• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Ukraine : des cannibales de l’ère soviétique au monstre (...)

Ukraine : des cannibales de l’ère soviétique au monstre Tchikatilo

Dans son dernier roman – L’impossible définition du mal –, l’écrivaine Maud Tabachnik met en scène un tueur en série directement inspiré du sanglant parcours de l’un des pires criminels ayant sévi dans l’ex-URSS : Andreï Tchikatilo. Non content de violer ses victimes, cet homme prélevait des organes et des chairs pour les dévorer. Ce faisant, il s’est montré l’héritier de pratiques ancestrales qui, dans les années 30, ont ressurgi en Ukraine ...

Le véritable Andreï Tchikatilo, alias « L’éventreur de Rostov », n’a pas été pourchassé durant la gouvernance de Vladimir Poutine comme le montre Maud Tabachnik dans son roman, volontairement transposé, mais durant les mandats des différents maîtres de l’URSS qui se sont succédé de Leonid Brejnev à Mikhaïl Gorbatchev. Ce faisant, l’écrivaine entend souligner, non qu’il continue d’y avoir des pratiques anthropophagiques dans la Russie actuelle, mais que ce grand pays est toujours confronté à une violence endémique que les pouvoirs publics persistent à édulcorer, à défaut de la nier totalement comme ce fut trop longtemps le cas au temps de l’ex-URSS.

Elle-même d’origine russe par ses grands-parents paternels, Maud Tabachnik n’a pas manqué d’être questionnée à diverses reprises sur sa motivation à choisir la Russie pour cadre de cette monstrueuse épopée d’un tueur en série pas comme les autres, elle qui place la plupart du temps le cadre de ses intrigues policières aux États-Unis, cet autre pays, dit-elle, de « l’ultra-violence ». Le 9 avril 2017, en réponse à la question de Jean-Marc Laurent, journaliste à L’Yonne républicaine, elle a répondu ceci : 

« C'est un pays très violent, depuis très longtemps. J'y suis allée, le fond de l'air y est brutal ! Les 70 ans de communisme ont fait éclater une violence épouvantable. Je parle de la Russie de Poutine, post-Elstine, avec ses gangs, ses trafics d'êtres humains. Longtemps, la Russie a nié qu'il pouvait y avoir des criminels en série chez elle. Ça ne pouvait arriver que dans des pays capitalistes. La Russie est un pays fascinant, qui a eu aussi de grands écrivains, musiciens, savants. C'est un pays de paradoxes. »

Dans L’impossible définition du mal, c’est l’aspect sombre de ce paradoxe que Maud Tabachnik décrit sans complaisance. On y assiste à la fin de la traque, par un policier intègre, du tueur cannibale le plus tristement célèbre de la Russie contemporaine. Avec en toile de fond un trafic d’êtres humains organisé par des chefs de gang mafieux sans scrupules dans un pays dont le personnel judiciaire et politique est en grande partie gangrené par la corruption et les intérêts carriéristes.

Le véritable Tchikatilo dont s’est inspiré Maud Tabachnik est né en 1936 dans une famille d’ouvriers agricoles indigents de l’oblast de Soumy, tout près de la frontière russe dans le nord-est de l’Ukraine. Fréquemment battu durant son enfance, Andreï était en outre hanté par les récits de sa mère sur la disparition d’un frère nommé Stepan, enlevé à l’âge de 4 ans, puis dépecé et mangé par des voisins durant la grande famine organisée par les bolcheviks en 1932 et 1933.

Tchikatilo n’en parvint pas moins à faire des études universitaires et à devenir instituteur. Un enseignant qui restait toutefois profondément marqué par ses traumatismes d’enfance et qui se révélait quasiment impuissant. Mis à part quelques cas d’attouchements, aucun évènement criminel connu ne se produisit avant 1978. C’est alors qu’ayant tenté en vain de violer une gamine de 8 ans, Tchikatilo la poignarda et en éprouva une grande jouissance. Ce crime atroce marqua le début du parcours d’un tueur monstrueux qui ne trouva plus son plaisir qu’en faisant souffrir, et plus encore en assassinant au terme de séances de torture accompagnées parfois d’énucléations. À cela vint s’ajouter le désir de consommer de la viande humaine, ici un cœur, là du muscle, le plus souvent des organes sexuels, parfois arrachés avec les dents comme ce fut établi lors du procès... Lorsqu’il fut arrêté en 1990, Tchikatilo avait massacré 14 filles âgées de 9 à 17 ans, 17 femmes âgées de 19 à 31 ans, et 21 garçons âgés de 7 à 16 ans. Condamné à mort en 1992 pour ces 52 assassinats officiels – le tueur en série en revendiquait 4 de plus –, Tchikatilo fut exécuté deux ans plus tard d’une balle dans la nuque.

