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The Kinks

Lorsqu’on pense aux groupes anglais des années 60, on cite de suite les Beatles et les Rolling Stones, mais aussi les Who, les Yardbirds ou les Kinks .

C’est à ce dernier groupe que j’ai décidé de rendre hommage aujourd’hui.

Les Kinks, c’est avant tout les deux frères Davies, Ray et Dave. Ils sont issus d’un quartier populaire et relativement pauvre de Londres. Le répertoire du groupe sera fortement marqué par ces « petites gens »qu’ils ont côtoyé tout au long de leur enfance.

Né le 21 juin 1944 , Ray est le leader et principal auteur-compositeur du groupe.

Sa jeunesse est celle de l’après-guerre, de la reconstruction d’un Londres détruit et ravagé par les bombardements. Septième enfant d’une famille de huit, il a été élevé en partie par ses six sœurs aînées. Il est un enfant solitaire voir renfermé, son demi-frère Dave est plus turbulent .

Ray poursuit ses études dans une école d’art britannique et possède un certain talent pour l’écriture. Avec son frère, ils décident de fonder un groupe de musique. Dave ramène un copain, Peter Quaife, pour jouer de la basse. Un ancien batteur des Rolling Stones, Mick Avory, se joint au groupe comme batteur.

En 1963, alors que le groupe se produit sous le non des "Ravens",Larry Page les remarque et leur propose de s’occuper de leur carrière.

Leur accent des quartiers populaires de Londres, leur comportement et surtout leur look leur valent souvent des quolibets. Un ingénieur du son , en voyant arrivé ce groupe étrangement habillé et aux cheveux longs, aurait déclaré « you look like kinks ? »(vous avez l’air bizarres, extravagants, efféminés…).

Voilà comment sont nés les "Kinks".

Après deux 45 tours passés inaperçus le succès arrive avec You Really Got Me en 1964 qui sera numéro 1 en Angleterre . Le son si particulier de ce morceau viendrait du fait que Dave, suite à une colère, aurait lacéré son amplificateur, produisant ainsi un son distordu jamais entendu jusqu’alors.

Suite à ce succès, un album éponyme est enregistré. Un autre tube, All Day and All of the Night, vient vite confirmer qu’il faudra désormais suivre ce nouveau groupe.

Leur deuxième album, Kinda Kinks, se vend encore mieux et les critiques s’attardent tout particulièrement sur le talent de compositeur de Ray Davies.

A partir de 1965 les compositions vont prendre de la hauteur, se complexifier. Qu’il fasse l’apologie de la rêverie, qu’il s’en prenne aux suiveurs de modes , aux nouveaux riches ou à la bourgeoisie, les chansons de Ray Davies vont devenir des petites perles d’observation et de critique du quotidien britannique des sixties.

C’est toujours en 1965 que sort l’album "The Kink Kontroversy’, un album de transition entre le son plus rock des débuts et ce que va devenir le groupe par la suite .

Après une tournée en Europe, ils débarquent aux États-Unis. Alors que les disques se vendent bien et que les admirateurs se bousculent à leurs concerts, ils se battent sur scène, se déchirent, s’insultent et provoquent la foule. Ils sont alors bannis du continent et le marché américain leur échappe.

Alors que Ray Davies traverse une période difficile entre l’alcool et la dépression, il va devenir l’un des plus grands paroliers et chanteurs du rock britannique.

L’album "Face to Face" sorti en 1966 est une véritable rupture sur le plan musical mais aussi au niveau des textes. L’album est presque un concept avant l’heure, mais sa maison de disques le freine dans nombre de ses projets. Les chansons se font volontiers le reflet d’une époque : il faut citer la critique des jeunes de Carnaby Street , les soucis financiers de la classe moyenne anglaise . Ray y traite aussi de la disparition de sa sœur ou de son désir de fuir .

En 1967 sort l’album "Something Else by the Kinks" qui contient le morceau "Waterloo Sunset", considéré comme l’une des plus belles chansons des années 60 par beaucoup . Cet album n’aura pas beaucoup de succès public.

Il faut dire qu’il sort à la même époque que le célèbre "Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band" des Beatles, et dans un registre traditionnel et nostalgique, loin du psychédélique très en vogue à l’époque.

L’année suivante sort "The Kinks Are the Village Green Preservation Society", considéré comme l’un des meilleurs du groupe, même si à l’époque il est boudé lui aussi, par le public. A l’origine Ray Davies voulait sortir un double album mais, une fois de plus, bridé ar Pye, il du se résoudre à ne sortir qu’un simple .

Mais cela n’empêche pas Ray d’écrire des chansons magnifiques, comme celle qui ouvre l’album, ou bien ce bijou mélancolique et provinciale qu’est le sublime "Village Green".

