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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Y a-t-il des langues plus faciles que d’autres ?

Y a-t-il des langues plus faciles que d’autres ?

Beaucoup le contestent, arguant que toutes les langues sont difficiles par certains aspects, faciles par d’autres, que c’est subjectif. Et que si l’on veut arriver à un bon niveau, proche de celui d’un natif, ou à un « simple » niveau fluide, ce sera toujours long, exigeant et difficile.

Mais avant de parler des autres langues, parlons de ce que nous connaissons tous : notre propre langue. Il est incontestable que la maîtrise de notre langue natale (en admettant que nous y soyons arrivés) nous a demandé un temps inestimable, au sens propre d’impossible à estimer. Car depuis la toute petite enfance nous vivons en immersion complète, en interaction permanente avec notre environnement linguistique, avec des proches qui nous ont régulièrement corrigés par cette expression si pratique dans toutes les langues : "On ne dit pas comme ça !"

De plus, cette correction maintes fois répétée les premières années nous a été faite dans un contexte affectif très fort (l’expression "langue maternelle", même si c’est celle du père, indique bien ce lien affectif) qui renforce les souvenirs et facilite tous les apprentissages. Plus tard, la méthode change, mais nos progrès sont toujours liés à l’enfance, l’âge d’une sensibilité exacerbée, des émotions fortes et marquantes.

Malgré cela, bien rares sont ceux qui maîtrisent toutes les subtilités du français ou qui auraient été capables de faire un sans-faute aux fameuses dictées de Bernard Pivot...

Pourquoi les langues sont-elles difficiles ? J’ai demandé à mon chien et à mon chat, ils ont répondu "ouaf" et "miaou", ce qu’on peut traduire sans trahir leur pensée par : "C’est le propre de l’homme". Chacune des langues de la planète - et pas seulement les "grandes langues de culture" - est le fruit de millénaires d’évolution, c’est pourquoi on compare souvent la diversité linguistique à la diversité biologique.

On sait aussi que les "enfants sauvages", s’ils ont été privés trop tôt de cet apprentissage, n’acquerront jamais un langage normal, comme si les connexions cérébrales ne pouvaient plus se former, mais nous laisserons de côté la neurophysiologie - trop compliqué !

1. Essayons de lister les difficultés des langues, en vrac :

— Les alphabets différents.

Pour nous, tout autre que l’alphabet latin : grec, cyrillique, arabe, par exemple, ou des idéogrammes (plusieurs milliers, en chinois). A remarquer que même dans des alphabets ou des langues qui nous sont théoriquement plus familiers, certains sons peuvent être de vraies difficultés pour des Français (par exemple la jota espagnole, le kha arabe, le x russe qui correspondent à peu près au même son).

— La phonétique plus ou moins régulière, voire chaotique (anglais), dont l’accent tonique variable (anglais, russe etc.).

— Des procédés sonores inhabituels pour nous, comme les nombreuses gutturales en arabe, les langues tonales où le ton modifie le sens du mot (chinois), ou, beaucoup plus rares, les claquements sonores du xhosa (langue du peuple boshiman du Kalahari, rendu célèbre par le film Les dieux sont tombés sur la tête).

Le français lui non plus n’est pas facile pour les étrangers sur le plan phonétique, avec les "e" muets, les nasales "on", "en", "an", ou la distinction entre "u" et "ou" (dessus/dessous) évidente pour nous mais pas facile du tout pour d’autres.

— Les conjugaisons, celles des verbes réguliers et irréguliers (spécialité française bien connue des Français, ou mal connue...).

— Les temps verbaux utilisés seulement à l’écrit, comme le passé simple en français. Les temps désuets, utilisés seulement dans certaines tournures (il eût été préférable, etc.)

— Les déclinaisons des substantifs (russe, polonais, tchèque...).

— La richesse du vocabulaire (synonymes, doublons).

— Les idiomes : un trop grand nombre de tournures idiomatiques rend la langue très difficile (anglais).

— La dérivation lexicale, qui peut être plus ou moins régulière.

— Les exceptions.

— L’argot, ou plutôt les divers argots (toutes langues).

— Les termes techniques, le jargon des métiers (toutes langues).

— Les accents régionaux (toutes langues).

— L’humour, les plaisanteries, à cause des références culturelles, les chansons à cause de la distorsion phonétique (toutes langues).

2. Certaines de ces difficultés méritent des précisions :

— Le vocabulaire exige un considérable effort de mémoire, mais cette difficulté peut encore être accrue de deux façons : par les doublons, comme on l’a vu plus haut pour l’anglais, mais également par l’existence de plusieurs racines (radicaux) différentes pour le même sens.

Quelques exemples en français : le substantif parole correspond à l’adjectif oral, ville correspond à urbain, oncle donne avunculaire ! Cheval, jument, poulain, étalon sont quatre mots qui ont un lien logique et qui pourtant sont formés de racines étymologiques différentes.

— L’irrégularité de la dérivation lexicale peut accroître la difficulté du vocabulaire.