Il est malheureusement évident que l’aberrant refus des autorités de l’ex-URSS de reconnaître l’existence de tueurs en série soviétiques – seuls les pays occidentaux décadents pouvaient produire ce type de criminels ! – a considérablement facilité l’abominable parcours de « L’éventreur de Rostov ». Ce n’est qu’après 1985, et l’émergence de la perestroïka conduite par Gorbatchev, que les autorités judiciaires ont mis en place des procédures de coordination entre les juridictions, jusque-là limitées à des enquêtes locales. L’aveuglement idéologique a sans nul doute coûté, dans le cas de Tchikatilo, de nombreuses vies qui auraient pu être épargnées.

Après les chats et les chiens, ce fut le tour des enfants

Si le parcours meurtrier de Tchikatilo a été directement induit par ses frustrations sexuelles, sa conversion au cannibalisme est probablement à mettre sur le compte des glaçants récits entendus durant son enfance par le psychopathe ukrainien. Des récits qui ont inconsciemment enrichi ses fantasmes jusqu’au moment de la première transgression. L’enfance de Tchikatilo a en effet suivi de quelques années l’un des pires épisodes de l’histoire ukrainienne : l’Holodomor. Autrement dit, l’extermination par la faim des koulaks, ces paysans réfractaires à la mise en place dans les kolkhozes de l’agriculture collectiviste voulue par le pouvoir soviétique de Staline. Durant les années 1931 et 1932, il s’en est suivi, sous la férule de Kaganovitch, une terrible répression basée : d’’une part, sur des vagues de déportation vers les goulags – entre 1 et 2 millions de koulaks ont été concernés – ; d’autre part, sur une confiscation par des brigades spécialisées de la totalité des récoltes et des semences qui équivalait de facto à un arrêt de mort pour de nombreux habitants.

Privée de nourriture, la population ukrainienne a très vite été confrontée à une terrible famine. Durant l’hiver 1932-1933, ce fut une hécatombe marquée par la résurgence de l’anthropophagie. « Tous les chiens et chats du village avaient été mangés. Puis ce fut le tour des enfants. Le cannibalisme était très répandu », confiait avec horreur Olena Goncharuk, 87 ans, à un journaliste d’Euronews le 22 novembre 2013. Avant de poursuivre : « Nous avions peur de marcher à travers le village, parce que les paysans étaient affamés et mangeaient les enfants. Je me souviens de ma voisine, qui avait une fille. Un jour, sa fille a disparu. Nous sommes allés chez elle. La tête de sa fille avait été séparée du corps. Et le corps cuisait dans le four.”

Des pratiques corroborées par cet extrait ô combien explicite d’un procès-verbal tiré d’une instruction des faits de cannibalisme rédigé par le chef adjoint du bureau régional de Kiev et publié par Le Monde daté du 24 novembre 2006 : « Le 28 mai, Vassili Aksentev est venu me voir. Il était près de midi et il a dit : "J'ai pris un garçon de 3 ans qui s'appelle Vladimir." J'ai dit : "D'accord, mais je ne le couperai pas." Aksentev a dit : "Moi, je le couperai." Après quoi, il a pris une grosse pierre, est retourné chez lui, l'a frappé à la tête et il est tombé. (...) Une fois la viande découpée, on a appelé Natalie Kouzmouk pour la cuire, puis je suis allé chez Feodossi Pougatch pour lui dire d'apporter une bouteille de vodka et de venir manger de la viande fraîche. Quand il est venu avec une bouteille, on a mangé tous les quatre ladite viande. »

Combien y a-t-il eu de cas de cannibalisme en Ukraine ? Nul ne le sait. Mais probablement des centaines, voire des milliers, dans le cadre de cette épouvantable famine qui a causé la mort de tant d’Ukrainiens, mais également de Biélorusses. Selon les sources, le nombre de décès directement liés à la famine diffère fortement. Il semble toutefois que, grâce au croisement d’informations et à l’ouverture de dossiers, les historiens actuels s’accordent plus ou moins sur un total d’environ 5 millions de morts.

Comme l’on peut s’en douter, l’Holodomor a suscité et suscite encore des polémiques entre le pouvoir russe et les pays étrangers. Certes, Moscou ne nie plus la famine et ses conséquences terribles sur les populations, mais en minimisant le rôle joué par l’État soviétique dans sa volonté d’éradiquer les koulaks afin d’imposer par la contrainte l’économie collectiviste. À cet égard, les caciques russes n’hésitent pas à amalgamer les victimes de la famine ukrainienne avec celles, nettement moins nombreuses, qui ont été comptabilisées au Kazakhstan et au Kouban, régions où la population, contrairement à celle d’Ukraine, n’était pas interdite de déplacements et pouvait recevoir des aides vivrières des régions voisines. 