L’année suivante sort Arthur, le septième album du groupe de rock. Il est unanimement salué par la critique, y compris aux USA ou le groupe est boudé depuis 1965. Mais Arthur, tout comme les derniers albums, ne se vend guère. On retiendra les morceaux "Shangri La" et "Victoria".

En 1970 c’est enfin le retour du succès pour les Kinks avec l’album "Lola versus Powerman and the Moneygoround, Part One" . Il s’agit de mon album préféré après "The Kinks Are the Village Green Preservation Society". Le succès de l’album est en partie du au morceau Lola qui deviendra un tube mondial . Mais on trouve dans ce disque de nombreuses autres petites perles comme par exemple "Get Back in Line".

En 1971 sort l’album "Muswell Hillbillies", considéré comme leur dernier grand album même s’il ne contient aucun hit . Je retiendrais tout de même l’album suivant , "Everybody’s in Show-Biz", ou l’on trouve les morceaux "Sitting in My Hotel" et "Celluloid Heroes".

A la fin des années 70, et à partir de l’album "Sleepwalker" en 1977, le groupe retrouve une seconde jeunesse et le succès, notamment aux USA ou l’album flirtera avec le top 20 . Même succès avec l’album suivant, Misfits en 1978.

Fini l’époque du concept album, nous sommes dans un registre plus commercial mais c’est efficace.

La preuve avec l’album "Low Budget", sorti en 1979 et qui sera le disque le plus vendu de l’histoire du groupe aux USA.

L’album suivant, "Give the People What They Want", sort en 1981 et se classe 15e aux États-Unis, et obtient lui aussi un disque d’or.

 "State of Confusion", sera le dernier album des Kinks a rencontrer le succès en 1983. On y retrouve le morceau "Come Dancing", l’un des plus gros hits du groupe aux États-Unis.

Ce retour en force des Kinks à la fin des années 70 est également du à de nombreux groupes comme les Jam, les Knack ou encore les Pretenders, qui n’ont pas hésité à reprendre leurs morceaux.

A signaler que Chrissie Hynde, la chanteuse des Pretenders, sera la compagne de Ray Davies et qu’une petite fille naitra de cette histoire d’amour.

"I go to sleep", chanson de Ray Davies.

 


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9 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 6 décembre 2013 11:00

    une source d’inspiration inépuisable !
    magnifique reprise de you really got me par Van halen


    • fatizo fatizo 6 décembre 2013 18:29

      Je me souviens qu’à l’éPoque de la reprise de Van Halen , lorsque je disais à des potes qu’il s’agissait en réalité d’un morceau du début des années 60 ils étaient verts.


    • Piotrek Piotrek 6 décembre 2013 14:37

      Le son si particulier de ce morceau viendrait du fait que Dave, suite à une colère, aurait lacéré son amplificateur, produisant ainsi un son distordu jamais entendu jusqu’alors.

      Légendaire


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 décembre 2013 21:15

        On pouvait déjà avant obtenir « crunch » ou distortion en jouant sur le « gain » ,entrée instrument (préamp) ...
        J’avais entendu cette histoire ,mais sur un ampli basse utilisé par un grateux ...


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 décembre 2013 21:19

        Crunch ou overdrive ...scuses .


      • Fergus Fergus 6 décembre 2013 17:33

        Bonsoir, Fatizo.

        Voilà un article qui me va droit au coeur :les Kinks figurent en effet tout en haut de mon panthéon rock avec Canned Heat, Creedence Clearwater Revival, The Doors et... The Pogues.

        Comme chez les Beatles et contrairement aux Rollings stones, peu de déchet chez les Kinks qui ont su réagler avec des genres très différents.

        Dommage que tu n’aies pas cité l’envoûtant Sunny Afternoon, les superbes Death of a Clown et Rosy, Won’tYou Please Come Home, les charmants A Well Respected Man ou Holiday.

        Merci pour cette évocation.


        • fatizo fatizo 6 décembre 2013 18:46

          Bonsoir Fergus,

          Tu cites les Doors (dont je n’ai jamais été très fan) .Il y a un titre dans leur répertoire fortement inspiré d’un morceau des Kinks .


          Étonnant non ?
          Par contre le CCR , là c’est du lourd.

          Pour revenir aux Kinks, j’aime aussi beaucoup le personnage de Ray Davies. Quant aux morceaux que tu cites , j’ai tout de même inclus les vidéos des incontournables Sunny Afternoon et A Well Respected Man



        • Fergus Fergus 6 décembre 2013 18:49

          @ Fatizo.

          Toutes mes excuses pour ces deux vidéos, j’ai écrit mon commentaire avant d’aller voir ce qui était mis en lien. Mea culpa.

          Bonne soirée.


        • Xavxav 12 décembre 2013 10:23

          Bravo pour cette biographie du groupe the kinks qui est souvent cité par d’autres groupes comme influence.

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