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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Usual Suspects, la meilleure fin de l’Histoire du cinéma (...)

Usual Suspects, la meilleure fin de l’Histoire du cinéma ?

Pendant près de deux heures, le spectateur est baladé par le scénario virtuose de Christopher McQuarrie et la réalisation non moins brillante de Bryan Singer : qui est donc ce fameux Keyser Söze ? La narration non linéaire ajoute à l'incroyable puissance de l'épilogue, quand les certitudes de la police volent en éclats avec pour rappel, cette magnifique citation de Baudelaire : La plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas !

L'embobinement de Dave Kujan par Roger Verbal Kint a lieu en quatre étapes ... Primo, l'arrivée de Keyser Söze dans la conversation, le nom du mystérieux diable étant révélé par un bandit hongrois brûlé à 60 % mais rescapé du guet-apens de San Pedro ... La légende de l'OVNI Keyser Söze ajoute à l'aspect mystique du récit de Kint. Personne ne l'a jamais vu, personne ne sait qu'il travaille pour lui, mais sa cruauté redoutable est connue de tous ... Sa capacité à éviter les pièges et appliquer la loi du talion semble tutoyer la perfection. Les superlatifs pleuvent sur ce criminel d'exception qui ne connait pas la peur pas plus que la pitié. Tel un bédouin perdu dans le désert, Kujan boit alors les paroles de Kint comme l'eau d'une oasis miraculeuse. Bientôt, il suivra le fil d'Ariane pour retrouver cette cocaïne et ces 91 millions de dollars. Mais le labyrinthe de Dédale est encore truffé de pièges ... 

Secundo, le péché d'orgueil de Kujan, qui se croit bien plus malin que Kint, va se retourner contre lui tel un effet boomerang ... L'infirmité de Verbal Kint pousse son adversaire à un complexe de supériorité. Le kriegspiel utilisé par Verbal va être fatal à Kujan. Le boîteux de New York va bluffer, comme dans une partie de poker : et s'offrir sur un plateau d'argent la tête de Kujan, qui avait devant lui un carré d'as, avec une paire de trois ...

Tertio, ce dernier enfonce le clou par son obsession sur la personne de Dean Keaton, un des complices de Kint ... Keaton par ci, Keaton par là ... Dave Kujan mange Keaton, pisse Keaton, dort Keaton, qu'il tient pour la figure de proue du quintet d'escrocs. Sauf que l'instinct de Kujan est mauvais. Il a choisi le mauvais cheval, la mauvaise cible, face à l'homme victime d'apartheid du fait de son infirmité, ce marginal réduit au silence derrière son regard triste et son profil bas.

Quarto, les certitudes de Kujan volent en éclats une fois Kint parti du bureau ... Les mots clés utilisés par l'infirme se retrouvent sur le mur (Skokie, Guatemala, Redfoot ...) ainsi que sur la tasse de café de l'agent (Kobayashi  !). Le gigantesque baratin inventé par Verbal a fonctionné, créant une illusion diabolique dans laquelle Kujan s'est engouffré la fleur au fusil, tombant dans un piège machiavélique de ruse et d'éloquence. Tel un sophiste de la Grèce Antique, Kint a baladé Kujan dans un monde utopique et chimérique sans que ce dernier puisse se défaire de cet odieux mensonge. Le cadre n'est pas une agora somptueuse au pied de l'Acropole d'Athènes mais un minable bureau de police aux volets.coulissants. Par la seule puissance du verbe, Kint va raconter n'importe quoi, et entraîner Kujan dans ce toboggan de la mythomanie, ce puits sans fin, ce gouffre sans fond .

David a battu Goliath par le bluff, par la ruse ... Tel Ulysse se muant en Personne face au cyclope Polyphème, Kint piège son interlocuteur avec une maestria remarquable, une véritable quadrature du cercle ... Mais dans cette Odyssée 2.0 où la baraka de Kujan va se muer en scoumoune, Kint nous fait du Pénélope, défaisant ce qu'il a fait en un clin d'oeil. Et à la différence d'Ulysse, il ne crève pas l'oeil du cyclope, car il a besoin que Kujan réalise par ses propres yeux l'ampleur du désastre. Quand ce dernier ouvre les yeux face au puzzle reconstitué, à une mosaïque aussi sompteuse que celles de Ravenne, l'iceberg a déjà fracassé le Titanic. Echec et mat, le point de non-retour est atteint. Mais le mal est fait, le poison a agi de façon irréversible sans antidote, et Verbal Kint nous a offert avec ce coup de théâtre une madeleine de Proust dans les épilogues fracassants du cinéma policier.