Aujourd’hui, l’Holodomor est considéré comme un crime contre l’humanité par l’Union Européenne et par de nombreux autres pays. 24 états – dont le Vatican et 9 nations ayant fait partie de l’ex-URSS ou été membres du Pacte de Varsovie – qualifient même de génocide cette famine organisée pour éradiquer les koulaks. Un terme en l’occurrence impropre dans la mesure où les exactions commises par les brigades bolcheviques ont eu pour conséquence de tuer par la famine non seulement les Ukrainiens visés mais également des Biélorusses et des Russes installés au cœur de l’Ukraine ou à proximité de celle-ci. Il n’y avait donc aucun objectif de purification ethnique ou religieux. L’Holodomor n’en a pas moins été la mise en œuvre d’une action planifiée qui rejoint les pires crimes contre l’humanité du 20e siècle par la froide détermination et le caractère monstrueux de son application.

Autres articles en rapport avec la littérature :

Adamsberg et le venin de la recluse (13 juin 2017)

Programme FBI : mille femmes contre mille chevaux (29 avril 2016)

Les fous de Sula Sgeir (28 juillet 2014)

 

JPEG - 61.5 ko
Maud Tabachnik (photo La Montagne)
JPEG - 80.5 ko
Andreï Tchikatilo durant son procès
JPEG - 39.6 ko
Enfants affamés durant l’Holodomor

Moyenne des avis sur cet article :  2.2/5   (10 votes)




Réagissez à l'article

81 réactions à cet article    


  • sarcastelle sarcastelle 20 septembre 09:32

    Si le siège de Paris avait duré plus longtemps...


    • Fergus Fergus 20 septembre 10:03

      Bonjour, sarcastelle

      C’est vrai, et le fait est que les grandes famines ont engendré des faits de cannibalisme ailleurs sur la planète au cours du 20e siècle, notamment en Asie.


    • Le Panda Le Panda 20 septembre 10:00

      Bonjour Fergus,

      "Hors sujet Tu ne pouvais voir mon article je l’ai reprit et remit en forme, malgré 11 votes pour 5 contre ce qui représente un plus 6. L’article n’est pas passé CQFD et je l’ai à nouveau posté)

      En ce qui concerne ton article merci de me préciser les causes du même phénomène qui s’est déjà passé en France . En dehors des dictatures nous sommes dan une phase de perte de contrôle total, ou alors je me trompe complétement.

      Cdt


      • Fergus Fergus 20 septembre 10:17

        Bonjour, Le Panda

        Ton lien ne fonctionne pas. Pour ce qui est de la France contemporaine, les rares cas de cannibalisme sont individuels, les derniers en date s’étant produit à Rouen en 2007 (Cocaign avait tué son codétenu et dévoré ses poumons) et à Nouilhan (65) en 2013 (Rimbaud avait tué et mangé le cœur d’un vieillard).

        Je vais rapidement aller voir ton article en modération.

        Cdlt


      • Le Panda Le Panda 20 septembre 10:24

        @Fergus
        Bonjour Fergus

        Je te repose le lien Oui les rares cas de cannibalisme sont rares. Mais celui du Japonais qui s’est déroulé à Paris France est bien plus récent que cela. Merci pour ton dérangement.

        Cdt 


      • Le Panda Le Panda 20 septembre 10:28

        @Fergus

        Bonjour Fergus un extrait de mon lien.

        « Si j’avais eu un congélateur, vous ne m’auriez pas retrouvé.  » Voilà ce qu’avait dit Issei Sagawa aux policiers venus le cueillir dans son appartement du XVIe arrondissement de Paris en juin 1981. Il n’aura pas eu à regretter bien longtemps ses économies d’appareil électroménager. De fait, malgré l’atrocité d’un crime dont il a toujours reconnu être l’auteur, l’homme n’a fait qu’un rapide passage entre les murs des prisons françaises. Un an après avoir assassiné et dévoré une de ses camarades de promo à l’université de la Sorbonne, il est extradé vers le Japon. Trois ans plus tard, il est libre. Il vit aujourd’hui dans la banlieue de Tokyo, seul, sans contrôle judiciaire ni suivi médical. Voici l’invraisemblable histoire du « cannibale japonais ».


