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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > La salle des fêtes

La salle des fêtes

Et ses fauteuils en bois

Je me souviens de notre vieille salle des fêtes, toujours fermée jusqu’à ce qu’un jour, des bulldozers viennent la raser. Grande masse close, elle avait été construite à la va-vite sans doute après les destructions de la seconde guerre mondiale. Comme les lieux de spectacle d’alors, elle avait eu encore quelques heures de gloire puis la télévision avait sonné son désamour. Elle n’était plus utilisée ou si peu que je ne parviens pas à me souvenir d’une quelconque programmation.

Nous avions notre annexe de l’école primaire le long de ses murs. Deux classes dans un préfabriqué, les grands du Certificat de fin d’Études, des garçons qui allaient rentrer dans la vie active après cet examen qu’ils n’étaient pas tous certains d’obtenir et nous, les brillants sujets appelés à passer le concours d’entrée en sixième. Et oui c’était ainsi, on ne traînait pas trop sur les bancs de classe en ce temps.

De la salle des fêtes, nous ne savions rien. Il fallut un jour une chasse au trésor pour qu’elle rouvre enfin ses portes, nous montre ses fauteuils en bois, pliables et fixés sur le béton du sol. La scène au fond accueillait l’animateur et il était aisé de percevoir l’état de délabrement de la salle. Ce fut la seule fois où je la vis ainsi. Bien vite, elle fut destinée à une autre fonction, on ferma la scène et tant bien que mal, on la dévoua aux tapis de lutte d’une nouvelle section sportive qui ne trouvait place ailleurs.

J’imagine aisément l’inconfort et souvent le froid glacial que devaient supporter nos lutteurs en petite tenue. Le corps à corps a beau tenir chaud, il était urgent que la ville s’équipe d’un gymnase d’autant que la section hand-ball piaffait d’impatience de pouvoir monter enfin les échelons régionaux en cessant de jouer en extérieur. Les crédits furent débloqués et la salle des fêtes rasée.

Elle ne fut jamais remplacée. Des salles polyvalentes virent le jour, de grands lieux voués à tous les usages possibles, mais une véritable salle de spectacle point. Le Festival de Sully occupait le château, il ne fallait sans doute pas proposer un autre endroit. Ce fut pourtant chose faite avec la rénovation de l’église Saint Germain qui accueille désormais des expositions tout en étant capable, par un dispositif ingénieux de voir sortir de terre un gradin pour devenir salle de concert.

Il était question, il y a quelques années que je m’y produise en première partie d’une chanteuse qui reprend le répertoire de Barbara. Des difficultés techniques vinrent réduire ce rêve à néant. Un autre espoir avec une troupe belge chantant Brassens brisa mon désir de me produire enfin dans mon village natal. Puis plus rien, même mes balades contées ne semblent pas intéresser les responsables de la communication municipale.

Je me demande si je ne dois pas reconstruire dans mes rêves la vieille salle des fêtes, c’est bien là seulement que j’aurais la possibilité de me faire entendre, dans un espace disparu, dans un village qui n’existe plus vraiment. Il faut accepter la dure loi du temps qui passe, je ne parviens sans doute pas à m’y résoudre. Le rideau se lève toujours sur le bal de mes nostalgies, à contretemps d’une évolution qui me laisse sur le bord du chemin.

La séance de dédicace à la libraire locale « Au temps des livres » confirma combien l’oubli arrive vite. Bien rares furent ceux qui se souvenaient de mes parents, de la boutique et des histoires que j’aime à raconter. Je dis souvent qu’une ville, une région ou une nation sans histoire se meurent. Je crains qu’il n'en soit ainsi dans mon pays d’en-France.

Le rideau se referme. Il n’est plus temps de réveiller les vieux fantômes. Je vais bientôt les rejoindre, me perdre dans les limbes de l’oubli. C’est ainsi que va la vie, inexorablement vers une destination fatale. La sale défaite ou la salle des fêtes, la fin d’un spectacle qui n’aura jamais lieu. Il sera inutile d’applaudir l’artiste, c’était un gars qui a manqué son départ. Point de rappel pour lui, il n’avait qu’à pas quitter son village.

Désolement leur.

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La salle des fêtes

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13 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 9 décembre 2017 11:30

    Comme Renaix enfermée dans ses ronces (Ronse). Habitante d’un lieu qui s’appelait Russeignies, dont l’origine viendrait de la Ronne liée au Rhône, mais aussi rue des juifs et des roses, près du Mont de l’enclus (me). L’enfance ne s’éteint jamais, elle fleurit dans le terreau de notre mémoire pour y creuser de nouvelles ramifications,...


    • C'est Nabum C’est Nabum 9 décembre 2017 11:42

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.


      Mon pays d’en France


      C’est mon pays d’en France

      Petit coin de bonheur

      Berceau de mon enfance

      À jamais dans mon cœur

      Au creux de son château

      Monument de l’histoire

      Se reflète en ses eaux

      Notre divine Loire


      De ses tours majestueuses

      On découvre le Val

      Lumières somptueuses

      Pour écrin médiéval

      Ce gardien précieux

      Pour Sologne voisine

      Et Berry mystérieux

      Au delà des collines


      Un très grand du Royaume

      A illustré son nom

      Après qu’un enfant des chaumes

      Lui octroya son renom

      Le Duc Maximilien

      Aménagea les levées

      Maurice le bon chrétien

      En sera la fierté


      Dans le creux de ses douves

      Se lovent les amants

      Entre chien et louve

      Admirent ce diamant

      Forteresse éternelle

      Conserve leurs secrets

      Caché dans ses tunnels

      Tel un trésor discret


      Un ciel aux mille couleurs

      L’inonde de ses nuances

      Qu’un soleil enchanteur

      Lui donna en créance

      Quand ses pierres trop blanches

      Se font tendre reflet

      C’est une douce revanche

      Pour un somptueux ballet


      Ici est un château

      Le joyau de Sully

      Au milieu de l’eau

      Perle de mon beau pays

      Dans mon village d’en France

      Petit coin de bonheur

      Berceau de mon enfance

      À jamais dans mon cœur



    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 9 décembre 2017 12:51

      @C’est Nabum


      Il existe un Maximilien VOX, journaliste et graveur expliquant votre présence sur Agora.

    • C'est Nabum C’est Nabum 9 décembre 2017 16:13

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      je suis inexplicable


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 9 décembre 2017 13:05

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Classification_Vox-Atypi.&nbsp ;

      Les garaldes[modifier | modifier le code]
      Garamond, un caractère garalde.

      Ce groupe est nommé «  garalde   » en hommage à Claude Garamont et Alde Manuce (xvie siècle). Les garaldes ont en général des proportions plus fines que les humanes, tout en ayant un plus fort contraste entre pleins et déliés. Les graisses des garaldes sont réparties selon un axe oblique.

      En France, sous François Ier, les garaldes ont été l’outil qui a favorisé la fixation officielle de la grammaire et de l’orthographe.


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 9 décembre 2017 13:22

        La Chine connaît un loup céleste, l’étoile Sirius, qui est le gardien du Palais céleste, la Grande Ourse. Ce caractère polaire se retrouve dans l’attribution du loup du Nord


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 9 décembre 2017 15:30

          Chapitre X


          L’obturateur

          -Bonjour, je me présente, Guillaume Dealhaut. Je suppose que vous vous attendiez à ma visité après la rencontre de mes parents. J’espère qu’ils ne se sont pas montrés trop prévenants. Excepté moi et mon frère, ils n’ont pas de nombreuses visites et votre présence les enchante. Mais je suppose que vous recherchez surtout le calme et un lieu de réflexion.
          -Ils sont charmants, mais ne vous inquitéez pas pour moi.
          -Quand vos parents ont passé quelques jours aux 3Dormantesé, j’étais trop jeune pour me souvenir des détails de leur passage. Mais aux photos laissées par eux, j’ai pu me faire une certaine idée de vous et celle-ci se confirme entre autres par élevé des pommettes de votre mère et une mélancolie du regard de votre père.

          Guillaume est également un mélange des traits de ses parents. Son regard, couleur d’aigue-marine grise et bleu clai est franc, dégageant une impression de force inhabituelle, déstabilisant facilement son vis-à-vis par l’acuité de son observation.
          Rien ne semble pouvoir résister à son analyse pourtant chaleureuse et bienveillante. Ses cheveux de boucles noires encadrent un visage tout en complexité mais globalment harmonieux.
          Sa bouche exprime aisément toutes les gammes de l’expression, les lèvres toute en retenue, aux inflexions perplexes, réfléchies et parfois moqueuses.
          -vos parents vous ont certainement expliqué la raison de ma présence ici.
          -En partie, les véritables causes de votre intérêt pour ce meurtre inhabituel ne m’apparaissent pas clairement.
          -je dois vous avouer qu’elles m’échappent aussi. Si je me retrouve ici, c’est suite à une rêve qu’il serait trop long de détailler. Mais faut-il toujours une motivation précise pour s’intéresser à un sujet d’enquête ?

          Guillaume ne semble pas perturbé par l’imprécision des explications d’Olga, ce qui l’incite d’emblée à lui faire confiance puiqu’elle semble l’a lui accorder.

          -Mes parents ne vous ont pas donné de détail sur ma profession, excepté semble-t-il au sujet de mon intérêt pour lesanciennes radios. Pour être plus précis, j’enseigne la photographie dans un collège de police et forme entre autre les techniciens qui opèrent sur les scènes de crime.

          Si aujourd’hui, les techniques ont évolué en passant par l’outil d’animation en trois dimensions, Guillaume privilégie toujours la démarche ancienne où intervient plus la psychologie et l’intention du photogtaphe, comme si celui-ci était le metteur en scène du crime. Si les meutres se sont adpatés aux nivelles technologies, la psychologie du criminel est restée la même depuis Caïn et l’hiostoire de l’humanité.

          Chaque victime représente une partie de l’âme du criminel qu’il pourchasse indéfiniment dans l’espoir de l’eliminer. Le photographe d’enquête policière est un chasseur d’image, un voleur d’âme, celle du criminel qui se décharge sur les autres de le libérer,.....


          Guillaume de Béthune, mort vers 1243.

          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 9 décembre 2017 15:31

            Lire Guillaume DELAHAUT.


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 9 décembre 2017 15:35

              Le nom de Bethune serait originaire d’une rivière de Normandie. D’où le lien avec NORMAN BETHUNE.


              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 9 décembre 2017 15:43

                Merci Monsieur Béthune, je vous dois d’une certaine façon la vie. Le parachutisme m’est déconseillé,....1977


                • C'est Nabum C’est Nabum 9 décembre 2017 16:13

                  @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                  Je déclenche mon système parasympathique


                • bob14 bob14 9 décembre 2017 16:31
                  La salle défaite ?....faut faire un télécon pour avoir quelques fonds afin de la refaire...

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