Le lapin est sorti du chapeau mangé par Dave Kujan après un duo de couleuvres en entrée ... Quand le portrait robot de Keyser Söze arrive, il est trop tard ... L'oiseau s'est envolé de la cage. Un bandit tel que Keyser Sôze, on l'attrape de suite ou jamais ...

La principale technique utilisée par McQuarrie et Singer dans Usual Suspects est celle du retournement final, celle qui consiste à revoir le film de toute autre manière au deuxième visionnage.

D'autres cinéastes ont utilisé cette technique : Akira Kurosawa dans Rashômon (1951), Henri-Georges Clouzot dans les Diaboliques (1955), Alfred Hitchcock dans Sueurs Froides (1958) et dans Psychose (1960), René Clément dans Plein Soleil (1960), Terence Young dans Bons Baisers de Russie (1963), Stanley Kubrick dans 2001, Odyssée de l'Espace (1968) mais aussi dans Shining (1980), M. Night Shyamalan dans Sixième Sens (1999), Martin Campbell dans Casino Royale (2006) ou encore Christopher Nolan dans le Prestige (2006). Parfois, le retournement a lieu en plein film : avec Hitchcock encore dans Rebecca (1940), Martin Campbell dans Goldeneye (1995) ou David Fincher dans Fight Club (1999) et Gone Girl (2014).

Maestro du suspense et des montagnes russes d'adrénaline, Alfred Hitchcock avait aussi pour habitude d'utiliser des décors parfois grandioses, associant souvent la fin d'un film à un lieu marquant : le London Palladium dans les Trente-Neuf Marches (1939), le manoir de Manderley pour Rebecca (1940), le manège du parc d'attractions dans l'Inconnu du Nord-Express (1951), le Royal Albert Hall dans l'Homme qui en savait trop (1956), le clocher de la mission San Juan Bautista dans Sueurs Froides (1958) et bien sûr le Mont Rushmore dans la Mort aux Trousses (1959). David Lean ne fit pas autre chose avec la jungle sauvage, la rivière et le pont dans le Pont de la Rivière Kwaï (1957), tout comme Stanley Kubrick avec la Via Appia dans Spartacus (1960), Steven Spielberg à Pétra dans Indiana Jones et la dernière croisade (1989) ou Ridley Scott avec un canyon du Grand Ouest américain dans Thelma et Louise (1991).

Mais un décor somptueux n'est pas l'alpha et l'oméga pour une fin magistrale : Michael Curtiz dans Casablanca (1943), James Cameron dans Titanic (1997) ou James Gray dans Two Lovers (2008) le prouvent en jouant sur la corde sensible du spectateur tiraillé par les émotions de ces films d'amour : les personnages torturés de Rick Blaine (Humphrey Bogart) et Leonard (Joaquin Phoenix) ne laissent pas indifférents, pas plus que le sort de Jack Dawson en plein océan Atlantique Nord par une nuit d'avril 1912.

Idem pour les films mettant un scène un bras de fer : Steven Spielberg dans Duel (1971), John Schlesinger dans Marathon Man (1976), Costa Gavras dans Music Box (1989), David Fincher dans Seven (1995), Michael Mann dans Heat (1995) et enfin Woody Allen dans le Rêve de Cassandre (2007), avec respectivement une route désertique, le réservoir d'eau de Central Park, un appartement miteux de Budapest, un no man's land, un aéroport et un simple voilier.

Usual Suspects se termine lui dans la banalité d'un simple bureau, pas de quoi impressionner ... Mais attention, les apparences peuvent être trompeuses.

Dans ce retournement final d'Usual Suspects, tout tombe comme un château de cartes après la narration non linéaire ayant balladé le spectateur : le flash-back avec Kobayashi, le mythe Keyzer Söze, et bien entendu les certitudes de l'agent des douanes Kujan.

Comme le spectateur, celui-ci réalise trop tard qu'il a été roulé dans la farine par Verbal Kint. Alors qu'un fax crépite et vient confirmer ses craintes, Kujan en lâche sa tasse de café sur son bureau, pour un séisme à l'envers. Pas de happy end hollywoodien cul-cul la praline où le méchant se fait coincer par les représentants de la vertu ... Passé entre les mailles du filet, Kint s'envole, tel un oiseau voyant sa cage d'ouvrir et le ciel tout entier à lui.

Impossible de ne pas vouloir revoir ce film après un tel coup de Jarnac : l'arrogance de Kujan, la fausse timidité de Verbal Kint, l'éloquence de Dean Keaton, le rayonnement lunaire de McManus, le charisme mystique de Kobayashi, la description de Keyser Söze ...


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13 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 9 janvier 13:30

    Bonjour, Axel

    La « meilleure », je ne sais pas, mais assurément l’une des plus jouissives avec celle de L’arnaque.