      • Fergus Fergus 20 septembre 11:00

        @ Le Panda

        Je me souviens très bien de Sagawa. Mais comme les deux cas cités ci-dessus, il s’est agi d’un cas criminel isolé qui ne peut évidemment pas être rapproché des cas d’anthropophagie de nécessité relevés en Ukraine. Ni même de Tchakilo. Sagawa n’a d’ailleurs jamais récidivé.


      • Le Panda Le Panda 20 septembre 11:45

        @Fergus
        Voici le commentaire que je trouve en modération/ Incroyable mais les Antilles ne sont pas La France ? Je vais revenir mais voilà : La bêtise humaine vient d’où et pourquoi ? 

        1 commentaire :
        - Une belle pugnacité de l’auteur pour dénoncer les errements de la santé. Dommage que l’article comporte un volet antillais qui n’a pas grand chose à voir avec le sujet principal, ce qui nuit quelque peu à la lecture de cet article.

        Cdt


      • Le Panda Le Panda 20 septembre 11:59

        @Fergus
        Ces derniers jours, l’actualité fut chargée en cannibalisme. Une pratique qui effraie, dégoûte et qui souvent, fascine. Parce que le sujet attise la curiosité de beaucoup et un peu la nôtre, nous sommes allées rechercher ces tueurs cannibales qui ont marqué l’Histoire par leur violence extrême. Attention, âmes sensibles s’abstenir !

        Je vais te présenter l’ensemble et ils sont bien plus nombreux qu’un seul ou deux Ils sont au nombre de 52 en 2012 avec une barbarie que ton article, malgré sa qualité ne relève pas.

        Cdt


      • Fergus Fergus 20 septembre 15:14

        @ Le Panda

        Je connais tous les cas qui sont énumérés dans ton lien. Quant aux « 52 en 2012 », ils ne concernent pas la France. Or, ma réponse ci-dessus valait pour notre pays en réponse à l’un de tes précédents commentaires.

        Pour ce qui est du commentaire en modération, c’est le mien que tu as en partie copié-collé. Et je persiste à penser que l’échappée sur les conséquences du cyclone Irma aux Antilles n’a pas de rapport avec l’affaire du Levothyrox. Ce qui ne m’a pas empêché de voter positivement pour la parution de cet article. smiley


      • Le Panda Le Panda 20 septembre 16:20

        @Fergus
        Pour ce qui est du commentaire en modération, c’est le mien que tu as en partie copié-collé. Et je persiste à penser que l’échappée sur les conséquences du cyclone Irma aux Antilles n’a pas de rapport avec l’affaire du Levothyrox. Ce qui ne m’a pas empêché de voter positivement pour la parution de cet article.  Merci de ta franchise, il y bien problème en modération c’est une évidence, l’article est paru  smiley Ceci étant dit va essayer de vivre aux Antilles qui EST la France. Avec les positions que Macron a prit SUR des positions de salubrités donc de santé, pour ces gens qui sont de la France. Quant aux cannibales, j’aurai peut-être du faire comme toi. Car j’ai du mal lire, mais tu sembles bien prétentieux à connaître les 52 en 2012, car erreur de ma part j’avais voulu frappé 12. Ceci prouve cela. La France n’est plus la France elle dépend de l’Europe. Je te trouve là SUR CE COUP depuis bien des années de mauvaise foi chacun se fera son opinion, mais en dehors de ce que tu écris ici pourquoi me dire je VAIS voir ton problème ? Tu me déçois et je te le dis mais bravo mon cher  smiley  smiley


      • Fergus Fergus 20 septembre 16:45

        @ Le Panda

        Je ne connais pas « les 52 », pas plus que les 12 dont je ne trouve trace nulle part, mais les criminels célèbres qui étaient évoqués dans ton lien !!!


      • Le Panda Le Panda 20 septembre 16:53

        @Fergus
        En voilà que trois, merci de te poser des liens ouvres les STP

        Traumatisé par une enfance douloureuse (sa mère le forçait à vivre dans la cave car il effrayait ses sœurs), Edmund Kemper a tué ses grands-parents alors qu’il n’était qu’un adolescent. A l’âge adulte il s’est mis à enlever puis assassiner des jeunes femmes (6 au total) abusant ensuite de leurs corps pour finir par les dévorer. Selon certains psychologues, Kemper avait nourri une colère féroce contre sa mère en grandissant puis a rapidement développé des envies de meurtres. Il la tuera également. Il expliquera par la suite qu’il dévorait ses victimes afin de les « posséder pour toujours ».

