réfutabilité" ("falsifiability") de Karl Popper, la psychanalyse n'est pas une science : on ne peut en tirer aucun énoncé prédictif testable et en conséquence aucune expérience ne permet d'en établir ou non la réfutation et donc la confirmation. Mais le critère de réfutabilité n'est opératoire que dans les sciences expérimentales ou d'observation, bien que Karl Popper ait défendu contre Theodor Adorno la position inverse et soutenu que la sociologie - mais non la psychanalyse - pouvait être soumise au critère de réfutabilité.

"Grünbaum affirme, contrairement à Popper que la psychanalyse est réfutable et n'est donc pas pseudo-scientifique. Mais la réfutabilité d'une théorie de peut pas prouver que celle-ci n'est pas pseudo-scientifique. Sinon, l'astrologie solaire (...) que Popper cite comme exemple de pseudo-science n'aurait pas ce statut, car elle est certainement susceptible de vérification empirique et a même été réfutée." (Franck Cioffi, Epistémologie et mauvaise foi : le cas du freudismeLe Livre noir de la psychanalyse, édition des Arènes, page 320)

Oui, j'ose à peine l'écrire, Freud préférait Odette Guilbert : "Elle avait le nombril en forme de cinq" - à Gustav Malher.

Reste-t-il cependant quelque chose de Freud et du freudisme ?

Oui, tous ceux pour qui Freud a été une source d'inspiration et qui ont eu le courage moral et intellectuel de s'en séparer pour suivre leur propre chemin après avoir "tué le père" : Jung, Adler, Abraham, Binswanger, Ferenczy, Reich, Marcuse, Alexandre Herzberg, à la suite d'une intéressante remarque Freud en 1919 sur le traitement "actif" de l'agoraphobie et son continuateur Hans Eysenck...

Oui, l'alliance thérapeutique, qui est reprise par les thérapies cognitivo-comportementalistes : "une compréhension sympathique, affection et amitié sont les véhicules de la psychanalyse." ("On beginning the treatment : further recommendations on the technique of psychoanalysis", 1913, Standard Edition, 12, Londres, Hogarth, 1958), le langage du rêve, les lapsus, les actes manqués, les traits d'esprit (Witz), la sexualité infantile - mais pas les "stades" -, le traitement de l'agoraphobie, les conséquences psychiques de la dépendance du sujet humain pendant la petite enfance en raison de la maturation incomplète du système nerveux, le fait que nous sommes la proie de notre enfance et de nos parents, pour le meilleur et pour le pire, que "l'enfant est le père de l'homme" (Lacan)

... La dimension tragique de la condition humaine, la part obscure de nous-mêmes, l'ambivalence de l'amour et de la haine, le caractère conflictuel des relations humaines, l'impossibilité de combler le manque, de satisfaire le désir : thèmes que l'on trouve bien avant et bien après Freud, dans l'art et la littérature de tous les temps, depuis Sophocle jusqu'à Michel Houellbecq, en passant par Shakespeare.

Points litigieux : le complexe d'Oedipe, la théorie de la séduction, la question du "transfert", le statut de la femme, le rôle du sacrifice, le rôle de l'imitation, la question de savoir si le désir est "spontané" ou s'il est "imité", la question de savoir si la différence entre le "normal" et le "pathologique" est de nature ou de degré, le rôle de la "scène primitive", l'étiologie sexuelle des névroses, la "sublimation", les similitudes et les différences entre l'homme et l'animal, en particulier dans les comportements d'appropriation et de rivalité.

Une différence absolument cruciale sur laquelle René Girard a bâti sa théorie de la rivalité mimétique : il n'y a pas de régulation instinctuelle de la mimésis d'appropriation et de rivalité chez l'homme, d'où les institutions religieuses, et juridiques, la morale, la Loi et son intériorisation, ce que le nietzschéisme libertaire de Michel Onfray se refuse absolument à voir.

Le fameux "instinct de mort" pourrait bien avoir un rapport avec cette caractéristique, de même que la "censure", le "surmoi" et le "refoulement". La question de la sexualité ne serait donc pas aussi centrale que celle de l'agressivité, bien que les deux réalités soient liées puisqu'il n'y a pas non plus de régulation instinctuelle de la sexualité.

Cette polémique entre les partisans d'une relecture rationaliste, voire positiviste de Freud et de son oeuvre et les admirateurs inconditionnels du grand homme ne peut que tourner au dialogue de sourds si personne n'écoute la petite voix du symbolique - je rejoins ici Jacques Alain Miller - , car on peut tout savoir et ne rien comprendre.

 Les concepts psychanalytiques : complexes, libido, inconscient, instinct de vie/mort, paranoïa, hystérie... fonctionnent, dans la culture moderne post-freudienne, comme des "signifiants flottants" déconnectés de tout ancrage référentiel. la psychanalyse vulgarisée est le roman-feuilleton de la modernité.

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Décor "onirique" de Salvador Dali pour "la Maison du Dr Edwardes" ("Spellbound") d'Alfred Hitchcock

Mais cette utilisation ne plaide pas forcément en défaveur de ces concepts. Il peut y avoir une utilisation triviale (étymologiquement : "ramassés dans la rue") de concepts géniaux - la physique quantique, n'a pas été mieux lotie que la psychanalyse à cet égard -, comme il peut y avoir une utilisation géniale de concepts triviaux, chez Hitchcock, par exemple dans "La maison du Dr. Edwardes", "Pas de printemps pour Marnie" et "Psychose".

La théorie freudienne est une allégorie d'une réalité impossible à saisir : la psyché humaine dont l'étude ne saurait relever de la méthodologie des sciences de la matière... Notion tout aussi mystérieuse que l'esprit : qu'aurait compris Galilée à la théorie de la relativité, à la constante de Planck, à la notion de causalité statistique ?

"Je crois qu'à laisser se dissiper le sens du mystère, nous perdons l'essentiel même de la démarche sur laquelle toute analyse doit être fondée." (Jacques Lacan, 1956, à l'occasion du centenaire de la naissance de Freud).

