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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Une brève Histoire de France : Avant le Nord

Une brève Histoire de France : Avant le Nord

La mort de Clovis semble mettre d’une certaine façon un terme à l’unité du royaume, ce dernier étant partagé de façon équitable entre ses 4 fils. Le roi des francs a eu le temps de réorganiser ses possessions qui adoptent un découpage qui va perdurer deux cent ans à peu près : le royaume unifié est découpé en Austrasie ( nord-est, Rhénanie ), et Neustrie ( Nord ouest, Centre ), alors que la Burgondie et l’ Aquitaine retrouvent une forme d’autonomie en retrouvant leurs anciennes frontières avant la conquête mérovingienne, mais avec une nouvelle dynastie à leur tête.

Il est cependant faux de croire que le royaume est démantelé : à cette époque, les rois ne règnent pas sur des territoires, mais sur leurs sujets. Et la partition qui s’ensuit est uniquement administrative. Le royaume de Clovis est en droit toujours uni, il est simplement administré par ses 4 fils sur chaque portion de celui-ci. D’ailleurs, Clovis a veillé à ce que les 4 capitales soient les plus près possibles les unes des autres afin de rappeler cette unité.

Las, les moeurs franques sont ce qu’elles sont et les 4 frères vont vite s’enfermer dans une spirale homicide qui va marquer le siècle suivant de ses meurtres, vengeances, unions et désunions du royaume, le summum étant atteint avec la rivalité mortelle des reines Frédégonde et Brunehilde qui vont faire passer Cercei Lannister pour une nonne pacifiste en comparaison : les historiens estiment qu’elles ont provoqué la mort d’une bonne moitié des héritiers masculins de leurs familles respectives.

Les frontières extérieures demeurent stables car les grandes migrations sont terminées. Pourtant les batailles incessantes vont faire en sorte que le sort du peuple et de l’économie ne vont pas s’améliorer grandement. La succession d’unions du royaume et de partage entre les fils du roi désorganise l’administration et les potentats locaux gagnent de plus en plus d’indépendance face au pouvoir central. Cela accélère la perte du savoir antique, déjà bien entamée avec les migrations précédentes.

Coupée de Constantinople et d’Alexandrie, et ne disposant d’aucune grande bibliothèque, l’ouest du continent stagne sur le plan technologique et régresse même rapidement avec l’abandon progressif des aqueducs, mis hors d’usage par le pillage de leurs pièces métalliques récupérées faute de minerai existant dans le commerce désormais tari.

Le développement du servage n’incite pas non plus les cultivateurs à développer leurs cultures car les surplus ne leurs profitent pas, étant versés au maître du domaine. L’argent vient à manquer car les pièces d’or sont réservées aux gros achats et thésaurisées, ce qui réduit l’économie au troc dans certaines régions.

Cela provoque un affaiblissement lent du pouvoir des rois de l’époque. Devenus chrétiens, ils ne bénéficient plus du soutient automatique de l’armée et de la gloire venue des batailles gagnées. Leur légitimité ne tient plus qu’au sang de la famille.

Contrairement à une idée reçue, le pavois n'était pas dans la tradition gauloise, mais romaine ! L'élévation symbolisait l'accession du général vers son statut divin d'Empereur. Les Francs vont reprendre cette tradition qui n'a rien à faire chez les derniers Irréductibles.

 

Afin de s’assurer du soutien de leurs vassaux, les rois reprennent l’antique usage romain du clientélisme : le citoyen romain se plaçait sous la protection d’un patricien plus riche que lui et en échange de son soutien public pour la politique ou le vote de lois, il recevait de ce dernier une aide pécuniaire ponctuelle ou régulière, ainsi que des services divers. Ces patriciens étaient le plus souvent des petits bourgeois ou des commerçants et eux-même se plaçaient sous la protection de citoyens plus fortunés encore. La pyramide sociale créée culminait avec les citoyens élus aux postes les plus prestigieux comme les sénateurs ou les consuls. Aujourd’hui, on parlerait d’achat de votes et de trafic d’influence mais à l’époque, c’était un modèle social officiel et reconnu.

Ne disposant que de peu d’argent eux-même, les rois donnent des terres à leurs officiers, à charge pour eux de les gérer et de reverser au royaume sa quote-part. A l’époque, les terres ne sont pas transmissibles et quand le noble meurt la terre retourne sous la direction du roi qui peut l’attribuer à une autre famille.

Mais cela n’est possible sur le long terme que si la quantité de terrains disponible croit en même temps que les rois achètent la loyauté de leurs affiliés. Hors les mérovingiens vont se heurter à de nombreux murs : les premiers Etats germaniques qui viennent de se constituer sont de féroces adversaires. Au sud, les wisigoths ont été chassés d’Aquitaine mais ils sont encore assez puissant pour garder le Languedoc actuel et faire des Pyrénées une barrière infranchissable. La Provence elle est tenue fermement par les Ostrogoths.

