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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Tous à la même table

Tous à la même table

Avec une toile cirée !

Il me faut venir sur cette autre toile afin de me mettre à table et avouer, toute honte bue, de biens étranges pratiques héritées alors de nos glorieux anciens et que nous eûmes sans doute le tort de perpétuer jusqu’à aujourd’hui. Je sais devoir désormais affronter la moquerie des générations montantes et résolument modernes, mais qu’importe, j’en ai si gros sur l’estomac de constater la disparition inexorable de ces pratiques révolues. Il conviendrait même de les qualifier d'obsolètes ou bien d'incongrues si ces mots n'étaient pas, eux non plus, passés d'usage chez ceux dont je me fais fort d'éclairer la bien triste lanterne.

Il fut un temps d’avant le téléphone portable, un temps antédiluvien en somme - je devine déjà qu'ils ne pourront pas me croire - où dans nos modestes cuisines, il n'y avait ni congélateur, ni micro-ondes, ni télévision, ni le moindre écran. La chose va leur paraître si étrange qu'ils me prendront pour un demeuré ou un vieux fou (ce qui n'est pas tout à fait faux). Je n'irai pas jusqu'à évoquer l'absence du réfrigérateur, cela en serait trop pour eux et jetterait définitivement un froid glacial entre nous.

Pourtant, nous avons connu cette époque glorieuse où le repas se pensait et se préparait à l'avance, où il fallait faire quelques achats le jour même alors que nous n'avions alors pas la possibilité de recourir au supermarché. Nous allions chez des commerçants de proximité – espèce en voie d’extinction hélas - qui rechargeaient le lait à la fontaine, qui ne vendaient des bouteilles pleines que contre l'échange de contenants vides et qui se fournissaient chez des producteurs locaux.

Nous achetions, la chose est plus étonnante encore, nos légumes chez le maraîcher du coin qui n’utilisait alors ni pesticides ni produits phytosanitaires sans penser à se prétendre Bio. Nous devions ainsi subir les caprices des saisons et les aléas du temps, ne manger que les fruits et les légumes qui poussaient en cette époque. Nos aliments n'étaient que ceux qui venaient de la région et la viande arrivait des abattoirs municipaux ou bien de l'arrière-cour. On tuait encore – quelle horreur - le poulet ou bien le lapin et certains poussaient l'originalité jusqu'à engraisser le cochon.

Passer à table supposait donc une organisation qui se respectait, un rituel auquel il convenait de ne point déroger. Celui ou le plus souvent celle qui avait préparé « à manger » avait passé du temps à s'approvisionner, à éplucher des légumes qu'on ne vendait pas encore tout prêts puis à mijoter avec amour ce qui allait donner lieu à la grande célébration d’alors : le repas familial. Le pain était frais du jour, pétri par un boulanger qui s'était levé aux aurores pour remplir son office avec l’amour de son métier chevillé au corps.

C'est ainsi que midi et soir, toujours à la même heure, règle incontournable dans toutes les familles, même si de l'une à l'autre, l'horaire n'était pas souvent le même en fonction du métier exercé ou des coutumes de chacun, la famille au grand complet passait à table. Gare à celui qui manquait l'heure. Il lui fallait alors excuse en béton pour supporter la colère paternelle ou le courroux maternel !

Je crains une fois encore de ne pas être cru. Le menu était unique. Pas d'option particulière ou de variante spécifique pour le caprice de l'un, les dégoûts de l'autre et les envies du petit dernier. C'était à prendre et à finir, sans échappatoire aucune. La famille tirait sa solidité et sa solidarité véritable de son passage à table. C'était le grand échange des nouvelles, la conversation allait son train entre deux bouchées du même plat partagé. La télévision, pour peu qu'elle fût déjà inventée, ne trônait pas en majesté, inondant la maison de sa tonitruante présence..

Les préliminaires étaient eux aussi incontournables : on se lavait les mains, il est vrai qu’en ce passé glorieux, elles avaient encore pleinement leur utilité- alors qu’aujourd’hui, seuls les doigts servent à tapoter sur un clavier - puis on prenait sa serviette, glissée dans un rond à son prénom. Plus surprenant encore, il convenait d’être tous là et d’attendre que chacun fut servi pour commencer à manger. L’eau seule permettait de s’hydrater et nul soda ne trouvait place sur la toile cirée.