L'insistance sur l'intériorité, la culture, l'introspection, l'acquisition d'une autonomie réflexive critique vis-à-vis des conditionnements, l'acceptation du manque - "Ne manquer de rien, c'est manquer du manque", disait Jacques Lacan -, le caractère tragique de la condition humaine... est insupportable pour les partisans d'une société décomplexée, dans laquelle des individus "adaptés" et parfaitement socialisés communient dans la béatitude de la consommation et du spectacle. Dans un tel contexte, il est incongru de rappeler que le désir ne saurait se confondre avec le besoin.

Certains font comme si les concepts freudiens étaient sortis de la cervelle du professeur Freud comme Athéna de la cuisse de Jupiter, alors qu'ils ont constitué un effort pour rendre compte du réel, de l'observation quotidienne et de la pratique, pour le "théoriser", c'est-à-dire (au sens étymologique) pour le "voir".

 Dans le domaine de la recherche, les "errements" ne sont pas pure négativité, mais des moments sur le chemin d'une vérité virtuelle, d'un horizon théorique. Chez Freud, cette vérité, en l'occurrence l'hypothèse de l'existence d'un inconscient psychique, rappelle la noumène kantienne, postulée par la raison, mais inaccessible à l'entendement.

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L'analogie entre l'inconscient freudien et la noumène kantienne  est le fruit d'un débat amical entre Sigmund Freud, plutôt hostile à la philosophie et Ludwig Binswanger qui tentera de concilier dans "l'analyse existentielle" ("Daseinanalyse") la psychanalyse freudienne et l'approche phénoménologique : Heidegger et l'analytique du "Dasein" dans "Sein und Zeit" et la phénoménologie de Husserl. Cette approche qui fait du sujet un "être dans monde", doté d'un "projet existentiel" brise la dichotomie entre le sujet et l'objet que Biswanger considérait comme le "cancer de la psychanalyse".

L'inconscient n'est pas une réalité spatio-temporelle, mais une hypothèse épistémologique qui permet de réintroduire de la causalité et du sens dans des phénomènes considérés comme aberrants ou négligeables : les lapsus et les actes manqués.

Dire de l'inconscient qu'il est semblable à la noumène kantienne, veut dire qu'il n'est pas connaissable directement, que l'inconscient n'est pas une "réalité objectale", une chose, un phénomène accessible à l'entendement, mais que son existence est postulé par la raison à titre d'hypothèse.

"L'inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqué par un blanc ou occupé par un mensonge : c'est le chapître censuré. Mais la vérité peut être retrouvée ; le plus souvent déjà elle est écrite ailleurs..." (Jacques Lacan,"Fonction et champ de la Parole et du Langage", page 259, "Écrits"Le Seuil)

Ceci dit il est impossible aussi bien de "prouver" que nier l'existence de l'inconscient, c'est la fameuse notion popérienne de "réfutablité", et la pratique de la TCC (thérapie cognitive et comportementaliste) montre que l'on peut très bien s'en passer pour soigner les gens.

Inspiré par la lecture de Martin Buber, Ludwig Biswanger souligne l'importance de l'intersubjectivité : ni le "je", ni le "tu" ne vivent séparément, ils n'ont n'existence que dans le contexte Je-Tu qui précède la sphère du Je et la sphère du Tu ; de même ni le je, ni le cela (l'étant, les "objets" du monde) n'existent séparément, ils existent uniquement dans la sphère du Je-Cela. Je, Tu ou Cela ne dépend donc pas de la nature de l'objet, mais de la relation que le sujet établit avec cet objet. En phénoménologie, on parlerait "d'intentionalité".

René Girard a montré de son côté que l'idée d'une "spontanéité du désir" et le dualisme sujet/objet était une illusion du désir qui interdisait d'en percevoir le caractère imitatif et la médiation d'un tiers.

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Martin Buber au milieu de ses étudiants à l'université hébraïque de Jérusalem

La conviction nietzschéenne, reprise par Michel Onfray et qui constitue le fil conducteur de son livre que toute pensée, tout système philosophique est "généalogique", est liée à une histoire personnelle, et le souci de préserver les spécificités individuelles n'implique pas que toute pensée se réduit à sa généalogie et n'interdit pas de chercher et de proposer des explications théoriques et des concepts universels, y compris dans les sciences humaines, sauf à tomber dans un scepticisme radical ou à transformer les sciences humaines et la biographie des "grands hommes" en bric-à-brac anecdotique et à réduire la philosophie à une "histoire des idées", une philologie, ce que Nietzsche s'est bien gardé de faire.  

Le postulat de toute recherche scientifique est qu'il existe des Lois qui permettent de relier les faits particulier et de leur donner un sens.

Cependant, les critiques de la psychanalyse freudienne soulignent "l'obstacle" que peut constituer la théorie, par exemple en ce qui concerne le petit Hans et sa phobie des chevaux, phobie très handicapante à l'époque car elle lui interdisait pratiquement toute sortie et la tendance à écarter ou à sous-estimer trop rapidement le "réel" : un accident traumatisant dont l'enfant fut réellement le témoin au profit de l'Imaginaire : la castration. La phobie du cheval apparaît chez l'enfant quand ce dernier assiste à la chute d'un cheval tirant un carrosse, qu'il voit à terre se débattre, fouetté par le cocher et que le cheval vient s'effondrer près de lui.  

Si j'ai bien compris la triple intrication "borroméenne" du Réel, du Symbolique et de l'Imaginaire (Lacan), le Réel serait l'accident dont l'enfant fut le témoin, le Symbolique la dimension du langage, du "parlêtre". L'accident n'est pas un "fait" brut, mais un fait interprêté, associé à un traumatisme (cheval, carosse, violence, mort, pitié, peur, danger...) et l'Imaginaire, le retentissement dans la psyché de l'enfant en relation avec d'autres affects inconscients que seule l'analyse peut mettre à jour et relier (l'angoisse de castration), le signifiant "cheval" étant la métonymie de cette angoisse, la condensation d'une chaîne d'une pluralité de signifiants "secondaires" (père, mère, pénis, grossesse, interdit, masturbation, moustache, lunettes...), évoquant les interrogations et les craintes de l'enfant à propos de la sexualité.