Aussi, rapidement, les rois vont se trouver à court de terres à distribuer car de plus en plus, leurs officiers obtiennent la surenchère de pouvoir transmettre leur fief à leurs fils ainés à leur mort. Cela va rendre les rois mérovingiens impuissants face à la montée en puissance des premiers duchés. Leur autorité morale ne repose plus en fait que sur le sacre, le seul sacrement qui leur est réservé et qui fait d’eux un envoyé direct de Dieu sur Terre, responsable devant lui uniquement.

La frénésie de meurtres et de vengeances n’arrange pas non plus les choses : les rois ne restent en général que quelques années sur le trône avant de mourir et de voir leurs possessions partagées en terres de plus en plus petites et morcelées. Les seuls princes qui vivent assez longtemps sont ceux qui se sont fait tonsurés et sont entrés dans les ordres pour devenir moines. Cela ne leur ôte pas leurs droits successoraux mais ils y renoncent d’eux-même à de rares exceptions près.

Incapables de gérer correctement l’administration et les territoires, leur puissance passe officiellement aux mains de nobles reconnus pour leurs qualités de gestion et d’organisation : les Maires du Palais. Ces derniers se voient confier de plus en plus de tâches si bien qu’au VIIIè siècle, ils sont les rois en fait sinon en titre.

A l’origine, chacun des 4 royaumes issus du partage de l’héritage de Clovis avait son propre Maire. Mais l’ascension rapide de la famille des Pippinides va de fait faire du Maire d’ Austrasie le gérant des 4 royaumes.

Les Pippinides, du nom de Pépin de Landen, se montrent être de grands administrateurs. Petits propriétaires terriens à l’origine, ils profitent de leurs positions pour acquérir de plus en plus de terres qu’il redistribuent ensuite à la façon des rois pour se constituer un réseau d’obligés de plus en plus puissants et nombreux. Aujourd’hui, on parlerait de délit d’enrichissement personnel et de corruption en bande organisée. Mais à l’époque, c’est normal.

Pépin l’ancien est dit avoir une ascendance noble et célèbre dans les écrits de l’époque mais nous n’en savons pas plus. Son accession au titre de maire est une récompense : austrasien, il ne supporte pas le règne de fait de sa reine Brunehilde qui tient les rênes du pouvoir au nom de son fils Sigebert II. Il s’allie au roi neustrien Clotaire pour éliminer la reine et ce dernier lui offre en récompense la Mairie du palais. Las, Clotaire meurt rapidement et son fils Dagobert écarte Pépin après avoir réuni les divers composantes du royaume mérovingien. Sa mort rapide lui redonne pour un temps la Mairie si traitreusement acquise. Grimoald, le fils de Pépin, voudrait hériter du titre mais Sigebert III, le successeur de Sigebert II, préfère y nommer son précepteur Othon. Grimoald profite d’une révolte neustrienne pour porter secours à Sigebert III et le sauver, ce qui lui redonne la Mairie pour services rendus après que Sigebert ait fait place nette en faisant tuer son ancien précepteur.

Les moeurs politiques de l’époque sont assez ardues à suivre mais pour faire simple, les révoltes, les trahisons et les retournements d’alliances se font au gré des ambitions et des besoins de chacun. En tout cas, à la fin du VIIè siècle et en dépit de quelques marées défavorables, les trois quart du royaume sont de fait gérés par Pépin de Herstal, le descendant de Grimoald, l’ Aquitaine ayant durant cette période de guerre civile acquis une indépendance de fait.

Ce dernier meurt en laissant non pas une, mais deux veuves éplorées : Plectrude, son épouse officielle, et Alpaïde, qui fut sa maitresse avant de l’épouser après avoir répudié sa première épouse. Mais le statut exact d’Alpaïde n’est pas clair car selon certaines sources, son remariage lui aurait été refusé car il lui avait fait un enfant naturel avant de répudier Plectrude. Il laisse donc des fils de deux lits différents qui vont se disputer le pouvoir. A ce petit jeu, son fils Charles l’emporte, montrant sa force de caractère avant même que l’ Histoire ne le surnomme Martel.

 

Ce portrait est comme beaucoup d'autres, imaginaire. Selon les écrits, les chefs mérovingiens portaient le cheveu long et parfois la moustache, mais jamais la barbe.

 

Ce n’était pourtant pas gagné d’office. Plectrude et ses partisans considèrent Charles comme un bâtard sans droits et ce dernier doit dans un premier temps fuir le royaume. Il va alors tisser des alliances avec les nobles qui ne supportent pas l’idée de voir une femme à la tête du royaume dans les faits. De longues années de batailles se déroulent à l’issue desquelles Plectrude est contrainte de capituler après une ultime défaite de ses armées. Cette dernière est envoyée finir ses jours dans un couvent, un sort plus enviable que celui de Brunehilde, cruellement exécutée attachée par une jambe à un cheval lancé au galop. 

Charles a pour cela promis plus de terres à ses alliés qu’il n’en avait à sa disposition mais il se sort d’affaire en puisant largement dans les biens de l’ Eglise : à l’époque, il est estimé qu’un quart des terres cultivables appartiennent aux abbayes ou aux évêchés. Devenu Maire du Palais, Charles va tout simplement exproprier de façon massive les religieux afin de récompenser ses soutiens et s’assurer de leur loyauté future.

