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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Une chanson douce que nous chante la grammaire

Une chanson douce que nous chante la grammaire

On n’entendra peut-être plus dans la bouche des générations à venir ce genre de dialogue :
— « Bon j’veux dire... quelque part ça m’interpelle au niveau du vécu. Et toi comment tu te situes par rapport à ça ?
— J’ai envie de dire, en l’occurrence, je crois que c’est clair : en termes de discours, c’est limite grave.
— Grave de chez grave ?
— Tout à fait ! »

Le linguiste Alain Bentolila doit remettre le 29 novembre prochain, au ministre de l’Education, Gilles de Robien, les propositions de nouvelles formes d’apprentissage de la grammaire que celui-ci l’avait chargé d’élaborer.

C’est l’occasion pour nous de nous amuser un peu de cette rude discipline. L’académicien Erik Orsenna sera notre complice ! Dans son livre La grammaire est une chanson douce (Stock 2002), une inspectrice du nom de Madame Jargonos interrompt la maîtresse d’école : « Pas la peine d’en entendre plus. Mademoiselle, dit-elle, vous ne savez pas enseigner. Vous ne respectez aucune des consignes du ministère. Aucune rigueur, aucune scientificité, aucune distinction entre le narratif, le descriptif et l’argumentatif. » Mais l’histoire se termine bien grâce à la méthode d’un professeur musicien amoureux des mots, Monsieur Henri.

Faisons ici une courte parenthèse sérieuse pour expliquer le projet : remodeler l’enseignement de la grammaire, de l’école primaire au collège, sans revenir "vingt ans en arrière", est l’ambition de M. Bentolila qui annonce une dizaine de principes qui "ne plairont pas à tout le monde". Les partisans des "bonnes vieilles méthodes" seront heurtés par un des tout premiers principes. La leçon de grammaire ne doit pas, selon M. Bentolila, consister à réciter des règles, mais à fabriquer des phrases, en acceptant que l’élève tâtonne, qu’il formule des hypothèses, voire qu’il s’arrête sur des conclusions provisoires. « L ’analyse grammaticale des phrases est la priorité à l’école élémentaire et au début du collège". Le linguiste privilégie ainsi la "grammaire de phrase" - qui analyse la nature et la fonction des mots à l’intérieur de la phrase et qui est la plus proche de ce que la plupart connaissent -, contre la "grammaire de texte" - analyse de la cohérence thématique et sémantique du texte.

Cette parenthèse refermée et en attendant les conclusions, nous pouvons continuer de plaisanter avec Jean-Loup Chiflet, dont le petit ouvrage intitulé J’ai un mot à vous dire (Edition Mots et Cie 2002) conte comment se déroulent les leçons de grammaire avec Mademoiselle Syntaxe, directrice de l’école Grammaire où règne une armada de professeurs très rigides, les « Règles ». Il y a fort heureusement un pédagogue charmant, Monsieur Style, qui a fait ses études à Sciences mots.

Si dure soit-elle, l’école, avec ses règles, l’élève peut aussi être consigné au « bureau des exceptions » (Erik Orsenna)

Dans ce bureau des exceptions, l’on trouve ces accouchés sous x que sont les « chou », « genou », « hibou » et leurs complices, mais aussi les « deuxième » ou « sixième » qui se distinguent du bien réglé « troisième ».

La grammaire n’a pas fini de nous embêter, mais elle ne cessera jamais d’amuser les esprits espiègles et curieux d’insolite. Elle ne découragera pas non plus le poète qui prend plaisir à la malmener : Georges Perec, Raymond Queneau et tant d’autres qui viendront, dans les générations à venir, détourner les méthodes que l’école leur aura inculquées...


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29 réactions à cet article    


  • Marie Pierre (---.---.167.154) 28 novembre 2006 11:07

    Bonjour,

    Et pour rire sur la grammaire, puis-je vous conseiller « La grammaire française et impertinente » de Jean Louis Fournier, ami de Desproges, pour qui il a écrit de nombreux textes.

    Et Erik Orsenna, « Les chevaliers du subjonctif »...


