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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Villepin fait sa tête de l’art

Villepin fait sa tête de l’art

Nous savions notre napoléonien Premier ministre, en stand by pour l’Ile d’Elbe, fervent partisan du « patriotisme économique. » Dorénavant, il entend cultiver le mécénat franchouillard.

Annoncée lors de la dernière FIAC, « La Force de l’art  » réunira, du 9 mai au 15 juin prochains, des créations contemporaines, exclusivement françaises. Vendredi dernier, le ministre de la Culture a précisé que cette manifestation serait triennale.

Une telle initiative n’est pas sans rappeler « l’expo Pompidou » de 1972 où l’on vit le Grand Palais assiégé par les CRS,

et les œuvres, non pas y entrer, mais sorties par les artistes eux-mêmes, protestant ainsi contre une tentative d’instaurer un « art officiel. »

Prévue dans le même lieu, cette exposition provoque, aujourd’hui, les mêmes remous. Nombre de créateurs, dont Gérard Fromanger, ont décidé de la boycotter.

« L’artiste voit davantage », disait Marcel Duchamp, et en tout cas bien au-delà de frontières. Cantonner l’expression artistique dans des limites hexagonales montre combien Dominique de Villepin

n’entend rien à l’art contemporain, dont la raison d’être est, justement, d’aller toujours questionner les territoires inconnus et de contester ses propres limites.

Cette volonté de s’afficher comme une avant-garde est d’autant plus paradoxale que, dans le même temps, le budget des DRAC et des musées nationaux se réduit comme une peau de chagrin, et qu’un François Pinault préfère renoncer à l’Ile Seguin, pour sa fondation, au profit de Venise, plus accueillante aux mécènes, et moins atteinte du prurit de la chicane administrative.

Mais que Villepin se rassure. Le CPE a été sa plus belle performance, à faire se pâmer d’émoi le mouvement dada sans son entier.


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7 réactions à cet article    


  • Loïc (---.---.162.238) 19 avril 2006 16:16

    Pourquoi ce qui est français est « franchouillard » ou « franco-français » ? Vous détestez tant que ça la France ? Plus je vous lis, plus je vous trouve superficiel, suffisant, prétentieux, et en fin de compte franchement médiocre. Vous devez être mal dans votre peau à détester tant de gens.


    • Jigmy Jigmy 19 avril 2006 18:38

      mmm... il dit pas qu’il déteste la France ! Il trouve juste, comme certains artistes, que c’est réducteur pour l’art d’exposer uniquement des artistes français... C’est un peu comme si en philo on étudiait que les Français !Ce serait insensé.

      C’est pas les Français qui sont mis en cause, mais la tentative de Villepin de jouer la carte du patriotisme artistique. Cela conduit à s’intérroger sur l’art contemporain, la transgression des frontières (propres et figurées), et sur le caractère universel de l’Art, c’est pas si médiocre... Enfin, ce n’est que mon avis ! smiley


      • Agnès (---.---.101.216) 20 avril 2006 09:50

        C’est souvent le cas, j’ai une expérience pour faire venir une expo regroupant des artistes d’une dizaine de nationalités (français, allemand, néerlandais, américains, japonais, etc...) dans un grand pays en voie de développement.

        Certains consulats ont tout de suite dit oui en voyant le livre, le CD de l’expo originale, d’autres se sont réservés : un seule réponse négative catégorique : le consulat français.

        Madame, conformément aux doutes dont je vous avait fait part lors de la présentation du projet, le consulat français ne peut ni co-financer une telle exposition, ni-même produire une « lettre de recommandation officielle » à montrer à des mécènes éventuels.

        En effet, nous soutenons exclusivement des projets franco-français !

        OK, ça peut être une excuse bidon, parce qu’on a déja décidé de tous les crédits (cela dit j’en demande pas nécessairement, juste un petit mot !) mais tout de même il y aurait d’autres excuses.

        Patriotisme très déplacé à mon avis, lorsqu’il s’agit d’art.

        Que le Goethe Institut, le British Council y soit et pas eux, ça leur fait rien de pas avoir leur nom à côté ?


      • Scipion (---.---.242.126) 20 avril 2006 12:40

        « Pourquoi ce qui est français est »franchouillard« ou »franco-français«  ? Vous détestez tant que ça la France ? »

        En ce qui me concerne, je préfère un million de fois le bagad de Lan Bihoué à Nique ta Mère, la bourrée auvergnate au raï, l’accordéon musette aux singeries saxophoniques de Manu Dibango, l’abstraction lyrique de George Mathieu aux négreries de Picasso, les romans de Céline à ceux de Senghor, les poèmes de Brasillach à ceux de Césaire, et j’emmerde les cosmopolites autant qu’il est possible de les emmerder.