Quand la célébration était achevée, les plus jeunes ne voudront en rien me croire, personne ne se levait de table avant que le signal en fut donné par le chef de famille. Ce n’était pas alors pour s'égailler dans les chambres ou bien partir rejoindre ses amis. Non, il fallait encore, en ces temps glorieux, débarrasser la table, ranger le pain et les carafes, faire la vaisselle, la ranger dans le placard. Personne ne pouvait s'échapper. Chacun tenait un rôle dans cette ruche bourdonnante ou on lavait, rinçait, essuyait et rangeait tandis que d'autres préparaient le café (il n'y avait pas non plus de cafetière électrique), essuyaient la table ou balayaient la cuisine où se prenait le repas.

Cette fois, on peut cependant noter quelques variantes suivant les familles ou les régions. Chez certains, le café était bu dans le verre de table à condition qu'il fut « Duralex », il ne pouvait en être autrement. Dans ce cas, la vaisselle était postérieure à ce moment. Chez les autres, il n'était pas concevable de le boire sur une table encore ornée des reliefs du repas. Les tasses étaient sorties après la vaisselle et elles attendaient jusqu'au repas suivant dans l'évier.

Mais en dehors de cette menue différence, dans tous le pays, le protocole ne différait guère pour cet incroyable récit qui vient de vous être livré. Autour de la toile cirée, chacun tenait son rôle et ne sortait pas du cadre. Il y avait en ce temps-là un rituel sacré qui laissait chacun à sa place. Les enfants ne faisaient pas selon leur unique fantaisie. Il se trouve que cela se sentait à l'école comme en bien d'autres endroits.

La poubelle ne regorgeait pas d’emballages multiples. Les plats cuisinés tout préparés, les sauces rouges et sucrées, les parts individuelles, les compléments alimentaires, les horreurs de la grande distribution, prétendument comestibles n’étaient pas envisageables. Manger était alors tout autant un art de vivre qu’une grande messe familiale au lieu de cet empoisonnement sournois et à petit feu d’aujourd’hui. Il n’appartient qu’à vous de revenir à la raison, vos enfants vous en seront plus tard reconnaissants.

Bulle-gommement vôtre.

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75 réactions à cet article    


  • nono le simplet nono le simplet 13 février 10:39

    ah là là, encore un flash back ...

    en lisant je revoyais les repas familiaux, mon grand père, seul habilité à le faire, coupant les tranches de la grosse tourte de campagne, les plats de ma grand mère mijotant au coin de la cuisinière depuis le petit matin ...
    merci à toi 

    • C'est Nabum C’est Nabum 13 février 14:08

      @nono le simplet

      C’est ma spécialité

      Merci


    • doctorix doctorix 13 février 19:36

      @C’est Nabum
      Vous avez oublié de dire que la crémière coupait le beurre au fil et que le café était moulu au moulin en bois.

      Aussi qu’on allait chercher le lait dans un pot d’aluminium, et les oeufs dans le panier à salade, à la ferme d’à-côté, en pleine banlieue.
      Oublié aussi la bonne odeur qui émanait de la boulangerie tous les matins.
      Et la télé plus profonde que large, avec Zorro ou Tartarin de Tarascon, qu’on allait voir chez une riche voisine.
      Les pièces de théâtre qu’on écoutait à la radio.
      Et le crottin de cheval répandu sur la route par le marchand de blocs de glace, que se disputaient ma mère et les voisines pour leurs rosiers.
      Et le cri du rémouleur...
      Et la cueillette du muguet ou des jonquilles en forêt de Chantilly, après 40 km sur le porte-bagage des mobylettes de mes parents, sans casque et les cheveux au vent, quand ils ont pu abandonner le vélo..
      Et la 2CV 1957 de mon grand-père, 13,5cv pour 425 cc, les vacances à la ferme, chez mon oncle, dans le limousin, 160 hectares, deux étangs, et 40 vaches, où on allait en train puis en carriole à cheval.
      Et tant de choses qui me manquent tellement...
      Sans rire, à tout prendre, je choisirais cette vie-là, maintenant, parce qu’alors on vivait vraiment.
      Et je donnerais à qui veut mon smartphone, mon imac, ma voiture climatisée et ses 160CV.
      Oui, sans rire.
      Merci Nabum, pour ce grand moment de nostalgie.