Particulièrement éveillé, attachant et intelligent l'enfant surnommé "Le petit Hans" par Freud s'appelait en réalité Herbert Graf ; il devint par la suite un célèbre metteur en scène d'opéra ; il est décédé en 1973. Il semble avoir guéri de sa névrose phobique et avoir totalement oublié par la suite cet épisode de sa vie ; l'analyse fut menée par son père et supervisée par Freud.

Selon Jacques Van Rillaer, la phobie du petit Hans correspondrait à une phobie banale à cet âge-là et la teneur symbolique de cette phobie trahirait une surinterprétation par le père de Hans, très suggestif et directif dans ses questions à l'égard de son fils, et par Freud lui-même.

"La possibilité que les guérisons par la psychanalyse soient réellement causées par la suggestion doit être sérieusement considérée (...) Le récit - particulièrement connu et absolument révoltant - du "Petit Hans" est un bon exemple, d'autant que Freud, dans son compte-rendu, anticipe l'accusation que l'enfant puisse avoir été influencé par la suggestion en admettant un amour incestueux pour sa mère et le désir de tuer son père." (Aldous Huxley, "Une supercherie pour notre siècle", The Forum, 1925, traduction Agnès Fonbonne)

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Voici ce que Jacques Lacan répondait au sujet de l'angoisse de castration à Françoise Dolto (l'Inconscient et la répétition, séance du 12 février 1964 in "Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse"Le Séminaire, Livre XI, Le Seuil, page 62) : "La description des stades formateurs de la libido, ne doit pas être référée à une pseudo-maturation naturelle, qui reste toujours opaque. Les stades s'organisent autour de l'angoisse de castration. Le fait copulatoire de l'introdution de la sexualité est traumatisant - voilà un accroc de taille - et il a fonction organisatrice pour le développement..."

Je comprends très bien que cette phraséologie puisse agacer les adversaires de la psychanalyse ; elle semble relever de la pétition de principe et de l'argument d'autorité : Lacan s'appuie sur Freud qui s'appuie sur... Freud. Sur un point aussi important, on souhaiterait ne pas avoir à se contenter d'un "peut-être".

La triangulation oedipienne est (serait), avec l'interdit de l'inceste, le "tourniquet" par lequel lequelle le petit d'homme doit passer pour accéder au stade génital, aux relations amoureuses et à la parentalité. Les névroses, les psychoses et les perversions traduisent (traduiraient) les errements, les impasses ou les échecs d'un "parcours".

Certains reprochent à Freud d'avoir focalisé son attention sur l'enfant et sous-estimé le rôle des parents : déficience du père et/ou de la mère, inceste, surinvestissement de l'un des parents sur l'enfant... alors que logiquement et chronologiquement Jocaste et Laïos viennent avant Oedipe.

Freud s'est-il totalement trompé, sa théorie doit-elle être relativisée et intégrée dans un ensemble plus vaste, comme l'a fait Jung avec l'hypothèse d'un "inconscient collectif", l'étiologie sexuelle des névroses doit elle être complétée par d'autres facteurs, ces facteurs pouvant d'ailleurs se greffer sur la dynamique sexuelle, par exemple l'image du moi, comme l'a fait Adler, et/ou doit-elle être "simplifiée" (René Girard) toutes ces questions - légitimes - ne surgissent pas nécessairement de la consistance de la théorie freudienne, mais aussi de son "inconsistance" et de son inaptitude à rendre compte de certains phénomènes, d'une fécondité "en creux". On peut penser "contre" Freud, mais pas sans lui.

D'un point de vue clinique, Michel Onfray semble assez peu au fait des pratiques actuelles. Si de nombreux praticiens continuent à s'inspirer des analyses de Freud et/ou de Lacan, en invitant le patient à un travail d'anamnèse, ils favorisent parallèlement l'émergence d'un projet existentiel.

Les thérapies comportementales ont abandonné la quasi totalité des concepts de la psychanalyse : complexe d'Oedipe, fantasmes de séduction, associations libres, transfert, scène primitive... et qui semblent obtenir de meilleurs résultats thérapeutiques que la psychanalyse "pure et dure" ont néanmoins conservé une phase d'investigation dans le passé du patient dont la parole joue un rôle tout aussi essentiel.

Par ailleurs, le comportement privé de Freud et de son entourage plaide en défaveur des hagiographes de Freud, mais non de la démarche psychanalytique.

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L'exhumation du "misérable petit tas de secrets" comme disait André Malraux ("qu'est ce qu'un homme après tout...") n'est pas dénuée d'intérêt dans la mesure ou l'hagiographie constitue un obstacle épistémologique, mais encore faut-il montrer de façon fine et précise, comme le fait par exemple Marie Balmary, en quoi ces "secrets" peuvent constituer des obstacles et "déblayer le terrain" pour aller de l'avant, quitte à retrouver le grand refoulé freudien, mais qui "travaille" le freudisme "de l'intérieur" : la pensée juive.

Mais le parti pris anti-religieux aussi bien de Michel Onfray que d'Elisabeth Roudinesco et de la modernité contemporaine en général, n'est-il pas, à son tour, un obstacle majeur à la découverte de l'intérêt anthropologique des textes ?

 


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24 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 10 mai 2016 12:17

    Freud a deux points communs avec Marx et Einstein (au moins) :


    - celui d’avoir été éduqués dans la culture juive, excellent terreau pour faire s’épanouir des esprits analytiques par la fascination du verbe.

    - celui d’avoir mis au jour des mécanismes fonctionnels qui ont tellement fait avancer les connaissances humaines que même leurs détracteurs doivent commencer par comprendre leurs découvertes, les intégrer pour, éventuellement, les dépasser. En tous cas, sans ces trois génies, nous serions sans doute dans une société peu différente de celle du XIXème siècle.

    Les communautés de Vienne, Ulm et Trèves ont été des creusets féconds.

    • Daniel Roux Daniel Roux 10 mai 2016 12:42

      La seule ligne de défense que Freund doit tenir face à ses détracteurs actuels est sur l’anachronisme de l’instruction à charge.

      « Vous voulez me juger, hommes du XXI ème siècle ?

      Comme tout homme, j’ai apporté ma pierre à l’épopée humaine en fonction des connaissances et de mes croyances, telle qu’elles m’étaient parvenues. D’autres ont amendé mes théories en proposant les leurs. N’est ce pas la marche habituelle des sciences humaines et des autres ?

