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Accueil du site > Culture & Loisirs > Dessin du jour > Quand les médias soufflent sur les braises

Quand les médias soufflent sur les braises

Un an après les événements de l’automne 2005, tous les regards se tournent vers les quartiers dits sensibles. Les médias, à court de sujets catastrophiques, se réfugient dans cet anniversaire pour faire trembler dans les chaumières. Surmédiatisation du moindre incident, rediffusion à la chaîne des images de l’an passé... nombreux sont ceux qui accusent les journalistes de souffler sur les braises.



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20 réactions à cet article    


  • David Adel 6 novembre 2006 13:49

     smiley

    Excellent !

    Bravo Florian.

    Dad


    • Panama (---.---.198.59) 6 novembre 2006 14:05

      Désolé mais il n’y a aucune excuse à bruler un bus et ses occupants. Un délit reste un délit, une tentative de meurtre une tentative de meurtre.

      Dire que des jeunes s’amusent à bruler des bus par la faute des medias est complétement irresponsable.

      Bientôt on va accuser la publicité à la télévision pour des voitures de luxe de pousser une certaine jeunesse à voler ces voitures ?

      La responsabilité est politique, c’est à dire qu’elle nous concerne tous, nous, citoyens d’un pays démocratique.


      • heroined (---.---.25.117) 6 novembre 2006 15:07

        On ne parle pas d’excuser cet acte. On parle simplement de surmédiatisation. hors-sujet.


      • panama (---.---.198.59) 6 novembre 2006 15:39

        La surmédiatisation est à l’origine des « incidents », c’est bien ce qui est écrit, non ? Le dessin laisse même supposer que ce sont les journalistes qui provoquent les incidents pour faire de l’audience !

        Je ne vois pas en quoi je suis hors sujet, ma petite demoiselle.


      • Florian ROULIES 6 novembre 2006 17:49

        Il est selon moi important de regarder la situation réelle : alors que rien ne se passe dans les banlieues, les images de l’an passé ne cessent de débouler sur nos écrans. Les « spécialistes » se succèdent sur les plateaux pour évaluer les risques actuels d’une reprise des événements dans les quartiers dits « sensibles », et la moindre poubelle brûlée est aussitôt considérée comme le prémice d’une gigantesque montée de violence. On se trouve en face d’une situation très dangereuse :

        1 ) les médias redessinent le stéréotype du « jeune des banlieues » qui met le feu à tout ce qu’il croise, ce qui a pour effet de faire monter d’un cran la colère de la majorité silencieuse qui tente de s’intégrer dans une société qui ne fait pas vraiment d’effort pour les accepter...

        2 ) le fossé qui sépare les « quartiers sensibles » du reste du monde se creuse encore, ce qui n’arrange en rien les choses.

        3 ) lorsque l’on sait que ces fameux « quartiers sensibles » sont délaissés 365 jours par an, que personne ne parle d’eux - et surtout de leurs habitants - et que personne ne s’intéresse à eux, il n’est pas étonnant, lorsque l’on voit le temps que durent les reportages consacrés aux poubelles en feu, que certains enclenchent un phénomène de mimétisme en allumant eux aussi un incendie qui, l’espace d’un instant, les ressortira de l’oubli total dans lequel il sont plongés depuis bien trop longtemps. Evidemment, il ne faut pas cautionner cela, et c’est à chacun (nous, citoyens, mais aussi politiques, médias, etc.) de faire en sorte que les habitants de ces quartiers sortent par d’autres moyens du trou noir dans lequel ils sont plongés.

        4 ) Enfin, c’est malheureux à dire, mais plus un JT propose du spectaculaire, plus il récolte de l’audimat. Loin de moi l’idée de dire que les journalistes « provoquent les incidents pour faire de l’audience », mais j’affirme que certains se délectent de diffuser et de rediffuser des images choc qui attireront chaque soir un peu plus de téléspectateurs, en quête de sensationnel et de grand spectacle. Il est bien clair que ce ne sont pas les médias qui mettent le feu, mais ils assèchent un terrain qu’une étincelle suffira alors à embraser.

        PS : je ne mets évidemment pas tous les journalistes dans le même panier. Certains n’entrent absolument pas dans cette démarche... mais ce ne sont hélas pas les plus visibles.


      • T.B. T.B. 7 novembre 2006 09:55

        Panama,

        Statistiques en France : on comptait 909 décès pour 100 000 habitants (taux de mortalité de 9,09 ‰) en 2001.

