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Un week-end patrimonial

Comme, chaque année, le 3e week-end de septembre (samedi 15 et dimanche 16 septembre) se dérouleront les Journées européennes du patrimoine. Elles nous permettront, cette année, de découvrir Les métiers du Patrimoine. Des hommes et des femmes au service des biens culturels. Cette célébration de nos monuments connaît, année après année, un succès croissant.

UNE INVENTION FRANCAISE, UN SUCCES EUROPEEN

L’ambition d’attirer le public dans nos monuments historiques fut lancée par Jack Lang, alors ministre de la Culture, lorsqu’il lança en 1984, la Journée portes ouvertes dans les monuments historiques. Suivi dès l’année suivante par de nombreux pays européens, ce 3e dimanche de septembre fut adopté officiellement par le Conseil de l’Europe, qui décida dès lors de leur consacrer deux jours, en renommant la manifestation Journées européennes du patrimoine (1992).

Depuis leur création, cette célébration des vestiges du passé ne fut suspendue que lors de la 18e édition, en 2001, suite aux attentats du 11 septembre, et la 24e édition marque la réussite du pari originel de M. Lang : faire en sorte que les citoyens se réapproprient leurs monuments.

L’édition 2006, placée sous le thème "Faisons vivre notre patrimoine", se déroula dans 48 pays européens. La France ouvrit plus de 15 000 sites, qui accueillirent 12 millions de visites. Plus de 20 000 animations permirent également de découvrir le patrimoine sous un autre angle. Ce succès populaire, jamais démenti depuis la création de cette manifestation, traduit néanmoins une évolution récente de nos mentalités, puisque cette notion même de patrimoine n’est apparue qu’avec la Révolution française.

LE PATRIMOINE, UNE NOTION RECENTE

L’Ancien Régime ne prêtait guère d’intérêt aux monuments du passé, à l’exception de ceux, qui pouvaient rappeler un homme illustre, un événement à célébrer... Ces premiers "monuments", que l’on souhaitait conserver, revêtaient ce rôle de souvenirs, de témoignages. Cela se concrétise par le fait que ces monuments étaient, pour l’essentiel, constitués de sculptures, de sceaux ou autres monuments funéraires (l’épitaphe constituait alors l’un des plus sûrs moyens de faire passer son nom à la postérité).

En ce qui concerne les meubles et immeubles, qui aujourd’hui concrétisent à nos yeux cette notion de patrimoine historique, l’Ancien Régime ne leur porta guère d’intérêt, puisque seul le principe d’utilité immédiate prévalait. Les monuments n’appartenaient pas à la nation, mais aux rois et/ou aux princes. Le patrimoine apparaissait comme un moyen de servir les pratiques, ou de répondre aux exigences d’une époque.

Avec la Révolution française, la nation, en confisquant les biens de l’Église, des nobles, et des émigrés, s’attribue une nouvelle fonction, celle de gardienne de la mémoire. Tentée par la volonté d’effacer toutes traces de l’Ancien Régime, et céder ainsi à un vandalisme jacobin, la nation réussit néanmoins à apaiser ces querelles.

Le XIXe siècle achèvera cette transition, en instituant et en organisant l’inventaire et la protection des monuments historiques, auxquels s’ajouteront, au fur et à mesure du temps, les objets mobiliers, les sites naturels, les collections photographiques, et les autres "nouveautés de la mémoire"...

LE PATRIMOINE, AVENIR DE LA NATION

Élargissant sans cesse son champ d’investigation, le patrimoine nous offre aujourd’hui plus de 42 000 monuments classés, 2 050 parcs et jardins, 130 000 objets mobiliers... Se réapproprier ces monuments du passé permet à tout un chacun de se sentir propriétaire de cet héritage du passé, qu’il nous faut, à notre tour, transmettre. Car, nous ne sommes que les dépositaires de ce bien commun, qui appartient aux générations futures comme à celles de nos aïeux.

Sous le thème des Métiers du patrimoine, cette édition 2007 ne manquera pas de souligner que cet héritage nécessite une attention particulière, que ce soit pour son entretien, sa mise en valeur ou encore sa restauration. Si la France reste la première destination touristique, nos monuments ne sont pas étrangers à cette mode. Du Mont-Saint-Michel au palais de l’Élysée (l’ouverture de ce lieu de pouvoir nous permet non seulement de découvrir un monument riche d’histoire, mais aussi le lieu, où notre avenir se décide), des châteaux de la Loire à la tour Eiffel, des cathédrales aux lavoirs..., nos monuments seront ouverts ce week-end, et notre passion de ces vestiges sera, cette année, l’occasion de rendre hommage à celles et ceux, œuvrant dans l’ombre pour qu’il puisse émerveiller encore bien des générations.

Le programme complet de cette manifestation :

Éric Varin. 09/2007.

http://www.journeesdupatrimoine.culture.fr


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