      Votre suffisance n’a pas de bornes. Ne vous arrêtez pas en si bon chemin, jugez Aristote, jugez Hypocrate et tous les autres hommes d’esprits qui ont posé leur cailloux blanc sur le chemin de la connaissance. »

      Sinon, pour les profanes, un ouvrage très abordable à lire : « Cinq leçons de psychanalyse » (1909).


      • Phoébée 10 mai 2016 17:15

        Freud : Combien de divisions ?


        • Et hop ! Et hop ! 10 mai 2016 17:30

          «  Il est certain, par ailleurs qu’une »psychothérapie de soutien« qui aide un patient dépressif à trouver une énergie suffisante et des »stratégies efficaces« pour affronter des situations présentes concrètes... peut se révéler plus »efficace« que la seule thérapie par la parole »


          Non, la psychanalyse n’a jamais soigné ni guéri ni soulagé aucun malade, elle est inopérante dans le le domaine de la psychiatrie, son système d’investigation maïeutique) et d’explication (complexe d’oedipe, etc.) est entièrement faux, c’est une fausse science, elle ne peut qu’avoir crée de l’erreur et de la confusion chez les malades, donc aggraver leur détresse et empêché d’accéder à des soins médicaux. Le « cas Aimée » qui fait l’objet de la thèse de médecine Jacques Laca, « De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité », montre que la psychanalyse n’a aucun pouvoir pour changer l’évolution d’une pathologie, ou même pour soulager les souffrances.

          Les psychanalystes ont été une secte qui exerçait illégalement la médecine, des charlatans à ranger avec les disciples de Messmer. Les défenseurs de la psychanalyse ont d’ailleurs toutes les caractéristiques des gens sectaires.

          Ce n’est pas parce que la psychiatrie n’obtient que des très faibles résultats, que ce la justifie la pratique de faux soins.

          Autre remarque : la Thérapie cognitive et comportementale (TCC) ne doit rien à la psychanalyse, c’est une approche complètement différente qui ne cherche pas de significations.

          Une psychotérapie n’a en principe rien à voir avec une psychanalyse, elle est faite par des personnes ayant fait des études de psychologue clinicien, alors qu’une psychanalyse est faite par une personne initiée par un autre initié, c’est le mot exact.

          • laertes laertes 10 mai 2016 17:38

            @l’auteur : je ne comprends pas l’intérêt, même intellectuel de votre article.
            Si la psychanalyse était ce que vous dites elle ne serait qu’une partie de la philosophie et on la verrait dans les rayons poussiéreux des libraires. Mais IL N’EN EST RIEN. Désolé.
            En France elle est considérée comme une théorie explicative psychiatrique et psychothérapeutique comme elle l’a été pendant des décennies, étendant son champ jusque dans la culture (il faut écouter les émissions sur France culture et la domination des psychanalystes) et c’est là qu’est le problème. Elle a enrichi d’une manière scandaleuse des centaines d’individus donneurs de leçon, ce que n’a fait aucune théorie philosophique avant elle.
            Vous dites : « Oui, si l’on admet le critère de »réfutabilité« ( »falsifiability« ) de Karl Popper, la psychanalyse n’est pas une science : on ne peut en tirer aucun énoncé prédictif testable et en conséquence aucune expérience ne permet d’en établir ou non la réfutation et donc la confirmation. » Je suis désolé mais la psychanalyse se prétend une science et le fait de dire qu’elle n’en est pas, on s’en fout à cause de ses champs d’application ce qui entraîne que, contrairement à ce que vous dites, on peut en tirer un énoncé prédictif testable et que de nombreuses expériences permettent d’en établir la réfutation ou non : cela s’appelle la clinique.
            La psychanalyse, de part ses résultats, est donc une vaste escroquerie clinique et donc une escroquerie intellectuelle et psychologique car les faits (c’est à dire les effets de la psychanalyse et de sa méthode basées sur la théorie) montrent que la psychanalyse ne constitue en aucun cas une théorie valide du fonctionnement psychique .......


            • Rincevent Rincevent 10 mai 2016 18:57

              Quelques remarques à partir de cet article et des réactions qu’il suscite.

              S’agissant de Lacan, de ses fameux jeux de mots interprétatifs et fulgurants (mais qui n’étaient valables qu’en français…) et de sa pratique parfois à la limite de l’escroquerie, son avis sur l’esbroufe des mots me semble un avis d’expert…

              Oui, Freud a psychanalysé sa fille Anna, ce qu’il ne faut, paraît-il, jamais faire.
              Cest même la pire des transgressions en psychanalyse, outre que c’est parfaitement inopérant puisque l’analyste n’est plus neutre !

              ...la psychanalyse n’a jamais soigné ni guéri ni soulagé aucun malade, elle est inopérante dans le le domaine de la psychiatrie… Freud ne s’est occupé que de névrosés, pas de psychotiques, ce n’est pas le même domaine.

              ..thérapies cognitivo-comportementalistes… Ces thérapies ne réfutent pas vraiment les fondamentaux de Freud mais les décalent. Surtout, leur grande différence est qu’elles s’interdisent d’asséner au patient toute interprétation. Tout au plus, elles proposent des pistes où le patient ira voir (ou pas) et font le chemin avec lui : https://fr.wikipedia.org/wiki/Analyse_transactionnelle

              Onfray  : bien que très souvent pertinent, il a quand même tendance, s’agissant de Freud, à jeter un peu le bébé avec l’eau du bain. On sent bien qu’il l’agace et ses héritiers présomptifs encore plus (Roudinesco).

              Pour finir, juger aujourd’hui un grand bourgeois autrichien de la fin du XIX ème siècle (avec ses moyens de l’époque) fait tomber inévitablement dans l’anachronisme.


              • laertes laertes 11 mai 2016 19:00

                @Rincevent : Ouiiiiiiiiiiiiiiii..........mais NON ! Votre conclusion ne tient pas. Le problème est que ce grand bourgeois juif n’est pas jugé... il est statufié. Nuance. Sinon pourquoi cette « vénérable » institution donneuse de leçons qui sévit encore de nos jours s’appellerait « Ecole Freudienne ».
                Non, non non cet imposteur n’est pas mort.....bien au contraire. ses adorateurs sévissent ...encore et toujours.


