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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Toujours la Tempête » Handke vu par Françon à l’Odéon (...)

« Toujours la Tempête » Handke vu par Françon à l’Odéon Berthier

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TOUJOURS LA TEMPÊTE
photo © Michel Corbou

Avec sa distribution hautement emblématique du Théâtre public, ce texte auto-généalogique de Peter Handke pourrait s’apparenter à un voyage des comédiens en terre natale dont ils auraient été peu à peu chassés au nom d’un discours politiquement correct, d’une langue consensuelle et d’une annexion du spectacle vivant par des forces occultes étrangères !

Bien entendu, cette troupe ô combien culte ( Pierre-Félix Gravière, Gilles Privat, Dominique Reymond, Stanislas Stanic, Laurent Stocker, Nada Strancar, Dominique Valadié &Wladimir Yordanoff ) va d’errance en exil se forger un caractère trempé prêt à servir de métaphore à toutes les formes d’exclusion où les mots seraient de véritables armes à double tranchant.

En effet, si cette steppe dépouillée se présente à l’Odéon Berthier comme une base de lancement poétique en pente inclinée, c’est pour mieux signifier l’universalité du propos de l’auteur slovène, en déficit identitaire originel lancé telle une bouteille à la mer.

A l’instar d’une réunion de famille rassemblée pour célébrer un énième anniversaire dédié, Peter les a tous conviés symboliquement de la grande parenté à la petite enfance en passant par les oncles, neveux et autre cousinage, dans ce lieu de la nostalgie où l’image du pommier pourrait servir d’exaltation à toutes les rêveries suggérées par les forces luxuriantes de la Nature.

Mais que sont-ils donc devenus ces beaux souvenirs baignés par la langue slovène partagée alors par tous, comme le bien le plus précieux d’une communauté humaine à part entière ?

Pourquoi les aberrations de la grande Histoire se sont-elles emparées d’une telle entité autonome vivant la plénitude des liens familiaux très loin de tous bruits de bottes, pour non seulement la scinder en deux parties mais ensuite bâillonner celle devenue désormais la Carpathie rattachée à l’Autriche pour la dénaturer sous culture exclusivement germanique ?

De quoi susciter le dégoût radical allant jusqu’à engendrer une misanthropie sans limite chez tous ceux qui, restés vivants après le passage des armes nazies, n’auront pu que constater la perte des êtres chers tombés sous des modalités de résistance différenciée à cet envahissement insupportable.

Et ainsi, aujourd’hui, que reste-t-il à « Moi », l’auteur Peter Handke, de ce temps reconstitué, selon cette image fantasmagorique de l’arbre généalogique fût-il pommier prolifique, à l’égard du pays natal perdu selon les affres d’une schizophrénie culturelle et identitaire au cœur de l’Europe ?

Eh bien ! objectivement « Toujours La Tempête » cette pièce de théâtre très littéraire à l’ambition forcément universaliste qu’Alain Françon aura mis en scène avec grandes intuition et distanciation pleines de ses subtilités coutumières.

photos © Michel Corbou

TOUJOURS LA TEMPÊTE - ***. Theothea.com - de Peter Handke - mise en scène Alain Françon - avec Pierre-Félix Gravière, Gilles Privat, Dominique Reymond, Stanislas Stanic, Laurent Stocker, Nada Strancar, Dominique Valadié & Wladimir Yordanoff - Théâtre Odéon Berthier

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TOUJOURS LA TEMPÊTE
photo © Michel Corbou

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