En français, plusieurs suffixes différents sont utilisés pour indiquer les métiers : des suffixes fréquents comme -iste (pianiste), -ier (plombier), -eur (professeur), cohabitent avec des formes plus rares comme peintre, acrobate, écrivain... Quarante, cinquante, soixante, et donc pourquoi ne pas poursuivre en adoptant septante, octante et nonante, logiques et réguliers, plus naturels pour les enfants, plus efficaces pour l’apprentissage du calcul ? Ces variantes sont d’ailleurs autorisées sur tout document administratif français, y compris sur les chèques.

— Les exceptions : toute exception et toute irrégularité est une surcharge pour la mémoire de l’apprenant, en ce sens qu’il faut d’abord apprendre la règle, puis les exceptions. Or, l’anglais, et aussi le français, en sont truffés, et si nous n’y prêtons le plus souvent guère attention, c’est que depuis la prime enfance nous avons appris à bloquer nos réflexes logiques et à faire barrage au raisonnement naturel, à l’assimilation généralisatrice. C’est un mécanisme naturel de la pensée qui fait spontanément dire aux petits *je boivais au lieu de je buvais, dès lors qu’ils ont appris l’infinitif boire et l’imparfait du premier groupe, et qu’ils veulent l’appliquer pour montrer avec fierté qu’ils ont compris. Quelle déception lorsqu’on les corrige !

Un exemple anglais : pour dire "les enfants devront", au lieu de former ce pluriel et ce futur régulièrement, "the childs will must", on doit dire "the children will have to".

D’autres exemples français : on peut garer une voiture, mais pas la "dégarer", alors que l’on peut "faire" et "défaire", "monter" et "démonter", "couvrir" et "découvrir", etc. De même, presque tous les enfants ont un jour utilisé "plus bon" au lieu de "meilleur".

C’est ce mécanisme naturel de la pensée qui fait le charme des mots d’enfants, et c’est pourtant ce naturel que l’apprentissage des langues doit bloquer par des réflexes conditionnés, "on ne dit pas comme ça" ! Heureusement, on a oublié quelles frustrations intellectuelles cela représente... car c’est loin, mais pour les langues étrangères, il en va tout autrement : nous sommes pleinement conscients des difficultés et nous ne disposons pas d’autant de temps à y consacrer que toute l’enfance.

Il faut remarquer que les langues, malgré une relative rigidité et une norme à laquelle veillent Académie, lettrés, dictionnaires (qui en fait suivent l’évolution) ainsi que les professionnels (correcteurs, enseignants, grammairiens), sont vivantes, foisonnantes, et manifestent régulièrement une envie de suivre cette assimilation généralisatrice, de dériver des mots selon les principes propres à chaque langue : depuis quelques années, "imposition" a connu un glissement de sens depuis "la taxation" jusqu’à signifier également "le fait d’imposer quelque chose". "Positiver" est la dérivation de "positif". "Solutionner" est dérivé de "solution" et, quoique parfois qualifié de barbarisme, a pu entrer dans le Littré avec la mention "critiqué".

Remarquons qu’on a remplacé un verbe difficile à conjuguer, "résoudre", par un verbe du premier groupe. Une sorte d’inconscient collectif linguistique manifeste donc une volonté naturelle de dérivation logique, mais également le désir que cette dérivation aille dans le sens de la simplicité.

Ainsi, on voit que chaque langue a ses difficultés, mais aussi ses éléments faciles :

- Le chinois est facile par sa grammaire régulière et cohérente, son absence de verbes irréguliers, mais difficile par sa prononciation, ses tons, son écriture par idéogrammes et ses homonymies.

- Le russe est redouté pour ses déclinaisons de substantifs (comme d’autres langues slaves : ukrainien, polonais, tchèque, etc.) Moins connu est le fait que son accent tonique est variable.

- L’allemand est réputé difficile au début, mais plus facile à mesure que le niveau augmente, un peu à l’inverse de l’anglais où les "fluents" désespèrent de pouvoir un jour se faire passer pour des natifs.

Pour pouvoir comparer la difficulté des langues entre elles comme on pèse des légumes, il faudrait donc attribuer des coefficients à chacun des critères objectifs de difficulté, et faire une moyenne... Mais ça paraît effectivement difficile et subjectif ! Et à notre connaissance, aucun linguiste ne s’y est risqué.

On ne peut donc pas comparer les difficultés respectives des langues. Pourtant...

3. Pourtant, si les facteurs qui rendent les langues difficiles sont identifiables, on peut donc envisager d’agir sur eux.

En fait, cela a déjà été fait, à plusieurs reprises : Lomonossov pour le russe, Dante en italien (controversé), Eliezer Ben-Yehuda qui est à l’origine du renouveau de l’hébreu, et pour l’indonésien à partir du malais. En France, la loi du 6 décembre 1990 a réformé l’orthographe, après une rude bataille, mais ses recommandations ne sont pas suivies par tous les enseignants. De plus, les anciennes formes cohabitent avec les simplifications autorisées, ce qui ne facilite pas les choses...

Si la simplification de diverses langues vivantes a été réalisée en agissant sur certains paramètres, on peut donc supposer qu’une langue construite qui agirait simultanément sur l’ensemble de ces facteurs, dans la mesure du possible, en restant cohérente et assez expressive pour fonctionner comme une vraie langue, serait très largement moins difficile à étudier.