              • Ratatouille Zoblard le terrible 10 mai 2016 23:18
                Un entretien avec 
                Ken Wilber

                extrais

                Ce qui reste des quatre forces (béhavioriste, psychanalytique, humaniste, transpersonnelle) ne survivra, si elles survivent, qu’en étant inclus dans une approche entičrement intégrale.

                ---------------------------------

                e fait est qu’ŕ travers l’histoire les vraies forces de l’oppression sont venues en grande partie de divers modes techno-économiques de production. Par exemple, la plus grande oppression sociale s’est généralement produite dans les sociétés horticoles avancées et les premičres sociétés agraires, qui sont parvenues ŕ asservir des civilisations entičres, et qui ont existé bien avant n’importe laquelle des formes sophistiquées de la philosophie éternelle. Et de toute façon il reste vrai que l’idéologie suit la base, et non pas l’inverse. Le problčme principal avec la modernité est qu’elle a permis ŕ la conscience tribale de détourner la technologie moderne, et le résultat a été Auschwitz.

                -------------------------------------------------------------

                C’est vrai. Ou plus précisément, j’essaye de regarder les forces et les faiblesses de la philosophie éternelle, tandis que la plupart des postmodernistes (y compris les postmodernistes transpersonnels) se contentent de la jeter aux orties. Les forces des grandes traditions de sagesse sont nombreuses, et incluent le fait que celles-ci ont compté parmi les grands pionniers des états et des étapes plus élevés du développement de la conscience, et comme tels elles méritent une somme considérable d’honneur et de respect. En outre, dans la mesure oů l’Esprit est éternel, ou a tout du moins une dimension qui est éternelle, ces pionniers étaient les premiers ŕ s’éveiller ŕ cet état éternel, et c’est un accomplissement prodigieux, auquel la seule réponse correcte, il me semble, est un salut profond et humble, quelque chose que le moi postmoderne n’envisagera jamais.

                -------------------------------------------------------------------------------


                • bakerstreet bakerstreet 11 mai 2016 02:35

                  Article très long et qui se veut modeste, en quoi par là on voit une contradiction manifeste et signifiante du sujet. 

                   Freud résiste mieux au temps que sa psychanalyse, que la France est la seule avec l’argentine, et la sécurité sociale à prendre au sérieux. 
                  En son temps ce fut un géant, il mit la société autrichienne le nez dans son caca.
                   Dommage qu’Hitler ne se soit pas fait psychanalyser : Il n’aurait jamais pur se relever du divan...
                  On parvient tout de même à en faire encore des articles, tout comme pour l’affaire des poisons. 

                  • laertes laertes 11 mai 2016 19:06

                    @bakerstreet : la société autrichienne n’avait certainement pas besoin de la psychanalyse pour avoir le nez dans son « caca » comme vous dites, vu qu’elle y était déjà depuis 1866.
                    quant à Hitler sur le divan , il y aurait plutôt trouver confirmation de ses théories à savoir : la juiverie dissolvante et universaliste contre la pureté nationaliste allemande et aurait contrairement à ce que vous pensez , manipulé le psychanalyste qui lui, ne se serait pas relevé de cette expérience.


                  • bakerstreet bakerstreet 11 mai 2016 23:15

                    @laertes
                    Fritz Lang avait plus ou moins entrevu cette hypothèse, dans ’M le maudit« , qui aurait du s’appeler »les assassins sont parmi nous« , et son »docteur Mabuse« le patient mégalomane et pervers parvenant à fasciner son thérapeute, au point de l’envoûter totalement et à le mettre sous sa dépendance, inversant la dynamique du pouvoir.

                    Ce en quoi on peut voir effectivement une métaphore de ce qui arriva à notre société de culture allemande, faite de Vienne à Berlin de bons doktors, troquant leurs diplômes honoris en croix de fer horribilis, comme Heidegger »Sehr verehrter Herr Professor« , et ses fameux carnets noirs . 
                    Est donc cela, la face sombre de »l’être et le néant«  ?.... La période nazie fascine toujours pour sa rencontre de la haute culture avec son adhésion à la bêtise, à la vulgarité, au crime et à la dépravation complète, à l’image d’une belle comtesse éduquée et humaniste, soprano à ses heures, qui deviendrait une sorcière démoniaque dans la nuit de Walpurgis....
                    Quand on ausculte le patient allemand, et qu’on l’observe avant ces heures fatales, allongé sur le divan, on remarque que déjà l’empreinte de la bête est là, dés le début du siècle, et qu’elle grossira comme une tumeur cancéreuse. »L’oeuf du serpent", comme disait Bergman !....Freud n’invente pas la psychanalyse au fond, il se fait simplement spéléologue d’une société malade où les secrets et les chapes de plomb sont si nombreuses qu’il lui faut un exorciste, pour tenter de donner un sens au malaise en la faisant parler. La nature a horreur du vide, même quand c’est un gouffre profond et noir. Mais déjà il est trop tard. Au moins lui n’écrira pas de carnet noir. C’est la chance, si l’on peut dire ainsi d’être juif. De ne pas faire partie des bourreaux. 