        Alors, dans ce contexte, la vocation davantageuse de l’art, je la laisse à Duchamp (chauffe Marcel !) et à son digne émule, Piero Manzoni.


        • Mathieu2 Mathieu2 22 avril 2006 10:24

          Finalement, le nationalisme culturel d’un Scipion n’est-il pas le même que celui d’un Villepin ? Tout cela, c’est du bon chauvinisme agressif et étriqué français comme je le déteste tant.

          La France a toujours eu une vision prédatrice sur l’art comme sur l’économie, les cultures, les médias, les voisins et le reste.

          Et non Loïc, je me sens bien dans ma vie, je ne déteste personne en particulier. Car je vis en Bretagne, ou l’esprit franchouillard et cocardier de tant de Français (surtout les élites) ne correspond pas du tout à la mentalité générale.


          • Scipion (---.---.219.14) 23 avril 2006 08:40

            « ..., le nationalisme culturel d’un Scipion n’est-il pas le même que celui d’un Villepin ? Tout cela, c’est du bon chauvinisme agressif et étriqué français... »

            A cela près que je suis Suisse !

            Et c’est ce qui fait que mon nationalisme étriqué me permet d’aimer aussi la tarentelle (napolitaine), la tyrolienne (autrichienne), la sardane (catalane), la czardas (hongroise) et même la Schlagermusik (allemande), qui me plaît à proportion de ce qu’elle est détestée par les cuistres multiculturels, ensuqués à la MTV et à la MCM.

            Je suis désolé de vous le dire : mais l’étriqué, c’est vous. Votre perception du monde tient aux quelques petites cases dans lesquelles vous enfermez les gens, les idées et les choses. Vous devriez essayer d’ouvrir vos fenêtres... L’air qu’on respire dehors n’est pas celui que vous croyez.


            • venice (---.---.201.214) 10 mai 2006 15:38

              L’art « français » ne se porte pas très bien, internationalement, ce qui le limite du point de vue de la destination essentielle de son oeuvre , -quelle que soit la forme qu’elle revêt- (musique peinture gravure photo etc...), c-à-d en tant qu’expression et témoignage de son époque. De Villepin a sans doute voulu lui donner un coup de pouce en évitant la concurrence, comme on sait si bien le faire en France. Les théories esthétiques diverses ont étudié depuis longtemps l’impact d’un art étatique quel qu’il soit(communiste, nazi etc...) et sont toujours parvenues au même constat d’échec : l’art ne supporte que les limites propres à l’artiste, jamais celles imposées par une politique. En ce sens, l’aspect propagandiste de l’art brigué par l’état n’a jamais tenu ses promesses : l’oeuvre est appauvrie parce que limitée et orientée de l’extérieur dans son expression et l’art s’en retrouve sectorisé (art bolchevique, nazi etc...) du fait de la volonté utilitaire qu’il véhicule. Pourquoi l’état français s’acharne-t’-il, quelle que soit sa couleur politique, à vouloir produire un art républicain auquel il insuffle directions et subsides : mystère !

              Il serait bien plus utile de réhabiliter très sérieusement l’image des artistes au niveau du discours social, image totalement négative et préjudiciable (tous des fainéants, il ne fait pas un vrai travail, il ne gagne pas d’argent donc il est mauvais, c’est un branlo, on est tous des artistes et des créatifs,etc, etc...), de les reconnaître pour ce qu’ils sont (et pas d’attendre qu’ils soient extrèmement morts) de leur permettre de s’impliquer dans leur ville avec des oeuvres, -comme avant, d’ailleurs-.

              À los angeles, par exemple, lorsque les tottoirs ont été redallés, une dalle sur dix est réservée à une création (adaptée, bien sûr), mosaïque, émaux etc... signée de l’artiste. Cela le fait connaître, laisse sa marque dans la cité et enjolive la ville d’un art contemporain. C’est un exemple parmi d’autres mais l’idée, c’est qu’un artiste doit d’abord être un artiste avant d’avoir une nationalité et que pour exister comme tel, son apport à la société doit être valorisé par et trouver sa place dans cette même société afin d’ éviter les effets dévastateurs d’une emprise de l’état à sa source

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