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Accueil du site > Culture & Loisirs > Dessin du jour > Un ex-Président ne devrait jamais écrire ça : le livre de François (...)

Un ex-Président ne devrait jamais écrire ça : le livre de François Hollande

Il s’agit d’un livre assez épais, donc je me le suis procuré dans le monde virtuel chez Kindle pour 15,99 euros au lieu de 22. Et le prix unique du livre, s’emporte le citoyen-auteur que je suis, submergé par le consommateur fauché ! Fiche de lecture éminemment subjective. Caricature d'Anouk Depeyrot. Par Pierre-Gilles Bellin.

Le « Trou de souris » : expression réelle, seul créneau de tir qui restait aux Présidentielles de 2017 selon des membres de son entourage à M. Hollande. Une caricature d'Anouk Depeyrot sur une idée de Pierre-Gilles Bellin.

« Résumer » et « subjectiviser » Les leçons du pouvoir sont divisées en 18 chapitres résumés par des verbes : « Présider », « Vivre », « Réagir », etc. La « Philosophie de la décision » ; « Les leçons du pouvoir » : d’emblée, la barre est élevée. Ce fin tacticien qu’est l’auteur, cet humouriste aux portraits assassins, celui qui fait rire en ville, a-t’il acquis depuis sa défaite les profondeurs d’un François Mitterrand ou d’un De Gaulle ?

L’ouvrage suit globalement la trame temporelle du quinquennat, même s’il part de la passation du pouvoir où, dans un court paragraphe à la limite du hors-sujet, François Hollande fait part de réflexions sur la monarchie qui lui ont été tenues par Monsieur Macron. Suit le quinquennat jusqu’au tournant du terrorisme : nous apprenons peu de ce que nous ne savons déjà. « Faire face » est le chapitre sur les attentats vus du sommet et sur le terrain. Horrifique. Il est suivi presque aussitôt par « Vivre », consacré aux trois femmes de président, de Mme Royal à Julie Gayet ; et l’auteur d’expliquer selon lui pourquoi Mme Trierweiller a écrit : Merci pour ce Moment. Cela tiendrait à une raison institutionnelle, présentée de manière peut-être alambiquée. En tout cas, cela n’a que peu à voir avec une raison de tromperie, de scooter, de croissants et de casque. On bondit ensuite à la question européenne, l’euro, les achats directs des créances par la Banque centrale, le référendum grec, où un peuple rejette un plan que ses dirigeants lui imposent ensuite. Suivent l’immigration, le succès théorique de la COP 21 (la conférence climatique), la réduction du déficit, le choix d’une politique de l’offre via le crédit d’impôt aux entreprises. « Parler » est un peu le « discours de la méthode » de l’ex-président, où il fait leçon sur l’art d’écrire les 300 discours de son quinquennat. Citation : « La parole politique… [ces trois petits points indiquent la réflexion en cours] On la veut dense, solennelle, impérieuse. Elle est d’abord fragile ». A mon sens, tout le style et le fond sont là. Puis nous sommes re-conviés à un retour en arrière : cette longue leçon servait en fait à préparer les raisons pour lesquelles les promesses du discours du Bourget ont été respectées… mais il y reviendra pour nuancer. Toujours dans « Parler » : suivent des avancée chronologiques, des réflexions à brûle-pourpoint : l’auteur remercie ainsi un lanceur d’alerte (Antoine Deltour), mais oublie Julian Assange et Edward Snowden, auxquels il refusa l’asile politique. Puis il passe sur ses discours que la météo a transformés en crashs communicationnels, sacrifiant à l’auto-ironie. « Réformer » : fin du bouclier fiscal, mariage gay, fin (limitée) du cumul des mandats (sauf M Le Drian), diminution du nombre des régions (si la Bretagne n’est pas agrandie par la Loire-Atlantique, selon les souhaits des Régionalistes, c’est qu’elle ne veut pas s’unir aux pays de la Loire, nous explique-t-on. Mais comment l'auteur le sait-il sans demander aux habitants ?). Puis retour aux promesses électorales : pourquoi pas de proportionnelle, finalement ? On aurait pu y répondre au début, dans « Présider », sorte de petit traité de droit constitutionnel où l’auteur conseille de « présidentialiser totalement l’actuelle République ». Sans plus de détails. «  Réagir », qui aurait presque pu être le titre de presque chacun des chapitres, est consacré au cas Leonarda, cette jeune fille du Kosovo que l’administration (et Manuel Valls) voulait expulser mais à laquelle il donna une dérogation, après lui avoir téléphoné (dans le cas de cette malheureuse, la police avait été la chercher à la sortie de l’école…). Puisque « réagir » semble consacré aux cas individuels, le cas Rémi Fraisse est longuement exposé (ce militant tué à bout portant dans une forêt), le cas Notre-Dame-des-Landes très brièvement… Mais si on laisse les Zadistes en place, c’est en partie qu’« interdire les cortèges est une atteinte à la liberté » (les gens des cortèges contre la loi-El Khomry apprécieront, notamment ceux qui ont tourné autour de bassin de l’Arsenal sous prétexte d’état d’urgence). On attend des cas Fraisse ou Zad une sorte de généralisation sur le rapport de nos sociétés à la Nature, mais la question semble ne pas se poser.