                  • laertes laertes 29 juin 2016 17:51

                    @bakerstreet : Je suis désolé baker , je respecte votre opinion mais je suis assez dubitatif sur le caractère « visionnaire » qu’on a attribué « après coup » au cinéma de Lang de l’époque prénazie (Mabuse ou M). Il a continué à traiter le problème du mal bien après l’extinction du nazisme.
                     Ah oui, pour Hitler Vienne n’était plus une ville allemande. Quant à l’empreinte de la bête (oeuf du serpent qui je crois est de Bertolt Brecht et non de Bergman) comme vous dites elle a des origines multiples (dont française). Les nazis n’ont rien inventé ..désolé !
                    « La période nazie fascine toujours pour sa rencontre de la haute culture avec son adhésion à la bêtise » : je suis désolé bakerstreet de n’être absolument pas d’accord avec vous. Si on prend le cas de celui qui l’a initié et dirigé à savoir Hitler il n’y a rien qui se lie à la bêtise. Hitler était un homme très intelligent et hautement cultivé... comme Staline  ! Le sousestimer c’est ne rien comprendre au nazisme.
                    ".Freud n’invente pas la psychanalyse au fond, il se fait simplement spéléologue d’une société malade où les secrets et les chapes de plomb sont si nombreuses qu’il lui faut un exorciste, pour tenter de donner un sens au malaise en la faisant parler.« là encore je ne suis pas d’accord avec vous. Freud n’est en aucun cas un visionnaire (comme dans le cas de Fritz Lang). Il surfe sur des découvertes faites avant lui pour mettre en avant une théorie en partie fumeuse pour asseoir sa notoriété. en cela il ressemble plus au charlatan Messmer du XVIIIème siècle qu’à un Einstein par exemple.
                     »C’est la chance, si l’on peut dire ainsi d’être juif. De ne pas faire partie des bourreaux. " EUHHHH désolé encore ! Les juifs ont beau se considérer comme le peuple élu, ils n’en partagent pas moins la capacité universelle à être des bourreaux bon teint.


                  • JMBerniolles 11 mai 2016 18:35
                    @ l’auteur

                    Finalement votre texte apporte beaucoup d’éléments, y compris de votre propre réflexion qui est intéressante, pour la défense de Sigmund Freud si tant est qu’il soit besoin de le défendre.

                    Les attaques d’Onfray, ne sont pas au niveau où se situe Freud, notamment celles qui visent la personne même. Caricaturer la théorie du Totem, notamment en prenant presque au pied de la lettre la notion de tuer le père, pour la critiquer n’’est pas non plus très glorieux.

                    Prétendre que la psychanalyse ne soigne pas, est tout à fait démagogique si l’on ne fait pas une analyse des objectifs, des problèmes et des résultats, parce qu’il y en a.

                    Est ce que prendre une pillule par jour guérit de maladies mentales profondes, de dépressions ?

                    Il faut voir qu’au départ Freud est médecin et qu’il développe des méthodes pratiques pour soigner ce qu’il considère comme des maladies, mais qui n’ont pas de support organique connu.
                    Il recourt à l’hypnose, une manière d’accéder au subconscient. Il constate que les effets sont limités et généralise l’étude du subconscient et son rapport au conscient.
                    En lisant Freud, très jeune, une chose m’avait frappée. C’est sa grande modestie, ses doutes sur ses théories exprimées tout au long de ses textes. Certainement sa référence fondamentale à la Libido est le fruit d’expériences personnelles. Une auto analyse.....
                    L’apport de Freud est proprement génial, si l’on veut bien prendre en compte le saut dans les connaissances qu’il a formulé à son époque.

                    L’apport de Lacan me parait aussi compléter les théories de Freud, et montrer qu’il ne faut pas considérer l’œuvre de Freud comme fermée et impropre à des développements.

                    Le langage et les mots viennent naturellement dans le champ des précisions sur les relations entre moi et surmoi. Freud avait déjà pensé à l’héritage d’instincts pour les animaux,
                    Le langage fait partie de l’héritage culturel. Il faut voir avec quelle vitesse un bébé assimile le langage, alors que son cerveau n’est pas encore totalement- formé.

                    Je prendrai un exemple avec lequel j’ai souvent affaire. Le discours idéologique. C’est à dire un discours d’idées toutes faites qui sont ancrées dans le subconscient avec des mots, des phrases et des formules. Et qui ressortent dans un contexte donné. Souvent, il n’est pas possible d’engager une véritable discussion avec une personne qui est soumise à cette pathologie ( ce n’est considéré comme pathologie que dans le cas de secte, mais c’est une erreur, due au fait que la psychanalyse a déserté notre champ de réflexions)

                    Enfin, il est un fait que beaucoup de gens on été sauvé par la psychanalyse (du suicide notamment, de complexes mortifères....) J’ai lu il y a longtemps un livre d’un journaliste mondain très connu qui avait soudain éprouvé un sentiment de vide immense et avait été sujet à des angoisses qui le conduisaient inexorablement au suicide, et qui avait suivi une analyse chez Lacan au 5 rue de Lille.

                    Pierre Rey Une saison chez Lacan

                    Son livre était tout à fait passionnant, presque plein de suspence, et montrait que cela lui avait évité le suicide.
                     

















                    • bakerstreet bakerstreet 11 mai 2016 23:48

                      @JMBerniolles
                      Reste que la psychanalyse n’est pas une science, comme la philosophie d’ailleurs, juste un discours, une tentative d’explication du monde. Et quand le sens n’apparaît pas, toute explication est toujours bienvenue au patient, cela rationalise son malaise. Une forme de prestidigitation sans doute, de trompe l’oeil, qui tient avant tout à la personnalité de l’artiste. Un médecin comme on dit est un homme de l’art. Ce n’est pas qu’une expression. 

                      La moitié au moins de la guérison d’un malade si ce n’est bien davantage vient d’un patchwork fait d’humanisme, de bienveillance, d’écoute, et aussi de magnétisme, hormis bien sûr les connaissances cliniques indispensables, mais qui passeront vite au second plan...Les chamans sont dans cette grande tradition : Se faire l’intermédiaire entre le malade et les dieux, au sein d’une transe. 
                      Le but est de donner un sens, une explication à ce qui n’en a à priori pas, cette maladie qui est arrivée on ne sait comment. Le chamanisme tend non seulement à s’occuper du patient, mais du clan aussi, ce qui est logique dans les sociétés tribales, où tout se tient, tout à un sens, jusqu’aux rêves, qu’il faut interprêter. 
                      La psychanalyse ne fait pas autre chose. 

                    • JMBerniolles 12 mai 2016 09:35
                      @bakerstreet

                      Merci pour votre commentaire.
                      Je ne pense pas que la Psychanalyse ait jamais prétendu trouver une explication à notre monde.
                      J’aime bien la pensée de Woody Allen à ce propos :
                      « la vie est un roman (ou pièce de théâtre) écrit par un auteur sadique »
                      Donc il faut soigner les corps et les têtes.
                      Un Psychanalyste est avant tout quelqu’un qui écoute, et qui amène le patient au nœud de son problème qui est souvent un traumatisme de l’enfance ou bien le refoulement de pulsions ou autres.tel que le rejet de soi.
                      Nous vivons dans une société qui se prétend de communication, mais les personnes qui vous écoutent vraiment sont plus que rares.