    • Axel_Borg Axel_Borg 9 janvier 13:49

      @Fergus,

      Oui l’Arnaque fin géniale aussi en effet même si cela reste du happy end hollywoodien. Perso je mets vraiment Usual Suspects en 1er car jamais une fin ne m’autant retourné en premier visionnage, entre l’effet de surprise et le besoin viscéral de revoir le film tant tu t’es fait ballader par le scénariste comme Kujan par Verbal ...

      Sinon bien entendu dans mes fins préférées, Seven, le Pont de la Rivière Kwaï, le Prestige, Casino Royale (2006 pas 1967), Casablanca, Two Lovers, Shining, les Diaboliques (version Clouzot 1955 pas le remake de 1996 avec Adjani et Sharon Stone), Heat, Bons Baisers de Russie et plusieurs Hitchcock évidemment (Inconnu du Nord-Express, Fenêtre sur Cour, Sueurs Froides, la Mort aux Trousses et Psychose)


    • Fergus Fergus 9 janvier 19:13

      @ Axel_Borg

      « Hollywoodien », L’arnaque ? Sans doute. Mais outre le piège magistralement tendu et mis en scène, ce film nous offre l’une des plus belles BO de l’histoire du cinéma, avec notamment plusieurs emprunts à l’immense Scott Joplin.


    • Axel_Borg Axel_Borg 10 janvier 10:00

      @Fergus,

      Je comparais la qualité des fins respectives de l’Arnaque et d’Usual Suspects. Mais loin de moi l’idée de dénigrer l’Arnaque qui est l’un des mes films préférés, et l’un de tous mes premiers DVD tellement je le kiffe ce film ...

      En effet la géniale mélodie de Scott Joplin est indissociable de ce film oscarisé (Oscar ô combien mérité), musique reprise à chaque chapitre du récit.

      Film qui permet la réunion, après Butch Cassidy et le Kid, du tandem Newman / Redford, sans oublier l’excellent acteur qu’était Robert Shaw dans le rôle de Doyle Lonnegan, avec la partie de poker dans le train qui constitue le morceau de bravoure de l’Arnaque.

      Ce film est aussi symbolique de la capacité de l’Amérique, par le prisme d’Hollywood, à faire des films sur des périodes sombres ou peu glorieuses de son passé, ce dont le cinéma français est totalement incapable sur l’Affaire Dreyfus, mai 68, Dien Ben Phu, la crise de Suez mais aussi et surtout la guerre d’Algérie :

      la prohibition avec l’Arnaque (1973), les Incorruptibles (1987) ou les Sentiers de la Perdition (2002)

      l’assassinat de Kennedy avec JFK (1991)

      la guerre du Viet Nam avec Voyage au bout de l’enfer (1978), Apocalypse Now (1979), Platoon (1986) ou encore Full Metal Jacket (1987) 

      la période des golden boys de Wall Street autour du krach de 1987 avec Wall Street (1987), le Bûcher des Vanités (1990) ou le Loup de Wall Street (2013)

      la deuxième Guerre du Golfe avec American Sniper (2015)

      la crise des subprimes avec The Big Short (2015), sans oublier des documentaires comme Cleveland contre Wall Street ou encore Inside Job (je ne cite pas l’insupportable Michael Moore)

      Sinon j’avais oublié de citer deux fins géniales, Plein Soleil et le Dictateur.
       
      Enfin pour revenir à Usual Suspects, cela lance Kevin Spacey dans une série de rôles très éloquents où il sert carrément parfois de narrateur au récit : John Doe dans Seven, et surtout Lester Burnham dans American Beauty ou encore le célèbre Frank Underwood dans la série House of Cards.


    • spearit 9 janvier 20:37

      Faudrait déjà que le film en lui-même soit intéressant pour avoir une fin digne de ce nom

      mais malheureusement ce film, qui semble tenir en haleine ceux qui possèdent un demi neurone, me laisse carrément indifférent tellement je le trouve proche du parfait navet, une histoire étiré en longueur (mais qui est K. Sosé ??) un peu comme les enfants que l’on garde sage en leur parlant d’un monstre, 3 ans d’âge guère plus...

      Le seul intérêt s’il faille en trouver un c’est d’avoir été un peu en avance sur son temps quant à la qualité de la production pitoyable des films actuels

      En un mot de la daube


      • spearit 9 janvier 20:38

        @spearit
        remarque, vu que Fergus trouve la fin jouissive, ça en dit long effectivement...


      • Axel_Borg Axel_Borg 10 janvier 10:05

        @spearit

        Tu as le droit, l’art étant subjectif par essence, de ne pas aimer Usual Suspects, mais dis nous au moins quels films trouvent grâce à tes yeux.