        Les premières causes de mortalité sont

        Mortalité en France Classement Cause Nombre 1 maladies cardiovasculaires 266 morts pour 100 000 habitants (29 % des décès) 2 cancers 241 morts pour 100 000 hab. (27 % des décès) 3 morts violentes 75 morts pour 100 000 hab. (8,3 % des décès) accidents domestiques (43 % des morts violentes), suicides (23 %), accidents de transport (17 %) et homicides (0,9 %) ; 4 maladies infectieuses 58 morts pour 100 000 hab. (6,4 % des décès)

        Si l’on distingue les différentes causes de morts violentes, on obtient le classement suivant :

        les maladies cardiovasculaires : 266 morts pour 100 000 habitants (29 % des décès) ; les cancers : 241 morts pour 100 000 habitants (27 % des décès) ; les maladies infectieuses : 58 morts pour 100 000 habitants (6,4 % des décès) ; accidents domestiques : 32 pour 100 000 habitants (3,5 % des décès) ; suicides : 17,5 pour 100 000 habitants (1,9 % des décès) ; accidents de transport : 12,9 pour 100 000 habitants (1,4 % des décès) ; homicides : 0,7 pour 100 000 habitants (0,08 % des décès), dont une grande majorité de crimes passionnels et conjuguaux (0,4 pour 100 hab. soit 0,04 % des décès et 50 % des homicides).

        Bref, en dehors des morts violentes d’origine passionnelle et conjugale, des crimes de ce genre dûement répertoriés (ce qui n’est pas le cas pour la victime) il y en a 3 ou 4 par semaine, en moyenne, en France. Alors pourquoi retenir celui-ci, en banlieue et un an après ce qui avait déjà été archi archi archi archi archi archi archi archi archi archi archi archi archi archi médiatisé ?

        Excellent dessin qui traduit bien de quel côté se trouve le problème, bravo l’auteur.


      • T.B. T.B. 7 novembre 2006 10:04

        J’ajouterai qu’on ne sait toujours pas qui est / sont le coupable. Et dans quelle mesure un abruti n’a pas reproduit les images dont on nous a gavés il y un an. Enfin, si le coup est monté de toutes pièces (je parle de ceux qui ont « mis le feu » comme JH, pas de la victime), ce n’est pas le ministère de l’Intérieur qui va nous l’annoncer vu que le ministre de l’Intérieur c’est Sarkozy, très orienté sur le thème de l’insécurité ...


      • panama (---.---.198.59) 7 novembre 2006 10:51

        @ TB : mais c’est un fait divers ! Si la TV ne parlait que des accidents cardio-vasculaires, il n’y aurait plus de TV.

        Les journalistes deviennent des boucs émissaires. Votre discours s’apparente à celui-ci : ne nous parlez pas de ceci ou de cela, parce que vous allez provoquer la même chose ailleurs.

        On dit qu’observer un événement c’est déjà intervenir dans cet événement. Mais cela ne vaut-il mieux pas que de ne rien montrer du tout, faire semblant que ça n’a pas existé ?

        En somme, vous ne voulez rien voir, ne pas savoir. Tout ça c’est la faute aux journalistes, pas à notre société. Cachons-nous donc les yeux, nous feindrons de croire que nous sommes plus heureux, que nous n’avons pas peur.


      • panama (---.---.198.59) 7 novembre 2006 10:54

        Dernière remarque Florian.

        Vous dites souhaiter intégrer une école de journalisme.

        Eh bien bonne chance maintenant ! Votre dessin, ça s’appelle cracher dans la soupe.

        Belle boulette qui va vous fermer bien des portes. Et qui vous suivra, n’en doutez pas.


      • Florian ROULIES 7 novembre 2006 14:26

        Je ne pense pas que différencier information et spectacle, actualité et divertissement, ainsi que rapport de faits et intox soit un obstacle majeur à l’entrée en école de journalisme...

        Mais si être journaliste c’est faire entendre aux gens uniquement ce qu’ils ont envie d’entendre, si être journaliste c’est s’en tenir au politiquement correct et au léchage de bottes gouvernementales, si être journaliste c’est ne pas pouvoir poser parfois un regard différent sur des tableaux restés dans l’ombre du stéréotype... si être journaliste, enfin, c’est refuser toute critique et toute remise en cause, alors oui, nous sommes d’accord, je n’intégrerai jamais aucune école de journalisme.

        Quant à ce dessin... pensez-vous que mon analyse me condamne ? Ma parole, cher Panama, vous considérez les journalistes comme des tyrans !


      • panama (---.---.198.59) 7 novembre 2006 16:31

        Non Florian, le journalisme c’est informer et analyser une information.

        Le truc de lécher les bottes, etc., ce ne sont que des mots. La réalité, c’est que les journalistes et le monde politique sont en contact constant. Les journalistes posent des questions aux politiques, les politiques leur expliquent ce qu’ils font, ou le pourquoi de ce qu’ils sont dit. Le journaliste retranscrit ensuite.

        Après, ces questions d’audience etc, mais n’importe qui fait la même chose ! Les chanteurs, les artistes, les écrivains, même ceux qui affichent leur « rébelion », ils ne font que ça : produire ce qui va plaire à beaucoup de personnes.