« Présider et consoler » est d’abord consacré au crash d’Air Algérie (24 juillet 2014) : « Les catastrophes aériennes sont de plus en plus rares, ce qui les rend de plus en plus inacceptables », lit-on. Catalogue d'une compagnie aérienne ? Non, plume de l'auteur. C’est aller vite : quid du « plus grand mystère de l’aéronautique », le crash de la Malaysian Airlines (MH 370, 9 mars 2014) ? De la Germanwings sur les Alpes (24 mars 2015) ? Quatre mois après le MH 370, de la destruction d’un appareil de la Malaysian par les Russes sur l’Ukraine (est-ce un message aux auteurs du crash de la MH 370 ?) (MH 17, 17 juillet 2014) ? Du crash des deux hélicoptères du tournage de l’émission Dropped de TF1, le 9 mars 2015, emportant Florence Arthaud et dix personnes, dont de grands champions ? Quid, le 26 janvier 2015, sur une base espagnole (Albacete), d’un F16 qui au décollage se déporte sur sa droite, perd son altitude, se crashe et tue une vingtaine de personnes, dont huit Français, détruit un Alpha-Jet et un Mirage 2000 ? Le discours de Hollande se modèle finalement un peu sur celui de Trump qui nous dira, après un an de mandat : « Depuis que je suis là, il n’y a eu aucun crash aérien ». Rapport ? Sur le plan humain, s’ajoutent les refus de l’Etat de recevoir l’homme qui a perdu sa femme et deux de ses enfants le 9 mars, Ghyslain Wattrelos, qui mène une enquête peut-être manipulée dès le départ… jusqu’au découragement final (après lui avoir fait enfin visiter des installations secrètes, montrer des photos satellites de la carcasse de l’appareil sur les flots, et reçus les conseils sincères et forcément désintéressés d’abandonner). A contrario, rappelons au passage les menaces qu’a reçues Marc Dugain, qui faisait la même enquête : « Combien de fois j'ai entendu : ‘‘ Laisse tomber, c’est une mauvaise histoire, une mauvaise affaire ’’, de la bouche de spécialistes du renseignement. […] Pourquoi se risquer à menacer lorsque l’on n’a rien à cacher ? » (voir ici : https://www.lexpress.fr/actualite/societe/mh370-marc-dugain-le-romancier-devenu-malgre-lui-chouchou-des-complotistes_1705210.html).