Si de plus une telle langue laissait une grande liberté pour appliquer une dérivation lexicale régulière et systématiser l’assimilation généralisatrice étudiée plus haut, elle serait très souple et laisserait aux locuteurs une sensation de liberté et de créativité. Bref, une telle langue serait idéale comme langue auxiliaire pour la communication internationale.

Il est grand temps que l’Onu ou l’Unesco réunissent des linguistes avec mission de créer une telle langue, pour résoudre enfin le problème de la Tour de Babel et de la barrière des langues. Est-il concevable qu’au XXIe siècle, alors que l’humanité s’est enfin rendu compte que ses problèmes étaient liés et ne respectaient pas les frontières - écologie, réchauffement climatique, sous-développement, disparition des espèces et des langues (environ 6000 actuellement), que nous ne disposions pas encore d’une langue de communication moins difficile que les autres, que pourraient apprendre à un bon niveau non seulement une "élite" dont la formation, le métier et les déplacements lui permettent d’être polyglotte, mais aussi la plupart des gens ?

Nota. Une étonnante nouvelle vient de me parvenir : une telle langue existerait depuis plus d’un siècle ; les gouvernements et les grands médias feraient tout pour bloquer son développement, pour des raisons idéologiques, politiques et économiques. Son nom serait espéranto, je n’en sais pas plus pour l’instant.


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123 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 19 février 2007 10:02

    salut mon crocro, la pratique des langues étrangères n’est pas une mince affaire et le plus important est de pouvoir les pratiquer au quotidien pour ne pas perdre les acquis .je change parfois 5 fois de langue en 10mn et je t’avoue que c’est pas facile , surtout l’espagnol que je commence juste à pratiquer .bossant dans la logistique , ça devient de plus en plus indispensable et si ça continue , il faudra bientôt maitriser aussi une ou deux langues slaves... smiley

    Une des difficultés est dans la traduction des expressions

    rire jaune devient ridere verde en italien (rire vert)

    une faim de loup devient bärhunger en allemand (faim d’ours)

    quand les poules auront des dents devient when the pigs begin to fly en anglais ( quand les cochons se mettront à voler )

    un froid de canard devient un tempoluppi ( temps de loups) en italien

    etc etc


    • ZEN zen 19 février 2007 11:49

      @ The Cat

      Chat-lu, bonjour

      Comment traduis-tu, en mandarin classique(ou en serbo-croate, au choix) : « il n’y a pas de quoi fouetter un chat »,« donner sa langue au chat »,« c’est de la bouillie pour les chats »,écrire comme un chat« , »appeler un chat un chat« , »avoir un chat dans la gorge« , »il n’y a pas un chat"... ?

      C’est vache comme question...


    • LE CHAT LE CHAT 19 février 2007 12:01

      @zen

      si en plus c’est avec l’accent chat siamois ou chat persan , je donne ma langue au chat ! smiley


    • Azür 19 février 2007 10:15

      Excellent article, Krokodilo !

      J’émettrais juste une petite réserve quant aux « temps verbaux utilisés seulement à l’écrit, comme le passé simple en français ».

      Quant à la langue universelle, en attendant la généralisation de l’espéranto, il en est une qui est n’est pas commune qu’aux politiques : celle de bois.

      Pour les amateurs de langues dites étrangères cf :

      http://www.ixcea.com/portail/html/modules/news/article.php?storyid=93


      • LE CHAT LE CHAT 19 février 2007 10:20

        @aZür

        y’a aussi pinnochio qui pratique la langue de bois , mais je sais pas si il dit la vérité .... smiley


      • Rocla (---.---.108.61) 19 février 2007 10:31

        Certaines personnes apprenant leur fin proche se mettent aux langues mortes .

        Rocla


        • Rocla (---.---.108.61) 19 février 2007 10:34

          Les paroles venimeuses par contre , sont prononcées par les langues de vipère .

          Rocla


        • (---.---.34.77) 19 février 2007 10:38

          une faim de loup devient bärhunger en allemand (faim d’ours)devient Bärenhunger


          • LE CHAT LE CHAT 19 février 2007 12:00

            Verzeihung smiley deutsch ist nicht so einfach !

            si c’est prononcé par un zurichois , c’est incompréhensible !


          • LE CHAT LE CHAT 19 février 2007 12:12

            D.W

            j’ai l’habitude de causer avec les autrichiens qui ont aussi leur patois et qui roulent les r ....

            Mais , tu as raison , quand je cause en chti , mes collègues me demandent de mettre le décodeur ! smiley


          • nisco (---.---.241.230) 19 février 2007 12:59

            @DW

            L’hitoire d’espions en Suisse-allemand j’y crois pas trop ! smiley

            De mère suisse-allemande, je te jure que tu t’y habitu bien plus vite qu’au Québéquois !

            Mais elle est drôle ta blague !

            Nisco


          • Rocla (---.---.108.61) 19 février 2007 10:45

            Une des langues les plus faciles c ’est le tyrolien , le yoddle s’ apprend en un rien de temps , suffit de se faire très mal à une partie sensible .

            Rocla


            • Forest Ent Forest Ent 19 février 2007 11:27

              Une langue ne se décrète pas. Elle se constate. Toutes les bizarreries ont un sens, au minimum historique.

              Au plan lexical et phonétique par exemple, il s’agit d’un équilibre serré de la théorie de l’information : minimiser l’énergie utilisée pour produire un son, tout en conservant l’information transmise et un certaine niveau de redondance nécessaire.