                      La Psychanalyse ne s’est pas achevée avec Freud et Lacan... je pense qu’elle trouve sa filiation avec une discipline encore peu connue qui est la Neuropsychiatrie.
                      On cherche dans le cerveau les causes et le supports des maladies mentales.
                      Aujourd’hui Freud serait un neuropsychiatre.... à mon humble avis.



                    • bakerstreet bakerstreet 12 mai 2016 12:33

                      @JMBerniolles

                      Bonjour
                      .Woody Allen a écrit de très belles choses, avec l’humour et la poésie qui font passer l’amertume, sans compter que ces films sont toujours des délices, et que le temps semble lui donner toujours plus de talent....Shakespeare fut le grand devancier.....« Nous sommes faits de l’étoffe des songes »....« La vie n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre acteur qui se pavane et s’agite durant son heure sur la scène et qu’ensuite ... C’est une histoire dite par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien. »....
                      Je me souviens combien j’avais été fasciné à 16 ans, en découvrant « l’interprétation des rêves »...Tout me paraissait lumineux, de l’inconscient de l’homme et de ces drôles d’élucubrations nocturnes, qui prenaient tout à coup un sens et une lumière aussi évidente, grâce à la magie de Freud, que Sherlock Homes le fait, quand il réunit indices et preuves, faisant de la fin du roman le bouquet final où tout s’éclaire....Freud propose des storrytelling, des lampes de poche pour éclairer les ténèbres. Sa lecture me fit du bien. Géniales ou farfelues, tirées par les cheveux, c’est son génie et sa capacité à vouloir dénouer les fils d’histoires complexes qui me fascina.... Le film « la maison du docteur Edwards », en étant la vérification scrupuleuse et Hollywoodienne, avec Hitchcock au commandes, et Dali, au décor... 
                      Freud est évidemment un grand homme. Pour autant il se donne souvent une posture, un peu comme Colomb, taisant ses doutes devant ses hommes. C’est un homme d’autorité, victime parfois de la fascination qu’il suscite, dans une cour de dévots. il surjoue des convictions qu’il ne possède pas, profitant du positivisme pour faire entrer la psychanalyse dans les sciences exactes. A sa façon, il prend suite aux rois thaumaturges, nos rois de France, qui avaient dit on le pouvoir de guérir les écrouelles, les ulcères, et toutes sortes de maladies purulentes, par le simple toucher, car consacrés...... Et ça marchait....Miracle de la persuasion qui montre que nous avons de grandes capacités d’autoguérison, à charge de trouver le chaman, le sorcier assez investi qui déclenchera le phénomène....
                      Bien sûr la neurologie et les neurosciences peuvent expliquer sans doute ces phénomènes mystérieux d’adhésion et de transcendance. Parfois c’est pour le mieux, parfois c’est pour le pire, quand les foules régressent et s’abêtissent derrière une personnalité douteuse. Hitler utilise les même ficelles que Freud, je veux dire par là qu’il se propose comme le grand thaumaturge lui aussi, mais évidemment du coté opposé, celui de la mort, thanatos, alors que Sigmund est du coté de l’eros. Comment son « Mein Kampf » ce crachat immonde, cette atteinte à la raison et à l’intelligence put fasciner des intellectuels ?...Surement justement dans ses réponses simplistes, et surtout son énergie redoutable, primitive, qui se situe dans la grandiloquence et une assurance propre à rassurer un peuple prêt à être envoûté, aspirant à la violence comme adjudants à de multiples malaises, cherchant avant le crime des raisons et des motifs de se déculpabiliser.
                       Et en ce moment, les docteur Mabuse sont légions, de Donald Trump à ce type qui vient d’être élu aux Philippines. Ce qui est préoccupant. Je ne sais plus qui a dit que l’histoire s’appuyait toujours sur le chapitre d’avant. 

                    • mmbbb 15 mai 2016 13:41

                      @bakerstreet Woudy Allen chouchou des intellos mais le mythe s’est effondré avec « ces histoires de familles »


                    • Piere CHALORY Piere CHALORY 15 mai 2016 13:53

                      @mmbbb



                       ’’Woudy Allen chouchou des intellos mais le mythe s’est effondré avec «  ces histoires de familles »’’

                      Vous voulez dire ses histoires de famille ?


                       
                       

                    • bakerstreet bakerstreet 15 mai 2016 14:43

                      @mmbbb
                      Il faut savoir de quoi on parle : Du créateur, ou de l’homme privé...Moi je parle ici du premier, et ne m’intéresse pas trop au second. Car si vous passez par cette logique, il ne restera personne dans votre bibliothèque, hormis quelques culs bénis, et encore, ceux ci étant tout autant redoutables, mais parfaitement fades et insipides......

                      .Ainsi exit Voltaire esclavagiste, Rousseau père indigne, Platon pédophile...Ne parlons pas d’Hitchcock pervers et de Polanski, etc......Il est vrai que le grand écart est si important chez certains, comme Heidegger par exemple chez lequel la posture morale « la tête dans les étoiles » et l’autre dichotomique « les mains dans le caca », que le livre vous tombe des mains. 
                      Mais que restera t’il sur les étagères morales ?...La Fontaine, à condition de ne pas trop chercher ce que fut la vie de ce courtisan opportuniste, quelque peu plagiaire et coureur de jupons ?

