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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Tag : une colère aujourd’hui organisée

Tag : une colère aujourd’hui organisée

L'art aborigène fusionne également avec de nouvelles tendances. Certains élans le conduisent sur les chemins d'un art urbain, conjugaison d'un nomadisme réinventé. Pour l'instant je ne suis pas encore sous le charme.

 

© Photo : auteur du blog. Graffeur à identifier


Mais hier à l'occasion d'un jogging au bord du canal de notre ville du nord, je découvrais un immense entrepôt désaffecté, aujourd'hui sans toit, mais habité par de multiples graffitis. Chaque taggeur disposait d'un espace. Certains sont recouverts, d'autres sont mentionnés comme non terminés.
 

© Photo : auteur du blog. Graffeur à identifier


Pour une partie je fus sous le charme de cet atelier underground sans personne au petit matin.
Avec mon téléphone, je prenais quelques photos que vous retrouverez ci-dessous.
Sur les kilomètres du retour, j’ai cherché à comprendre la naissance de ce mouvement artistique en me souvenant d’un cousin taggeur.
 

© Photo : auteur du blog. Graffeur à identifier


Dés les premiers âges de son adolescence parisienne vers 1982, dans sa conquête de la ville, de sa ville, il apposait autant que possible sa signature « Bobo », dans le métro, sur les panneaux signalétiques, sur les murs oubliés de la cité… Dans son quartier, on devinait qu’il s’agissait de son fief, « Bobo » était partout comme un titre de propriété, sans réelle concurrence à l’époque.
 

© Photo : auteur du blog. Graffeur à identifier

L’écriture cursive du mot « Bobo » restait simple, énergique, d’un bleu soutenu, jetée d’un trait sur une paroi. Dans ces quatre lettres, on pouvait ressentir la colère d’un ado, au geste énergique, à l’accélération dans les courbes, aux arrêts brutaux aux angles.
 

© Photo : auteur du blog. Graffeur à identifier


Une fureur de revendiquer existait dans cette dynamique singulière hors la loi. L’expression du tag n’était pas l’apanage d’une quête solitaire. Ils pratiquaient cela en bande. Des réseaux d’amitiés se formaient. Très vite le tag signature devenait prétexte à des créations plus complexes. Sa petite communauté de black invitait la couleur sur des pans entier de murs.

© Photo : auteur du blog. Graffeur à identifier


Certains étaient allés à New-York. L’expression outre-Atlantique leur donnait des ambitions. Des œuvres déconcertantes prenaient forme avec des personnages combinés aux textes, sortis tout droit de l’imaginaire.

© Photo : auteur du blog. Graffeur à identifier


Jack Lang, ministre de la culture de François Mitterand, leur offrit une première reconnaissance en soulignant les élans créatifs des tags des villes.

A la fin des années 80, la « bande à Bobo » était invitée à peindre un mur entier dans une petite ville de la Côte d’Azur. Des animaux imaginaires et des mots écartelés, distendus, éclairés par des couleurs acidulées, allaient orner pendant plus de 10 ans un mur très en vue...
 

© Photo : auteur du blog. Graffeur à identifier


30 ans ont passé. Le tag a conquis ses lettres de noblesse et fait la une des gazettes d’art à l’occasion de ventes aux enchères spectaculaires, organisées dans des lieux undergrounds.

La reconnaissance des collectionneurs, même tardive, offre un terrain un peu particulier à cette forme d’art. Ce qui était alternatif, interdit, langage de la rue, de la contestation, d’une colère face à l’ordre établie, rentre dans le rang avec cette acceptation dans le monde de l’art.

© Photo : auteur du blog. Graffeur à identifier


Ce qui faisait l’intérêt de leur démarche pourrait se trouver dévoyer dans une expression plus conventionnelle, comme lors de la dernière exposition Cartier.

Avec ces lettres chahutées, tellement combinées, il est souvent difficile de lire le texte.

© Photo : auteur du blog. Graffeur à identifier


Au premier regard apparaît la composition d’ensemble, puis une lecture plus précise permet de distinguer le caractère et de s’amuser des audaces de l’artiste, dans les efforts apportés à la déformation, aux élans primesautiers d’une colère aujourd’hui organisée.


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2 réactions à cet article    


  • Cocasse cocasse 28 janvier 2011 12:30

    Mouais, c’est bien gentil, là tu proposes des fresques, non dénuées de qualités artistiques, cas rares, et de plus localisées autrement qu’à des passages obligés.

    Maintenant, la réalité du Tag, quand on prend le métro, le RER, qu’on se promène en ville : c’est celle de chiures dégueulasses polluant le paysage urbain, déjà peu agréable.
    L’équivalent de pipi de chiens pour marquer le territoire, des crottes d’emmerdeurs.

    Ces souillures, on est obligé de les subir, partout, en plus de l’agression publicitaire.


    • cathy30 cathy30 28 janvier 2011 12:45

      Oeuvres, exceptionnelles, je ne dirai pas la même chose de l’article.

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