        Andrej Tschikatilo « le monstre de Rostov »

        Ce philologue Russe a tué pas moins de 52 personnes, majoritairement des femmes et des enfants dont il a dégusté les parties génitales. Au cours de son procès dans les années 90, l’homme déclara : « Quand je voyais du sang et la lutte contre la mort, je ressentais de la satisfaction ». En 1992 il fut condamné à mort.

        Jeffrey Dahmer

        Ce cannibale a assassiné, mutilé et violé 17 jeunes hommes. S’il n’a pas dévoré toutes ses victimes, il a tout de même mangé le cœur de certaines d’entre elles, pensant ainsi pouvoir « leur redonner la vie à travers lui ».

        Ce sont des assassins et des cannibales


      • gruni gruni 20 septembre 10:18

        Bonjour Fergus


        Ton article est remarquable et l’histoire des tueurs en série d’hier et d’aujourd’hui est longue et monstrueuse. J’ai lu plusieurs livre sur le sujet, notamment sur l’étrangleur de Boston et le vampire de Düsseldorf,également en film avec dans le rôle du tueur, Robert hossein, mais Andrë Tchikatilo était bien plus cruel encore.

        • Fergus Fergus 20 septembre 10:37

          Bonjour, gruni

          Merci à toi !

          Je n’ai jamais rien lu ni vu sur l’Etrangleur de Boston. En revanche, j’ai vu le film de Hossein sur le Vampire de Düsseldorf.

          Tchikatilo a sans doute été l’un plus grands criminels de l’histoire récente. Mais c’était à l’évidence un grand malade que la société aurait gagné à interner très tôt. En réalité, il aurait pu être mis hors d’état de nuire beaucoup plus tôt si l’on s’était intéressé à son cas après qu’il ait été viré d’un établissement scolaire où il avait commis des agressions sexuelles sur plusieurs garçons. Mais son statut de membre du Parti Communiste l’avait alors protégé. Et du côté de la presse, ce n’est qu’au milieu des années 80 que, grâce à la Glasnost émergente, la presse nationale a commencé à lever la censure qui pesait sur ce tueur. 


        • V_Parlier V_Parlier 20 septembre 20:29

          @Fergus
          "En réalité, il aurait pu être mis hors d’état de nuire beaucoup plus tôt si l’on s’était intéressé à son cas après qu’il ait été viré d’un établissement scolaire où il avait commis des agressions sexuelles« ...
          Tiens, ça me fait penser à la France d’aujourd’hui (où on préfère n’en parler que quand les agresseurs sont des prêtres mais pas quand ça se passe dans la rue...

          Votre article aurait presque pu être objectif (vous avez au moins évité le thème à la mode du génocide programmé pour remplacement par »russes ethniques« ) s’il n’avait pas eu encore l’occasion de prétendre qu’aujourd’hui même la Russie revenait à l’heure des gangs et qu’on »sentait la violence" quand on y séjournait... Dommage, ça aurait pu être un article sérieux.


        • Fergus Fergus 20 septembre 20:58

          Bonsoir, V_Parlier

          « prétendre qu’aujourd’hui même la Russie revenait à l’heure des gangs et qu’on »sentait la violence » quand on y séjournait« 

          Sur la violence qui sévit dans le pays, j’ai surtout laissé la parole à Maud Tabachnik dont on connaît dans les milieux littéraires le sérieux en matière de documentation. Qui plus est, l’auteure étant elle-même d’origine russe, son regard a sans doute plus d’acuité que celui de personnes lambda moins sensibilisées aux réalités.

          Qui plus est, ni elle dans ses interviews, ni moi dans cet article, n’avons parlé de »retour à l’heure des gangs". Et pour cause, la violence, si elle semble avoir diminué, n’a jamais disparu et reste à un niveau préoccupant. A titre indicatif, le taux officiel de criminalité donné par l’UNODC (Nations Unies) est de 10,2 pour 100 000 habitants en Russie contre 4,2 aux Etats-Unis et 1,2 en France métropolitaine.


        • V_Parlier V_Parlier 20 septembre 21:28

          @Fergus
          "j’ai surtout laissé la parole à Maud Tabachnik dont on connaît dans les milieux littéraires le sérieux en matière de documentation."
          Hmm... justement ce genre de raccourcis faciles provient toujours de ceux et celles qui partagent les activités de littérature (romans) et de documentation. Je m’en méfie donc grandement, contrairement à vous. Et ce ne serait pas la première. J’ai oublié le nom de l’autre (biélorusse peut-être ?) qui a fait tant parler et a été tant applaudie pour avoir réussi à incriminer le gouvernement russe actuel des horreurs du passé, à grand renfort d’accusations gratuites prétendant prendre appui sur des faits réels d’il y a 50 ans. Je le résume ainsi pour faire court, parce-que dans un livre complet on a le temps de pratiquer cet amalgame en toute subtilité. Et ça n’a rien d’objectif tout en paraissant sérieux, car très bien documenté sur les faits lointains. Ici ça me semble être bien la même chose.


