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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Un Fil à la Patte » d’anthologie à La Comédie Française

« Un Fil à la Patte » d’anthologie à La Comédie Française

Tel un véritable feu d’artifices, la réalisation de Jérôme Deschamps fera date dans le patrimoine de la Comédie Française.

En effet, lors de sa retransmission télévisée en février 2011, sa programmation de décembre à juin en salle Richelieu était, d’ores et déjà, « sold out ».

Sa reprise est donc assurée pour une saison supplémentaire, voire davantage.

Le fil conducteur de sa mise en scène réside essentiellement dans le choix des acteurs dont le timbre de voix, la physionomie, la dégaine doivent se compléter en des tableaux sociétaux où la bonne humeur est conviée à, d’emblée, régaler les comédiens eux-mêmes et donc, par conséquence inéluctable, le public.

Sur sa palette de peintre vaudevillesque, Jérôme Deschamps a composé des personnages fantasques rehaussés par des costumes (de Vanessa Sannino) tout autant affriolants que splendides.

C’est, ainsi, en multipliant les facettes désopilantes du kaléidoscope scénographique que la pléiade des silhouettes se croisent et s’entrechoquent pour donner corps hystérique à la mécanique implacable de Feydeau.

Ainsi campés dans une bande dessinée en 3D, la « Lucette » amourachée de Florence Viala, le « Général » d’opérette de Thierry Hancisse, le « Fontanet » puant de Serge Bagdassarian, le « Bois d’Enghien » écartelé d’Hervé Pierre vont pouvoir se prêter au jeu de cache-cache que la « Baronne » classieuse de Dominique Constanza, le « Bouzin » notarial de Christian Hecq ainsi que le dédoublement de Guillaume Gallienne dressent, à l’insu de tous y compris d’eux-mêmes, en inénarrable mascarade.

En effet, si l’argent mène le monde à gogo, Feydeau lui donne la chance fallacieuse de sauvegarder les apparences sociales, en lui permettant de tirer les ficelles de l’amour, si possible à bon escient.

Cependant, comme la passion atteint rarement les niveaux d’absolu que les intentions, déclarées à la cantonade, prétendraient cibler, alors, dans ce dédale de quiproquos où chacun trompe ou se trompe, seul le rire impartial de l’observateur peut, à juste titre, servir de valeur refuge.

Menant à l’excellence des configurations scabreuses, le respect scrupuleux des didascalies de l’auteur conforte Jérôme Deschamps à s’affranchir de tout psychologisme pour laisser place au jeu millimétré recherché, répété et finalisé en situation, dans un rapport exclusif aux planches.

Alors si, par surcroît, une conjonction miraculeuse entre la perspective artistique d’un rôle et le talent spécifique d’un pensionnaire rencontre, par géniale opportunité, l’état de grâce, voici Christian Hecq célébré par tous, critiques et spectateurs confondus, en raison de ses gesticulations, mimiques et contorsions à nulles autres pareilles dans sa transcendance de « Bouzin », à la suite prestigieuse de Robert Hirsch dans les années soixante.

Aussi, de la mise en scène mémorable de Jacques Charron (avec entre autres Jean Piat, Georges Descrières, Jean-Paul Roussillon, Jean-Laurent Cochet, Micheline Boudet, Denise Gence, Catherine Samie et donc Jacques Charron & Robert Hirsch) jusqu’à la pâte joyeuse et ludique de Jérôme Deschamps, un fil d’anthologie s’est, de toutes évidences, tissé pour le meilleur de La Comédie Française.

photo DR.

UN FIL A LA PATTE - ***. Theothea.com - de Georges Feydeau - mise en scène : Jérôme Deschamps - avec Dominique Constanza, Claude Mathieu, Thierry Hancisse, Florence Viala, Céline Samie, Jérôme Pouly, Guillaume Gallienne, Christian Gonon, Serge Bagdassarian, Hervé Pierre, Gilles David, Christian Hecq, Georgia Scalliet, Pierre Niney, Jérémy Lopez & les élèves comédiens de la Comédie Française - Salle Richelieu de la Comédie Française


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2 réactions à cet article    


  • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 2 mars 2011 00:50

    Personnellement, j’ai trouvé la mise en scène minable, le décor affreux, les personnages ennuyeux. Une catastrophe. J’ai zappé au bout d’1/4 heure.


    Même France 2 avait fait mieux il y a quelques années avec une mise en scène d’Olivier Minne, avec dans le casting Sophie Davant, Tex et compagnie, c’est dire....

    Franchement l’engouement pour cette pièce de boulevard à la Comédie Française est incompréhensible, mais c’est à l’image de la déliquescence intellectuelle et morale de ce pays.

    Dommage car c’est une pièce très drôle.

    • loco 2 mars 2011 01:49


       bonsoir,

       Feydeau à la Comédie Française, chic !!! Encore quelques efforts, et on aura du rap à l’Opéra Garnier, et puis une rétrospective de couvercles de boîtes à biscuits au Louvre. Bienvenue, Mister Chance !!!

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