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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Titanic » La folle Traversée s’amuse sans réserve à La (...)

« Titanic » La folle Traversée s’amuse sans réserve à La Renaissance

Création des « Moutons noirs » interrompue dans sa mise en orbite par le confinement, comme ce fut le cas pour de nombreux autres projets de spectacle, celle-ci refait surface saisonnière à La Renaissance, exaltée par le « fabuleux » naufrage du plus célèbre des paquebots transatlantiques ayant déjà donné prise à tant de narrations psychodramatiques.

 

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TITANIC La Folle Traversée
DR.

  

Prenant délibérément le contre-pied de la dramaturgie ressassant le légendaire sinistre maritime narré traditionnellement selon un compte à rebours fatal faisant apparaître une à une les déficiences qui auraient pu contribuer à éviter le désastre si elles avaient été mieux anticipées, Axel Drhey eut initialement la formidable intuition de visualiser le fameux engloutissement comme une métaphore de la vie humaine qui, quoi qu’il arrive et quelles que soient les précautions prises, finit toujours par rencontrer sur son chemin l’iceberg fatal mettant définitivement fin à ses vains espoirs successifs.

Ainsi au lieu de spéculer sur la baguette magique qui aurait permis d’enrayer le fatidique enchaînement, l’auteur décide de renverser les prolégomènes et de faire de cet historique et phénoménal fait divers un hymne à la vie.

D’ailleurs les faits pourraient lui donner raison puisque malgré l’adversité et la pléthore de négligences relevées, c’est quand même au bout du compte un tiers des passagers qui, dans la réalité, seront effectivement sauvés.

 

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TITANIC La Folle Traversée
DR.

  

Filant d’ailleurs le parti pris artistique jusqu’à ses conséquences ultimes, les membres d’équipage ayant précédemment accueilli les spectateurs à leur entrée du Théâtre de La Renaissance en leur souhaitant un agréable embarquement, feront de même à la sortie, en leur adressant un bon débarquement à New-York, destination effectivement finale de la croisière inaugurale du Titanic.

D’aucuns pourraient croire à une expression de cynisme quelque peu maladroit mais que nenni puisque l’auteur précise pertinemment en épilogue de la représentation que, de fait, ce n’est pas la destination poursuivie qui compte mais, bel et bien, le voyage que l’on réalise pour y parvenir.

Et c’est donc ainsi que cette épopée diablement emblématique va donner lieu à une véritable parodie de mœurs du type « opérette » genre très à la mode dans les années soixante en faisant alors les beaux jours du spectacle vivant souvent perçu comme divertissement plébiscité par le grand public.

 

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TITANIC La Folle Traversée
DR.

  

En affichant cette perception vintage décalée, les « Moutons noirs » très en verve nous proposent un spectacle débridé, burlesque, se voulant hilarant et volontiers surréaliste tant la nature humaine y est dépeinte sans fioritures voire même brut de décoffrage avec une belle panoplie de ses lâchetés exposées comme une spécificité largement partagée par l’ensemble de ses membres ne cherchant d’ailleurs guère à passer pour des anges.

Ce miroir tendu comme à guignol aurait de quoi surprendre ceux qui, enclins au romantisme du film de James Cameron ou aux fiches documentées de Wikipédia, verraient, en toile de fond, dans le naufrage du Titanic l’apanage d’une civilisation du progrès en quête sincère de son autocritique mais, à défaut, celui-là pourrait bien au contraire combler tous ceux qui aspireraient au viatique existentiel d’un précieux « Carpe diem » permettant, en sachant s’adapter aux faits tels qu’ils sont, de profiter du miracle permanent de l’existence. 

  

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TITANIC La Folle Traversée
© Theothea.com

  

Que cet état d’esprit puisse flirter avec l’esprit de farce accompagné de son cortège en sarcasmes assumés ou non ainsi qu’à tout sentiment de dérisions en cascade aurait de quoi réjouir les spectateurs venus couler de salvateurs instants de lâcher prise face à une mise en scène pleinement maîtrisée, des lumières bien ciblées et une proposition musicale cadrée à souhait pour savourer cette très joyeuse comédie pseudo philosophique de l’instant présent… dans une célébration ô combien transgressive.

  
photos 1 à 3 DR.
photos 4 & 5 © Theothea.com
  
  
TITANIC La Folle Traversée - ***. Theothea.com - de & mise en scène Axel Drhey - avec Mathieu Alexandre, Roland Bruit, Florence Coste, Camille Demoures, Axel Drhey, Julien Jacob, Jonathan Jolin, Yannick Laubin, Vianney Ledieu, Bertrand Saunier, Paola Secret / En alternance : Geoffrey Callènes, Nikola Carton, Christophe Charrier, Florent Chesne, Gregory Corre, Katia Ghanti, Charly Labourier, Roxane Letexier, Eric Mariotto, Aramis Monroy, Nicolas Naudet, Loryn Nounay, Marina Pangos, Simon Heulle, Charlotte Ruby, Thibault Sommain et Sophie Staub - Théâtre de La Renaissance

  
  

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TITANIC La Folle Traversée
© Theothea.com

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2 réactions à cet article    


  • jacques 20 juin 11:48

    Y a t’il une allégorie avec la situation actuelle de la France ?

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