        • Fergus Fergus 20 septembre 22:43

          @ V_Parlier

          Peut-être avez-vous raison...


        • V_Parlier V_Parlier 21 septembre 13:55

          @Fergus
          J’ai en effet pris déjà la peine de me renseigner ce matin auprès de russes de plus de 45 ans (ayant vécu leur jeunesse en URSS) pour vérifier si Tchikatilo et ses crimes avaient été si occultés que ça en URSS. Et bien ô surprise il n’en est rien ! Tout le monde à l’époque avait entendu parler de lui, y compris dans la presse (d’Etat évidement). Il a pu échapper si longtemps à la justice parce-qu’il s’arrêtait pendant un temps de commettre ses crimes quand un autre suspect était arrêté. (démoniaque mais pragmatique). Vous comprendrez donc que je sois encore plus méfiant à présent par rapport à tout ce que raconte notre romancière !


        • Fergus Fergus 21 septembre 14:39

          Bonjour, V_Parlier

          Comme je l’ai indiqué par ailleurs, il n’a été question de Tchikatilo, - présenté en l’absence d’identification comme le Monstre de Rostov ou l’Eventreur de Rostov - dans la presse nationale qu’à partir du moment où se sont développées la glasnot et la pérestroïka, autrement dit au milieu des années 80. Auparavant, seuls les médias locaux parlaient des crimes commis dans leur zone de clientèle.

          On peut même dater les premiers articles dans la presse nationale : ils datent d’août 1984 et ont été écrits après le 13e meurtre de Tchikatilo ! Et ce n’est qu’à partir de ce moment-là que l’on envisagea l’hypothèse d’un tueur en série en commençant à recouper des informations sur le mode opératoire. Les experts du dossier ont évalué à 600 le nombre des policiers affectés dans les différentes juridictions à la recherche de criminels qui en fait se résumaient à un seul individu !

          Enfin, Tchikatilo était incapable de s’arrêter. Si le premier meurtre a été commis en 1978 et le second en 1981, le rythme des crimes s’est ensuite accéléré, les relatives périodes blanches pouvant correspondre aux assassinats avoués mais non corroborés par les enquêteurs, faute de traces. Après 1981 (1 victime), il y a eu 1982 (7) , 1983 (8), 1984 (14), 1985 (2), 1987 (3), 1988 (3), 1989 (5) et 1990 (8).

          A noter que durant à peu près 1 ans, entre fin 1984 et fin 1985, Tchikatilo a cumulé des ennuis avec la justice, notamment après avoir été arrêté pour détention d’un poignard, de corde et de vaseline dans une sacoche alors qu’ils épiait des jeunes filles sans que l’on établisse alors de lien avec les crimes commis dans les juridictions voisines !!! Remis en liberté, il a de nouveau été arrêté pour vol et jeté en prison pendant 3 mois.


        • Fergus Fergus 21 septembre 14:42

          Pour ce qui est du livre de Tabachnik, c’est un roman qui en prétend pas retracer une vérité historique même s’il s’en approche par différents aspects. Qui plus est, comme indiqué dans l’article, cette affaire a été transposée dans le temps pour coller à une Russie contemporaine telle que la voit l’auteure.


        • V_Parlier V_Parlier 21 septembre 20:21

          @Fergus
          « transposée dans le temps pour coller à une Russie contemporaine telle que la voit l’auteure ».
          C’est cela en effet. Vous savez déjà ce que j’en pense, c’est mon avis, je n’ajouterai rien de plus.


        • Fergus Fergus 22 septembre 09:26

          Bonjour, V_Parlier

          Manifestement, vous faites une fixation sur un roman noir qui, bien qu’inspiré de faits réels, ne prétend en aucune manière être un témoignage sociologique. Le livre de Tabachnik n’est pas un essai. Ni sur le cannibalisme sexuel, ni sur la société russe. Ce n’est qu’un polar à prendre comme tel !

          A cet égard, mon article visait, à l’occasion de la parution de ce roman cette année, à zoomer - de manière synthétique - tout à la fois sur Tchikatilo et sur l’Holodomor, rien d’autre. Et cela sans porter de jugement sur le livre lui-même. 