    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 13 février 10:51

      J’ai UN projet. Aurais-je le temps de l’accomplir ? Trouver un service entier de céramique liée à la table de Robert Picault et réunir tous mes amis à la manière du « Festin de Babette ».....


      • C'est Nabum C’est Nabum 13 février 14:09

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.

        Je m’invite


      • pemile pemile 13 février 11:06

        « Il n’appartient qu’à vous de revenir à la raison »

        Si possible sans l’hyper autorité du « chef de famille » que vous décrivez ?


        • C'est Nabum C’est Nabum 13 février 14:09

          @pemile

          Ne jugez pas le passé à l’aulne de notre présent


        • JC_Lavau JC_Lavau 13 février 14:21

          @C’est Nabum. Tiens ? Et c’est un écrivain professionnel ?

          Alnus glutinosa, ils sont assez fréquents au bord du canal.

        • Mekissê Mekissê 13 février 16:15

          @JC_Lavau
          Mais il est bien le roi.


        • JC_Lavau JC_Lavau 13 février 16:17

          @Mekissê. Avant la Révolution et le système métrique, l’aune était une mesure de longueur.


        • kalachnikov kalachnikov 13 février 16:18

          @ Mekissê & Lavau

          Hé, les vigiles de la police mentale, vous avez laissé passer le déviant zygzornifle qui, plus bas, parle de ’dîner du criff’.


        • nono le simplet nono le simplet 13 février 17:37

          @JC_Lavau
          JC, ramène pas ta science pour écrire des âneries de lecture rapide et mal assimilée 


        • Mekissê Mekissê 13 février 17:45

          @JC_Lavau
          M’enfin Lavau !!!!
          Qui ne le sait pas ? La pied la coudée la toise etc .....le pas romain
          Et Caesar qui joue entre les pas simples et les doubles....
          je parlais du roi des aulnes. Nabum vous l’aurait dit si vous lui aviez demandé...
          Un artiste de cette dimension !
          https://www.youtube.com/watch?v=_U3uIl3Qwvk
          ...
          C’est le pb par ici...
          Une simple allusion culturelle sous l’article d’un écrivailleur et ...
          Plouf ça tombe à l’eau.
          Hors sujet...
          j’ai vraiment pas de bol


        • JC_Lavau JC_Lavau 13 février 17:52

          @nono le simplet. Se faire traiter d’ignorant par un outrecuidant, ça se passe comme ça, tous les jours sur Agoravox.


        • Mekissê Mekissê 13 février 18:02

          @kalachnikov
          Zygornifle ????
          .
          Il fait ce qu’il veut ....
          Tout comme toi
          ...
          et comme je revendique de faire de même...
          ..
          Pour l’illustration
          La cliché est une allusion évidente à la Cène....
          Un repas légendaire à prendre au sens métaphorique comme tout ce qui provient des religions révélées....
          ....
          Il n’y a là que des descendants d’Abraham ...........et alors ????
          Dans la légende
          Tous ces convives sont bien des Juifs...
          Où est le crime ????
          ...
          Il faut bien appartenir à la clique du Minaret Team pour voir du mal partout où il a des Juifs ....
          il faut bien être un des plus vigilants comparses es lieux pour avoir la liberté (sans risque) de se laisser aller à une telle persécution antisémite permanente pour un oui ou pour un non

          On sait pourtant que les musulmans leur doivent tout puisqu’ils sont allés jusqu’à prétendre faussement qu’Abraham est aussi leur père.
          Cette manie de tout voler chez les bédouins , ils ne peuvent pas s’en passer.


        • pemile pemile 13 février 18:05

          @nono le simplet

          Moi je fais la sieste à l’ombre de mes aulnes (glutineux) dans un hamac de deux aunes.


        • nono le simplet nono le simplet 13 février 18:34

          @JC_Lavau
          JC, tu ignorais l’orthographe « aulne » pour l’unité de longueur, ce n’est pas grave même si ça peut agacer quand on se croit omniscient, le plus dur étant de reconnaître son erreur smiley 


        • pemile pemile 13 février 18:39

          @Robert Lavigue « C’est méchant de se moquer de Nono »

          Pas de moquerie, juste un partage de techniques de sieste !