Ce coup de force qui aurait pu mettre au pouvoir un arriviste talentueux de plus va se révéler profitable au royaume en fin de compte. Charles envoie ses troupes à l’Est et intègre l’ Autriche actuelle ainsi que la Bavière aux territoires tenus par les Francs. Il va surtout se montrer bon administrateur et aussi bon stratège quand en 732 il met un terme provisoire à l’avancée des raids sarrasins qui pillent depuis des années le sud-ouest du royaume.

Depuis la conquête des wisigoths, l’ Hispanie était devenu un puissant royaume barbare mais au contraire des Francs, les Wisigoths ne vont pas se mêler de façon franche et profonde aux hispano-romains de la péninsule, formant deux peuples séparés, les barbares ariens étant aux commandes. Cela va grandement faciliter les conquêtes arabes qui franchissent le détroit de Gibraltar à la fin du VIIè siècle et qui progressent rapidement vers le Nord.

Les populations rurales ne voient pas d’un mauvais oeil l’arrivée des nouveaux conquérants car ils ne voient aucun intérêt à voir se maintenir les wisigoths qui ne leurs laissent aucun levier de commande. Les sarrasins eux diffusent leurs foi mais se montrent tolérants envers les rétifs à la conversion : ils sont simplement frappés d’un impôt particulier supplémentaire pour continuer à exercer leur foi. Cet argent rempli les caisses de l’Emirat qui n’a donc aucun intérêt à forcer à la conversion.

La conquête arabe est aussi une relance du progrès en Ibérie : les connaissances antiques, préservées plus facilement à l’ Est, reviennent avec les cavaliers, notamment en agronomie et en hydraulique. Le royaume wisigothique, sans soutiens ni alliés, ne peut compter sur personne et même la renonciation à l’arianisme n’y fait rien : le royaume est victime d’une guerre de succession qui facilite la conquête musulmane qui est complète à l’exception des Asturies et du Pays Basque, Narbonne, Agde et Béziers devenant des villes musulmanes pour 50 ans. Pas sûr que Robert aurait apprécié.

Les cavaliers arabes ne s’arrêtent pas en bon chemin et poursuivent leurs raids vers le nord, la Garonne et la Loire, mettant au supplice le duc d’Aquitaine qui se voit contraint de faire appel à l’aide à Charles, sachant que son intervention mettra de fait fin à son indépendance.

Ce dernier voit l’occasion de reprendre pied au sud de la Loire à peu de frais et vole au secours de son turbulent voisin. En premier lieu, Charles laisse les raids musulmans se poursuivre avec un objectif affiché : laisser les cavaliers arabes s’encombrer d’un important butin pour ralentir leur mobilité, clé de leur conquête rapide de l’Ibérie. Ensuite, il frappe, visant en premier lieu les camps de base afin de menacer le butin accumulé. Les cavaliers musulmans se laissent prendre et oublient toute discipline pour défendre leurs biens, ce qui laisse à Charles tout le loisir de les diviser en bandes et de les anéantir les uns après les autres. Le désastre enregistré dans la région de Poitiers est tel que les raids musulmans se dérouleront désormais vers la vallée du Rhone, jusqu’à Autun et Sens. Charles va arriver dans les 10 ans à suivre à reprendre Béziers mais Narbonne restera musulmane longtemps après sa mort.

Auréolé de ce fait d’armes, il y gagne son surnom de Martel et cela le laisse libre de réorganiser l’armée franque.

 

A l’origine, elle était composée de fantassins qui devaient répondre à la convocation de l’Ost. Mais l’étude des tactiques arabes a convaincu Martel de se doter d’une puissante cavalerie telle que les Romains en avaient et bientôt les hommes libres les plus riches sont tenus de fournir un cheval et un équipement à l’armée franque. La possession d’un tel animal est un luxe à l’époque et seuls les hommes libres les plus aisés peuvent se le permettre. Martel offre une dot en terres à ces derniers pour leur permettre de financer sa cavalerie qui va lui permettre de prendre la Provence par la suite. Cela accélère la féodalisation du pays. 

A ce stade, Martel estime qu’il peut se passer de l’excuse d’un roi fantoche et quand Thierry IV, qu’il avait tiré de son cloître, meurt, il ne désigne aucun successeur, gardant la réalité du pouvoir pour lui. Sa puissance est telle qu’il se permet d’ignorer les appels à l’aide du pape Grégoire III en difficultés devant l’avancée des Lombards, estimant ne rien lui devoir.

Tout comme Clovis avant lui, Martel a le temps d’organiser sa succession entre ses deux fils Pépin le Bref et Carloman qui prennent la tête du royaume à sa mort en 741. Carloman n’aime pas l’exercice du pouvoir et se retire dans un monastère, laissant Pépin diriger seul le royaume après avoir privé son neveu de son héritage dans la grande tradition familiale. Il tire Chilpéric III de son monastère ou il croupissait depuis que Martel l’y avait envoyé pour resserrer les rangs, le royaume faisant face à une alliance germanique dirigée par son demi-frère Griffon qui s’estimait spolié par le partage du royaume. 