              Il y a aussi à mon avis une sous-estimation éthologique : les animaux ne se contentent pas de sons inarticulés. Ils disposent pour beaucoup d’un langage muni d’un seul niveau d’articulation, contrairement à l’homme dont le langage est « doublement articulé » en phonèmes et mots.


              • (---.---.144.163) 19 février 2007 11:35

                Il est trés important d’apprendre des langues étrangéres, car cela ouvre l’esprit à l’altérité et au fait que, contrairement à l’illusion répandu chez nous, les étrangers ne sont pas des français avec une langue exotique.


                • ZEN zen 19 février 2007 11:40

                  @ Krokodilo

                  Bonjour,

                  Vous tenez promesse, depuis le récent article où nous avons déjà débattu de ce problème.Je ne puis qu’être d’accord avec ce qui m’apparaît comme une conclusion définitive :

                  « Pour pouvoir comparer la difficulté des langues entre elles comme on pèse des légumes, il faudrait donc attribuer des coefficients à chacun des critères objectifs de difficulté, et faire une moyenne... Mais ça paraît effectivement difficile et subjectif ! Et à notre connaissance, aucun linguiste ne s’y est risqué. »

                  Dit autrement:La difficulté réputée d’une langue est une notion toute relative.Aucun critère absolu ne peut exister pour en juger.


                  • (---.---.144.164) 19 février 2007 12:06

                    Oui. Pour un type de banlieue par exemple, le français est trés difficile, pour nous il est « évident ». Surtout qu’enf ait le vrai français, c’est celui de la littérature, des classiques. Et comme 20% ne savent même pas lire...


                  • Krokodilo Krokodilo 19 février 2007 12:11

                    Zen,

                    Je savais que ce passage vous ferait plaisir !

                    Mais comme on dit, toute règle a son exception, et dans le cas présent, l’exception c’est toute langue conçue pour être la moins difficile possible.

                    Un seul exemple, le présent en Eo est formé par le radical + la finale -as (radical vol-, infinitif voli, mi volas, je veux), tous les présents, toutes les déclinaisons du présent ! Or, combien de temps pour qu’un étranger apprenne toutes les formes de finales du présent des différents verbes, réguliers et irréguliers ? D’un côté, le temps d’apprentissage de ce point précis est de quelques secondes, de l’autre...


                  • Redj (---.---.124.129) 19 février 2007 11:59

                    Bonjour,

                    J’avais lu quelque part que dans la notion de difficulté d’apprentissage d’une langue étrangère intervenait la notion de « bande passante » de la langue maternelle. Je m’explique : C’est assez reconnu que dans les pays nordiques (suède, norvège...) les gens ont plus de facilité à apprendre plusieurs langues étrangères que dans les pays dits latins. Ce serait en partie dû au fait que dans leur langue maternelle ils possèdent l’ensemble des sons de toutes les autres langues, alors que l’inverse n’est pas vrai.

                    Quelqu’un pourrait confirmer ? ou infirmer ?


                    • Krokodilo Krokodilo 19 février 2007 12:14

                      Perso, je pense que ce sont des balivernes, théorie lancée par une personne (je ne veux pas lui faire de pub), sans aucune démonstration, pour vendre un appareil...


                    • faxtronic (---.---.127.45) 19 février 2007 14:07

                      Il y a un autre truc qui est en jeu. je suis Francais, mais je vis depuis peu en Flandre. Ici les flammand parle souvent assez bien francais, mais les wallons un peu moins flammand (neerlandais). Surement pas un question de sons, car il y a des sons neerlandais tres difficiles a prononcer pour un francophone, comme graag ou scheld), et inversemment il ya des sons francais difficiles pour un neerlandophone (in, en, un, on, u, ou). Par contre le Neerlandais n’est une langue tres repandu dans le monde, idem le suedois, le finlandais, l’allemand , etc. Alors que l’anglais, le francais, l’espagnol sont des langues tres repandu. Il est ainsi vital a un neerlandophone de parler, et vite, une seconde langue, donc l’apprentissage des langues est intensive et precoce, voila tout. En tout cas beaucoup plus que pour un anglaphone ou un francophone.

                      Hors des pays-bas et de la flandre neerlandaise, le neerlandais ne sert a rien. L’anglais est compris quasiment partout, l’espagnol par beaucoup, ainsi que le francais. Si vous savez ces trois langues vous etes a l’aise partout en amerique, en afrique, en inde,. Si en plus vous connaissez le russe, le chinois et l’arabe, vous pouvez parler avec tous le monde.


                    • Redj (---.---.124.129) 19 février 2007 14:40

                      Vous pensez que ce sont des balivernes, mais est-ce que sont vraiment des balivernes ? En tout ca, c’est vrai que ça reste à démontrer. Mais est-ce vraiment démontrable ?


                    • philippe Delcroix (---.---.16.126) 19 février 2007 16:27

                      Si vous vous adressez en français à un Flamand il vous répondra en flamand, vous prenant pour un Wallon, en prime il vous donnera une réponse douteuse ! Pour info : l’Allemand est devenue la langue commerciale incontournable dans les échanges économiques avec l’ex Europe de l’Est. L’Allemagne restant notre premier partenaire économique, il est bon de se le rappeler lors du choix des langues à faire choisir en apprentissage à ses enfants. « Si tu veux connaître un peuple, connais d’abord sa langue », j’ajouterais« et surtout si tu veux faire affaire avec lui ». L’anglais restant le minimum nécessaire mais insuffisant...