    • La Taverne des Poètes 28 novembre 2006 12:53

      Merci Marie-Pierre pour le tuyau. Quimper à la une aujourd’hui ! (Hélas pour le Bugale Breizh, on s’en serait bien passé...) Je ne pensais pas que ce petit édito allait remporter tant de succès. Preuve que les lecteus d’Agoravox ont parfois besoin de souffler par la lecture d’articles plus légers, plus « fun » ! smiley

      à tous : N’hésitez-pas à châtouiller la grammaire sur ce fil. Pour une fois que l’occasion est donnée... smiley


    • Marsupilami Marsupilami 28 novembre 2006 13:06

      Bon article rigolo, Taverne. L’ortaugraf et la gramert soufre bocou sur Agoravox. Sainte Pimprenelle n’a encore fait aucune proposition coercitive sur ce sujet. Cé regraitables.

      En passant une petite anecdote marrante : à l’école j’étais nul en grammaire (ça me barbait au plus haut point et je ne cherchais même pas à comprendre les règles) mais je ne faisais jamais de fautes, comme si j’avais une sorte d’instinct de la grammaire. Quelqu’un aurait-il une explication à cette étrangeté ?


      • DEALBATA (---.---.166.140) 28 novembre 2006 13:12

        T’inquiète pas Marsu. Les voies du Saigneurs sont impers mais hables.


      • Plus robert que Redford (---.---.33.222) 28 novembre 2006 13:44

        Je ne sais pas si vous possédez la grammaire innée, mais en ce qui me concerne, la simple consultation du « Bled » me plonge dans des abîmes de perplexité ! Le seul vocabulaire technique de cette discipline m’est un jargon impénétrable !

        Pourtant, j’ai l’outrecuidance de prétendre pouvoir me débrouiller assez bien dans notre idiome.

        Paradoxalement, si j’ai réussi à un concours d’entrée dans une grande école scientifique, c’est bien grâce à la maitrise du français car mes résultats en maths/physique étaient plutôt consternants.

        Pour en revenir au sujet, c’est la lecture, et la lecture seule, qui m’a permis d’acquérir le niveau, car entre 10 et 17 ans, j’étais ce que l’on peut appeler un lecteur addictif ; tout ce qui me tombait sous la main était bon à prendre, d’où une certaine mécanique de l’orthographe aussi bien que de la grammaire...

        PS : en plus, je triche, car lorsque j’écris sur l’Agora, j’ai toujours l’icône du « Robert » à portée de click.


      • gem gem 28 novembre 2006 13:45

        Et la virgule, alors ? l’ évoix Dusaix, nieur, saute un père, mais à Beuleux.

        La grammaire :
        - ou bien elle énonce des évidences
        - ou bien elle liste des exceptions à ce qui apparait pourtant comme un évidence

        Or, en pratique, on fait de la grammaire trop tard, quand les élèves ont déjà appris « sur le tas » aussi bien les évidences que les exceptions... avec au passages quelques erreurs (comme la systématisation des pluriel al -> aux, ce qui donne les horribles « finaux » et « banaux » — oui, je sais, banaux ça existe, mais seulement pour les équipements collectifs des communes d’avant 1789...).

        Et ça n’est qu’à bac+5 qu’en enseigne la VRAIE grammaire, celle qui sert à analyser, comparer, classer, et traduire les langues mortes et vivantes, et aussi à créer des langues (notamment des langages informatiques). Et là, on apprend avec stupeur le pourquoi de certaines « règles » ce qui les rend d’autant plus savoureuses, puiqu’elles apparaissent alors pour ce qu’elles sont : la sédimentations et la généralisation de vieilles fautes, qui n’ont d’autre fondement que la mauvaise habitude ! :-P

        Apparemment on a confié la réforme à un malfaiteur usuel, de ceux à qui on doit déjà la « méthode globale » (oui, je sais, elle n’est pas vraiment globale) : on n’enseigne pas, on expérimente et on trie... lamentable smiley

        D’un autre coté, je me dis bien égoistement qu’avec du bol cette réforme stupide ne s’appliquera pas à mes enfants, et on en sera revenu quand le tour viendra de mes (éventuels) petits enfants. smiley


      • Marsupilami Marsupilami 28 novembre 2006 13:53

        @ Plus Robert que Redford

        Même si c’est probablement en partie vrai, je ne pense pas que la lecture boulimique (affection dont j’ai été atteint dès que j’ai su lire) explique totalement cet « instinct grammairien ». Il y a plein de lecteurs boulimiques qui font de grosses fautes de grammaire (et je ne parle pas de l’orthographe).

        @ Gem

        Tu a fé dé fôt d’haurtôgraf !


      • Artefact (---.---.158.173) 28 novembre 2006 15:09

        @ marsu :

        Il faut ajouter à la boulimie de lecture une bonne mémoire visuelle (le genre de mémoire : on ferme les yeux, et la page lue apparaît), et au moment où l’on écrit, on « sent » si ça colle. Si ce qu’on a écrit dérange, il suffit de tester les autres orthographes possibles, et la bonne solution apparaît comme un insight. Comme toi, je n’étais pas très bon en orth, j’ai un peu l’impression d’avoir fait partie d’une génération sacrifiée...

        Par contre et pour en revenir à la lecture qui sauve, autant j’étais une bille finie en dictée, autant mon orthographe en rédaction était bien meilleure. A la prof qui ne comprennait pas comment cela pouvait être possible (genre : dis moi, tu ne te ficherais pas un peu de moi ?), j’ai expliqué qu’en dictée, elle m’imposait ses mots, ses tournures de phrase, mais qu’en rédaction, quand j’avais une incertitude sur un mot, une conjugaison, j’avais toujours le choix demodifier mon texte afin de contourner la difficulté. Et la richesse de vocabulaire, de choix de tournures, c’est certain, c’est à la lecture addictive que je la devais.


      • Marsupilami Marsupilami 28 novembre 2006 16:06

        @ Artefact

        J’ai toujours été excellent en orthographe et en grammaire (j’avais systématiquement les meilleures notes dans ces deux domaines) sans me soucier d’aucune règle et sans faire aucun effort pour les apprendre (j’avais toujours systématiquement des notes excécrables en grammaire théorique) ; il est vrai aussi que j’ai une excellente mémoire visuelle (conjuguée à une mémoire des noms très déficiente). Sans doute cette mémoire visuelle joue-t-elle un rôle, mais je me demande si l’explication est suffisante...


      • faxtronic (---.---.127.45) 28 novembre 2006 17:37

        J’ai pas une bonne memoire visuelle, je suis myope ! smiley


      • Paf le klebs (---.---.76.211) 28 novembre 2006 17:53

        Des propos à l’emporte pièce de la part de GEM.... J’aime !

        Que sait-de Bentolila... Visiblement pas grand chose vu que celui-ci n’a jamais défendu la « méthode globale » dont GEM ne connaît certainement pas grand chose...

        Quant à son couplet sur le supérieur c’est à mourir de rire ! De l’élitisme de bas de gamme ! Moi, j’ai quand même connu quelques « linguistes » qui s’étripaient intellectuellement sur la structure du syntagme adjectival, ou encore qui se bouffaient le nez pour savoir si la morpho-syntaxe verbale était indépendante de la structure syntaxique générale et dons asémantique... Ca c’est de la vraie grammaire ! Quant au courant issu du structuralisme des années 50 qui analyse la langue en tant que terme social de la communication...pfffff !

        Au fait à propos de lecture, lisez donc Saussure qui explique de manière simple comment que c’est-y qu’on cause...


      • (---.---.60.217) 28 novembre 2006 18:05

        « à l’école j’étais nul en grammaire (ça me barbait au plus haut point et je ne cherchais même pas à comprendre les règles) mais je ne faisais jamais de fautes, comme si j’avais une sorte d’instinct de la grammaire. Quelqu’un aurait-il une explication à cette étrangeté ? »

        Tout comme moi ! Une moyenne de 20/20 en orthographe et péniblement 7 ou 8 en grammaire (et encore, en copiant sur la voisine). Encore maintenant, après des années à corriger professionnellement les textes des autres, les réécrire etc. - je suis bien embêtée quand on me demande « pourquoi... ? ». Je suis certaine de la conclusion mais il faut rechercher la règle pour me justifier, quelle horreur...

        Mais autant je suis horrifiée par le niveau moyen de l’orthographe, autant ça m’arrange... si tout le monde écrivait parfaitement je devrais trouver un autre métier smiley

        La seule explication que j’aie, c’est que quand c’est naturel on n’est pas motivé pour potasser des évidences. C’est comme s’il fallait apprendre par cœur des listes de règles disant que la pluie est mouillée et que la glace est froide.


      • Marsupilami Marsupilami 29 novembre 2006 00:48

        @ P:xxx.x03.60.217

        Je suis nègre (euh, pardon, ghostwriter) à l’occasion, et mes activités éditoriales m’ont souvent obligé à jouer un rôle de correcteur. Je te comprends donc bien.

        @ Faxtronic

        Je te comprends toujours très, amigo, et je t’aime bien, bien que tu soies un fieffé rationaliste (ce que je ne suis pas), mais tu vires de plus en plus aigri-vieux con en dépit de ton jeune âge. Keep cool man, your young worries are just cosas de la vida.


      • bernie73 (---.---.134.87) 29 novembre 2006 10:10

        Le procès fait à la méthode global se rapproche plus à un « c’était mieux avant » et certainement pas à un souci d’efficacité de l’apprentissage. Chacune des méthodes a ses avantages et inconvénients et pour avoir 2 filles qui sont en plein dedans (CP et CM1) la méthode mixte me parait un très bon compromis. Ce qui m’inquiète plus, c’est la quantité de travail nécessaire à la maison pour arriver au niveau attendu, quasiment 1h par jour. Pour moi ce n’est pas un soucis, mais un enfant, dans un contexte familiale dificile et sans facilité particulière décrochera forcément.

        Pour la grammaire, j’aime la logique (je suis informaticien), j’ai gouté aux anciennes méthodes (j’ai 43 ans) et l’apprentissage bête d’une suite de règles et d’exceptions m’a tout simplement révolté. J’ai hélas aujourd’hui un français passablement approximatif, et je le regrette. Donc avant de faire des procès en sorcellerie sur des nouvelles méthodes, il serait intelligent de regarder et voir ce que ça apporte avant d’envoyer une nouveauté au buché.


      • Cochonouh Cochonouh 28 novembre 2006 13:28

        Le nouveau programme :

        1ere leçon : l’article


        • aja (---.---.144.226) 28 novembre 2006 13:42

          A conseiller également le « Précis de conjugaisons ordinaires » de Florence Inoué, David Poullard, Guillaume Rannou (Editions Xavier Barrral)

          « Précis de conjugaisons ordinaires » est le fruit d’un jeu à la règle aussi simple qu’étonnante : extrayez une locution de votre langage quotidien (ex : “ça commence à bien faire !"), passez le verbe à l’infinitif (Commencer à bien faire), puis conjuguez ce dernier à toutes les personnes, modes, temps de la langue française (Je commence à bien faire, Tu commenceras à bien faire, Que nous commençassions à bien faire, Commencez à bien faire ! etc.). Amusant ? Pas seulement.

          Les auteurs de ce “précis de conjugaison”, adoptant une posture d’apprentis-linguistes, interpellent les habitudes, fouillent les ressorts de l’oralité, y ouvrent des significations insoupçonnées, remettent en jeu ce qui apparemment va de soi, bref, questionnent l’évident.

          À travers la manipulation de plus de deux cents locutions, la langue française se voit ainsi dépliée (cf. latin explicare) puis repliée (cf.latin cumplicare), au cœur même du nerf de toute parole : le verbe.


          • krokodilo (---.---.158.151) 28 novembre 2006 16:11

            A la lecture de l’article, on ne comprend pas bien s’il s’agit de redécouvrir le fil à couper le beurre, comme ce fut le cas pour l’apprentissage de la lecture - avec le retour à la méthode syllabique -, ou pour le coup des savoirs fondamentaux, lecture et calcul ! Donc, attendons effectivement le détail de ces propositions.