Toute alliance étant bonne à prendre, Pépin renoue les liens avec Rome, rendant une partie des terres confisquées par son père, les conquêtes à l’Est compensant la spoliation de ses soldats.

Ayant défait les Lombards et doté le Pape de territoires assez vastes pour qu’il assume et finance sa propre protection, Pépin se débarrasse de Chilpéric III une fois que le pape Zacharie lui fait répondre officiellement mais de façon diplomatiquement confuse qu’est roi celui qui exerce le pouvoir. Chilpéric est à nouveau tondu et renvoyé dans son monastère sans trop protester, satisfait sans doute de garder la vie sauve.

 

La tradition mérovingienne donnait un sens religieux à leur longue chevelure, copiant la Bible et l'histoire de Samson. La couper, c'est retirer symboliquement son pouvoir au roi déchu.

 

Pépin se fait alors acclamer et élire roi par une assemblé de nobles acquis à sa cause, personne ne regrettant la mise à l’écart du dernier Mérovingien. C’est la naissance officielle de la seconde dynastie, les Carolingiens.

Afin d’asseoir sa légitimité, Pépin remet le sacre au gout du jour, resserrant les liens avec une Eglise réformée et refondue pour en éliminer les éléments corrompus et incompétents : il n’est pas rare de voir à l’époque de hauts prélats n’être que des adolescents incultes et corrompus ayant acquis leur charge de façon financière. Au Xè siècle encore, Jean XII est élu à 16 ans et son pontificat passablement agité sur le plan politique est émaillé de rumeurs plus ou moins confirmées. Il est toutefois certain qu’il avait de nombreuses maitresses et que sa mort est liée à sa sexualité débridée.

L’alliance entre les Etats Pontificaux est le prélude à une union plus intime qui trouvera son paroxysme avec le règne de son fils, Charlemagne. Mais c’est aussi l’occasion d’un coupure diplomatique avec l’empire d’Orient car certaines terres données au pape étaient sous la suzeraineté théorique du basileus qui ne va pas reconnaitre cet accord. Auparavant sous la protection de Constantinople, Rome se tourne vers le royaume franc, plus proche géographiquement mais aussi religieusement, la querelle des Images ayant grandement dégradé les relations entre l’Empire d’Orient et la papauté. 

Pépin poursuit également la réforme de l’économie entreprise par son père. Sachant la monnaie d’or incapable de remplir son rôle d’échange pour les petites transactions, Martel a fait établir en plus le denier d’argent qui relance l’économie et qui incite aux échanges, prenant la place du troc. Mais le manque de métal précieux va contraindre Pépin à diminuer la taille et le poids des pièces tout en leur gardant la même valeur, ce qui va occasionner quelques troubles. Il va aussi commencer à en uniformiser la taille et l’aspect afin de supprimer les besoins de conversion, la frappe monétaire n’étant pas un privilège de l’Etat mais pratiquée par tout noble ou religieux ayant assez de pouvoir sur son territoire pour afficher ce prestige.

Son dernier né Pépin étant mort à l’age de 6 ans, le royaume est à nouveau partagé en deux entre Carloman et Charles qui ne s’estime pas satisfait du partage. La mort prématurée de Carloman vient régler la dispute et Charles prends la tête du royaume en privant ses neveux de leurs droits, territoire qu’il va considérablement agrandir au fil des années à venir.

La facilité de prise de pouvoir des Carolingiens montre la déchéance profonde dans laquelle les derniers descendants de Mérovée étaient tombés. Victime en fin de compte des traditions franques qu’ils n’ont pas su transcender pour stabiliser leur pouvoir, la dynastie se voit de plus affublée de tous les maux et dénigrée de façon massive, notamment par les moines de l’époque qui savent d’ou souffle le vent et qui écrivent plus pour louer les nouveaux maîtres que pour donner un tableau sincère de la situation. C’est de cette époque que vient le sobriquet de « roi fainéants » qui s’applique aux derniers mérovingiens. « Fainéant » doit se prendre avec le sens de l’époque, celui « qui n’a rien fait » politiquement parlant faute de poids politique, et non pas par paresse.

Le portrait de ces monarques, parodiés sur leurs chars à boeuf pour insister sur leur manque de virilité combattante détourne le sens premier de cette tradition réelle : le nouveau monarque était tenu de faire au moins une fois le tour de son royaume dans un tel attelage, montrant sa richesse au peuple car à l’époque la possession de bétail est un signe extérieur de richesse. Sous la plume d’ Eginhard et d’autres prélats, désireux de consolider la nouvelle dynastie, ce tour devient le symbole de leur impuissance.

La première dynastie est en fin de compte victime de ses propres traditions qui affaiblissent lentement les monarques au profit des hauts administrateurs qui vont former les dirigeants en fait puis en droit du royaume franc pour les 2 prochains siècles. De nos jours, il ne reste plus de trace des mérovingiens mais faute de sources, il est possible que certaines branches mineures se soient prolongées au delà du XIè siècle par les femmes.

Une fois roi, Charles va poursuivre l’expansion lente mais continue dont son royaume a besoin pour continuer à être stable économiquement. Développer son armée et donc sa cavalerie nécessite de nouvelles terres à prendre, toujours plus d’administrateurs pour gérer les domaines et s’assurer que les lois y sont bien appliquées. Le nouveau roi fait preuve de beaucoup d’énergie car sur ses 46 ans de règne, seules deux années ne verront pas la convocation de l’ost pour les campagnes d’été. Son attention se porte en premier lieu au sud, afin de sécuriser la frontière des Pyrénées : répondant à l’appel de rebelles musulmans en lutte contre l’émirat de Cordoue, le roi franchit les frontières pour porter secours aux révoltés qui lui promettent en échange la région de Saragosse. Hélas, la ville a été reprise par les loyalistes et Charles, venu sans machines de siège, est contraint de faire demi-tour. Il commet alors l’erreur de piller Pampelune, la capitale culturelle basque de l’époque afin de ne pas rentrer bredouille. Au col de Ronceveau, ces derniers piègent l’arrière garde et pour ne pas perdre plus d’hommes, Charles doit la sacrifier. L’événement ne fait alors que peu parler, faute de médias et d’intérêt aussi, ce n’est que plusieurs siècles après que la Chanson de Roland fournira aux trouvères et aux troubadours matière à versifier, ou le perfide sarrasin remplacera opportunément le basque catholique et revanchard.

Charles parvient tout de même à conquérir une bande de terre qui forme la Marche d’ Espagne et qui restera franque les deux siècles suivants. Par la suite, Charles ne voudra plus jamais entendre parler d’Espagne. Une attitude que Napoléon aurait sans doute dû avoir.

Et ce d’autant plus qu’à l’Est, la Bavière montre des velléités d’indépendance mal venues. Le comté est tenu depuis un siècle par un bâtard de Martel et leurs descendants mais le tenant actuel, Tassilon, voudrait voler de ses propres ailes. Petit-Neveu de Charles, Tassilon a épousé sans sa permission la fille du roi des Lombards, montrant sa volonté politique d’émancipation. Charles envoie les troupes et destitue Tassilon après que ce dernier ait violé son serment de vassalité. Enfermé dans un monastère avec sa famille, Tassillon devra renoncer à son trône pour garder la vie sauve. Charles nomme de nouveaux comtes pour le territoire et passe au problème suivant : les Lombards.

 

Originaires de ce qui est aujourd'hui la Suède, les Lombard tiraient leur nom selon certains de leurs longues barbes. D'autres linguistes pensant au contraire que c'est leur armement qui les a baptisé de cette façon.

 

Originaires du sud de la Suède, les « longues-barbes » ( qui honoraient de cette façon Wotan/Odin), ont glissé à partir du Ier siècle vers le sud en suivant l’Oder pour se fixer en Slovaquie actuelle. Les grandes migrations leur ont donné de nouveaux appétits et ils se sont taillés un royaume en Italie du Nord, prenant la place des Ostrogoths. Païens puis arianistes, ils se convertissent tardivement au catholicisme romain au VIIè siècle. Parce qu’ils menaçaient Rome suite à un contentieux sur des terres promises par la papauté et jamais données, Charles intervient et chasse le dernier roi lombard avant de se couronner roi lui-même, laissant ses subalternes gérer le royaume à sa place. Charles parachève ses conquêtes avec la prise du royaume Avars en Hongrie actuelle et en multipliant les opérations militaires en Saxe afin de chasser les derniers païens germaniques. Les saxons ont le choix après l’arrivée de Charles entre la conversion et l’exécution. Des dizaines de milliers de saxons préfèrent alors mourir plutôt que de renier leurs anciens dieux. La charge est telle que malgré ses efforts de conversion, Charlemagne se verra toujours refuser la canonisation par l’ Eglise, soucieuse de ne pas en rajouter vu l’ampleur des massacres, même pour les critères de l’époque.

La puissance militaire et politique carolingienne est alors à son apogée. Presque tous les catholiques d’occident sont sous le contrôle direct ou indirect de Charles et les petits royaumes qui demeurent indépendant ne posent aucun problème. L’idée se répand alors de faire de Charles bien plus qu’un roi, ce en quoi il n’est pas contre ce d’autant plus que depuis 792, le trône de Constantinople est réputé vacant : en fait, Irène s’est emparée du pouvoir en aveuglant son propre fils mais pour les moeurs germaniques et franques il est inconcevable que la pourpre impériale soit portée par une femme.

De plus, Rome entends s’appuyer sur un Etat puissant pour sa protection et la diffusion de la religion chrétienne et comme les relations diplomatiques avec l’empire d’Orient ne sont plus au beau fixe depuis longtemps, il apparait judicieux de faire de Charles un nouvel empereur Romain, ce qui est d’autant plus simple que Charles et Adrien Ier s’entendent très bien. Mais sa mort retarde les choses car son successeur, Léon III, a du mal à légitimer sa présence à cause de rumeurs sur sa réputation licencieuse. Renversé, il doit sa survie à l’intervention de Charles qui préside à un procès qui innocente le pape faute d’accusateurs publics.

