• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Valentino vogue au 107 via de Rivoli Paris

Valentino vogue au 107 via de Rivoli Paris

Valentino Clemente Ludovico Garavani ouvre les yeux en 1932 à Voghéra, en Italie. En hommage à un grand séducteur Rudolphe Valentino star du cinéma muet, sa mère scelle son prénom auréolé d’un doux présage auprès de la gent féminine.

Passionné dès sa plus tendre enfance par la mode, il improvise ses goûts inspirés du cinéma hollywoodien. A l’adolescence, il revêt des pulls et des chaussures fabriqués sur mesure. La légende est en marche.


Sur sa route, Valentino croise Jacky Kennedy et Giancarlo Giammetti, rencontres qui seront primordiales dans son parcours échelonné. La première fut sa muse, son amie, son ambassadrice qui lui ouvrit les portes universelles. Celle qu’il habilla pour ses noces avec l’armateur grec Onassis. Le deuxième fut le collaborateur d’un demi-siècle, son astucieux négociant, son associé, un peu comme Pierre Berger le fut pour Yves Saint Laurent... sans vouloir froisser les frileux des comparaisons.
 
Paris est le joyeux de la haute couture, alors que la mode italienne en est encore à ses élucubrations. Il faudra patienter le début des années 50 que le comte Giovanni Battista Giorgini fonde la Fashion Week Florantine. L’année 1962 sonne le glas, Valentino décide de défiler en Italie. Faute de contingence terre-à-terre, on lui attribue un ultime reliquat : défiler le dernier jour et à la dernière heure. Le défilé est un triomphe voguant, les acheteurs américains découvrent Valentino et le submergent de commandes en attendant la saison suivante où il siégera à la place d’honneur. La rétrospective organisée par les Arts décoratifs réunit le dressing vintage de rêves. L’allure indémodable alliée à l’élégance et à la sensualité.
Le rendez-vous de ma poésie lyrique, mon Whitman pour un virtuose fidèle à trois rimes batelées : "la collection blanche", la pléiade de noir, et le rouge coquelicot porte bonheur… Une ode à la femme, une ode à toutes les femmes.
Valentino célèbre la grâce d’une fleur aux nébuleux pétales sur une longiligne silhouette nimbée de mousseline rose. Une floraison de robes aux tumultueuses lignes, décors, techniques et, volumes récurrents traversent en un zéphyr les tendances du new look (1947) au budellini, à son ultime défilé le 23 Janvier 2008…
Le glamour soyeux d’organdi et de taffetas hiératiques jette son dévolu sur des fronces gonflées et pernicieuses d’anorexie.

Comme Rodin, en esthète confirmé il sculpte des silhouettes intemporelles et emblématiques de son style reconnaissable comme un tableau de Picasso. Valentino le maestro alanguit des crêpes georgettes et des dentelles de Valencienne langoureuses et languissantes... Des volants et des corolles aguichent le tulle aride de sainteté avec leur forme voluptueuse. Des plumes d’autruche épousent des broderies de perles scellant ainsi leur pacte par de larges lignes de strass.
La robe empire trône avec des tailleurs de cocktail Rome antique. Et puis un peu à l’écart, une armée d’Amazone en silicone toutes de rouge vêtues m’alpague. Digne d’une robe de Jessica Rabit il y en a une qui m’interpelle, me fixe. Une idée fixe lézarde alors mon esprit : me glisser dans ce long fourreau serpentin, fissa fissa et abandonner là, lâchement, mes Louboutins ultimes vestige de mon crime dont la semelle rubiconde jure avec le carmillon satiné du modèle 216 pour être précise automne-hiver 1965, je n’existais sur aucune galaxie… Cette robe me défie "de rentre dedans". Je résiste, mais pas pour longtemps et tant pis pour les voyeurs nippons paparazzi, on n’est pas au théâtre Edouard VII.
Une authentique Cendrillon des temps modernes, impulsive.
Et… courir, courir telle une sirène ondulante vers la rive, courir plus vite que le dealer de diamant au regard bleu azur, accro, qui me trouve jolie sur son voilier même affublée d’une combinaison de skippeuse, et des bottes en caoutchouc de Bozzo le clown clonées aux bottes du pêcheur de Souviens-toi l’été dernier ? On n’est pas d’accord là-dessus.
Une voleuse de Valentino qui met les voiles harnachées d’un corsage vertigineux en voile drapé de nœuds... "C’est pas possible" même pour un Israélo-Belge qui parle roumain ! Ancrée derrière-moi, la rue du 29 juillet qui est déjà passée de mode en cette fin de mois d’août, larguer la grande roue hantée par le fantôme du Louvre, et m’engouffrer dans la galerie nationale du Jeu de Paume pour un autre géant qui fait face à la Concorde Richard Avedon qui excellait dans la photographie de mode en mouvement…

Rétrospective "Valentino thèmes et variations" organisée par Les Arts décoratifs, Paris jusqu’au 21 septembre 2008.

Documents joints à cet article

Valentino vogue au 107 via de Rivoli Paris

Moyenne des avis sur cet article :  4.25/5   (16 votes)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires