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« True Detective », beautiful

Le huitième et dernier épisode de la Saison 1 de True Detective vient d’être diffusé sur la chaîne HBO aux Etats-Unis et sur OCS City en France. Cette série américaine écrite par Nic Pizzolatto et réalisée par Cary Fukunaga est déjà culte.

True Detective a un goût de « Revenez-y » et de « N’arrêtez pas ». Elle raconte deux histoires en parallèle : en 1995, deux policiers enquêtent sur un meurtre en Louisiane ; 17 ans plus tard, deux autres policiers interrogent les premiers sur cette enquête, sans qu’on sache pourquoi. Peu à peu les deux histoires et les deux époques vont se rejoindre.

 

En 1995, Martin Hart est appelé sur le lieu d’un meurtre dont la mise en scène le déroute et le choque. Mais ce qui le déroute tout autant, qui est tout autant un mystère pour lui, c’est la personnalité de son nouvel équipier, Rust Cohle. Celui-ci, Texan, n’est pas chrétien et a des théories sur la vie et les hommes qui n’ont pas cours dans la Louisiane profonde. C’est pourquoi Hart lui conseille très vite de « la fermer » et lui demande de faire de leur voiture « le lieu de la réflexion silencieuse ». Il n’aime pas la façon dont Cohle tire des conclusions de la mise en scène du meurtre, trouve anormal qu’il n’ait pas de femme et habite un studio nu avec un matelas à même le sol. Mais il est obligé de reconnaître que c’est Cohle qui dès le début a les bonnes intuitions et fait avancer l’enquête. Les autres policiers et les supérieurs, eux, n'acceptent pas cet étranger étrange dans leur équipe.

 

True detective a de la classe, de l’élégance.

 

D’abord parce qu’elle est écrite par un écrivain et que ça se sent. Ensuite parce qu’elle est réalisée de manière efficace, tout servant l’histoire et les personnages et seulement eux, non l'ego du réalisateur. Enfin parce qu’elle est jouée par deux acteurs qui vous scotchent à l’écran. Matthew McConaughey, qui après des comédies romantiques ou simplement des films bankables a pris un virage à 180 degrés dans sa carrière, est scotchant, notamment dans la période 1995 avec son visage émacié et ses silences chargés. Woody Harrelson, qui joue un homme qui se débat avec le fait que sa normalité prend de plus en plus l’eau, est plus que convaincant. On n’a pas envie de les lâcher, mais la Saison 2 de la série se fera sans eux.

 

Comment faire une vraie histoire ?

Prenez un écrivain. 

Vous aurez des chances d’avoir de l’intelligence, de la sensibilité et de la profondeur.

 

Au-delà de l’enquête, True Detective raconte presque 20 ans de la vie de deux hommes réunis arbitrairement par le travail, qui vont s’affronter et se séparer, puis se retrouver pour la même raison qui les a réunis au début, le travail, la nécessité de boucler certains dossiers, de ne pas les laisser en suspens pour ne pas avoir de « dette ». En fait, plus que l’enquête, c’est justement cela qui fait mouche et nous attache à la série : des vies qui se déploient dans le temps, deux personnages dont la complexité, subtilement tissée par les aller-retour entre les époques, se dévoile progressivement à leurs yeux et aux nôtres. Ce puzzle des âmes devient le vrai sujet et la question de l’enquête passe au second plan, même si elle a passionné beaucoup de fans qui ont acheté en masse un livre auquel la série fait allusion. Mais en vérité, ce que l’on attend d’un épisode à l’autre, c’est la nouvelle pierre que Nic Pizzolatto ajoute chaque fois à l’édifice humain Martin Hart - Rust Cohle, et on n’est pas déçu. C’est franchement beau.

 


Moyenne des avis sur cet article :  3.13/5   (15 votes)




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10 réactions à cet article    


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 mars 2014 12:24

    « Ce puzzle des âmes devient le vrai sujet et la question de l’enquête passe au second plan ... »
    Zut ,moi qui en entendant le buzz positif autour de cette série me suis dit :« enfin un polar dur, vrai et tatoué ... »
    Mais bon ,vu que Sabine trouvait son compte de psycho dans les polars de Fred Vargas ,et moi le mien aussi ... smiley
    J’attends la sortie en VF .
    En ce moment je me matte « Broen » (le pont) ...Excellent .


    • laertes laertes 12 mars 2014 13:35

      Broen est une belle série (j’adore la fille) mais True detective (qui emprunte un peu à mon avis l’univers visuel de la série suédoise) est plus profond, plus psychologique.... le dédale visuel et psychologique se mélangent et donne à cette érie un caractère unique.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 mars 2014 17:07

      Salut Sabine .
      Ok ,j’mettrais Willy De Ville en pré bande son .
      http://youtu.be/wx52LfSWKew.


    • Chabinpolitain 12 mars 2014 12:26

      Absolument d’accord, la subtilité est permanente, on prend le spectateur pour une personne intelligente et on laisse libre cours à l’imagination de chacun.
      Les gens n’y sont pas des héros, juste des personnes banales parfois légèrement monstrueuses et parfois dotées d’un cœur « gros comme ça », parfois les deux.
      ... Et aussi des dialogues !
      On avait perdu l’habitude d’entendre des citations de Nietzsche dans la bouche d’un flic défoncé et vengeur, on attend aussi quelquefois, mais jamais on ne s’ennuie.
      Ouai, c’est beau !


      • laertes laertes 12 mars 2014 13:27

        L’histoire est assez ordinaire mais ........ les dialogues sont extraordinaires, les acteurs sont extraordinaires, l’intro est extraordinaire (l’une des plus belles et des plus envoûtantes de série TV) les images sont à couper le souffle...... le découpage est original (va et viens présent/passé). Du pur HBO !
        Peu d’action, mais quand il y en a ...c’est extraordinaire (oui, encore)


        • francesca2 francesca2 12 mars 2014 18:31

          C’est exactement ça, tout est dit. 


        • francesca2 francesca2 12 mars 2014 18:27

          Bonjour Sabine, 

          absolument d’accord, superbe série ! 
          Deux acteurs époustouflants, un tour de force (et quelle voix !) remarquable de Mc Conaughey.
          Si vous ne connaissez pas, jetez un coup d’oeil sur Low winter sun  une série aussi noire, avec Detroit, ville délabrée et presque belle dans sa laideur, toujours présente...et deux acteurs (Lennie James ! ) evoutânts. 

          Comment peut-on moinsser cet article ? 

          • francesca2 francesca2 12 mars 2014 20:04

            Bien sûr, pas que, mais LWS aussi. Et notamment toujours la même question : jusqu’où peut-on aller pour défendre ce qui nous parait juste ? Quelle est la ligne à ne pas dépasser ?



          • francesca2 francesca2 12 mars 2014 21:19

            LWS en vaut définitivement la peine, Actias.


            Sabine, c’est le cas de nombreuses séries américaines, ça...les deux intouchables (True Detective ou pas) d’ailleurs sont Les Soprano et The Wire, qui posent des questions politiques, philosophiques, métaphisiques à chaque épisodes et pendant de nombreuses années.

          • In Bruges In Bruges 18 mars 2014 15:19

            Il est probable que tout le monde s’en foute, mais je trouve cet article de l’Express assez mesuré et objectif sur le jugement à porter sur cette série :

            http://www.lexpress.fr/culture/tele/true-detective-vrai-bon-polar_1500045.html

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