Date centennale, la Noel de l’an 800 est dès lors choisi pour faire de Charles un nouvel empereur et pour ressusciter l’empire d’occident, malgré le refus de l’empereur d’orient de le reconnaitre comme tel, s’estimant seul légitime de porter le titre.

Charles doit cependant avaler une couleuvre de taille : il était convenu que le roi se couronnerait lui-même mais profitant d’un instant de prière de ce dernier, Léon III s’empare de la couronne et la pose sur la tête de Charles qui repart furieux. Le pape, par ce geste, impose de fait l’idée que c’est le spirituel qui consacre le temporel, ce qui sera une grosse pomme de discorde dans les siècles à venir pour les empereurs germaniques. Napoléon se souviendra de l’incident et prendra garde à ce que le pape demeure loin de lui au moment solennel ou il se fera lui-même empereur.

Le nouvel empereur doit alors faire face à l’immensité de la tâche qui l’attends : pérenniser son oeuvre. Il ne peut poursuivre sous l’ancien rythme les annexions sans travailler la législation à fond des territoires sous peine de voir l’ensemble se lézarder sous son propre poids et ses propres contradictions. Mais dans le même temps sans nouvelles conquêtes il ne peut continuer à tenir ses vassaux qu’il ne tient que par serments et les terres qu’il distribue. De plus, Charlemagne a plus de cinquante ans au moment de son couronnement, ce qui en fait un homme âgé pour l’époque. Sentant qu’il ne lui reste que peu de temps, il décide de gérer son empire pour le pérenniser, même s’il estime en premier lieu que son titre d’empereur ne lui survivra pas et que ses fils devront le mériter s’ils le veulent. Mais à l’exception de Louis, tous meurent sous ses yeux et il décide de parer son seul fils restant du titre le plus important qui soit.

Charles doit faire face à une mosaïque de peuples qui possèdent la plupart du temps leur propre langue et leurs propres lois au sein de son empire. Le latin est une solution pratique pour donner à l’ensemble une langue commune, aussi va t-il faire développer les monastères pour non seulement diffuser la foi chrétienne mais aussi pour la formation des clercs et des administrateurs de son empire. Il remet l’école au gout du jour et en ouvre les portes aux fils de bourgeois, de chevaliers et de ceux qui montrent de bonnes dispositions pour l’apprentissage. Comme il ne peut pas être partout en même temps et qu’il faut à l’époque plus de quinze jours pour rallier Paris à Marseille dans les meilleures conditions, il doit déléguer la gestion à ses comtes et ducs, sous la surveillance des Missi Dominici, de hauts administrateurs chargés de veiller à la bonne application des lois et de corriger les excès rencontrés. Ces envoyés allaient toujours par deux, un clerc et un laïc. Malheureusement, ils n’étaient pas assez nombreux et leurs pouvoirs étaient trop réduits face aux puissants comtes et barons locaux. Lentement, leur rôle va s’effacer pour devenir inutiles dans les faits.

 

Les Missi Dominici allaient toujours par deux, un religieux et un laïc, afin que... Ah, on m'informe d'une possible erreur de fichier... Je vais voir cela...

 

Instruit par son propre couronnement, Charlemagne couronne lui-même son fils Louis en l’associant au trône pour les derniers mois de sa vie afin de favoriser la transition inévitable. Il meurt de pneumonie en 814 et dès ses funérailles il est évident que l’existence de l’empire tenait énormément à sa personne.

Non pas règne de rupture, Charlemagne s’inscrit dans la continuité du règne de son père et de Martel, en agrandissant le domaine carolingien aux limites du possible pour l’époque. Son oeuvre politique va rapidement s’effondrer alors que des mesures pratiques prises pour favoriser le commerce vont elles demeurer près de mille ans : il réforme la monnaie et la divise en livre, denier et sou, le denier étant la seule monnaie physique, les deux autres étant uniquement scripturales. La Révolution Française mettra un terme à cette division avec la décimalisation de l’ensemble mais elle perdurera jusque dans les années 70 au Royaume-Uni.

Les antiques voies romaines ont été rénovées grâce à l’unification politique et le commerce international a repris et les foires commerciales sont encouragées fiscalement parlant : la Champagne va devenir un carrefour européen de premier ordre avant que les flux ne dérivent vers l’est au Moyen-Age et vers le Danube.

A cause de son prix de revient élevé en morte-saison, l’esclavage disparait lentement à l’ouest, remplacé par la généralisation du servage. Les nouveaux moulins à eau sont plus fiables et pratiques que les anciennes meules mues par des esclaves et le pressoir remplace le foulage, augmentant la productivité agricole, ce qui réduit les risques de famine et de misère. L’apparition du collier d’épaule rigide permet de tirer un meilleur profit de la puissance animale. Cette révolution agricole ne produira cependant tous ses effets que dans les siècles à venir.