                    • faxtronic (---.---.127.45) 19 février 2007 16:47

                      c’est vrai. Ici quand je veux parler a un flammand, je l’aborde en neerlandais. Voyant que je suis pas un vrai flammand, il me reponds en anglais, car il a pitié, car il est pas censé savoir que je suis francophone, donc je lui reponds en francais ensuite, ou en neerlandais si vraiment je le sens.... Donc pour avoir mon pain quotidien, j’utilise trois langues... Dur.

                      Pour l’allemand, c’est vrai que les echanges commerciaux avec l’allemagne ce fait en allemand, neanmoins l’anglais est souvent utilisé. La legende qui fait nos amis outre-rhin des matador de l’anglais est franchement fausse. J’utilise tres peu l’allemand, car je melange avec le neerlandais allegrement.

                      Le plus drole, c’est le lundi soir, quand je rentre de trois heures de japonais enseigné par un neerlandais et que je prends un kebab chez un turc. Alors je melange les 4 langues (Fr, Nl, En, Jp) allegrement, mais maintenant il comprends :

                      « Een pitta with sauce blanche onegaishimasu, as groenten salade dake !, dank u well, matalaishuu ! » Un turc courageux !


                    • skirlet (---.---.245.42) 19 février 2007 19:09

                      « Vous pensez que ce sont des balivernes, mais est-ce que sont vraiment des balivernes ? En tout ca, c’est vrai que ça reste à démontrer. Mais est-ce vraiment démontrable ? »

                      Moi, je pense aussi que ce sont des balivernes. La physiologie de l’oreille humaine est la même partout, les fréquences perçues peuvent être déterminées, mais elles démontrent l’acuité auditive et pas autre chose. Comme par hasard, les Français ont les spectre le plus réduit ; comme par hasard, cette « théorie » est pondue par un Français qui vend son appareil à améliorer l’apprentissage de langues... aux Français smiley Qui sont déjà culpabilisés à fond, parce que soi-disant « nuls en langues ».


                    • Yaarg (---.---.64.33) 19 février 2007 12:08

                      Ouf, l’auteur de l’article a soigneusement évité de faire de la pub pour l’espéranto. Merci donc d’être resté les pieds sur terre !

                      J’aimerais cependant souligner un fait observé et observable qui relève précisément de la neurophysiologie et probablement aussi de la psychologie : il y a des gens plus doués que d’autres pour les langues.

                      En clair, il y en a pour qui, sortis de leur langue maternelle, l’apprentissage à une langue étrangère est impossible. Même en se forçant, ça ne rentre pas et ça ne rentrera jamais.

                      D’autres, bien moins nombreux, ont une facilité qui semble naturelle à se glisser dans une langue nouvelle, disposant d’une grande capacité de mémorisation.

                      Je pense donc que, quelle que soit la langue, la difficulté de l’apprendre ne peut pas être autre chose qu’une perception RELATIVE propre aux capacités et aux expérience de chacun.

                      On voit particulièrement le phénomène chez les immigrés : certains acquièrent en peu de temps les rudiments de la langue de leur pays d’accueil mais la majorité n’ont -mentalement- jamais quitté leur pays d’origine et continuent de parler, penser, manger et se marier dans leur patois.

                      En conclusion, il n’y a pas de langue difficile, mais la simple mise en évidence des grandes différences d’adaptabilité des individus à un changement de milieu.


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 février 2007 12:29

                        Exactement. Le mathématicien William R. Hamilton était un enfant prodige ; son génie se montra tout d’abord par sa capacité à apprendre les langues. À l’âge de 7 ans, il avait fait des progrès considérable en hébreu et à l’âge de 13 ans, sous la direction de son oncle qui est linguiste, il avait déjà acquis autant de langues qu’il avait d’années. (Wikipedia)


                      • nisco (---.---.241.230) 19 février 2007 12:55

                        @Yaarg (faudrait contacter Rocla pour les pseudo smiley )

                        J’abonde dans votre sens, et ma réflexion personnelle concernant cette problématique et que j’ai eu suite à des discussions avec d’autres « apprenants » de langues, est qu’une personne est proportionnellement plus à même d’apprendre une nouvelle langue qu’elle est ne cherche pas à métriser complètement sa langue maternelle. Au plus on apporte de l’importance à « bien parler », sans faute d’orthographe, au moins on se sent capable de « se lancer dans le bain » d’une nouvelle langue et ainsi subir les remarques nécessaires à l’apprendre.

                        Non pas que les personnes qui parlent plusieurs langues soient vraiment nulles dans leur langue « d’origine », mais il est nécessaire d’accepter de faire des fautes pour apprendre une nouvelle langue, et donc de risquer de ne pas se comprendre. Une personne qui a mis un point d’honneur à maîtriser au mieux sa langue, aura d’autant plus de mal, au vu du travail à accomplir, à recommencer pour une nouvelle langue. Par contre, lorsqu’on accepte une maîtrise que partielle de la langue, il est aisé de sauter de l’une à l’autre, en prenant soit de maîtriser au plus vite les « fondamentaux » comme l’avait si bien fait Jean-Paul II qui parlait un certaine nombre de langues (plus de 20 si mes souvenirs sont bons).