                    • mmbbb 15 mai 2016 18:33

                      @Piere CHALORY non c’est l’adjectif démonstratif


                    • mmbbb 15 mai 2016 18:59

                      @bakerstreet Voltaire : oui peut etre et Ferry ? . Non je réagis ainsi puisque c’est presque à la limite de la psychanalyse et le sujet de cet article s’y prête Lorsque gamin au lycée et étant issu d’une famille modeste, nos professeurs avaient hissés tous ces grands intellectuels sur un piédestal. Figure d’une connaissance et d’une sagesse qui devaient être un parangon. Nous devions nous améliorer de jour en jour et atteindre ce degré de perfection. Par ailleurs cette élite ayant ce pouvoir intellectuel ( surtout en France ) avaient une certaine condescendance envers le peuple puisque nous n’avions pas ce niveau de culture dès la naissance. Mais il vrai, lorsque l’on gratte un peu, tout peut s’effondrer et surtout ces images tutélaires, celles qui auraient dues nous forgées un esprit sain . L’intello n’est plus depuis longtemps une personne forcément respectable, c’est simplement une personne qui sait manier des concepts et écrire ou créer. Je me suis guéris. Lorsque l’on m’a rebattue les oreilles ad nauseam que les esprits éclaires étaient supérieurs c’est évidement faux ils peuvent être de belles salopes( Drieu la Rochelle et tant d’autres comme Polanski protége par le microcosme artistique ) Nous avons un lien particulier en France avec « cette culture » que d’autres pays n’ont pas Salutations .


                    • JC_Lavau JC_Lavau 12 mai 2016 00:02

                      J’ai voté pour l’article, car vaut mieux le débat - même mal engagé - que la complicité béate avec les freudiens.

                      Devinette : Combien de psychanalystes faut-il pour changer une ampoule ?

                      Un seul suffit, à condition que l’ampoule soit extrêmement désireuse de se changer elle-même.

                      Françoise Sironi par exemple, a vite eu toutes les preuves qu’avec les victimes de tortures, le coup de Freud, ça ne marche jamais.


                      • JC_Lavau JC_Lavau 13 mai 2016 11:42

                        La PsyKa et plus encore les lacamiteux lacambours calaniens ont été adoptés avec enthousiasme par la partie intello de la bourgeoisie française, pour leur totale absence de rigueur, pour les facilités que ça leur donnait pour mentir, calomnier, manipuler, culpabiliser et spolier son prochain. Ils t’envoient dans la g..... que ton inconscient ceci ou ton inconscient cela, d’une mine aussi pénétrée que triomphante.
                        Si tu as une blessure douloureuse au genou, ton psyKa va ruser pour te faire avouer que tu as un problème de « je-nous ». Variante : si tu as pris un gnon dans l’omoplate gauche, la psyka triomphe qu’elle va te faire avouer que tu as des tendances homosexuelles refoulées.

                        Si les faits que vous avez vécus viennent en contradiction des préjugés et fantasmes du chef ou de la cheffe, bin ça agace la cheffe psyKa, qui s’indigne « Mais pourtant vous avez votre mère et votre soeur ! »... Le maître d’armes l’avait bien expliqué à monsieur Jourdain : Tout l’art des armes en famille consiste à infliger un maximum de coups à son proche, sans jamais s’en prendre un en retour.
                        Tiens justement, voici les fameux théorèmes de ma soeur :

                        http://citoyens.deontolog.org/index.php/topic,541.msg1042.html#msg1042

                        « Et pis d’abord ! T’as pas le droit d’ouvrir la bouche sur quoi que ce soit, puisque tu n’as même pas été psychanalysé ! ». Madame Soeur dixit.

                        "Et pis d’abord ! Ton témoignage est irrecevable, puisque tu y étais ! Donc tu n’es pas objectif ! Tandis que moi qui n’y étais pas, qui ai toujours su me tenir à l’écart des faits, et prendre soin de ne jamais rien vérifier, je suis objective !". Madame Soeur dixit.

                        " Kestatan pour avouer que l’inconscient est omniscient ? Kestatan pour avouer que tout escroqué était en profonde complicité avec l’escroc, que tout volé était en profonde complicité avec le voleur (ou la voleuse), et est donc le véritable coupable du vol qu’il a subi ?
                        Kestatan pour avouer que tu as choisi
                        (« Gazonbleu » est son pseudonyme usuel, féminin de Barbe Bleue) exprès pour te faire maltraiter par elle ?". Madame Soeur dixit.

                        « Et puis d’abord, tu n’as pas le droit de décrire la paranoïa de ta femme, car tu n’as pas fait d’études de psychiatrie ! ». Madame Soeur dixit. (Je les ai faites depuis, les études de psychopathologie, et pour de bien autres raisons).

                        "Et puis d’abord, oser expérimenter comme tu l’as fait, pour déterminer lequel de vous deux est fou, c’est une abominable traîtrise, comme seul peut l’imaginer un paranoïaque ! Un homme normal, quand nous le traitons de fou à répétition, se laisse docilement convaincre sans chercher à comprendre, lui !« . Ce harcèlement aussi est de ma soeur. Expérimentation décrite en annexe n° 2 de l’article à http://jacques.lavau.perso.sfr.fr/paranoia.html.

                         »Et puis d’abord, Kestatan pour avouer que vous les profs, vous êtes tous des addicts de la relation inégale, que vous êtes tous incapables de vous remettre en cause, tous abusifs, et que j’ai bien raison de me venger de vous tous, sur toi !« . Toujours pour ne citer que ma soeur...

                        Dans ces conditions, j’ai quelque tentation à conclure que la psyKa est similaire à une caverne de brigands, ou une spélonque de bêtes féroces.

                        Tiens j’oubliais le ridicule d’un colloque de psyKas : »si l’instinct maternel, oups ! Je voulais dire l’envie du pénis..."


                        • mmbbb 15 mai 2016 13:33

                          il me semble que Freud n’avaient que des bourgeoises nevrosees et corsetées par la morale catholique de son époque. Onfray me décoit il est toujours facile comme en histoire d être juge d’une époque ou le contexte sociale et surtout scientifique etait si différend. La neurologie n’existait pas, les rapports sociaux si différents une religion et une morale prégnantes. Freud n’en etait pas moins homme et il n’etait pas exempt de defauts Il en est de méme de la déconstruction du couple mythique Sarte Beauvoir Ce sont les intellos qui construisent ces mythes. Freud s’adressa a un classe sociale précise. Le femme du paysan n’avait pas le loisir d’étaler ces nevroses, elle devait bosser comme je l’ai ai connue a la campagne.  Quant a Lacan il allait voir en catimini « l origine du monde » de Courbet Tableau détenu par un diplomate Turc Ce tableau était cache par un autre tableau banal . Tout ce beau monde d’intello se réunissait pour admirer et deviser sur le sexe de cette femme.

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