L’unification des terres occidentales permet aux lettrés et aux savants d’échanger et de se regrouper plus facilement. L’invention de la lettre minuscule rend l’écriture plus aisée avec la séparation en mots au contraire de la tradition romaine mais cela ne profite en majorité qu’aux écrits religieux. Pour les idées laïques, il faudra attendre Gutemberg.

Quand il accède au trône, Louis n’est pas un homme inexpérimenté : Charlemagne l’avait fait couronner roi d’ Aquitaine à 3 ans et depuis ses 8 ans il avait eu une éducation politique pour le former à sa future charge. La mort de ses frères Charles et Pépin fait de lui l’héritier unique de l’ensemble qu’il va avoir du mal à gérer.

En premier lieu, il est moins bon stratège que son père et il ne pourra jamais malgré ses efforts prendre Saragosse pour agrandir la Marche d’Espagne. Ensuite, il est plus faible de caractère : en lutte avec Bernard, un cousin écarté de la succession de Charlemagne, il l’emporte mais commue sa peine de mort en peine d’aveuglement. Bernard meurt des suites de ses blessures et cela marque Louis de façon négative. Son entourage réalise sa faiblesse et sa propension à plus écouter ses conseillers religieux que laïcs.

Doté de trois fils à son avènement, Louis prépare sa succession en dotant son ainé Lothaire de l’héritage du titre impérial, ce qui rend ses deux autres fils furieux et favorise leurs continuelles rébellions.

De plus, devenue veuf, Louis s’est remarié et Judith de Bavière lui donne un fils supplémentaire, ce qui impose de redessiner les cartes pour la succession. Mais ne voulant rien lâcher, Lothaire rejoint ses frères dans la révolte. La fratrie parvient à s’imposer au père qui réduit la part prévue pour Charles et qui prépare la dissolution de l’empire à sa mort en contrepartie. Louis ne reste pas soumis longtemps et joue des rivalités fraternelles pour rompre leur alliance. Mais il est trahi par sa femme Judith qui entend laisser à son fils Charles un plus gros héritage, estimant que son époux est trop faible et trop mauvais négociateur. Sous couvert de réconciliation, Louis est piégé et voit ses soutiens partir les uns après les autres. Il est contraint d’abdiquer la couronne au profit de son aîné Lothaire qui fait enfermer son demi-frère Charles dans un monastère.

Les frères de Lothaire réalisent alors qu’ils ont été trompés également car il ne tient pas ses promesses envers eux et retournent du coté de leur père. Après deux ans de lutte, Lothaire doit fuir et Louis retrouve son trône et Charles sa liberté.

Toutes ces péripéties sont désastreuses pour l’autorité impériale qui est déchirée en morceaux. Louis perd également le soutien des aristocrates par sa trop grande proximité avec les ecclésiastiques. La mort de son fils Pépin aurait pu résoudre la crise de succession en faisant une place à Charles mais Pépin avait eu des fils qui se voient écartés de la succession de leur père, à la grande fureur des nobles aquitains. Louis se préparait à repartir en campagne quand il meurt à son tour en 843. Lothaire estime que l’accord premier doit s’appliquer et s’arroge le titre impérial, imposant à ses frères encombrés par des révoltes internes sur leurs parts respectives sa suprématie. Une fois que Charles ait mis au pas les partisans du fils de Pépin, il noue une alliance avec son demi-frère Louis contre Lothaire : ce sont les serments de Strasbourg de 843, qui voient Charles parler en Tudesque pour être compris des soldats de Louis et ce dernier parler en roman pour l’être des soldats de Charles. Symboliquement, cela en fait la naissance de la France et de l’Allemagne même s’il ne s’agit en fait que d’une relecture largement postérieure aux événements.

Lothaire n’a pas le temps de tirer profit de sa jeune puissance car il disparait en 855, divisant sa part entre ses trois fils qui vont tour à tour être la proie de leurs oncles : le territoire impérial est de plus en plus réduit du fait des successions et la frontière des 4 fleuves s’installe au fil des traités et des annexions : l’ Escaut, la Meuse, la Saône et le Rhone vont faire office de frontière entre les Francies orientales et occidentales, ce qui place des territoires de langue germaniques comme la Flandre en Francie romane et des territoires de langue romane sous autorité germanique comme la Bourgogne et la Provence.

La vraie victime de ce partage est la Gaule, qui cesse d’exister dans les esprits comme unité territoriale, consacrant la population franque et germanique du territoire qui donnent définitivement leurs noms aux terres qu’elles contrôlent. 

L’âge d’or politique carolingien cesse cependant rapidement pour diverses raisons. Les héritiers de Charlemagne n’ont pas son talent politique et bien que les divers partages ont eu raison de l’unité de l’empire pour donner naissance à des Etats plus petits mais aussi plus simples à gérer, ses successeurs sont victimes des mêmes tares que les mérovingiens qu’ils ont remplacé.