        • chapoutier 20 septembre 10:27


          alors on réécrit l’histoire :

          ’’durant la grande famine organisée par les bolcheviks en 1932 et 1933.’’

          bien sur, les bolchevicks coupables de tout, y compris d’organiser la famine et de manger des petits enfants crus


          • nono le simplet nono le simplet 20 septembre 10:32

            @chapoutier

            l’histoire de l’URSS de Staline n’est pas tout à fait un long fleuve tranquille smiley

          • Fergus Fergus 20 septembre 10:44

            Bonjour, chapoutier

            Je ne réécris rien du tout, c’est bien sur ordre du pouvoir central, sous la responsabilité de Kaganovitch, que les brigades bolcheviques ont créé les conditions de l’épouvantable famine de 1932-1933.

            Et le but n’était pas de faire ressurgir les actes de cannibalisme, même si c’était de facto une conséquence prévisible après la famine de 1921 qui avait elle-même engendré de nombreux actes de cannibalisme. Mais manifestement, ce n’était pas la préoccupation du Soviet Suprême qui entendait « dékoulakiser » l’Ukraine, quel que soit le prix à payer par le peuple de cette RSS. 


          • Doume65 20 septembre 13:57

            @Fergus
            Bonjour.
            «  les brigades bolcheviques ont créé les conditions de l’épouvantable famine »
            Bonjour. Si les bolcheviques ont créé les conditions de la famine, alors ils l’ont provoquée. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils l’ont organisée, comme tu l’as dit plus haut. Sinon, on pourrait dire que l’État français a organisé le pillage récent à saint Martin, ce qui n’est évidemment pas le cas.


          • Fergus Fergus 20 septembre 15:24

            Bonjour, Doume65

            Désolé, mais cela s’appelle « ratiociner », autrement dit couper les cheveux en quatre !

            Car pour « créer les conditions de la famine », il a bien fallu que le Soviet Suprême donne par la voix de Kaganovitch des ordres pour « organiser » les pillages des récoltes et des semences. Ceux-ci n’ont en effet pas été le fait de hordes incontrôlées, mais de brigades dûment affectées à cette tâche immonde !

            Aucun rapport avec la situation aux Antilles où les pillages ont été le fait d’une carence de prévention - certes coupable - de la part des pouvoirs publics, en aucun cas d’une action délibérée ayant joué un rôle dans la survenue de la catastrophe et de ses conséquences en termes de sécurité.


          • JP94 20 septembre 19:54

            @chapoutier


            Se baser sur un roman ... pour réécrire l’histoire.
            En effet son affirmation tout de go ne résiste pas à la simple lecture d’ouvrages réellement historiques notamment celui de la référence mondiale sur la question - qui réfute en fait cette doxa de l’holodomor créée par Goebbels ( à l’occasion d’une expos anti-judéo-bolchévique à Berlin sous le IIIème Reich )et reprise par ses grands amis bandéristes pour jusitifier leurs crimes barbares aux côtés des nazis et des Einsatzgruppen.

            A part l’historiographie russe et polonaise,( mais il faut lire ces langues), on dispose de livres en anglais ( Mark Tauger, lui consulte les archives au lieu de répéter comme un perroquet la propagande de Goebells et des banderistes).

            Famines et transformation agricoles en URSS, par Mark Tauger, vient de paraître aux Editions DELGA.

            Il s’agit de l’ouvrage de référence, sourcé, référencé.

            Après il y en a qui préfèreront Goebells. Mais que ce soit su : parler d’holodomor, c’est gober Goebbels. 


          • Fergus Fergus 20 septembre 20:08

            @ JP94

            Mark Tauger est l’un des historiens les plus contestés par ses pairs sur cette question, et cela vous ne pouvez pas l’ignorer !!!

            Quant à toutes ces nations qui ont fait partie de l’URSS ou du Pacte de Varsovie et qui sont unanimes à condamner la criminelle dékoulakisation stalinienne et à dénoncer ses terribles conséquences, sans doute sont-elles circonscrites par de lointains admirateurs de Goebbels, ou composées de parfaits imbéciles...


          • Doume65 21 septembre 10:40

            @Fergus
            « Désolé, mais cela s’appelle ratiociner »

            Merci pour tes explications. Je ne connaissais pas ces événements ni ce salopard de Kaganovitch dont je viens de lire la fiche Wikipedia. Il a en effet fait bien plus que « créer les conditions de la famine », mais cette expression est de toi. Ma réponse était sur ce que tu exprimais, pas sur les faits (que j’ignorais).