        • nono le simplet nono le simplet 13 février 18:43

          @Robert Lavigue & pemile 

          mais c’est qu’ils insistent les insolents smiley 
          vous ne connaissiez pas, d’accord, mais de là à dire que ça n’existe pas ...
          pour le lien que je donne à JC il faut lire en haut à gauche smiley

        • doctorix doctorix 13 février 19:49

          @nono le simplet
          Certes, l’arbre peut s’écrire aulne ou aune.

          Mais ça ne s’applique pas à la mesure.
          On pardonnera à Nabum ce lapsus calami et memoriae en regard de toute la poésie qu’il nous met dans le coeur..

        • pemile pemile 13 février 20:14

          @nono le simplet « pour le lien que je donne à JC il faut lire en haut à gauche »

          Sur ton lien en haut à gauche il n’y a justement pas le L pour la mesure ?

          Google me dit que cette orthographe existe pour la mesure chez les parigots, l’aulne du roy , c’est tes fréquentations ça ? smiley


        • Robert Lavigue Robert Lavigue 13 février 20:20

          @doctorix

          calami toi-même !


        • kalachnikov kalachnikov 13 février 21:42

          @ Mekissê

          Tu es tellement enfoncé dans ton délire - dont tu ne sortiras plus - que tu es dans un procès d’intention continu sur tout et rien. Tu vas finir par soliloquer.

          Notons qu’au vu de tes dernières lignes, t’as quand même ici la liberté de t’adonner à l’incitation à la haine raciale sans risque.


        • kalachnikov kalachnikov 13 février 21:47

          @ Mekissê

          Cela étant, même si tu confonds mythe et légende, je serais curieux que tu m’expliques le sens métaphorique des religions révélées.


        • Mekissê Mekissê 13 février 22:09

          @kalachnikov
          Tu trouveras tes réponses par ici
          J’en ai fait une table des matières détaillée sur mon blog....


        • kalachnikov kalachnikov 13 février 22:35

          @ Mekissê

          J’ai jeté un oeil rapidement, très matérialiste tout ça, rien de métaphorique. Et en plus centré sur l’objet de ta haine personnelle, l’Islam.
          Pour ma part, je méprise également Islam et judaïsme parce que ce sont des machines à broyer l’individu. De même que le christianisme institué, un pseudo christianisme parce que ce n’est rien d’autre que le dévoiement de la parole christique. C’est mon côté sadien, peut-être : entre le nombre et le un, je me porte instinctivement, naturellement, viscéralement vers le un.
          Manî a eu une mort exemplaire, il fut condamné à l’affamement le corps couvert de chaînes au vu et aux yeux de tous et sa dépouille fut ensuite clouée sur les portes de la ville et sa doctrine n’a pas pour autant illuminé les foules passées, présentes et à venir. 


        • #Shawford Shawford 13 février 22:42

          @Kalach

          Chalut !

          Juste en passant, yep, le lâchage conclusif sur les bédouins de Fufu dans son 18:02, c’est du lourd ! smiley Furtive doit avoir fait le mega stock de couches chez Lidl : incontinence au stade ultime avéré ! smiley smiley ^^


        • Mekissê Mekissê 13 février 22:57

          @kalachnikov
          ehhh bien c’est captivant tout ça.
          .
          « Pour ma part, je méprise également Islam et judaïsme parce que ce sont des machines à broyer l’individu. »
          .
          On est en droit de se demander alors pourquoi tu choisis comme pseudo l’instrument de musique préféré des Islamiens = la Kalachnikov
          .
          On parle longtemps de Mani dans la source que je t’ai indiquée...
          On y explique aussi pourquoi et comment la fadaise des 3 religions du livre n’inclut pas l’Islam qui est arrivé bien trop tard...
          Si je manifeste une détestation horrifiée prioritaire contre l’Islam c’est que par nature je déteste les massacres en gros qui recrutent tant d’apologistes par ici.
           À cela tu ajoutes le patriarcat et l’arriération .......et l’oppression des femmes.
          Mais après tout tu fais comme tu le sens
          Tu choisis tes maitres ..
          .toi aussi ....et ........la Limace gluante en est un qui te qualifie plus que tu ne le voudrais.......
          ....
          mais il reste une hypothèse
          Celle que tu te mêles comme le Simplet et d’autres .....d’une comptabilité dont tu n’as pas le premier mot.....
          Avec l’alternative que tu sois un comparse content et là c’est toi qui vois


        • Nestor 13 février 23:11

          Salut Shaw !