        Personne n’a dit ici, que ce soit Fergus ou moi, que ce film était un chef d’œuvre du genre, à la lisière entre polar et film noir ... Clouzot, Melville, Scorsese, Hitchcock, Coppola sont bien au-dessus de Singer dans le genre, à qui l’on doit aussi le remarquable Walkyrie avec Tom Cruise.

        Mais Usual Suspects reste un excellent film du dimanche soir comme l’on dit.

        Quant à Keyser Söze, que cela te plaise ou non, il est passé dans le langage courant comme référence culturelle au même titre que d’autres éléments de films très connus, toutes proportions gardées par rapport à des mythes comme Star Wars, Taxi Driver ou la saga James Bond.


      • Erwan Prigent Erwan Prigent 9 janvier 22:05

        On avait dit à ma compagne : « tu vas voir la fin est terrible, un coup de théâtre de ouf ! » Elle a trouvé le truc en 5 minutes et du coup on n’a pas regardé le film smiley Trop forte ma chérie ! smiley


        • sleeping-zombie 10 janvier 10:31

          C’est marrant, on a vu le même film, mais pas la même histoire.

          [spoiler alert] 

          Pour rappel, l’histoire commence et finit par l’attaque du bateau, organisée par Kint dans l’unique but de se débarrasser de l’unique témoin oculaire capable de l’identifier.

          Apparemment, tout se passe bien pour lui. Il embobine Kujan qui boit ses paroles, et il quitte le poste de police serein, ayant réussi à faire croire à Kujan que le mythique Kaiser Soze n’est autre autre que Dean Keaton.

          Sauf que... il y a eu un survivant à l’attaque, Kujan réalise qu’il s’est gourré alors qu’il n’était pas censé le faire. La mise en scène nous suggère une victoire totale de Verbal Kint, alors que son unique succès a été de quitter le poste de police avec 3 minutes d’avance.

          Concrètement, Kint n’a rien gagné.


          • Axel_Borg Axel_Borg 10 janvier 10:58

            @sleeping-zombie

            Oui mais l’idée est justement de construire ce mythe du bandit impossible à attraper, indépendamment du fait que ce sur le guet-apens du bateau il n’y avait ni argent ni drogue, juste la quête d’un double Graal : liberté et vengeance.


          • docdory docdory 10 janvier 13:21

            Certes, c’est une scène de fin géniale, mais bon, il y a quand même d’autres scènes de fin grandioses, voire mythiques dans l’histoire du cinéma :

            -La scène de fin de « 2001 Odyssée de l’espace »,

            -la scène de fin de « l’armée des 12 singes » ,

            -la scène de fin glaçante des « Oiseaux » de Hitchcock

            -la quasi-scène de fin de « la mort aux trousses » de Hitchcock

            -la scène de fin profondément pessimiste de « Terminator 3 » qui conclut à la perfection la trilogie « Terminator 1,2 et 3 »,

            -la scène de fin de « Alien, le huitième passager » ,

            -la scène de fin de « freaks » de Tod Browning.

            J’en trouverais probablement d’autres si je cherchais bien !


            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 10 janvier 13:34

              @docdory

              La mort aux trousses...le train qui entre dans le tunnel...explicite.


            • Axel_Borg Axel_Borg 10 janvier 13:42

              @docdory,

              Bien vu pour Alien le 8e passager en effet.

              Pour la Mort aux Trousses, oui final grandiose sur les pentes du Mont Rushmore. Mais l’immense Alfred Hitchcock n’a jamais fait aussi bien qu’avec l’Inconnu du Nord-Express, mention très bien aussi pour Sueurs Froides ainsi que pour Fenêtre sur Cour et pour les 39 Marches. Sinon chapeau bas à David Fincher et à son scénariste pour l’incroyable final de Seven entre Kevin Spacey et Brad Pitt.

              Pour 2001, Odyssée de l’Espace, oui j’en parle dans l’article, Kubrick nous fait un retournement final incroyable ...

              Au passage, quel génie que Stanley, le seul à avoir touché à quasiment tous les genres avec le génie d’un alchimiste, sauf le film d’aventures et le western malheureusement : péplum (Spartacus), thriller (Baiser du Tueur), drame (Ultime Razzia, Lolita, Eyes Wide Shut), comédie (Dr Folamour), science-fiction (2001 Odyssée de l’Espace), anticipation (Orange Mécanique), historique (Barry Lyndon), horreur (Shining), guerre (Full Metal Jacket, les Sentiers de la Gloire) ...

              Dommage qu’il n’ait pu parachever son Napoléon et son A.I. (finalement tourné en 2000 par Spielberg) ...

              Pour T3, je ne m’en souviens pas je ne l’ai vu qu’au cinéma et vu la déception je ne revois que T1 et T2.
              Pour l’Armée des 12 Singes, il faudrait que je le revois.

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