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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Splendeur et misère de la guerre

Splendeur et misère de la guerre

L’auteur de la « Libération de Bagdad » ne descend-il pas de la lignée des peintres qui glorifièrent en leur temps les épopées napoléoniennes et l’idéal stalinien ?

Car étalant une représentation aussi héroïque que victorieuse de l’intervention américaine en Irak, cette toile nous semble dédiée intégralement à George Bush. D’ailleurs, le char placé au centre de la foule en liesse, qui se presse contre le fusil de la liberté, n’est-il pas le symbole absolu de la puissance pacificatrice américaine ?

Pourtant, si l’on observe les détails, on se surprend à ne plus croire à ces soldats figés dans leur posture de libérateurs, ni à ces pantins disposés tout autour d’eux, surtout quand au premier plan un cadavre tourne la tête pour ne plus avoir à regarder le spectacle de ces chiens s’entre-tuant pour le territoire.

Commentant son œuvre, l’artiste américain Sandow Birk, qui expose actuellement en Californie, explique que sa peinture est le reflet de ce qui nous a été raconté pendant des mois : « La joie, l’hospitalité des Irakiens devant les troupes américaines qui les ont libérées de l’oppression ».

Ainsi, cette représentation de la campagne militaire en Irak s’avère inspirée non de la réalité de la guerre, mais bien de la propagande orchestrée par les médias américains. Et le peintre Sandow Birk d’accentuer le grotesque d’une victoire qui se mue chaque jour plus encore en véritable carnage pour les Irakiens.

Célèbre aux Etats-Unis pour son sens de la dérision et de la satire, Sandow Birk n’est connu en France que pour ses illustrations de la Divine Comédie. Pourtant son œuvre sociale aussi diverse qu’engagée reflète l’envers de la société made in USA. À la manière d’un Jacques Callot immortalisant les visages des gens du peuple et le fléau de la guerre qui les entoure, Birk compose avec ces figures des rues américaines et la violence qui s’y joue quotidiennement. Dès lors, racisme, assassinats, prison, mises à mort, accidents de voitures sont autant de thèmes que l’artiste transpose sur la toile en une allégorie du désastre politique.

Saisir les plus obscures composantes de la société américaine, pour tenter de concurrencer ces millions d’écrans télé qui contaminent nos consciences en y consacrant les forces de mort.

Pour voir en entier : La Libération de Bagdad

Site Internet de Sandow Birk


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5 réactions à cet article    


  • Nicolas Nicolas 22 mai 2007 14:27

    Les carnages actuel prouve la présence d’AlQuaida sur le sol Irakien, et donc la necessité de l’intervention. Il serait peut être temps que les Pro-Saddamistes reconnaissent enfin leur erreur.


    • Jojo2 22 mai 2007 16:06

      C’est plus compliqué que ça. Il existe des luttes entre Chiites et Sunnites, ex Baassites et pouvoir en place, Al Qaeda et le reste, Sunnites contre Americains, Chiites pro-Iran contre les mêmes, ça change selon les provinces, c’est pas la même chose chez les Kurdes qui rèvent de semer la merde en Turquie maintenant qu’ils ont le champ libre, l’Iran rève lui de la bombinette et ne craint plus les Américains qui ont montré leurs limites, les Russes soutiennent les Iraniens histoire d’emmerder les Américains et de faire grimper le prix du pétrole et du gaz, etc... Bref c’est le merdier.

      Quand on créée un merdier qu’on est incapable de controler, on reste chez soi.


    • Gazi BORAT 23 mai 2007 16:48

      « De la guerre.. »

      La stratégie adoptée par GWB a été la suivante :

      - commencer la guerre avec n’importe quels motifs, m^me les moins crédibles (les ADM)

      - attendre que les troubles créés par la présence de troupes américaines fournissent d’autres motifs de continuer cette guerre..

      gAZi bORAt


    • Jean-Paul Doguet 13 décembre 2007 22:30

      Cher Laurent, Merci pour cet article sur un tableau que je ne connaissais pas. J’ai utilisé l’agrandissement et je n’ai pas pu ne pas éclater de rire en examinant avec soin cette oeuvre. Il n’y a aucun doute. C’est un tableau qui ridiculise la propagande américaine. Cela correspond très exactement à ce qu’il faut appeler une imagerie, qui ressemble assez à celle de la révolution culturelle.

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