          • Fergus Fergus 21 septembre 12:16

            Bonjour, Doume65

            Pas de problème ! Il arrive parfois que je ne m’exprime pas d’une manière suffisamment explicite. smiley


          • V_Parlier V_Parlier 21 septembre 14:04

            @Doume65
            En fait il serait juste de rappeler que parmi tous ces psychopathes qui ont été portés à des postes de pouvoir par la révolution, très peu d’entre eux étaient russes. D’où l’hypocrisie des Pays Baltes (cités sur ce fil) qui non seulement s’estiment blancs comme neige dans l’affaire mais vont bientôt avoir le culot de demander des comptes aux russes. Je pense d’ailleurs qu’un article sur ce sujet ne ferait pas de mal pour rappeler quelles étaient les figures principales à l’origine de tout ça et leurs nationalités.

            Et si les russes ont déploré la chute de l’URSS telle qu’elle s’est passée ça n’a bien entendu rien à voir avec cette époque de l’URSS mais avec la période post-brejniévienne qui a fait place à un chaos généralisé et à une ruine totale.


          • nono le simplet nono le simplet 20 septembre 10:29

            à ce sujet, on ne doit pas trop s’étonner que les allemands aient bien accueillis en Ukraine en 1941 ... évidemment ils ont vite déchanté ...


            • Fergus Fergus 20 septembre 10:55

              Bonjour, nono le simplet

              Les Allemands ont été d’autant mieux reçus en Ukraine que les nationalistes occidentaux du pays ont vu là l’occasion de se s’affranchir de la tutelle russe, d’où la déclaration d’indépendance de 1941 qui a volé en éclats quelques mois plus tard lorsque les Ukrainiens ont compris que les nazis n’étaient pas leurs amis.


            • Rincevent Rincevent 20 septembre 11:58

              @Fergus

              L’histoire contemporaine de l’Ukraine, y compris ce qui se passe aujourd’hui encore, peut être appréhendée au travers du parcours d’un Stepan Bandera, que certains tentent actuellement de réhabiliter : https://fr.wikipedia.org/wiki/Stepan_Bandera

              Ce sont les mêmes qui défilaient place Maidan avec des insignes de la division SS Galicie et que BHL dit ne pas avoir vu…

              https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_panukrainienne_%C2%AB_Libert%C3%A9_%C2%BB et https://www.les-crises.fr/u372-deputes-de-svoboda/


            • Courtois Laurent Courtois Laurent 20 septembre 13:29

              @Fergus

              Vous faites un contresens historique et ce n’est pas le seul dans votre article, qui est malgré tout très agréable à lire bien que baigné de propagande ukrainienne.

              Les allemands ont surtout étaient bien reçus par les galiciens, c’est à dire des POLONAIS.
              En effet, suite à la défaite de la Pologne en 1939, la Galicie a été intégrée à l’Ukraine par Staline. Il n’est donc pas surprenant que les allemands fussent accueillis en libérateurs par une population qui s’est retrouvée soviétique contre leur gré.
              Je ne pense pas que les allemands fussent si bien reçus dans le centre et l’est du pays....

              En assimilant : nationalistes ukrainiens et nationalisme galicien vous reprenez la propagande ukrainienne actuelle qui ne vise qu’ à détruire l’Ukraine post 1991 et à la remplacer par une nouvelle Ukraine « Moska frei » et « Europa-kompatible ». 


            • Rincevent Rincevent 20 septembre 14:17

              @ Courtois Laurent

              Exact. Il y avait déjà, à cette époque, deux Ukraine et cette différence est le terreau de ce qui se passe encore aujourd’hui. Pour plus de détails sur ce qui s’est passé : https://fr.wikipedia.org/wiki/Collaboration_en_Ukraine_durant_la_Seconde_Gue rre_mondiale

              Maintenant, vouloir à tout prix maintenir l’union d’un pays, avec deux factions aussi opposées, je ne sais pas si c’est possible ni même souhaitable. L’exemple de feue la Fédération Yougoslave, avec son cortège d’horreurs, devrait faire réfléchir. Les Tchèques et les Slovaques l’on bien fait en 1992.


            • Courtois Laurent Courtois Laurent 20 septembre 14:33

              @Rincevent

              Faire exploser l’Ukraine est le plan de l’OTAN que malheureusement la Russie n’a pu empêcher.

              Contrairement à ce que racontent les médias occidentaux, ce n’est pas à la Russie que profite la sécession de l’Ukraine de l’Est, bien au contraire. Ce n’est pas pour rien que l’on rencontre autant d’officines et d’agents doubles à Donetsk....

              Moscou est la grande perdante, l’Ukraine lui échappe et ce jusqu’en 2019. Car la force de la Russie en Ukraine n’a jamais été militaire mais électorale.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès