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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Une cour royale en Inde : Lucknow (XVIIIe-XIXe) au Musée Guimet

Une cour royale en Inde : Lucknow (XVIIIe-XIXe) au Musée Guimet

  L’exposition citée en titre révèle la splendeur de la cour des rois de Lucknow, capitale de la province de l’Awadh.

 L’empereur moghol Akbar établit cette province en 1580. Ce sont les nawabs (entre rois et gouverneurs) qui vont régner sur l’Awadh. Ce titre est héréditaire. La province est très riche, grâce notamment à la production de céréales. Des artistes et intellectuels vont se réfugier à Lucknow en 1739 pour échapper au sac de Delhi par le roi iranien Nadir Shah.

 Le nawab Shuja AL-Daula signe avec les anglais un traité défavorable pour l’Awadh. Les anglais veulent l’annexion du territoire (ce sera fait en 1856).

 Néanmoins, Shuja permet l’éclosion artistique de Lucknow : l’art deviendra un mélange de styles : indien, persan et européen. En effet, des artistes occidentaux vont venir à la cour : ainsi l’anglais Tilly Kettle sera le portraitiste officiel de la famille du nawab. Le français Gentil fonde un atelier à Lucknow et sera un grand collectionneur de miniatures et manuscrits indiens. D’autres étrangers vont également faire du mécénat local : Polier, Martin (français) et Johnson (anglais). Ces « moghols blancs » vont soutenir la création artistique de l’Awadh et se mettre à vivre à l’indienne.

 Mais, peu à peu, le pouvoir des nawabs va en s’amenuisant, même si les arts sont florissants. Le roi Nasir, dépravé, fera dire aux anglais que l’Awadh doit être mis sous leur tutelle. Le roi Wajid, qui n’a aucun pouvoir face aux anglais, écrit des poèmes, compose des ballets (il va créer la danse Kathak). Ces arts sont aussi cultivés par les tawaifs (courtisanes), qui s’occupent de l’éducation aux manières de la cour ; elles seront réduites au rang de prostituées par les anglais.

 L’Awadh connaît une période de tolérance religieuse sous les nawabs : ils sont chiites et règnent sur une population moitié sunnite, moitié hindoue.

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Bada Imambara

 Mais la beauté des constructions architecturales, des différents arts ne pourra rien contre l’influence politique des anglais. L’annexion de l’Awadh par la Compagnie anglaise des Indes orientales, puis la révolte des cipayes sonneront le glas de l’éclat de la Cour des nawabs.

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Chota Imambara

Photos : http://www.ghumakkar.com/2009/10/25/trip-to-city-of-nawabs-and-kebabs/

Musée Guimet : Une cour royale en Inde : Lucknow (XVIII ème – XIX ème siècle)
Du 6 avril au 11 juillet


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2 réactions à cet article    


  • melimelo 24 juin 2011 18:49


    Cette expo doit être superbe.
    Paradoxal quand même que les colonisations (ou plutôt impéralisme pour le Royaume Uni) aient aussi inspiré les artistes. Quand le mélange de cultures transcandé par l’art apporte du beau.
     


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 27 juin 2011 05:16

      Merci pour cette petite ouverture sur un monde malheureusement disparu et qui, semble-t-il, offrait biendes merveilles.

      La phrase suivante m’interpelle :

      « elles (les courtisanes) seront réduites au rang de prostituées par les anglais. »

      Les anglais les voyaient comme de simples prostituées (qu’elles étaient selon nos standards actuels ? qu’elles n’étaient pas ?) ou les anglais s’en servaient comme de simples prostituées (ce que je n’imagine pas) ?

      Merci de m’éclairer

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Isis-Bastet

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