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Inauguration ligérienne

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L’Auberge de Sigloy

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Le voyage du Tacon a servi de prétexte à inaugurer en grande pompe l’Auberge de Sigloy. Depuis deux ans, l’estaminet était fermé : le précédent gérant ayant eu quelques difficultés à joindre les deux bouts. Deux nouveaux personnages se sont lancés dans l’aventure depuis le 1er mai : Frédérick et Dominique, pour le plus grand bonheur de ce petit village pour lequel la présence d’un commerce est vital.

Nous nous savions attendus et avions hâte de nous installer afin d’être prêts à accueillir les villageois qui devaient venir à notre rencontre, chez nos amis les Passeurs de Loire qui nous avaient offerts ponton et terrain pour établir notre Taconnerie. Le vent contraire nous fit bien des misères, retardant notre arrivée et nous forçant parfois à ramer à l’envers. Nous voyageons chacun sur un canoë, prévu pour deux ou trois et qui, dans ces coups de temps-là, a tendance à faire demi-tour face à Éole !

C’est ainsi que, sans trop y regarder, tout à mon empressement à me reposer avant la balade contée que je devais animer, je jetai ma tente d’un œil distrait. Grand mal m’en prit car elle se posa négligemment sur une fourmilière d’individus de fort belle taille. Sur le moment, je ne remarquai pas la fâcheuse occurrence et me lançai dans une sieste salvatrice.

Les premiers habitants de Sigloy arrivèrent timidement. Je pensais que la distance qui sépare la Loire du village allait constituer un frein et que le plus grand nombre d’entre eux allait attendre devant l’auberge. Que nenni ! Progressivement, ils arrivaient par petits groupes pour finir par constituer une troupe d’une bonne centaine de promeneurs. Quel honneur !

Avec ma tenue de berger incertain, mon bâton et mon air niais, j’invitai donc mon troupeau à me suivre non sans avoir présenté le Voyage du Tacon. Patricia, la maire du village, se chargeant de réguler le convoi qui, bien vite, s’étira sur une centaine de mètres. Quand le député arriva à notre rencontre, je fis la première halte pour délivrer la véritable histoire de la croix Tibi.

Nous reprîmes notre pérégrination ; je devisai de-ci de-là avec des gens charmants, tous soucieux de connaître notre état de forme et les conditions rencontrées lors de notre périple, en ce mois de mai qui se refuse au printemps. Puis j’offris à tous, juste avant de quitter la levée, le tout premier de mes contes : celui qui a créé le personnage et que j’aime tant à dire. Tous étaient à mon écoute ; je découvrais ce pouvoir incroyable de la parole sur l’imaginaire des gens.

Arrivé devant l’Auberge, je retrouvai Casimir et Georges qui avaient installé la sonorisation sous une tente. Nous nous effaçâmes devant les discours avant que de commencer notre tour de chant et de contes tandis que les agapes battaient leur plein. Je ne sais si nous étions écoutés : l’apéritif est le pire ennemi de celui qui pense jouer l’artiste ! C’est alors que je vis l’ami Marc s'avancer à mes côtés pour écouter une histoire. Il avait voulu prolonger notre rencontre en venant ici en voisin et il partit, lesté de quelque argent, mais chargé de mes œuvres complètes. Quel bonheur !

Pendant ce temps, Georges, averti par un autochtone partit précipitamment à notre camp de base pour démonter une tente couverte de petites bêtes qui montent partout. Il plia toutes mes affaires mais aussi les siennes pour les ranger en vrac dans sa camionnette. À l’invitation de madame le maire, nous passerons la nuit dans la salle des fêtes de la commune de Sigloy, loin des fourmis envahissantes !

La soirée se prolongea ensuite à l’intérieur de l’auberge. La grande salle était pleine, les conversations bruyantes et animées. Les gens avaient manifestement grand appétit ; il n’était pas raisonnable de poursuivre l’animation dans de telles conditions. Ce ne fut que lorsque les estomacs furent rassasiés que je délivrai mon dernier conte pour satisfaire la curiosité de trois commères qui n’avaient pas perdu une miette de mes propos depuis le début.

Elles devinrent immanquablement personnages de la dernière histoire, comme j’aime à le faire à chaque fois que l’occasion se présente. J’avais réussi mon coup au-delà de mes espérances. Le Voyage du Tacon avait suscité un événement, un moment de partage et de convivialité grâce à la réactivité de Patricia, la maire de Sigloy. Cette soirée restera dans ma mémoire ; elle démontre qu’il ne faut pas désespérer de nos compatriotes et qu’il y a toujours espoir de faire bouger les lignes et de briser l’indifférence.

J’espère, qu’en d’autres escales, adviendront des moments aussi forts. C’est le but de ce voyage à la rencontre des autres. Qu’importe les médisances et l’indifférence ! une seule personne peut suffire à notre bonheur, un petit groupe nous comblera de joie. Venez à notre rencontre, partageons histoires et victuailles, confidences et anecdotes, récits et légendes. Je suis, moi aussi, demandeur de ce que vous pouvez m’offrir et qui nourrira mes prochaines bonimenteries. Merci du fond du cœur aux habitants de Sigloy.

Dans quelques minutes, je vais aller à la rencontre des enfants de l’école maternelle avant que de reprendre la route. Mon ami Georges s’occupe de l’intendance tandis que j’écris le billet du lendemain. Belle journée à vous les terriens !

Inauguralement vôtre.

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2 réactions à cet article    


  • juluch juluch 21 mai 2016 11:45

    les fourmis....le coup classique !!


    je vois que se fut une super journée de rencontres. 

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