                        Car la maîtrise d’une langue peut avoir beaucoup de signification aux yeux de ceux qui la parlent de manière « maternelle ». Soit on ne cherche qu’à se faire comprendre et donc on la maîtrise uniquement suffisamment pour transférer ses idées (comme c’est le cas de l’anglais en sciences) et on ne pourra jamais se faire « accepter » comme un « natif ». Soit on utilise la langue comme facteur d’intégration et il est donc primordial de maîtriser l’accent et de limiter les fautes de grammaire. Ceci nécessite bien plus de temps et d’immersion car cela passe aussi par une assimilation de la culture qui est véhiculée à travers la langue...

                        Quant aux « capacités » de chacun, tout ceci rèfére au débat sans fin entre essentialistes et existentialistes...


                      • Krokodilo Krokodilo 19 février 2007 17:19

                        Les deux aspects ne s’excluent pas l’un l’autre : il peut exister des différences individuelles d’aptitude aux langues, et des différences entre les langues.

                        Excepté les génies dont parle Courouve, la motivation est un des facteurs principaux dans l’apprentissage des langues. Et par motivation, il faut aussi comprendre contrainte : le plurilinguisme est souvent imposé par les circonstances personnelles (métier, famille) ou sociales (pays à plusieurs langues officielles).


                      • Rocla (---.---.108.61) 19 février 2007 12:14

                        Simplement qu’ un chien en Provence c’ est le chiéng , en Alsace le chiun en Normandie on dit : tiens j’ ai p’t’ête bien vu un animal qui aboie , est une curiosité , alors qu’ à Paris y zont d’ étranges quatre pattes nommés « toutous » Le monde est étrange .

                        Rocla


                        • LE CHAT LE CHAT 19 février 2007 15:00

                          @ROCLA

                          chez nouzot on dit un tien , d’ailleurs une voisine s’indignait à la mairie de ne pas avoir eu le droit d’appeler son fils j’ai trois tiens , alors que celle d’en face avait eu le droit de prénomer sa fille j’ai six cats !

                           smiley


                        • Rocla (---.---.108.61) 19 février 2007 15:22

                          @ Le Chat ,

                          Dans ce cas si c’ est une fille , faut l’ appeler Etienne , si c’ est un garçon c’ est Etien .

                          Rocla


                        • Le furtif (---.---.11.219) 19 février 2007 12:16

                          Dans la cour de mon école communale il y a ...PFFFF..... Deux langues étaient pratiquées...

                          Des fouais, j’parlions gabaïe comme ceux du nord de la commune et d’autres (d’ôt’fouaih) on parlait comme ça « en gasconnant »....

                          Tous , c’est chah’p’ti chah’p’ti (lentement) que nous apprenions à parler pointu...Ëtre à la frontière de l’oil et de l’oc était assez rigolo. Le multiculturalisme c’était tous les jours.

                          Cordialement

                          Le Furtif


                          • Krokodilo Krokodilo 19 février 2007 12:20

                            Mea culpa et vae victis, comme disaient les Gaulois, j’ai oublié deux critères importants de difficulté des langues :

                            1. Les familles linguistiques : On apprend plus facilement une langue de la même famille linguistique. Les Nordiques apprennent plus facilement l’anglais, qui, malgré son vocabulaire mixte, est essentiellement une langue germanique. Tandis que les Français apprennent plus facilement une langue latine comme l’italien ou l’espagnol. Excepté, naturellement, un français alsacien familier depuis l’enfance avec les langue régionales.

                            2. L’identification des fonctions grammaticales : Si dans une langue on identifie facilement les fonctions de nom, adjectif, adverbe, principalement, c’est toujours ça de pris.


                            • Redj (---.---.124.129) 19 février 2007 14:44

                              Mouais, sauf que le norvégien n’a rien à voir avec l’anglais -allemand, ni avec le français, alors qu’ils n’ont aucune difficulté à apprendre l’une comme l’autre des langues...


                            • skirlet (---.---.245.42) 19 février 2007 19:03

                              Les Norvégiens sont comme tout le monde, mais étant locuteurs d’une langue de petite diffusion, ils sont obligés de faire plus d’efforts, consacrer plus de temps aux langues. Il n’y a pas de peuples plus doués que les autres.


                            • Briseur d’idoles (---.---.168.182) 19 février 2007 12:25

                              Mon père, ex-prêtre, puis fonctionnaire, anarcho-syndicaliste et patron de bar/paillote à la Réunion, qui s’était essayé (en vain) à l’espéranto ; disait que comme langue universelle, il n’y avait pas de meilleure langue que la « langue fourrée » !

                              Je suis pas loin de penser qu’il avait raison !


                              • nisco (---.---.241.230) 19 février 2007 12:26

                                Article assez joliement écrit mais qui selon moi ne traite qu’en surface ce problème, bien réel, d’une « langue pour la mondialisation ». Ce problème reste entier et l’espéranto peut être une solution, quoi que très « européenno-centriste » si vous me passez l’expression.