La puissance réelle vient de la terre et les souverains n’en ont que peu sous leur influence directe. Les territoires sont sous le contrôle de l’aristocratie et le roi est élu par ces derniers, il dépend donc de leur bon vouloir, ce qui incite le souverain à plus de compréhension et de corruption pour éviter la déposition. 

De plus, les règnes sont courts et très agités : Louis II ne reste que 3 ans sur le trône avant de mourir et Charles III, affaibli par de trop fortes concessions aux vikings a qui il concède ce qui va devenir le duché de Normandie est déposé sous l’influence des princes qui vont se disputer la couronne de Francie occidentale. Très rapidement, les derniers carolingiens vont connaitre le destin de leurs précedesseurs en devenant des marionettes aux mains des Robertiens, une famille dont la noblesse remonte à la Neustrie de Clovis. Ces derniers accèdent à la couronne de façon intermittente mais ils réalisent vite que la réalité du pouvoir se trouve derrière le trône et non dessus : aussi Hugues le Grand, fils de Robert Ier, se contente d’un titre de Duc des francs au pouvoir bien plus puissant que celui de roi. Son fils Hugues Capet va parachever au Xè siècle la montée en puissance de sa famille en établissant la 3è dynastie, celle des Capétiens qui vont régner sur le pays jusqu’en 1848.

 

 

Mais n’anticipons pas : le moment n’est pas encore venu et pour le moment le royaume franc est sous le coup de nouvelles invasions venues de trois directions à la fois : du sud, de l’est et du nord. Ces troubles militaires vont grandement aider à mettre à bas l’ héritage du Grand Charles en quelques années et donner une nouvelle direction au nouvel Etat encore confiné sur les rives des 4 fleuves.

 


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7 réactions à cet article    


  • NEMO Kent 30 mars 09:16

    D’où sort la carte qui illustre cet article ?


    L’Austrasie avait pour capitale Metz et constituait le territoire des Francs rhénans, les Francs saliens ayant élu domicile grosso modo là où est aujourd’hui la Belgique. Le poête qui a dessiné cette carte a du confondre Austrasie et Autriche, il est vrai que l’IGN n’était pas encore opérationnelle dans les services administratifs de Clovis !


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 30 mars 11:23

      @Kent

      A l’époque, les frontières sont très mouvantes et il en est de même pour les capitales.

      Reims a ainsi été la première capitale de l’ Austrasie avant que Metz ne lui soit préférée.

      Son territoire a énormément varié au fil des siècles selon les besoins des découpages pour l’héritage des rois. Dans les dernières décennies de son existence, elle est amputée de sa partie Ouest pour former la Lotharingie lors du partage de 843.

      L’Austrasie disparait formellement avec la constitution de la Francie Orientale qui va devenir le Saint Empire Romain Germanique au Xè siècle.

    • NEMO Kent 30 mars 13:01

      @Mmarvinbear


    • Jean Roque Jean Roque 30 mars 09:34

      Le vase de Soissons, un chgmt d’époque
       
      Le guerrier germain refusa que le chef Clovis s’approprie le vase (pour le rendre à l’évêque gocho), le butin était commun chez les germains où au vainqueur de combat singulier pour les armes, ils n’avaient d’ailleurs pas de propriété terrienne, ni chef en réalité, le chef était nommé provisoirement pour une campagne. Arminius le germain romanisé, qui battit les romains à Teutoburg, voulu devenir roi à la mode bobo et fût exécuté par les réactionnaires chérusques...
      L’année d’après Clovis tua le guerrier qui avait appliqué l’ancienne loi clanique, personne moufta, la féodalité naissait.
       
      Le franc commençait à devenir un gogochon soumis gland remplacé.
       
       smiley


      • Clovis né exactement à 26 kilomètres de mon lieu de naissance : RENAIX. J’y ai un souvenir qui reste calé dans mon passé. C’est la première fois que je prenais la pilule délivrée par le Centre Norman Béthune (Tiens, cela me ramène à l’article de Nabum,...). Toutes la journée, me promenant dans les bois, je m’tais gavée de mûres (pas mûres,.... ???) et j’ai passé toute la nuit dans les toilettes, vomissant mes tripes. Je pensais avoir avalé un poison. Voilà ce qui arrive quand on ne lit pas le mode d’emploi d’un médoc. Contraception : vomissement possible. Le médecin ne m’avait averti et en plus, comme j’étais accompagné par ma meilleure amie, le médecin avait inverti nos ordos (mon cycle étant de 33 jours), la dose était trop élevée. Tout cela pour dire quoi en fait ? Ah oui, que mon arrière grand-père s’appelait Clotaire.


        • Montdragon Montdragon 30 mars 19:28

          Le découpage proposé est réellement collé à la réalité linguistique et culturelle, même ne 2018.
          Mis à part l’Alsace, qui a longtemps parlé une sorte d’allemand, voyez la frontière Bourgogne/Alamanie en Suisse actuelle, d’un coté on parle français de l’autre allemand.
          Voir la prolongation en vallée d’Aoste, et la Lombardie qui possède le Tessin.
          La Provence qui commence après Lyon, tec.

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