« Regretter » aurait aussi pu être le titre fourre-tout de nombreux thèmes, mais là le chapitre est consacré aux erreurs du projet de déchéance de nationalité. Problème éthique, ou plutôt problème d’une majorité introuvable, quand des ténors de la droite rappellent leurs propres histoires familiales ? Puis nous repassons au thème fiscal, au « ras-le-bol » fiscal des Français, à la loi El-Khomry. « Punir » est le titre du chapitre suivant, consacré à l’affaire Cahuzac… F. Hollande réussit le tour de force de remercier MediaPart d’avoir contacté le Procureur de la république… Mais voilà enfin quelques-unes des leçons du pouvoir : il crée le Parquet financier, une Haute autorité pour la transparence de la vie publique (avancées que l’on ne peut dénier, mais il faudrait peut-être se pencher sur les moyens). « Nommer » sera logiquement le chapitre suivant consacré d’abord à son premier Premier Ministre, Jean Marc Ayrault, M. Le Drian, le couple Valls-Taubira (jusqu’à la démission de celle-ci), etc. C’est une sorte de présentation type CV. A souligner : son refus de principe et républicain de placer aux postes gouvernementaux des gens de la « société civile » (excepté M Macron) et cette phrase : « J’estime que le maillon essentiel c’est le corps préfectoral ». « Rompre » ne sera pas consacré au retour de problèmes conjugaux, mais en grande partie à Arnaud Montebourg… avec un flash-back sur le dossier Alstom ; puis on évoque la cuvée du redressement dans le fief montebourgien qui aboutira à l’éjection du ministre et de Monsieur Hamon. La suite, c’est l’engrenage qui mène à sa non-représentation aux Présidentielles de 2017 : avec en apogée l’évocation de l’ouvrage Un président n’aurait jamais dû dire ça, où il cloue au pilori la transcription « maladroite » de « certains » de ses propos (je note que c'est dans cet ouvrage où l'on voit un Hollande vivant et amusant) ; suit l’évocation de la candidature de Manuel Valls, sur fond de primaires, d’éclatement de la gauche en candidats multiples et sur fond aussi de fracture européenne, la conscience qu’il fera un score symbolique. Le dernier cinquième du livre est consacré à Emmanuel Macron et à sa « trahison ». Quelques anecdotes sur le départ des derniers fidèles, le délitement de l’équipe devant la perte de crédibilité…

« Conclure » Il s’agit du livre le plus ennuyeux que j’ai lu, à part Servir de l’ancien chef d’état major Pierre de Villiers (sorti début 2017). Mais avec quelques grands moments : les négociations avec Poutine, qui avale la Crimée et la moitié de l’Ukraine ; un Poutine dont les seules motivations sont nationalistes ; un dîner avec un Obama pas très sympathique, qui chipote sur son fromage ; Trump, qui appelle F. Hollande pour savoir s’il ne lui trouverait pas quelque collaborateur. Pour le reste, l’ouvrage, qui tient aussi du règlement de compte, est un plaidoyer, avec des allers-et-retours incessants, des chapitres vaguement thématiques. Comme pour le quinquennat, il n’y a pas de vertèbres, quelque chose qui mène vers autre chose… Ce plaidoyer tue le livre, on ne peut plus y attendre d’objectivité, mais des moments qui se suivent, reviennent, des quarts de vérités, des oublis, une sorte d’autisme avec la sensibilité et l’émotionnel en moins. Le plus gênant, ce sont les manques, les creux : en trop, les tentatives de régler un compte avec E. Macron, qui occupent les derniers 21 % du livre à lui presque seul ; les éloges au chef d’état major Pierre de Villiers, auxquels on croit peu (pour tout dire, il donne l’impression de chercher à porter tord à E. Macron) ; l’oubli de Bernard Bajolet, son compère de la DGSE, pour lequel il a repoussé la limite de départ à la retraite… peut-être parce que celui-ci s’est retrouvé dans le clan Macron ? Pourquoi l’un et pas l’autre ? Autre oubli, sa plaisanterie devant Mme Trierweiller sur les « Sans-Dents » : reflète-t-elle le goût d’un « bon » mot, un mépris social, une indifférence à autrui (je me souviens, dans Merci pour ce moment, cette scène où il propose à sa compagne qu’ils prennent un somnifère après une querelle). Quoi qu’il en soit, les grandes fractures sociales du pays sont surtout évoquées au travers de grosses ruses tacticiennes, qui cachent l'existence d'une vraie pensée, ou d'une véritable compassion : la fracture sur l’Europe, ingérable avec des Hamon et des Montebourg, le « monôme de Frangy » (bon mot) dont le mépris pour le Président et J.-M. Ayrault n’a jamais été caché ; le passage à une économie de l’offre ; l’a-écologisme du Président, qui met pourtant en avant avoir maintenu une alliance « verte » en offrant un ministère à Emmanuelle Cosse après le départ de Cécile Duflot, laquelle « Emma » avait pris la tête d’EELV, amenant la dislocation d’un parti dégoûté qui avait accepté pour deux ministères et deux dizaines de députés le maintien de Fessenheim et de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Pourtant, peut-être, l’homme cache-t-il des passions, comme cet ancien ministre de Droite spécialiste des Métamorphoses d’Ovide ? Aurait-il du pousser son art du portrait, des bons mots ? Pourquoi se retenir ? Fallait-il le pousser dans ses retranchements, ses pudeurs ? Qu'il fasse carrément une sorte de manifeste contre Emmanuel Macron ? Avoir choisi des verbes pour les chapitres, loin de surligner des actions, rend plus sensibles les flous, le fait d’être agi du dehors, de se placer dans le court terme, l’illusion tactique. Son titre achève de décribiliser l’ouvrage. Il met en exergue une crise plus qu’existentielle débordant de toutes parts, dont les leçons personnelles et collectives semblent impossibles à tirer. Que n’a-t-il pu hélas dépasser cette rancœur face à E. Macron, qui n’a fait que suivre ses propres leçons ?