                                Tout d’abord quelques remarques :

                                1. Tout comme le gruyère que vous semblez apprécier et qui risque d’être selon votre définition un « fromage à trous », vous semblez occulter les millions de personnes, belges et suisses pour la plupart, qui utilisent couramment les spetantes, octante (ou huitante) et nonante. J’ai souvenir qu’une étude commandité par l’Académie Française avait conclu que le français le « mieux » parlé, au sens le plus académique, était celui parlé par les habitants de la régions de La Chaux-de-fonds, dans le Jura suisse. L’accent mis à part évidemment ! smiley 2. La seule langue africaine mentionnée est une des langues les moins parlées et une des plus spécifiques. Qu’en est-il du Dioula qui fédèrent presque toute l’afrique de l’Ouest ? Du Yorouba en Afrique plus centrale ? etc. 3. Pour un adepte de l’espéranto, vous ne mentionnez même pas une langue très spécifique de la Suisse : le romanche (4ième langue officielle du pays quand même) qui peut être vu comme une contraction d’allemand, d’italien et de français.

                                Plus généralement, voici vers quel terrain j’aurais souhaiter que l’article amène les gens à réflechir :

                                Je pense que, comme cela s’est fait pour le réchauffement climatique, la libéralisation des marchés, et autres phénomènes globalisants si ce n’est uniformisants, la langue « dénominatrice commune » ne sera pas mise en place de manière censée et réfléchie mais s’imposera d’elle même. elle est d’ailleurs très avancée notamment en sciences. Il s’agit d’un anglais simplifié qui permet d’échanger un certain nombre d’idées s’il n’y a pas besoin de trop « peser ses mots ». Est-ce un mal (la simplification d’une langue centenaire VS imposition supplémentaire venant des USA) ? Comment concilier cette généralisation à la préservation des langues locales ? Est-il imaginable un espéranto prenant en compte l’ensemble des langues du monde, ou du moins les plus importantes de TOUTES les régions linguistiques, Asie et Afrique compris ?

                                La défense de la complexité de la langue, que l’auteur remet en cause si je comprends bien, est aussi une marque d’un nationalisme (au sens le plus neutre qu’il soit, malgré toutes les tentatives de discréditer ce mot en lui assimilant des connotations violentes, xénophobes etc., je continuerai personnellement à l’utiliser quand bon me semble) qui ne doit pas nécessairement être combatu. Mais ce débat doit passer par une étude de l’utilisation de la langue comme fédération de la république française sous Napoléon par ex., ou par la bourgeoisie pour rejoindre un tant soit peu les élites aristocrates à une certaine époque. Ce que, hélas, l’article n’aborde pas. Il y a aussi toute la problématique de la réappropriation de la langue par les milieux défavorisés à travers le RAP et autres mouvement musicaux, que certains ne voient que comme une attaque de plus envers LEUR langue. Etc.

                                Il semble néamoins nécessaire d’aborder ce sujet ô combien complexe et d’actualité.

                                Cordialement,

                                Nisco


                                • (---.---.1.119) 19 février 2007 15:59

                                  Nisco, Votre message aborde des tas de points différents.

                                  « vous semblez occulter les millions de personnes, belges et suisses pour la plupart, qui utilisent couramment les spetantes, octante (ou huitante) et nonante »

                                  Au contraire, dans d’autres articles et les discussions qui ont suivi, j’ai déjà fait remarquer que ces formes septante, octante et nonante, sont à la fois plus régulières, plus logiques, et plus efficaces pour le calcul mental et l’apprentissage. Il est fréquent que les petits progressent rapidement puis marquent une pause lorsqu’ils butent sur les dérivés irrationnels « soixante et dix » ou pire, « quatre fois vingt et dix ! ». En outre, j’ai rappelé que ces formes sont légales en France sur tous les documents, chèques y compris.

                                  2.Le romanche : mon but n’était pas de faire la comparaison exhaustive de toutes les langues européennes et mondiales. D’une part, j’en suis incapable, d’autre part, pour discuter (certes superficiellement) des difficultés relatives des langues, il n’est pas indispensable de les passer toutes en revue, fussent-elles européennes comme le romanche, ou africaines, heureusement... vu qu’il en existe quelque 6000 dans le monde paraît-il.

                                  3. « la langue »dénominatrice commune« ne sera pas mise en place de manière censée et réfléchie mais s’imposera d’elle même. elle est d’ailleurs très avancée notamment en sciences. Il s’agit d’un anglais simplifié qui permet d’échanger un certain nombre d’idées s’il n’y a pas besoin de trop »peser ses mots« . Est-ce un mal » (...)

