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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Un amour de Dino Buzzati

Un amour de Dino Buzzati

Un amour

Dino Buzzati, 1963.

Buzzati s'attaque avec ce roman au mythe de la femme vénéneuse qui provoque la chute d'un homme rangé, bien établi ou tout du moins promis à un avenir tranquille.

Dans la lignée du Carmen de Mérimée ou du Nana de Zola, que l'auteur cite d'ailleurs, il nous décrit de manière un peu morne la descente aux enfers d'un quinquagénaire milanais, jouet d'une jeune prostituée prénommée Laïde, gamine finalement assez vulgaire, pas même franchement belle, mais qui le fascine totalement.
 
"Il avait bien des fois entendu parler d'hommes ruinés, personnages de roman, êtres incroyables pour le solide bourgeois qu'il était. Il se souvenait du comte Muffat réduit à la fange et à la misère par Nana." p. 268.
 

Malheureusement, Buzzati n'apporte en la matière rien de bien nouveau : son héroïne est sans épaisseur, son évocation de Milan transparente et son roman finalement plus verbeux que passionnel.

Retournons bien plutôt vers les nouvelles de Buzzati et vers son excellent roman pour la jeunesse, La fameuse invasion de la Sicile par les ours.
 
Et dans une thématique analogue, je vous conseille chaudement Un amour insensé, un très bon roman qui met en scène une femme-enfant manipulatrice en quête d'Occident dans la société japonaise un peu désuète des années 1920.
 
Carmen
Prosper Mérimée, 1845.
 
Nana
Emile Zola, 1880.
 
Un amour insensé
Junichirô Tanizaki, 1924.

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7 réactions à cet article    


  • jack mandon jack mandon 20 août 2013 15:11

    F comme...

    Et oui moi aussi, pour les mêmes raisons que vous je tente
    de me faire entendre.
    Nous avons des thèmes similaires, ceux de l’âme.
    J’ai donc un article en souffrance à la modération.

    En ce qui concerne votre choix, c’est bien sur une histoire antique.
    Les néandertaliens resteront muets.

    « L’héroïne sans épaisseur », d’autant plus que le drame se noue
    sur le plan inconscient de l’anima de l’homme qui tombe.
    Ce qui donne la vie, l’épaisseur, l’animation à l’enveloppe triviale,
    c’est la composante féminine, l’anima de l’homme séduit.
    C’est un processus fusionnel.
    Cela signifie aussi que l’homme est ici vulnérable, fragilisé.
    C’est souvent dans un contenant banal que se projette
    l’inspiration, le contenu passionnel et douloureux de l’homme.

    C’est une histoire millénaire, une espèce de volcan gris, qui,
    toujours peut imploser et détruire.

    Soyez patiente, les hommes sensibles et sensés existent
     


    • Bernie Bernie 21 août 2013 02:52

      Bonjour F comme...

      J’ai une drôle d’impression suite à la lecture de votre article. Je ne comprends pas la motivation qui vous fait mettre à l’honneur un livre de Dino Buzzati datant de 1963, pour juste dire qu’il est bof.

      Des livres bof, on en a tous lus, sans vouloir en faire des articles, mais bon, j’ai du louper quelque chose.

      Le résumé, à peine plus long que la quatrième de couverture, un extrait pas vraiment parlant, et vos adjectifs pour décrire le roman, « morne », « héroïne sans épaisseur » « évocation de Milan transparente », « roman plus verbeux que passionnel ». Que doit on penser ? vous avez lu un vieux roman qui vous a déçue ?
      Il aurait été plus sage de le laisser dans les limbes de l’oubli, non ?
      Si encore c’était pour nous présenter une petite perle que vous aviez déniché, mais là, je vois pas.

      Moi cet été, j’ai trouvé un SAS de 1982, rififi à Hong Kong, ben il était nul...
      Y en a marre que Malko Linge gagne toujours et emballe toutes les super nanas. smiley


      • bakerstreet bakerstreet 21 août 2013 17:55

        Bernie


        J’adhère assez à votre billet. 
        1963, Buzzati, un livre trouvé dans un vide grenier
        Etrange en effet de faire un livre sur un bouquin que l’on n’aime guère 

         il faut remettre sans doute ce livre dans son époque. 
        Pour mon compte, je l’’ai lu il i y a une vingtaine d’années, et je m’étais bien marré devant les affres de ce vieux professeur qui se faisait avoir par une gamine, si je me souviens bien de l’histoire.

         Histoire éternelle, comme Rome, et l’italie, qui aime bien ces histoires de coeur, de pouvoir et de séduction, avec la farce en plus. 

