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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > La tournée bretonne -1 -

La tournée bretonne -1 -

Le départ

C’est toute une aventure que de se lancer ainsi sur les routes du grand ouest avec deux passagers qui l’un et l’autre ont un goût plus que limité pour la chose automobile. L’une est totalement dépourvue du sens de l’orientation à un point qui me laisse pantois, l’autre n’aime guère conduire , lui qui n’a jamais su le faire pour lui même du reste. C’est pourtant cet équipage qui met le cap vers les côtes d’Armor.

Ils sont attendus par des amis aveyronnais exilés récemment sur les côtes d'Armorique pour s’offrir un petit coin de ciel bleu. Ils ont bien vite découvert qu’il fallait se munir d’un ciré dans ce joli coin de terre où les quatre saisons s’accordent pour faire de chaque jour une fête. C’est d’ailleurs ce qui leur arrive sur cette route tour à tour balayée par des bourrasques de vent à décorner une licorne, des pluies dignes d’une vache normande et un soleil aveuglant s’octroyant un arc en ciel à vous couper le souffle.

Les menus aléas de la circulation viennent s’entrechoquer aux appels de la nature, d’une prostate qui ne tient pas la route, d’un estomac qui réclame quelques douceurs et de tout ce qui fait le charme de la cohabitation dans un habitacle exiguë où se pose toujours l’épineux problème du sac à main de la dame qui n’est jamais aussi bien que dans les jambes du passager.

La modernité s’impose au vieil archaïque qui doit accepter de se laisser mener par le bout du nez par un GPS embarqué sur un téléphone portable. Le ronchon découvre ainsi que la différence d’âge avec sa collègue se fonde sur des réalités bien tangibles. Il devra faire avec et en rabattre au risque d’être impitoyablement tancé.

La conductrice coupe la radio, exige d’être informée de l’état d’avancement du présent billet, l’autre de lui lire et de s’entendre dire : « C’est tout ! » comme si écrire sur le vide était aisé. Pendant ce temps, un accident sur la voie rapide vient interrompre la monotonie du voyage, rien de grave heureusement. Pour satisfaire à la requête d’exhaustivité de sa camarde, le chroniqueur couche sur le clavier cette anecdote sans importance tandis que la dame s’exclame sur la beauté d’un ciel de plus en plus clément à mesure que la Bretagne se profile à l’horizon. L’autre de se dire qu’il entendra souvent cette rengaine et que la mauvaise foi bretonne n’est pas qu’une légende !

Le passage de la frontière provoque alors un tsunami d’exclamation dans l’auto. La Bretonne de s’émerveiller de tout et parfois de rien, d’être en pâmoison devant le ciel, en admiration devant les lumières si mouvantes de cette fin de journée. Elle trépigne sur son siège de pilote et son voisin de regarder ébahi cette curieuse danse. Ne manque plus qu’un air de biniou et elle serait capable de se faire bigouden en transe.

Le parcours s’achève avec un coucher de soleil à vous damner. La Bretonne revit, elle retrouve son pays, elle se sent beaucoup mieux et envisage avec gourmandise de boire l’apéritif plus que de raison ; un atavisme local qui ne se dément jamais par ici. Son voisin, plus sage, s’amuse de sa métamorphose. Être d’un pays, c’est pour la vie, c’est sans doute la plus belle aventure qui soit, de celles qui vous donnent des racines afin de se savoir en harmonie avec soi-même et toute une lignée.

Les deux auteurs en goguette sont attendus fiévreusement par Paty et Alain. Leur arrivée à la nuit provoque remue ménage et agitation. Le temps d’organiser l’intendance, l’heure de l’apéritif a reculé singulièrement. Il faut même que la Bretonne réclame pour enfin avoir son cher Chouchen. La suite serait délectable si nous pouvions la narrer sans enfreindre les recommandations de la loi Évin. Fort à propos, notre hôtesse a préparé un pot au feu qui saura absorber les excédents.

Au terme d’un repas fort sympathique, une séance de dédicace précéda un petit moment conté. Le passager se grimant alors en Bonimenteur pour livrer trois contes auprès de la cheminée. Nous étions alors véritablement en Bretagne. Dehors, le vent soufflait, la pluie luisait sur les carreaux, les joues étaient rouges des agapes et des mets. La tournée bretonne avait véritablement débuté.

Aventureusement vôtre.


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20 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 25 octobre 2017 11:56

    Demat, Aotrou C’est Nabum (bonjour, monsieur...)