          Oui effectivement ... Pffffffff ... No comment ... smiley


        • kalachnikov kalachnikov 13 février 23:23

          @ Mekissê

          ’On est en droit de se demander alors pourquoi tu choisis comme pseudo l’instrument de musique préféré des Islamiens = la Kalachnikov

          Je m’en suis déjà expliqué plusieurs fois. Récemment encore, ici.

          Ta pénétration d’esprit est phénoménale, non ? Procès d’intention, pour changer, et à partir de là me voilà catalogué dans la nébuleuse minaret vox, minaret team, islamocompatible, etc, etc.

          Tu vires maboul, gros,et tu ne t’en aperçois même pas, c’est une longue glissade. Dis donc, ego a eu un gros gros bobo à être privé d’estrade par Carlo. Ce n’est pas très chrétien que de souhaiter pareille calamité à quiconque quand on a beaucoup souffert.

          Très gentiment, judaïsme et christianisme dévoyé ne sont pas en reste question obscurantisme.
          L’Islam fait fonction d’opium et s’implante dans des pays deshérités et dans les pays riches dans des classes deshéritées ou déboussolées. Déjà parce qu’il n’y a pas de concurrence au niveau des idées.

          Pour le reste, ’ni dieu ni maître’, comme je te l’ai déjà dit. Et e n’attache qu’une importance très relative à av, que je vois comme une récréation et pas davantage.


        • hercolobus Cyrus 13 février 23:29

          @kalachnikov

          Effectivement c’ est une référence bien antérieur aux attentat .


        • kalachnikov kalachnikov 13 février 23:39

          @ Cyrus

          J’ai pris ce pseudo en lieu et place de celui de Lermontov au temps de la présidentielle et m’en suis expliqué à la louve (qui ne fréquente plus Av) : vu que nous sommes barrés dans une sorte d’effondrement généralisé, d’apocalypse complètement absurde, il fallait une sorte d’accompagnement musical. Et je pensais à ce film de Kusturica et à ce morceau en particulier. C’est la foire finale, quoi.

          J’espère que vous comprenez que nous sommes entrés dans un moment de soupçon, où il faut se justifier, et même de choses dérisoires (cf La bécasse Mennel, procès public, autocritique, etc, etc). De quoi le charlisme est-il le nom ? Vichisme.


        • hercolobus Cyrus 14 février 00:29

          @kalachnikov

          c’ est justement un symptôme , notre première idée n’ est pas forcement conforme a la réalité.
          Nos ornières mentale , sont la .. un peut comme des automatisme en voiture .

          Je ne sait pas si c’ est du vichisme ... mais c’ est bien du charlisme . 


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 13 février 11:34

          Vous constaterez qu’il n’y a aucune femme dans la première image. Juste un petit doute avec les troisième à gauche,...


          • C'est Nabum C’est Nabum 13 février 14:10

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Ce n’est que normal compte tenu de l’inspiration


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 13 février 11:49

            Ces moments sont essentiels à la structuration de la personnalité d’un enfant. Il y a tant à dire autour de ces moments partagés ensemble, même si existent de grandes divergences entre les personnes, les repas obligent un temps à la fusion encadrée par certaines règles. Un temps pour le partage et ensuite le temps de l’indivi« dualité ». Si un couple qui se forme n’est pas capable d’organiser ces moments, alors mieux vaut ne pas s’engager dans les liens du mariage et de la fondation d’une famille,...


            • C'est Nabum C’est Nabum 13 février 14:10

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

              La table a disparu au profit du gavage individuel

              Nous en constaterons les dégâts plus tard


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 13 février 14:29

              @C’est Nabum


              Nous avons souffert. eux sont morts-nés. A choisir,...

            • oncle archibald 13 février 12:16

              Oui, flash back en effet ...

