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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > En mettre sa main au feu

En mettre sa main au feu

 

Les deux feront la paire.

 

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Signe d'eau et de feu, notre ami a fondé son existence sur la maîtrise de ses deux éléments. Le feu fut pour lui le moteur de son existence, une explosion de savoir-faire qui le poussa à effectuer son métier dans ce domaine. Rien de la bougie au piston, de l'injection à l'admission, il donnait dans la clef qu'elle fut à pipe ou bien à tube. Il passa tellement de temps sur ou bien sous le pont qu'il se prit de passion pour la navigation.

Là encore, son adresse fut le moteur de ce changement de cap. Il mit les mains dans le cambouis pour prendre le large cherchant par quel canal relier ses deux passions. Eau et feu, si l'association peut faire bon ménage, elle n'en est pas moins sans risque. Il appartient de faire attention à là où l'on met les pieds ou bien les mains.

L'hélice lui donna des envies de grandeur. Il ne se contenta pas de rester hors du bord, il lui fallait conquérir l'impossible, les péniches et les grandes embarcations. Il avait deux petites roues dans la tête qui tournaient en boucle, un rêve pour qui est amateur de vieilles automobiles. Un bateau à vapeur ou du moins une réplique presque parfaite, qui le poussa à se lancer dans une formation au long cours.

Tout en jouant de la péniche, il resta marinier, en profitant pour se libérer de ses amarres passées qu'il vivait comme une entrave à son nouveau projet. Il ne resta pas longtemps sans trouver couchette à son pied, installant son hamac en bord de Loire. Désormais, c'est à cette rivière qu'il consacrerait le plus clair de son temps sans oublier quelques escapades en mer.

Il touchait son objectif des deux mains. Les roues à aube allaient tourner sous sa gouverne, un objectif auquel il avait consacré tant d'énergie que nul ici, ne serait venu lui disputer cet honneur. Capitaine d'honneur du bateau amiral en cette cité prétendument capitale ligérienne. Il avait pris du galon et de la distinction. Il était du petit mécano qui a force de travail et de persévérance passait de la salle des machines au poste de pilotage.

Tout était pour le mieux, il lui restait deux ou trois retouches ; des petits travaux de peinture pour que rien ne soit de travers. Comme il était soigneux, il mit des gants en caoutchouc, la chose pour élémentaire qui soit n'en fut pas moins la source de son drame. Il eut un instant d’inattention, quand on est un étourneau, il est normal de ressembler à la linotte.

Une étincelle vint mettre le feu aux poudres ou plus exactement à une atmosphère chargée de vapeurs inflammables. Dans une cité qui célèbre Jeanne d'Arc, le bûcher pend au nez de celui qui veut lui faire traverser la Loire. Il vit ses mains s'embraser, espérant qu'elles soient protégées par ses gants. Pour son malheur, ils étaient en caoutchouc et un retour de flamme vint lui brûler ces précieuses paluches avec lesquelles il comptait tourner le macaron.

Il fut pris en charge par les secours. Si le mal est fait, il n'est plus qu'à attendre que la cicatrisation se passe le mieux possible. Il m'a cédé son aventure afin que son expérience serve de leçon à d'autres. Voilà bien souci digne d'un bon capitaine. Ceux qui l'ont reconnu lui en sauront gré.

Le récit ne peut être au premier degré. D’une main je le rédige au second tandis que de l'autre, je pousse la subtilité jusqu'au troisième. C'est ma manière de l'encourager à ne pas baisser les bras, à supporter un temps ces terribles brûlures afin que dans peu de temps, tout ceci ne soit qu'un mauvais souvenir. Il n'est pas le premier à s'être brûlé les ailes à vouloir se rêver en Icare. Il y a eu dans le passé des incidents de ce type qui me firent écrire un conte : le passeur Albatros. Je n'ai plus qu'à lui souhaiter un prompt rétablissement, certain qu'il n'est pas homme à passer la main pour si peu. Bien sûr, ce récit est à lire entre les lignes, ce qui avouons-le est bien plus simple que de nager entre deux eaux.

À contre-feu.


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3 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 24 février 15:58

    La cité d’Albâtre. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas..... C’est un point assuré plein d’admiration,
    Que le haut & le bas n’est qu’une même chose :
    Pour faire d’une seule en tout le monde enclose,
    Des effets merveilleux par adaptation.

    D’un seul en a tout fait la méditation,
    Et pour parents, matrice, & nourrice, on lui pose,
    Phœbus, Diane, l’air, & la terre, où repose,
    Cette chose en qui gît toute perfection.

    Si on la mue en terre elle a sa force entière :
    Séparant par grand art, mais facile manière,
    Le subtil de l’épais, & la terre du feu.

    De la terre elle monte au ciel, & puis en terre,
    Du Ciel elle descend, recevant peu à peu,
    Les vertus de tous deux qu’en son ventre elle enserre.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 24 février 16:43

      Est-ce une allusion au thème astral de Poutine ?? Pluton (HADES) Mercure (Hermès) et Neptune (le trident du TRISMEGISTE) ou THOTH en stock...


      • juluch juluch 24 février 21:00

        Un bon rétablissement à lui !!!

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