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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Une promesse », le dernier film de Patrice Leconte

« Une promesse », le dernier film de Patrice Leconte

Le réalisateur de la série des bronzés nous revient avec "Une promesse", un film tiré de la nouvelle, "Le Voyage dans le passé" de Stefan Zweig.

L’histoire :

Nous sommes dans l’Allemagne qui précède la Première Guerre Mondiale. Friederich Zeitz, jeune diplômé d’origine modeste, devient le secrétaire particulier de Karl Hoffmeister, patron d’une usine de sidérurgie. L’état de santé du patron se dégrade et lui impose de rester à domicile. Il y accueille le jeune homme pour travailler.

Le patron a pour épouse une femme bien plus jeune que lui, la belle et réservée Lotte. Friederich s’éprend d’elle, sans oser révéler ses sentiments. Dans le huis-clos de la demeure, couve cette passion amoureuse, sans geste ni parole, tout en regards et en silences.

Comprenant que les deux jeunes gens sont de plus en plus proches, le patron décide d’envoyer son protégé au Mexique, afin d’y superviser l’exploitation de mines de fer. L’annonce de ce départ provoque chez l’épouse une réaction désespérée. Le jeune homme réalise que les sentiments qu’il éprouve pour Lotte sont partagés. Mais la présence du mari malade interdit à leur amour de s’accomplir. L’épouse fait une promesse : au retour du jeune homme, dans deux ans, elle sera à lui.

 Capable du meilleur avec des films comme "Ridicule" et "Le mari de la coiffeuse", et du nettement moins bon avec "Les bronzés 3" ou " Rue des prairies", Patrice Leconte se veut avec ce nouveau film au plus près du sentiment amoureux, ou pour lui les silences sont aussi importants que les mots : "Le cinéma est autant l’art de l’image que du son. Arriver à dire des choses non dites, non prononcées, s’exprimer par un regard, un geste, un silence, un temps suspendu sans jamais ennuyer personne si possible, cela m’enchante".

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J’ai un sentiment partagé après avoir vu ce film, et pourtant il avait tout pour me plaire.

Dans cette histoire on est loin de l’exhibitionniste, du voyeurise, de la vulgarité, de tout ce qui est devenu insupportable à notre époque.

Tout ici n’est que nuance, élégance, romantisme, avec des personnages qui semblent sortis tout droit des tableaux de Renoir ou de Monet.

Ce sont les non-dits, les regards échangés,la pudeur des personnages, les mains qui se frôlent, toutes ces petites choses qui nourrissent l’espoir entre ces deux êtres.

Les images sont magnifiques. Le film est délicat, élégant et ne manque pas de charme, tout comme la radieuse Rebecca Hall qui interprète l’épouse de Mr Hoffmeister (Alan Rickman), lui aussi très juste en mari vieillissant et souffrant.

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On se dit que c’est dommage, car avec avec toutes ses qualités, "Une promesse" avait tout pour être un excellent film.

Alors quoi lui reprocher ?

Il y a tout d’abord le jeu de Richard Madden qui est loin d’être du niveau de celui de ses partenaires.

La mise en scène un peu trop classique et un ensemble un peu trop fade laissent un gout d’inachevé.

On peut reprocher également à ce film l’absence de supplément d’âme, un manque d’originalité.

Toutes ces petites imperfections qui font que "Une Promesse" ne deviendra jamais une référence du film romantique.

Dommage !

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2 réactions à cet article    


  • cathy30 cathy30 24 avril 2014 11:18

    Zweig, génial écrivain, qui devait faire voler en éclat nos valeurs « bourgeoises » est tombé de très haut. Il écrit, dans « le monde d’hier », lui européaniste convaincu, cette phrase étonnante, et comment ne s’aperçoit-il pas que justement, ces conflits sont la construction européenne.

    « Né en 1881 dans un grand et puissant empire [...], il m’a fallu le quitter comme un criminel. Mon œuvre littéraire, dans sa langue originale, a été réduite en cendres. Étranger partout, l’Europe est perdue pour moi... J’ai été le témoin de la plus effroyable défaite de la raison [...]. Cette pestilence des pestilences, le nationalisme, a empoisonné la fleur de notre culture européenne »

    — Le monde d’hier, Stefan Zweig

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