Mais si F. Hollande n’était pas vraiment démocrate ? A la fin de ma lecture, je me suis demandé : ai-je dormi où F. Hollande n’a-t-il nulle part évoqué l’état d’urgence, ses xièmes prolongations ? Si, en fait : à 25% du livre (sur Kindle), je lis qu’il « est faux » que « [les] renseignements s’exercent indistinctement sur tous les citoyens et que la lutte contre le terrorisme débouche mécaniquement sur le développement d’un État tutélaire capable d’espionner à tout moment n’importe qui, n’importe où ! » Dans la même veine, les écoutes obéissent à des règles précises. Mais, pour ratisser les terroristes, ne faut-il pas ratisser tous les mails et tous les mots clés, les appels/SMS d’une immense population ? Avec la fusion RG-ex-DST, devenus aujourd’hui la DGSI, le secret-défense n'a-t-il pas été généralisé aux ex-RG (à l’origine un peu une officine de sondage pour les gouvernements) ? Ce secret n'est-il jamais invoqué contre des militants, ces horribles « droits de l’hommistes », ces Nuit-Debouts qui « nous empêchent de travailler » ? Aujourd’hui, il suffirait d’un copier-coller pour envoyer quelques dizaines de milliers de personnes en prison si un Erdogan prenait le pouvoir. Le pouvoir des instances de contrôle, leurs effectifs, budgets sont dérisoires. A mon sens, ce qui illustre le plus les opacités mises en place par les lois sécuritaires de F. Hollande, c’est que désormais connaître sa fiche, tout autant que son existence, sont impossibles. Démonstration grâce aux journalistes Camille Polloni (voir ici : https://www.mediapart.fr/journal/france/101117/surveillee-et-fichee-la-journaliste-camille-polloni-obtient-une-demi-victoire-judiciaire?onglet=full) et Olivia Recassens (voir ici : https://www.franceinter.fr/emissions/l-interview/l-interview-25-mars-2017) ; et aussi, excusez-moi, via mon cas, tout petit activiste modéré de « province » (Voir ici : https://blogs.mediapart.fr/583385/blog/040617/linenarrable-histoire-du-contre-projet-au-stade-de-tremelin-en-broceliande).