        Quoi de nouveau en fait ?
        Bon, on peut toujour aussi relire de mépris, de Moravia.
        L’amour, c’est compliqué, et c’est pas que du plaisir !

        Mais rien ne vaut une ballade en scooter, avec votre amie, assise derrière vous, à vous enserrer de ses jambes.
        Au mépris du casque, et de toute sécurite bien sûr !



      • Bernie Bernie 21 août 2013 22:44

        Bonjour bakerstreet,

        Plus sérieusement, j’ai vraiment lu un truc maousse cet été. Je sais que ça n’a rien à voir avec Rome, et Dino Buzzati, ou Mérimée, mais qui m’a laissé exsangue.

        Sukkwan Island, on m’en avait parlé depuis un certain temps, mais je n’arrivait pas à trouver la motivation pour l’ouvrir. Et puis le temps des vacances, j’ai commencé la lecture dans un transat vers 11h, je l’ai fini à 6h le lendemain, il me brulait les mains. Je ne vous ferait pas de résumé, c’est pas possible, c’est juste machiavélique.

        Pour la ballade en scooter sans casque dans Rome, les bras d’une belle italienne vous enserrant, je soupire, hélas je n’ai pas connu. De ma jeunesse, le port du casque était déjà obligatoire,et la dolce vita, juste un bon souvenir, mais j’ai eu la chance de ne pas avoir toutes les contraintes qui tiennent nos jeunes de maintenant. D’ici à ce que la génération suivante doive porter la ceinture de sécurité sur leurs 2 roues, il n’y a qu’un pas.

        Des fois, je me dit qu’il n’ est pas drôle d’être jeune aujourd’hui.


      • bakerstreet bakerstreet 22 août 2013 12:24

        Bernie


        On a les même gouts. 
        Savez vous que ce drame, l’auteur l’a vécu, sauf qui lui, avait refusé de suivre son père qui s’est perdu tout seull dans ses solitudes glacées, et glaçantes. Il faut parfois refuser de suivre son père...Le fils d’abraham s’en est tiré de justesse. 
        Il est des risques bien pires que d’aller sans casque, ou de faire l’amour sans portection.

        Chacun ses regrets, moi je me demande toujours pourquoi j’ai laissé filé mon vieux vespa 125 !
        Ce truc là datait de 68 et il en avait l’esprti.

        Mais je m’égare, c’est toujours comme ça, en scooter, l’esprit italien !
        Ne pas oubliez que ceci n’est pas un guidon, mais un clavier
        Bien qu’’équipé de rétroviseurs.

        Quand je regarde dedans, je repère quelques trucs intéressants
        Question littérature, et pour rester dans le rital, et tiens pourquoi pas rester dans la même tendance
        El professor, la bambina, la dolce vita : Lisez « Persécution » d’Alessandro Piperno. 
        Un roman sorti il y a deux ou trois ans, et qui raconte la descente en enfer, d’un type accusé à tort d’attouchements, et même pire, envers une gamine manipulatrice.
        Roman tout en finesse, amenant insensiblement au bord du vertige, et de la solitude infinie. 
        Dur dur, quand on n’a été un chirurgien reconnu, encensé, transformé en un DSK adipeux, fuit même par sa famille, incapable de se défendre

        La solitude et le domaine de la mort n’appartient pas qu’aux déserts glaçées du grand nord !

        Un peu de soleil et de fantaisie : Lisez Meurtre dans un jardin indien. De Vikas Swarup. En 10-18
        je viens de le finir, ma compagne se l’est envoyé dans une chaise longue en un long après midi.. Vous en apprendrez sur l’inde plus qu’en dix longs manuels de sociologie barbants. C’est frais, rigolo, envoutant, barroque, ingénieux.
        Comme le rire d’un vespa
        Beaucoup de vespa d’aileurs aussi aux indes !

      • In Bruges In Bruges 21 août 2013 09:34

        Trop fort, Bernie.
        J’pense comme vous ( y compris sur Malko)


        • Bernie Bernie 21 août 2013 22:59

          Ah , son altesse sérénissime le prince Malko, du James Bond en plus torride. J’avoue que c’est certainement vers 1982 que je suis tombé sur cette littérature hautement licencieuse qui mis en émoi le jeune adolescent boutonneux que j’étais.

          Puis j’en ai lu un deuxième et ce fût la déception, même les scènes de sexe se retrouvaient à la même page, on changeait juste le vilain et le lieu. Sinon on passait de la blonde voluptueuse à la brune athlétique, mais la trame ne variait pas. Depuis j’en ai plus lu. MAis ça m’a fait plaisir d’y repenser.

          A+ In Bruges

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