            Il me semble que la « grammaire de phrase », les élèves du primaire en font déjà, et même trop : entendons-nous bien, je ne plaide pas pour un nivellement par le bas, mais pour un effort maximum au primaire sur les notions de base, et un report en 6e ou 5e de l’analyse plus fine. Un exemple est plus parlant : est-on sûr que tous les élèves finissent le primaire en ayant totalement compris la distinction fondamentale entre complément d’objet direct (COD) et indirect (COI) ? Ou encore est-il bien utile (au primaire) de détailler les compléments circonstanciels en compléments de temps, de lieu ou de manière ?

            Distinguer à coup sûr les segments de la phrase et prendre du plaisir à manipuler le français serait peut-être suffisant au primaire, et permettrait d’aborder ces subtilités sereinement, alors que nombre d’élèves du primaire sont dégoûtés par le côté analytique de la grammaire.

            En outre, la présentation elle-même de la grammaire fait l’objet de débats entre grammairiens... Exemple (tiré de Synbapse.fr) : « Le complément circonstanciel est la plupart du temps introduit par une préposition. Il faut prendre garde à ne pas le confondre avec le complément d’objet indirect. (Certains grammairiens appellent ces compléments « compléments adverbiaux » d’autres « compléments adverbiaux non essentiels ». voir compléments du verbe). Il existe de nombreuses nuances dans lesquelles il est impossible d’entrer ici et qui forment, au demeurant, un vaste sujet dont les spécialistes débattent encore. »


            • La Taverne des Poètes 28 novembre 2006 17:09

              « nombre d’élèves du primaire sont dégoûtés par le côté analytique de la grammaire. » C’était mon cas ! Je faisais zéro faute mais j’étais imperméable au charabia grammatical smiley Pas très poétique en vérité...

              Bien plus tard, je me suis rendu à l’idée qu’il fallait connaître les règles absolument nécessaires comme celles du COD et du COI pour accorder les participes passés. Et je suis devenu très fort sur ce point. Mais je reste toujours allergique aux explications savantes des grammairiens quand elles n’ont pas une implication directe et concrète.


            • La Babole (---.---.222.209) 28 novembre 2006 21:09

              Une petite illustration en retour à votre article : ici

              A bientôt

              La Babole smiley


              • La Taverne des Poètes 28 novembre 2006 23:50

                Babole présidente ! smiley

                Merci.


              • La Babole (---.---.35.10) 29 novembre 2006 20:21

                Au moins un signataire smiley


              • Céline Ertalif Céline Ertalif 29 novembre 2006 00:05

                Article sympa qui met de bonne humeur !


                • pollux (---.---.12.129) 29 novembre 2006 17:53

                  Je trouve cela normal que l’on revienne à ces méthodes, qui, soit dit en passant, n’ont pas 20 d’âge, puisque j’ai 24 ans et que j’ai eu ce type d’enseignement. Il était temps que l’on revienne à des méthodes cohérentes et en plus utiliser les inepties pondues par l’Education Nationale au cours de ces 20 dernières années. Si les fautes d’orthographe, de grammaire et de syntaxe étaient toujours prises en compte, il n’y aurait pas 80% de taux de réussite au bac ! La langue française ne se limite certes pas ni à la grammaire ni à l’orthographe, mais ce sont là ces fondements et on ne peut se gausser de jouer avec notre langue que lorsque ceux-ci sont réellement acquis.

                  Courage ! Vous allez suer, mais c’est pour le bien de nos oreilles francophiles !