              Chez ma grand mère maternelle, d’une famille de viticulteurs du midi, il y avait comme chez tous les agriculteurs un grand potager ou nous allions chercher les légumes du jour suivant leur maturité et leur abondance. C’est ainsi que l’on pouvait manger des carottes ou des choux plusieurs jours de suite « pour ne pas les perdre » s’il y avait pléthore, mais ma grand mère variait les recettes pour les accommoder et on ne se rendait même pas compte qu’on en mangeait tous les jours.

              Il y avait aussi des arbres fruitiers, des poules et des lapins bien sûr, et même cinq ruches pour la production de miel de l’année. Des fleurs aussi, cultivées en rang comme des légumes pour orner la maison et pour l’église ! Ma grand mère allait à la messe non pas tous les Dimanches mais tous les matins, elle n’aurait pas su commencer sa journée autrement !

              Au fond du potager contre un mur Sud il y avait une treille de raisins dits « rognons de coq » parce que les grains étaient très gros. Ces raisins tardifs se cueillaient fin Octobre début Novembre avec le sarment entier, les extrémités du sarment étaient occultées à la cire à cacheter pour bloquer la sève encore présente puis chaque grappe était ensachée dans du papier de soie et le tout suspendu à une poutre du grenier pour attendre Noël. Il nous tardait à tous de manger cette « friandise ».

              Ma grand mère veuve à la guerre de 14 avait très peu d’argent et chez le boucher achetait des « bas morceaux » qu’elle cuisinait en daubes ou en civets délicieux. Des tripes aussi, qui après avoir été lavées à grande eau et brossées pendant des heures mijotaient d’abord dans le « trois six » dans une grande « greusale », puis quand enfin quand ma grand-mère estimait ce mets propre, désinfecté et comestible elle commençait à le préparer ! Dans le grand « faitou » en terre cuite avec du jambon de montagne et des tomates du jardin qui allait ensuite se coller contre les buches dans la cheminée pour un très long temps de cuisson. En fin de cuisson la sauce était épaisse comme un sirop !

              Pour cuisiner c’était tout l’hiver « la cuisinière » à bois et à charbon, à « feu continu », l’été pour ne pas étouffer c’était plutôt la grande cheminée à feu ouvert et « le gaz » un mini instrument à deux feux posé sur une petite table avec la bouteille de butane en dessous. Il servait essentiellement à faire chauffer l’eau pour le café le matin. La « modernité » était assurée par la « glacière » qui ne servait que l’été pour rafraichir le beurre et le lait, ainsi que quelques bouteilles d’eau. Chaque jour il fallait aller acheter un « carré » de glace, qui était le quart d’une « barre ». On le disposait à l’emplacement ad hoc de la glacière, en haut, et l’eau de fonte s’écoulait par un petit tube de cuivre en bas dans une casserole qu’il ne fallait pas oublier de vider avant qu’elle ne déborde !

              Ah si, il y avait aussi un autre instrument moderne, le poste de « TSF », que l’on écoutait en collant l’oreille au haut parleur pour suivre les exploits de Louison Bobet dans le tour de France !

              C’était une émission de radio nostalgie ! Vie plutôt rude surtout l’hiver, mais observer cette grand mère adorable se débattre sans cesse pour joindre les deux bouts nous laissait comprendre que la vie n’était pas nécessairement un long fleuve tranquille.


              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 13 février 12:32

                @oncle archibald


                Merci d’avoir pris ce temps pour relater ces moments is précieux de vos souvenirs. Je conseille la lecture d’un livre délicieux et pleins de charme : La soupe aux herbes sauvages d’Emilie Carme. S’il y avait de nombreuses divergences au sein de ma famille (sociales, religieuses et autres), les repas de famille surtout du dimanche étaient sacrés. Avec mes parents à Renaix, nous allions visitér tous les membres de notre famille (même les moins aimés,...). C’était le grand tour. L’un nous donnait leur pain cuit au four, l’autre un jambon, un troisième une salade, parfois quelques pièces de monnaie encore percées en leur milieu qui permettait de les enfiler avant une partie de cartes,..et riches de tous ces ingrédients, mes parents composaient le repas du midi ou du soir. Toujours entre Flobecq, Renaix et Russeignies. Chaque plat avait sa symbolique,... 

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