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Théâtre : Numéro complémentaire

Passant d’une extrémité à l’autre du spectre de la comédie sociale, Jean-Marie Chevret propose, mine de rien, avec son Numéro complémentaire, une pertinente étude de mœurs où seraient réunis en une même entité à la fois les "Groseille" et les "Dusquesnoy" voguant sur le long fleuve d’une vie si peu tranquille.

L’auteur crée ainsi l’opportunité de faire muter trois personnages issus d’une famille prolétaire "tuyau de poêle" vers un destin accidentel de grands bourgeois parvenus, pendant qu’Alain Sachs leur concocte une collection de travers caricaturaux hystériques, quoique très caractéristiques des classes antagonistes auxquelles ils vont se référer.

Pour mettre en place l’objet du délire, il aura suffi d’un ticket de loto gagnant le gros lot de 25 millions d’euros, et d’un maître médiatique identifié comme le passeur idéal entre jet-set et masse laborieuse.

Comme si l’idéologie de Karl Marx avait soudain pris le visage des Marx brothers, un Monsieur Jourdain de banlieue va entreprendre de réaliser le rêve de sa progéniture ; ainsi, dès que la citrouille sera devenue carrosse, la fille de Nanard pourra accéder en princesse au gotha des nantis.

Jean-Edouard Bernel, l’animateur chéri des ados en addiction du star-system, aura été auparavant kidnappé avec l’ordre de mission d’exécuter sans délai les desiderata des Leblanc, complètement tourneboulés par le magot tombé du ciel.

Tempérant néanmoins le projet farfelu, Bernel va imaginer une transformation radicale du train de vie familial en le déménageant dans les quartiers résidentiels de la capitale avec, comme dans Le Bourgeois gentilhomme, apprentissage à la clé des bonnes manières et usages de la haute société.

Tous les éléments seront ainsi réunis pour opérer le choc des cultures entre deux mondes qui ne se côtoient habituellement que par télévision interposée.

Dans son interprétation de Bernard (le père), Francis Perrin se délecte comme un poisson en eaux troubles, et se lâche avec jubilation chaque fois que la norme pourrait déranger l’excès, alors que Nadette (Isabelle de Botton) ne cesse de courir avec truculence derrière les fantasmagories de son mari et de sa fille (Anne-Sophie Germanaz) qui, elle, se berce d’illusions de Nirvana à portée d’extravagances, malgré toutes les rectifications de son professeur de maintien (Cyril Guei).

Il n’y aura pas trop d’un Bernel pour ramener in fine tout ce joli monde à la raison, non sans avoir fait le détour des deux heures pleines d’un véritable "numéro" d’acteurs irradiant la prestation "complémentaire" du très sympathique et enjoué Stéphane Bern.

NUMERO COMPLEMENTAIRE *** de Jean-Marie Chevret - Mise en scène : Alain Sachs - avec Francis Perrin, Stéphane Bern,Isabelle de Botton, Anne-Sophie Germanaz, Cyril Guei - Théâtre Saint-Georges -


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