    « Ils ont bien vite découvert qu’il fallait se munir d’un ciré dans ce joli coin de terre où les quatre saisons s’accordent pour faire de chaque jour une fête. »

    Bonjour le cliché ! Cette année par exemple, il n’a quasiment pas plu durant 8 semaines au printemps, au point que les pelouses en étaient toutes jaunies et que le niveau des nappes et cours d’eau désolaient les agriculteurs. Depuis la météo a, c’est vrai, été plus mitigée, mais on est bien loin des niveaux de précipitations d’antan, et le crachin breton de naguère a presque totalement disparu.

    « il faut même que la Bretonne réclame pour enfin avoir son cher Chouchen. »

    Cela, c’est du folklore car en réalité très peu de Bretons boivent du chouchen. Beaucoup en revanche se mettent aux bières et aux whiskys bretons. Les adultes du moins car les enfants seraient plutôt branchés sur le Breizh Cola. smiley

    Ar wech all ! (A la prochaine !)


    • Aristide Aristide 25 octobre 2017 16:01

      @Fergus

      Pourtant j’ai entendu dire que cette année, les bretons avaient de la chance, l’été est tombé un dimanche ...

    • Armelle Armelle 26 octobre 2017 10:56

      @Fergus, bonjour
      Tout à fait !!!
      Et puis vous savez, j’ai vécu en région centre que la Loire traverse certes dans un décor agréable (d’ailleurs souvent bien vanté par Nabum), mais alors en terme de climat, ce n’est franchement pas la joie !!! C’est un ancien marécage, le brouillard s’y installe d’octobre à mars et quand il pleut dès le lever du soleil, c’est souvent pour la journée entière. En bretagne, les premières heures pluvieuses d’une journée apportent en revanche souvent le soleil, on dit parfois d’ailleurs qu’une journée en Bretagne peut offrir les quatre saisons, c’est agréable !!!
      Je vis en Bretagne depuis 2011 après avoir vécu dans le centre, la vallée du Rhône puis la région parisienne, je sais alors aujourd’hui que je ne déménagerai plus si la raison devait être climatique...
      Je ne cesserai de vanter ce pays qui pourtant n’est pas mien...et c’est sans doute le paradoxe qu’il suggère à travers la diversité qu’il propose dans un caractère pourtant singulier et si particulier et autant dans sa géographie que dans l’esprit de ses habitants...


    • C'est Nabum C’est Nabum 26 octobre 2017 11:01

      @Fergus

      J’aime les clichés ils font de belles cartes d’Épinal


    • Armelle Armelle 26 octobre 2017 11:13

      @Armelle
      Et puis je trouve que cet attachement au temps qu’il fait ou qu’il fera demain est finalement très révélateur chez le Français. Celui-ci semble ne plus avoir de projet de vie suffisamment significatif pour qu’une malheureuse journée de pluie puisse venir à bout d’un enthousiasme que son activité devrait pourtant lui procurer !!! Alors il se morfond sur le temps et ses piètres conditions de vie dans son monde terne et sombre et accentuées par le terrible et satané Ténardier qu’est le capitalisme...
      La luminothérapie n’a peut être pas d’avenir qu’en Islande...


    • Fergus Fergus 26 octobre 2017 11:22

      Bonjour, Armelle

      « je sais aujourd’hui que je ne déménagerai plus si la raison devait être climatique...
      Je ne cesserai de vanter ce pays qui pourtant n’est pas mien
      ... »

      Même chose pour mon épouse et moi ; elle d’origine arcachonnaise et moi auvergnate. L’un des plus grands attraits de ce pays est précisément son climat, ni trop chaud ni trop frais, ni trop ensoleillé ni trop gris. Et si riche de couleurs changeantes !


    • Armelle Armelle 26 octobre 2017 11:51

      @Fergus
      ...et pour que ce beau littoral ne deviennent pas une deuxième côte d’azur, il ne faut alors pas trop le dire, laissons ces clichés vivre tranquillement pour éviter que de potentiels promoteurs s’en intéressent et à coup de millions viennent corrompre « le décideur » pour poser là leur tas de béton. Et au vu des futures difficultés liées aux dispositions prises par l’état central, les décideurs, à l’échelle des villes, communes et régions pourraient bien également se laisser aller à quelques faiblesses...
      La Bretagne ne mérite que des gens qui sont disposés à la respecter telle qu’elle est... 