        Sinon, eh bien, personne ne les écoute. Et ils disparaissent.

        Alors où s’arrête la déonthologie et où commence la compromission ? La limite est floue.


      • Florian ROULIES 7 novembre 2006 17:30

        Oui, sauf que le journaliste n’est ni un chanteur, ni un comédien, ni un artiste... son rôle n’est pas de plaire, mais de retranscrire des faits, le plus objectivement possible. Et c’est d’autant plus vrai pour l’information de service public (JT de France 2, par exemple, qui est loin d’être le dernier à faire du grand spectacle...).

        Vous venez de mettre en lumière le principal problème : quand on réalise un reportage, on ne réalise pas un film de cinema. On ne se soucie pas de l’audience, mais de notre aptitude à retranscrire des faits tels qu’ils se sont passés.

        Quant à l’analyse, il est vrai qu’elle est fort importante, l’idéal étant même de proposer plusieurs points de vue et diverses hypothèses. Mais abreuver pendant 25 minutes le téléspectateur d’images de bus en feu (à plus forte raison des images datant de l’année passée) tout en s’écriant « ça va recommencer, ça va recommencer ! » n’est pas selon moi une analyse très pertinente...


      • panama (---.---.198.59) 7 novembre 2006 18:01

        Les journaux ont dit exactement : « rien n’a changé depuis un an, donc on peut craindre que ca va recommencer »

        Et quand il y a eu de nouveaux incidents, ils en ont parlé.

        On revient en fait à ce que j’ai déjà dit : observer quelque chose, c’est déjà intervenir dessus. Mais les media ne sont pas responsables de ces événements.


      • parkway (---.---.18.161) 6 novembre 2006 16:38

        bah ! qu’il y aient des crétins de journalistes, cela n’a jamais échappé à personne !

        Personne ne vous oblige à écouter ppda,pernaut et les autres !

        il faut voter pour ces salopiots disparaissent ou soit moins virulents !


        • Sabreaxel (---.---.57.80) 6 novembre 2006 16:59

          Etrange que l’insécurité ait explosé en France alors que les médias couvraient ce phénomène d’un silence pudique jusqu’en 2002. Il faut croire logiquement que la médiatisation n’en est pas une cause majeure.


          • yan essal (---.---.129.170) 6 novembre 2006 18:26

            Oui ce dessin est excellent et résume bien la situation .

            Pour le texte ci dessus , il y a beaucoup à dire , du ,positif d’abord sur le comportement des journaleux , je ne dis plus journalistes , dont la vacuité se nourrit de fait divers et qui devraient avant tout se contenter de la rubrique chiiens écrasés .

            du mauvais aussi « personne ne s’intéresse à ces quartiers , à ces jeunes »

            mais sont -ils intéressants ????

            J’en doute ,permettez moi de le dire

            et pourquoi devrait-on s’intéresser à quelque chose d’ininterressant ?

            par charité chrétienne je suppose ?

            Ces jeunes et ces quartiers sont l’expression de la vacuité consummériste , celle qui les a fait venir ici en France s’aglutiner dans ces banlieues HLM que je connais bien car j’en suis et j’en suis sorti .

            J’en suis sorti car je ne supportais pas cette nullité, cet ennnui collectif au quotidien , je ne supportais pas la France non plus pays de beaufs repus et satisfaits de leur foot hebdomadaire , de leur bouffe , de leurs courses au caddy le samedi .

            Dans mon quartier maintenant il n’y a rien non plus , pas de médias , pas de voisins , la forêt et c’est tout... hé bien vous savez quoi , je ne m’ennui pas ! j’ai pas de voitures à brûler et les médias me font gerber .

            La question est donc , la question de fond j’entends , est-ce que la réponse est vraiment économique ? est-ce vrraiment la misère qui pousse ces jeunes ? Ou n’est-ce pas non plus une crise de société qui frappe autant les journaleux que les jeunes ???


            • cheops (---.---.15.139) 6 novembre 2006 23:58

              Et pourtant là ils vous intéressent bien puisque vous venez ici nous en parler ! Heureusement qu’ils sont là (les beaufs et le autres) pour vous rassurer sur vous même ! Surtout quand ils vont mal !


            • (---.---.114.215) 7 novembre 2006 00:06

              Bien jeté !

               smiley


            • Gasty Gasty 6 novembre 2006 21:19

              J’adore ! la vérité par l’humour, c’est un art !


              • Ulric (---.---.114.215) 7 novembre 2006 00:13

                @ Florian

                J’aime ton dessin pour sa simplicité et son cadrage qui augmente la teneur et l’impact du message à passer. Un bon graphisme, bravo

                Question : Comment fait-on pour publier des dessins sur Agoravox ?

                Cordialement

                Ulric

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