                                  Effectivement, je plaide avec d’autres pour un choix réfléchi d’une langue auxiliaire, ce qui n’a jamais été le cas dans l’histoire. Cet anglais simplifié dont vous parlez ne s’impose pas de lui-même naturellement, mais sous l’effet d’un puissant lobby, d’une convergence d’intérêts qui font des efforts aussi constants que sous-estimés pour garder leur hégémonie et tous les avantages qui vont avec. Il suffit de voir avec quelle pudeur les médias français évitent de dire que France 24, financée sur nos impôts, est une télé en anglais. Nous nous sommes rabaissés à un point inimaginable quand on voit que les ministères acceptent des documents de l’UE en anglais, ou que les syndicats et les défenseurs de la langue française doivent batailler pour parler français dans les entreprises en France : il faut se battre pour parler sa langue, voilà où on en est... De plus, ce n’est pas un anglais simplifié, c’est un mauvais anglais parlé par la majorité de scientifiques, qui seront donc toujours ne situation d’infériorité. De plus, en science, il faut de la précision, ce qui n’est pas compatible avec un anglais de cuisine. Quelques exemples médicaux : pas évident de savoir que « dressings » sont des pansements et non un placard à vêtements, ou que « stroke management » n’est pas de la gestion de stocks, mais la prise en charge d’accidents vasculaires cérébraux. Les faux-amis sont vite arrivés, même avec une prétendue simplification. L’anglais simplifié, c’est le broken english pour tous, et le fluent pour les élites.

                                  3. « Comment concilier cette généralisation à la préservation des langues locales ? » Tout le problème est là, et ce ne sont pas seulement les langues locales qui sont en danger, mais le français lui-même ainsi que les autres langues européennes. Pensez qu’à l’école primaire aujourd’hui, il n’y a aucun choix possible, l’anglais est IMPOSE dans la majorité des cas.

                                  4.« Est-il imaginable un espéranto prenant en compte l’ensemble des langues du monde, ou du moins les plus importantes de TOUTES les régions linguistiques, Asie et Afrique compris ? »

                                  « Un espéranto qui » serait ceci ou cela ne serait plus l’espéranto et devrait se trouver un autre nom. L’Eo n’est pas un projet mais une langue vivante reconnue par l’Unesco et utilisée par ses locuteurs. Vous parlez donc là d’une hypothèse qui verrait un nouveau génie linguistique ou un groupe de linguistes mettre au point une nouvelle langue prenant en compte les plus « grandes langues » du monde, basées sur des alphabets différents ainsi que sur des idéogrammes... Cela suppose déjà des gens qui connaissent suffisamment ces différentes langues de différents continents et groupes linguistiques, puis, deuxième supposition, qu’ils parviennent à en faire la synthèse... et que le résultat soit convaincant et facile (sinon quel intérêt ?), autant dire que ce n’est pas pour demain. Ceci montre à quel point l’existence de l’espéranto était improbable, inespérée, au vu des centaines de langues construites qui ont été recensées.

                                  Ce défaut de l’Eo dont le vocabulaire serait trop européen est bien peu de choses au regard de ses avantages, dont la grammaire relativement internationale car basée sur les structures essentielles. Les racines étant latin-grec-germaniques, ça couvre déjà pas mal de géographie. en outre, il existe un groupe de mots internationaux plus ou moins modifiés mais présents partout, dont l’Afrique et l’Asie (télévision, docteur = daktari comme dans le film) ; L’anglais « simplifié », lui, ne prend absolument pas en compte ni l’Afrique ni l’Asie, il s’en balance. Le Japon a accepté ou subi l’invasion de centaines de mots anglo-saxons. Peut-être serait-il plus logique de demander leur avis comparatif à des Africains ou des Asiatiques espérantophones ? Personne ne prétend que l’Eo soit parfait, simplement c’est le meilleur article en magasin actuellement, en tant que langue auxiliaire neutre et internationale. Sur la communication en Afrique, je vous renvoie à deux articles de Claude Piron : Se comprendre entre Africains

                                  http://claudepiron.free.fr/articlesenfrancais/comprendreafr.htm Understanding Among Africans

                                  http://claudepiron.free.fr/articlesenanglais/undafricans.htm

                                  5. « La défense de la complexité de la langue, que l’auteur remet en cause si je comprends bien, est aussi une marque d’un nationalisme » C’est assez inhabituel de qualifier un espérantiste de nationaliste. En général, on nous reproche plutôt le souhait d’une langue non-nationale, souhait trop vite assimilé à la mondialisation, ou autrefois à linternationalisme.

                                  6. « Mais ce débat doit passer par une étude de l’utilisation de la langue comme fédération de la république française » Ca rejoint un peu les discussions qui ont suivi les deux articles récents sur le bilinguisme scolaire breton-français. Agora Vox préfère les articles de longueur raisonnable, et il faut bien en laisser pour les autres !

                                  J’en profite pour mettre un peu de bibliographie, pour aller plus loin :

                                  Le Défi des langues, de Claude Piron, éditions L’Harmattan, Paris, d’où sont tirés nombre des exemples linguistiques.

                                  Langues sans frontières, de Georges Kersaudy, éd. Autrement.

                                  Aux origines des langues et du langage, J-M Hombert, Fayard. (linguistique)


                                • Gentil diable (---.---.45.123) 4 mars 2007 21:49

                                  Tant qu’à simplifier la numérotation, je ne vois pas en quoi « octante » et « nonante » sont géniaux. Allons-y franchement :
                                  - unante
                                  - deuxante
                                  - troisante
                                  - quatreante
                                  - cinqante
                                  - sixante
                                  - septante
                                  - huitante
                                  - neufante


                                • Rocla (---.---.108.61) 19 février 2007 12:40

                                  Pendant un séjour en un pays étranger , au bord d’ un lac , j’ ai appris le langage des cygnes .

                                  Rocla

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