 Annexe : Parcours de démocrates en liberté surveillée. Le cas exemplaire du journaliste Camille Polloni. La non-confidentialité des données échangées : le manuscrit intercepté de la journaliste d’investigation Olivia Recassens. L’auteur de cet article : fiché pour avoir arrêté un stade d’athlétisme en pleine nature (voir ici : https://blogs.mediapart.fr/583385/blog/040617/linenarrable-histoire-du-contre-projet-au-stade-de-tremelin-en-broceliande) et l’impossibilité de le savoir.

Que ces expériences évitent d’abord aux activistes potentiels de perdre leur temps, afin de se concentrer sur l’essentiel… Depuis les lois sur le renseignement de l’ère Hollande puis intégrées dans le droit commun sous Emmanuel Macron, un activiste moyen ou un lanceur d’alerte peut-il savoir s’il est fiché, comment il l’est, c’est-à-dire ce que contiennent les fiches ? Non. J’ai testé pour vous. Doublement, triplement. Bien évidemment, il faut certaines raisons pour être fichés, mais l’étendue du fichage a augmenté beaucoup plus que proportionnellement aux dangers. Il faut être un activiste plutôt qu’un militant, entretenir des relations avec des activistes déjà fichés, être journaliste ou écrire certains livres, sur certains thèmes, nuls comme géniaux. Sur combien d'années en fait la traçabilité des appels téléphonique est-elle assurée par les opérateurs ? Un mail ou une recherche sur son ordinateur ou faite d’une médiathèque est archivée sur une année. Et-ce vrai ? Il suffit d’un mail en clair adressé à un opérateur quelconque pour qu’au moins vos méta-données soient conservées (nom du mail, objet, titre des pièces jointes). L’un des deux auteurs de Bienvenue Place Beauvau, Les secrets inavouables d’un quinquennat (Robert Laffont, mars 2017), Olivia Recassens, a découvert, alors qu’elle était convoquée par une commissaire de l’inspection générale des polices au ministère de l’intérieur, que celle-ci détenait une vingtaine de pages de son manuscrit (selon le témoignage qu’elle a donné à Secret d’info, sur France Inter, le 25 mars 2017). Autre journaliste : Camille Polloni. Il a fallu huit années de procès à celle-ci pour savoir qu’elle était fichée, et obtenir du Conseil d’état réuni en chambre spécial avec des juges habilités secret défense pour qu'un arrêt enjoigne à « la ministre des armées […] de procéder à l’effacement des données concernant Mme Polloni illégalement contenues dans les traitements de données nominatives de la Direction du renseignement militaire ». Pourquoi était-elle fichée ? Ses sources étaient-elles compromises ? Que contenaient ces fiches ? Elle ne le saura jamais. Elle avait fait fort, tout de même : être fichée à la Direction du renseignement militaire (la DRM). C’est le must, avec le DGSE. Elle avait le choix, pourtant : car il existe une cinquantaine de grands fichiers. Par contagion logarythmique, toutes les relations personnelles et familiales d’un activiste ou d’un lanceur d’alerte sont concernées. Y compris peut-être son Papa et sa Maman.

Pour faite l’expérience de ce blocage « systémique », j’ai donc demandé ma fiche à la Commission nationale informatique et liberté (le Défenseur des droits, en 2018 Jacques Toubon, n’étant pas habilité au contraire de ce qu’indique l’intitulé de son titre ; nous pouvons le regretter, d’ailleurs).

 

Réponse-type de la Commission Nationale Informatique et Liberté au fiché qui demande s'il est fiché. Réponse-type de la Commission Nationale Informatique et Liberté au fiché qui demande s'il est fiché.

En français moyen, que me dit-on là ? On s’est opposé à la communication de mon dossier ? Je redemande quelques précisions à Madame la présidente de la Cnil.