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 octobre 2017 18:07

      Bonjour Nabum,

       Là, vous me rappelez ma jeunesse.
       Mais j’avais d’autres ambitions à cette époque.
       J’ai connu la tante isothermique... Vous savez celle qui est aussi froid à l’intérieur qu’à l’extérieur..
       Faire un petit tour du monde en 2CV, ça c’était un objectif..
       Ca ne s’est jamais fait, parce que je n’ai pas trouvé de mécanicien coéquipier qui pouvait réparer la bagnole.
       Merci de me faire un tour nostalgique dans mon passé.
       Bien plus tard, la Bretagne, ce sont de beaux souvenirs de septembre.
       C’est dire que l’on y mange très bien que les huitres sont délicieuses, que les paysages sont à couper le souffle surtout à la pointe du Raz par grands vents.
       J’ai été au nord, au sud et à l’ouest sans même connaitre les patelins dans lesquels je me trouvais.
       Aujourd’hui, j’ai besoin de plus de confort....
       Les articulations ne sont plus ce qu’elles étaient... mais je fais mon jogging deux fois par semaine en solitaire sans participer à toutes les compétitions comme les 20 kms ou marathon de Bxl...
       Je n’aime pas les parcours fléchés. smiley



      • C'est Nabum C’est Nabum 26 octobre 2017 11:02

        @L’enfoiré

        Je suis heureux de ne pas être ainsi toujours inutile, médiocre et faiseur de clichés
        Certains se retrouvent dans mes inoffensives niaiseries


      • Henry Canant Henry Canant 25 octobre 2017 19:23

        Nabum,

        Bravo pour la promotion de ton livre en Bretagne. Elle est très bien faite car peu perçue, enrobée dans une belle histoire remplie, je ne dirais pas de clichés mais de clins d’oeil. Ainsi tu nous en rends complice. C’est bien joué surtout que c’est très bien écrit.
        J’ai hâte de lire comment cela s’est déroulé et vivement une autre aventure pour les autres régions.

        Continue à nous à nous éblouir par ton talent, même si on ne le mérite pas.
        Un grand bravo.

        • Robert Lavigue Robert Lavigue 25 octobre 2017 19:43

          @Henry Canant

          Pas mieux...

          Surtout que d’ici à ce que le Melon de la Loire arrive dans mon coin, il va couler pas mal d’eau sous les ponts !


        • C'est Nabum C’est Nabum 26 octobre 2017 11:03

          @Henry Canant

          Le far breton en somme


        • covadonga*722 covadonga*722 25 octobre 2017 20:21

          trugarez  !!!!!c’est nabun si je peu je vais résumer en breton votre magnifique tract publicitaire


          Koc’h ki gwenn ha koc’h ki du


          non non ne me remerciez pas

          Asinus pugale breiz 

          • Fergus Fergus 25 octobre 2017 20:31

            Nozvehz vat, covadonga*722

            Allez, traduction pour les non familiers du breton et de Servat : « Merde de chien blanc et merde de chien noir ».

            Kenavo !


          • C'est Nabum C’est Nabum 26 octobre 2017 11:03

            @covadonga*722

            Médisez tant qu’il vous plaira


          • Clouz0 Clouz0 25 octobre 2017 20:36

            .... comme si écrire sur le vide était aisé ....


            Ah ? Parce qu’en plus ça vous demande des efforts ?
            Laissez tomber, abrégez vos souffrances !  smiley

            • covadonga*722 covadonga*722 25 octobre 2017 20:49

              @Clouz0
               comme si écrire sur le vide était aisé ....


              z’etes marrant vous , il parle probablement d’un articles sur ses collégues journalistes cimoyens heu citoyens....... 

            • Cadoudal Cadoudal 25 octobre 2017 21:23

              @covadonga*722
              La quête du vide ?
              Peut-être qu’il était parti a la recherche de l’emplacement du village d’Asterix ...

              Nos « élites » l’ont relocalisé dans un lieu sur, pour l’instant gardé secret.

              L’éditeur Hachette explique que c’est un « parti pris éditorial ».

              http://www.fdesouche.com/898299-asterix-mais-pourquoi-la-carte-du-village-gaulois-a-t-elle-disparu-du-dernier-album-asterix-et-la-transitalique


            • JL JL 26 octobre 2017 11:27

              Pendant ce temps, un accident sur la voie rapide vient interrompre la monotonie du voyage, rien de grave heureusement. Pour satisfaire à la requête d’exhaustivité de sa camarde ...’’
               
              Dans un tel contexte, on pourrait s’interroger sur la signification de cette faute de frappe (lapsus calami), non ?
               
              Ah, les veillées le soir devant la cheminée : nous les enfants nous y étions assis sur des petits bancs, pendant que les grand-pères racontaient des histoires de diables et de fées ...

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