                  • Pollux (---.---.12.129) 30 novembre 2006 13:37

                    Et je n’en suis pas morte !!!! smiley


                  • MinlooZe (---.---.254.207) 30 novembre 2006 01:50

                    La tonalité des billets ne m’étonne pas. Nous avons tous quelque chose à réparer dans notre apprentissage de la grammaire scolaire, et d’abord en matière d’orthogaphe. Souvenez-vous des dictées grand-messes du redoutable instituteur Pivot, faisant composer sous sa houlette les grands commençants que sont nos hommes politique, de droite comme de gauche. Inutile de regretter, même dans un espace citoyen, que la souffrance n’ait déclenché aucune révolte allant jusqu’à réclamer une iconoclaste réforme de l’orthogaphe. Car, aprés tout, il ne s’agit que d’un code substitutif, à l’histoire bizarre, de la vraie langue,celle que nous parlons depuis notre petite enfance. L’histoire (encore) de la grammaire scolaire nous révèlerait qu’au XIX siècle, l’école a inventé un corps plus au moins disparate de justifications « théoriques » à l’orthographe, qu’on baptisa (le terme est ici choisi)Grammaire. Bentolila et Orsenna ne l’ignorent, pas sans doute. Mais ils veulent croire que cet édifice de règles contradictoires et bancales va construire, non seulement la maîtrise du français, mais les capacités logiques des enfants. Leur récitation des versets grammaticaux ne fera que ce à quoi nous avons échappé à grand peine : au mieux des têtes bien pleine, au pire, des stigmatisés sociaux.


                    • Lrnt (---.---.29.75) 30 novembre 2006 11:42

                      Il y a quelques temps nos doctes ministres dont on connait la clairvoyance avaient proposé de revenir aux « fondamentaux » en manière de savoir, jugeant que les connaissances dites « élémentaires » ne convenaient plus. Ainsi les fondamentaux contenaient savoir Lire Ecrire et Compter pour un enfant entrant en classe de sixième. Maigre ambition. Force est de constater que nos chères têtes blondes sont encore loin de cette performance pour une proportion encore trop large. J’ai été surpris que dans les fondamentaux proposés par nos ministres, était absent ’indispensable « Comprendre » !! Donner et percevoir un sens a un texte littéraire un énoncé ou un calcul et se faire comprendre selon un code simple et naturel qui utilise la langue comme media. Rien de plus élémentaire.

                      On y aura mis le temps mais enfin la question du bon enseignement de ce code a été enfin posée et voici la réponse, en 33 pages écrites en gros caracteres.

                      telechargeable ici : http://media.education.gouv.fr/file/68/3/3683.pdf

                      Modeste serais-je encore tenté de dire. Mais il faut bien relancer la mécanique et chaque progrès compte. Le problème c’est qu’on vient de tellement loin que même qui on réalise 100% de ce qui est proposé l’amélioration restera peu visible. Quand on voit qu’on juge du savoir des étudiants à coup de QCM, on comprendra que le réflexe de rédiger quelque chose de propre et complet se soit malheureusement perdu. Et je ne parle pas des Textos.

                      Enfin j’attends l’ultime étape : quand un de nos brillants ministres se décidera d’aborder le dernier sujet : Enseigner l’art de juger. Car après avoir appris à lire écrire et compter, fait l’effort de comprendre et de se faire comprendre, il reste à se faire une opinion personnelle en jugeant le sujet et en tirer des conclusions. C’est bien là la finalité d’un enseignement, en tirer un bénéfice personnel, l’amender d’une possible plus value et le partager.

                      Bonne lecture

                      Laurent A


                      • Lrnt (---.---.249.68) 30 novembre 2006 20:02

                        c’est sans doute cela le progres. Mais on se demande s’il va encore dans le meme sens.....

                        L.A.


                      • La Taverne des Poètes 2 décembre 2006 12:26

                        Je m’attendais à des tentatives audacieuses à la suite de cet article mi sérieux mi amusé. J’imaginais un peu à un espace de tags de jolis mots et d’entorses originales à la grammaire.

                        Alors, j’appelle Rimbaud à la rescousse :

                        « J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies ». (le Bateau ivre)

                        Cet exemple est donné dans le petit ouvrage de Chiflet. Rimbaud ne pouvait se contenter que la nuit soit noire ou blanche. Et pourquoi pas, se dit-il, accoler « neiges » et « éblouies » ! Non pas les yeux éblouis par la lumière reflétant sur la neige : non ! les neiges éblouies...


                        • Lrnt (---.---.41.46) 3 décembre 2006 13:00

                          Mais Rimbaud n’est pas une entorse à la grammaire, c’est de la poésie, c’est jouer avec les mots comme les peintres sur leur toiles jouent avec les formes et les couleurs.

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