Réponse type de la Commission Nationale Informatique et Liberté au fiché qui ne comprend toujours pas qu'on ne lui dira même pas qu'il est fiché, puique cela est "Secret-défense". © Pierre-Gilles Bellin Réponse type de la Commission Nationale Informatique et Liberté au fiché qui ne comprend toujours pas qu'on ne lui dira même pas qu'il est fiché, puique cela est "Secret-défense". © Pierre-Gilles Bellin

La réponse de la présidente me revient vite : le ministère de l’intérieur s’est opposé à que je connaisse le fait que j’étais ou non fiché. Ce qui ne veut pas dire que je suis fiché, puisqu’on s’oppose à la communication de tout dossier… que la personne concernée « soit ou non connue du fichier concerné ». Pour ma part, peut-être l’ai-je appris par d’autres voies, mais j’ai bien peur que le dire soit secret-défense. Le système est si verrouillé que même non fiché vous ne pouvez le savoir. Quand, non fichés, ne pourrons-nous plus le dire sans trahir le secret-défense ? Puisque le savoir suppose qu’on a du trahir le fameux secret. C’est orwellien : Orwell, voici l’auteur que devrait lire M. Hollande.

Et pour mes appels téléphoniques ? Suis-je tracé ? Je demande donc à la « Commission nationale de contrôle des techniques de renseignements » (sic). Réponse.

 

Quand l'on vous dit cela après avoir lu les réponses-types de la CNIL (bien désolée de ne pouvoir faire mieux, ainsi que me l'a dit une fois une fonctionnaire), vous savez que ce n'est pas la peine de continuer. Mais que se passerait-il si, pour rendre service, la DGSE nous écoutait de l'étranger ? Cela se serait passé pour le député Thierry Solère, ce qui a été dementi par l'organisme concerné (voir ici : https://www.mediapart.fr/journal/france/130416/ecoutes-de-thierry-solere-la-dgse-dement-la © Pierre-Gilles Bellin Quand l'on vous dit cela après avoir lu les réponses-types de la CNIL (bien désolée de ne pouvoir faire mieux, ainsi que me l'a dit une fois une fonctionnaire), vous savez que ce n'est pas la peine de continuer. Mais que se passerait-il si, pour rendre service, la DGSE nous écoutait de l'étranger ? Cela se serait passé pour le député Thierry Solère, ce qui a été dementi par l'organisme concerné (voir ici : https://www.mediapart.fr/journal/france/130416/ecoutes-de-thierry-solere-la-dgse-dement-la © Pierre-Gilles Bellin

 

 

Là, j’ai laissé tomber : il ne sert à rien d’utiliser les voies légales pour connaître son dossier, que dissimule l’extension du domaine secret défense sous Monsieur Hollande, maintenue dans la loi par Emmanuel Macron. Contre une installation de lisier, une déchetterie dans la forêt, le saccage du bocage, des amis à moi pensaient ("bons pères de famille", simples citoyens engagés) qu'ils étaient écoutés à leurs infimes niveaux, et ce bien avant les lois sur le renseignement. Bref, le système s’est blindé contre toutes ses dérives…


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4 réactions à cet article    


  • Le421 Le421 9 mai 10:59

    Bien peu de commentaires sur votre article.
    Ceci dit, votre recherche sur les actions de la CNIL serait bien plus intéressante que l’analyse d’un livre de l’ancien Président.
    Non ??


    • Le421 Le421 9 mai 11:00

      @Le421
      Quand je parle d’actions de la CNIL, j’aurais du mettre le préfixe « in », bien sûr !!


    • Pierre-Gilles Bellin 9 mai 22:32

      Oui, peu de commentaires. Je crois que cela est à la hauteur de l’intérêt qu’inspire à présent François Hollande. Bien avant l’état d’urgence, j’avais eu un assez long entretien avec une fonctionnaire de la Cnil : elle déplorait vivement déjà la limitation de ses moyens. Quant au parcours des fichés, il est rendu impossible : c’est au coeur de l’état de droit une atteinte fondamentale aux libertés, si tout devient secret-défense.


      • Stella2b 10 mai 16:52
        RAS
        Ce fade personnage, paresseux et lâche, ne mérite même pas d’être nommé dans les livres d’histoire tant il est insignifiant.

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