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Il a perdu le Nord

Il a perdu le Nord

Les instruments s’affolent ….

Il a perdu le nord et le voilà à l’ouest à scruter la ligne rouge de la marge. Il n’est plus temps de vérifier les instruments de repérage : ce sont les hommes d’équipage qui ont décidé de rompre les amarres, de prendre leur indépendance et de se priver de ces mots qui pour eux étaient des maux de tête. La note est salutaire car il convient de changer de cap quand l’inéluctable se présente à vous. La partition était cacophonie, la copie est froissée mais le maître de bord n’a ni remords ni regrets. La roue a tourné pour lui permettre de découvrir de nouveaux horizons, loin de ceux qui faisaient la lippe quand il bonimentait …

Le soufflé est tombé, le point n’est plus à faire ; voilà une corvée de moins pour laver le pont. La portée est déchirée, l’anicroche a remplacé la croche ; des marins mutins ont investi la chaloupe de secours, pensant laisser l’amer sur le pont, lui qui jamais ne partageait leur tempo. Qu’ils filent vers de nouveaux horizons en mettant le cap vers le grand Sud, le sien restera à jamais la rivière, sa tendre dame Liger. Elle n’était pas assez grande pour eux ; ils se rêvent naviguant sur des océans lointains, des terres de soleil et de rythmes endiablés. Qu’ils aillent au antipodes : il se plait bien mieux entre les levées de sa rivière.

Le mousse ne va pas sombrer avec son rafiot et ses instruments de bord. La fronde allège l’esquif et le libère de l'homme d’équipage réfractaire. Elle glisse un caillou sur mes pieds nus pour le pousser à retenir la leçon. Ces marins resteront sans voix quand leur retour ne sera plus possible. Notre homme quitte le radeau de la Méduse ; l’illusion est tombée d’une navigation collective. L’harmonie suppose une seule langue. Sa nouvelle route ne manquera pas d’épices ; elle donnera du piment à son nouveau défi !

Son canoë s’allège et c’est bien mieux ainsi. L’aventure achevée ne laissera que de bons souvenirs quand le soufflé sera retombé. Le vent, une fois encore, changera de bord ; il lui joue des tours pour qu’ainsi chacun puisse saisir la moindre brise. De sa vigie, perché sur son perroquet vert, le prosateur envisage de nouveaux lendemains enchanteurs. Le conte prend du galon, la barrique percée portera d’autres histoires.

Chacun retourne à son port d’attache : les uns voguent vers une grande destinée, d’autres rêvent se voir en haut de la carte. Tous sont compagnons des étoiles et pirates des caraïbes ; marin d’eau douce ou bonimenteur à quai. Celui qui ne fut pour eux qu’un passager clandestin leur souhaite bonne route ; chacun emplissant sa soute de ce qui lui tient à cœur. La musique suffit à leur bonheur, les mots le satisfont plus encore.

La leçon est à retenir pour grandir et repartir d’un pied nouveau. Les points cardinaux ne seront jamais très catholiques pour un mécréant. Le magnétisme s’affole ; les repères se perdent tout autant que les illusions. C’est, pour l’heure, le diseur de belles aventures qui s’émancipe du carcan d’un équipage disparate. C’est au creux momentané de la vague que l’on retrouve souffle et élan. Le conteur reprend du poil de la bête, pourvu que ses mots continuent d’éclairer la voûte céleste.

Il a des ailes à ses souliers ; il lui suffit de reprendre la route et d’ouvrir une nouvelle page. Il y aura d’autres tempêtes, de nouveaux horizons et sans doute de nouveaux compagnons, quelques mâts de misaine et de magnifiques escales. Ainsi va la vie quand les cordes mettent les bouts !

Point de bataille navale, rassurez-vous, ni de règlement de conte sur le livre de bord. Tout cela n’est que le lot commun des équipages qui se constituent pour une course et se dissolvent aussi vite. On se tape dans la main, on tire quelques bords, puis, les routes divergent quand le rideau finit par tomber plus sèchement qu’à l’accoutumée. On se retrouvera sans doute dans une taverne en buvant un mauvais rhum et en évoquant le temps où on suivait la même étoile.

Pour l’heure, le rêveur se fait résolument « raconteux d’zistoires ». Il continuera à souffler le vent pour aller de l’avant ; c’est au fil de la plume qu’il trace sa route. Les mots sont son royaume ! Si la note est salée, la phrase coule de source

Séparément leur.

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8 réactions à cet article    


  • juluch juluch 12 septembre 2016 11:31

    Je crois Nabum que vous venez de rentrer en Métropole  smiley


    • C'est Nabum C’est Nabum 12 septembre 2016 14:05

      @juluch

      Vous croyez juste et j’en suis tout retourné


    • UnLorrain (---.---.23.211) 12 septembre 2016 17:20

      @ Nabum

      Retourne dites vous...dans le sens de deboussole ? ;)

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